work in progress

Embryon de guide tout juste commencé par Thierry Le Peut

 

 

 

 

 

La période 30 minutes : saison 1  -  saisons 2 à 6

La période 50 minutes noir et blanc : saisons 7 à 11

La période 50 minutes couleur : saisons 12 à 15  -  saisons 16 à 20

 

Saison 7

(1961-1962)

 

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon), Dennis Weaver (Chester Goode), Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Kitty).

 

 

7.03  Miss Kitty

 

CBS, 14 octobre 1961

Produit par Norman MacDonnell

Ecrit par Kathleen Hite

Réalisé par Harry Harris, Jr

 

Amanda Blake et Roger Mobley

 

Il est trois heures du matin quand Moss Grimmick est réveillé par un bruit dans l’écurie dont il s’occupe, à Dodge City. Il entend quelqu’un s’éloigner à cheval dans la nuit. Or, le seul cheval qui ait disparu de sa stalle est celui de Miss Kitty. Moss se demandera durant des heures où diable Miss Kitty a pu partir ainsi, seule, en pleine nuit. La question intriguera beaucoup Doc et Chester, qui la transmettront au marshal Dillon, mais aussi le boutiquier, M. Jonas, qui racontera avoir aperçu Miss Kitty durant la nuit à un endroit insolite. Mais, même à Matt, Kitty ne dira pas le fin mot de sa sortie nocturne, lui demandant de la discrétion.

Kitty est en fait allée au relais de diligence de Willow Bend accueillir un petit garçon, Thad, qui a voyagé dans la même diligence que M. Jonas. Elle l’a confié à un modeste couple de fermiers, Horace et Mattie Kelk, avant de revenir à Dodge City. Ailleurs, autour d’un feu, deux hommes discutent. Ils se partagent une belle somme d’argent, sans doute gagnée malhonnêtement. L’un d’eux, Tucker, parle d’une femme qu’il aimerait revoir à Dodge, une femme aux cheveux roux, pleine de feu, qui le déteste. Une femme nommée Kitty. Charlie, intrigué par cette description, se rendra seul à Dodge pour se rendre compte par lui-même, et Chester, rencontré au Long Branch Saloon, lui apprendra que Miss Kitty n’est plus en ville. Charlie est persuadé que cette fascinante Kitty est la femme qu’il a croisée sur la route de Dodge, menant un chariot, et qui l’a menacé d’un revolver quand il s’est montré trop audacieux.

Il ne se trompe pas. Kitty était en route pour la ferme des Kelk, où elle séjourne quelques jours. Elle confie au couple la vérité sur Thad : il est le fils d’une fille qui travaillait pour elle, Emily, et qui a été battue une fois de trop par la brute dont elle a eu cet enfant, Tucker Ferrin. Durant des années, elle a caché l’enfant à son père, et elle avait demandé à Kitty de s’occuper de lui si elle mourait.

Hélas, Charlie apprend à Tucker la direction qu’a prise Kitty. Tucker le remercie en l’abattant froidement sur la route et en lui reprenant l’argent qu’il avait partagé avec lui. Quand il arrive à la ferme et y trouve Kitty, seule, il la frappe et annonce qu’il s’apprête à le faire encore, autant qu’il faudra, pour qu’elle lui dise où est son fils. Kitty s’empare d’un fusil et avertit Tucker qu’elle s’en servira. Mais quelle femme aurait assez de cran pour tuer un homme ? Aucune, selon Tucker. En quoi il se trompe.

Kitty arrive à Dodge City avec Thad. Elle explique à Matt qui est l’enfant et ce qui est arrivé à son père, Tucker Ferrin, qui était recherché…

 

Roger Mobley
John Lasell

 

Harold Stone
Frank Sutton

 

Linda Watkins
George Selk

 

Avec Harold Stone (Horace [Kelk]), Linda Watkins (Mattie [Kelk]), John Lasell (Tucker [Ferrin]), Frank Sutton (Charlie), Roger Mobley (Thad [Ferrin]), Dabbs Greer (Mr. [Wilbur] Jonas), George Selk (Moss Grimmick), Joseph Breen (driver), Andy Albin (proprietor), Glenn Strange (Sam).

 

L’épisode, au rythme lent, accorde à Kitty une place prépondérante. Amanda Blake trouve là l’occasion de montrer les différentes facettes de son personnage : tendre, maternelle, sincère, redoutable au besoin, et impitoyable s’il le faut. Tucker Ferrin, méchant intégral, n’est qu’esquissé mais c’est tout ce qui lui est demandé : il est la menace qui pèse sur la femme et l’enfant durant tout l’épisode, et que Kitty élimine en démontrant qu’elle est femme à se défendre et à défendre ceux qu’elle aime. Harold Stone et Linda Watkins campent un couple de fermiers immédiatement sympathique, auquel l’arrivée d’un enfant apporte une tendresse nouvelle et l’occasion de montrer leur amour. Il n’est pas dit à la fin que Thad restera avec eux mais ce serait une conclusion logique. A un moment donné, Mattie Kelk pose à Kitty la question que le public se pose sans doute : « Est-il votre enfant ? » Enfin, Roger Mobley joue le petit Thad avec une douceur et une sincérité touchantes qui donnent envie de le revoir dans la série. Mais ce sera la seule participation de Mobley à Gunsmoke.

Kitty vue par Tucker : « She ain’t no ordinary woman. Kitty has red hait and eyes that can laugh. And she’s full of fire. »

Kitty à Matt : « Matt, nobody ever knew me like you do. I never let anybody. »

 

Amanda Blake et John Lasell

Dabbs Greer, James Arness, Amanda Blake

 

 

Saison 8

(1962-1963)

 

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon), Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Kitty), Burt Reynolds (Quint Asper).

 

 

8.03  Quint Asper Comes Home

 

CBS, 29 septembre 1962

Produit par Norman MacDonnell

Ecrit par John Meston

Réalisé par Andrew V. McLaglen

 

Burt Reynolds et Angela Clarke

 

Asper, qui vit dans une ferme avec sa femme indienne Topsanah et leur fils Quint, est assassiné par deux hommes qui, passant par là à la recherche d’or, n’ont pas aimé voir une Indienne. Les deux hommes sont tués par Quint qui ne peut sauver son père. Topsanah décide alors de retourner vivre avec les Comanches, où Quint recevra l’éducation d’un guerrier. Le jeune homme n’a qu’un désir : venger la mort de son père en tuant autant de Blancs qu’il en croisera sur sa route.

Trois ans plus tard, au cours d’un raid, Quint est blessé. Le marshal Dillon, qui est intervenu pour aider les chasseurs de bisons attaqués par un groupe de Comanches, ramène en ville l’Indien blessé et le confie aux soins de Doc. Il se méfie cependant d’un certain nombre d’habitants qui sont indignés de voir un Indien soigné comme un homme blanc et qui n’attendent qu’une occasion d’appliquer leur propre justice. Quint met une semaine à se rétablir, trépignant d’impatience de reprendre sa vie de Comanche et de tuer d’autres Blancs. Quand il est en état de repartir, Matt lui fournit des vêtements « de Blanc » et l’accompagne en secret hors de la ville, en lui donnant un cheval et un fusil. Il a dans l’idée que, peut-être, son attitude affectera l’image des Blancs qui s’est formée dans l’esprit du jeune homme.

Rendu à la liberté, Quint se défait immédiatement des vêtements blancs et endosse de nouveau sa tunique comanche pour retourner parmi les siens. Le temps passé chez l’homme blanc, cependant, rend sa tribu méfiante ; le Chef lui remet un couteau et lui demande de tuer un fermier blanc, Jim Grant, capturé et ligoté. Mais Quint, au lieu de le tuer, parle avec lui et se sent incapable, désormais, de tuer ce Blanc de sang froid. Il est alors méprisé par la tribu qui lui impose des travaux de femme en le surveillant constamment. Une nuit, il s’échappe en libérant Grant, qu’il remet sur la route de son foyer tandis que lui-même entraîne les Comanches à sa suite.

A Dodge City, un posse se constitue pour traquer un Indien que l’on a aperçu dans la région, seul. Matt, soupçonnant qu’il s’agit de Quint, suit le posse dans l’espoir de porter secours au jeune homme. Il ramène une nouvelle fois celui-ci en ville, revêtu de vêtements volés à l’un des cow-boys. Quint n’appartient plus désormais à la tribu mais a-t-il davantage sa place parmi les Blancs ? Matt se dit prêt à lui trouver un travail s’il décide de rester en ville…

 

Burt Reynolds
Harry Carey, Jr
Earle Hodgins & H. Beckman

 

Angela Clarke
William Zuckert
Foster Brooks (à droite)

 

Michael Keep
Myron Healey
Dabbs Greer

 

Avec Burt Reynolds (Quint Asper), Angela Clarke (Topsanah), Michael Keep (Chief), William Zuckert (Asper), Myron Healey (Mike), Harry Carey, Jr ([Jim] Grant), Lane Bradford (Bob), Earle Hodgins (Dobie), Dabbs Greer (Jonas), Robert Hinkle (cowboy), Foster Brooks (Ed), Michael Barrier (brave), Henry Beckman (Duff), John Vari (leader), James Doohan (Davit), Ed Peck (Semple), Robert Gravage (Charlie), Glenn Strange (Sam).

 

L’épisode introduit Quint Asper, le sang mêlé. La présence de Burt Reynolds est indéniable ; il reste que le rôle lui-même et le traitement dont il bénéficie sont caricaturaux. La haine sans partage de Quint à l’égard des Blancs après le meurtre de son père par deux d’entre eux, puis son changement radical après l’expérience de Dodge et son assimilation finale au sein de la communauté sont traités comme des péripéties sans âme, un pur jeu de rôles. On en retiendra l’engagement de Matt Dillon en faveur de l’Indien – un Indien blessé est d’abord un homme à ses yeux -, en contraste avec l’attitude d’une partie des habitants de Dodge, racistes et vindicatifs, tout en constatant que les Comanches eux-mêmes sont montrés uniquement comme des « tueurs de Blancs », sans épaisseur. 

 

 

8.08  The Trappers

 

CBS, 3 novembre 1962

Produit par Norman MacDonnell

Ecrit par John Dunkel

Réalisé par Andrew V. McLaglen

 

Doris Singleton et Strother Martin

 

Billy Logan et Tug Marsh sont deux trappeurs. Leur amitié a été mise à l’épreuve par l’intrigante Irma Watkins, couturière en cheville avec l’escroc Idaho Slate, mais ils se sont réconciliés et sont repartis dans les montagnes. Alors qu’ils en reviennent avec un stock de fourrures, Tug est attaqué par un Indien qui le blesse. Billy l’abat mais d’autres Indiens restent à rôder autour du fourré où ils se sachent et l’état de Tug n’est guère encourageant, au point qu’il demande à Billy de mettre fin à ses souffrances. Incapable de lui trancher la gorge, Billy reste avec lui mais, voulant saisir sa chance quand les Indiens s’éloignent, il laisse son ami dans le fourré et s’en va, pensant qu’il n’y a pas moyen de sauver Tug.

Revenu à Dodge City, il raconte l’histoire en la modifiant quelque peu, prétendant après enterré Tug après l’avoir vu mourir. Puis il vend leurs fourrures et en tire 6000 $ qui éveillent aussitôt l’intérêt d’Irma et Idaho. Comme Billy, habillé de beaux vêtements, lui fait une cour empressée et est prêt à avaler toutes ses minauderies, l’occasion est trop belle. Billy se berce de projets de mariage et se prépare à emmener sa bien-aimée pour s’établir quelque part. Le retour de Tug vient contrarier les plans d’Irma et de son amant et complice. Tug en effet a survécu, il s’est traîné jusqu’à la bordure de la ville où un couple de jeunes gens l’a découvert, alertant aussitôt le marshal. Soigné par Doc, Tug n’a qu’une idée en tête : retrouver Billy et lui loger une balle dans le corps pour le remercier de l’avoir abandonné là-bas sans même une arme pour se défendre ou mettre fin à ses jours.

Billy est bouleversé d’avoir abandonné son ami ainsi mais, somme toute, heureux qu’il soit encore en vie. Irma et Idaho, en revanche, après une démarche sans effet d’Irma auprès de Tug – autant parier sur celui qui a le plus de chances de s’en tirer vivant ! -, voient la nécessité de hâter les choses avant que Billy n’ait plus ses 6000 $. Ils parviennent à les lui soutirer pour paiement de faux diamants dont Idaho estime la valeur à plus du double. Consterné d’apprendre par Miss Kitty que ces diamants sont faux et qu’il s’est fait berner depuis le début, Billy achète une arme et empêche la diligence de quitter Dodge en emmenant Irma et son complice. Tug, qui s’est traîné hors de son lit avec une arme, se présente alors devant Billy, mais celui-ci est assommé par Idaho. Le marshal arrive à ce moment, prévenu par Kitty, et met de l’ordre dans la situation : il fait rendre ses 6000 $ à Billy et laisse partir les deux escrocs par la diligence en leur conseillant de ne jamais revenir en ville. Entre-temps, Tug a disparu.

Ce soir-là, Matt trouve Billy auprès d’un feu derrière la grange de Moss Grimmick. Il attend le retour de Tug et a même prévu de faire en sorte que son ami ne soit pas arrêté pour l’avoir tué. Billy confie ses sentiments sur la situation à Matt, sans savoir que Tug les écoute, dans l’ombre. La contrition sincère de Billy touche Tug, qui entre-temps a perdu de toute façon le désir de se venger. Les deux hommes au fond sont toujours amis et partenaires, et Matt se joint à eux pour boire le café de la réconciliation…

 

Strother Martin
Robert Lowery

 

Richard Shannon
Chal Johnson

 

Doris Singleton
Lane Chandler

 

Avec Strother Martin (Billy [Logan]), Richard Shannon (Tug [Marsh]), Doris Singleton (Irma [Watkins]), Robert Lowery (Idaho [Slate]), Lane Chandler (Luke), Chal Johnson (Tom), Robert Brubaker (Jim Buck [the stagecoach driver]), Glenn Strange (Sam).

 

L’histoire aurait pu faire un conte de Noël, diffusée en décembre. L’amitié en est le ferment et, à défaut d’être palpitante, la mésaventure de Billy Logan en proie à sa lâcheté et à sa naïveté peut toucher un public en mal de beaux sentiments, puisque tout se termine au mieux pour les gens honnêtes et que les méchants escrocs sont bannis de la ville.

 

 

8.25  Quint’s Indian 

 

CBS, 2 mars 1963

Produit par Norman MacDonnell

Adaptation de John Meston, histoire de Marian Clark

Réalisé par Fred Jackman

 

Burt Reynolds et James Arness

 

Deux bons à rien, Stope et Feeney, arrivent en ville. Pas finauds mais fiers de leur bêtise, ils refusent de payer Quint après avoir appris qu’il était à moitié indien, puis ils imaginent un plan destiné à leur ouvrir une jolie opportunité aux dépens de « l’Indien ». Ils demandent à Gus Syker d’envoyer le maréchal-ferrant chercher un cheval laissé paître près de la rivière et de le préparer pour le moment où il viendra le chercher. Voyant Quint torse nu (il vient de se baigner dans la rivière) emmener le cheval, le petit Jimmy Houser court prévenir ses parents : il vient de voir un Indien voler leur cheval ! Bob Houser se rend aussitôt chez le marshal pour l’en informer ; Stope et Feeney déclarent alors qu’ils viennent de voir le cheval de Houser dans la grange de Quint, où ils trouvent en effet l’animal. L’histoire de Quint ne convainc guère que le marshal, d’autant que Syker n’a donné aucun nom en s’adressant à Quint. La rumeur s’empare de Dodge City, où la seule présence de Quint suscite l’inquiétude et la colère de certains habitants, et l’on accuse le marshal de protéger son ami l’Indien au détriment de la justice. Un soir, Quint est roué de coups par huit hommes dans sa forge. Ecœuré, il quitte la ville en se disant qu’il n’y a pas sa place, en dépit de ce que veut continuer de croire Dillon.

Quand Will Grissom vient informer Dillon que des chevaux ont été volés et que l’on a retrouvé sur les lieux des traces de pas laissées par des mocassins, Quint est évidemment le coupable idéal. Parti à sa recherche, Matt croise un éclaireur, Jake Sooner, que l’armée a chargé de reprendre un groupe de Comanches qui ont quitté la terre sur laquelle on les a parqués, puis il rencontre ces Comanches, qui ont décidé d’aller chasser sans tenir compte des règles imposées par l’homme blanc. Surtout, il finit par retrouver les chevaux volés, et les voleurs : Stope et Feeney. Il peut ainsi faire la lumière sur leur conspiration, dont Syker était complice, et faire connaître la vérité aux habitants de Dodge City. Voulant retrouver Quint, enfin, Dillon tombe entre les mains des Comanches : trois seulement ont survécu quand Sooner les a retrouvés et ils pensent que Dillon les a trahis. L’intervention de Quint les convainc du contraire…

 

Will Corry & James Brown
Raymond Guth
Michael Keep

 

James Griffith
Mark Murray
Roy Engel

 

Patrick McVey
Ruth Phillips
Michael Hinn

 

Avec Will Corry ([Jim] Stope), Patrick McVey ([Bob] Houser), James Brown ([Mark] Feeney), James Griffith (Bettis), James Nusser (Louie Pheeters), Michael Hinn (Jake Sooner), Michael Keep (leader [Comanche]), Mark Murray (Jimmy [Houser]), Raymond Guth ([Will] Grissom), Ruth Phillips (Mary [Houser]), Roy Engel ([Gus] Syker), Shug Fisher ([Oasis Saloon] barkeep), Glenn Strange (Sam), Eddie Little Sky (Brave [Comanche]), Mathew McCue (waiter).

 

Bien que diffusé tardivement dans la saison, cet épisode est la suite logique de la première apparition de Quint, ici en butte au racisme de certains habitants de Dodge, dont le « respectable » Bettis (dont le nom est plus qu’approprié en français !) auquel Dillon déclare : « Il y a différentes sortes d’idiots, Bettis. Vous appartenez à la pire : celle qui est dangereuse. » C’est Bettis qui, en apprenant à Stope et Feeney que Quint est à demi-Indien, provoque l’enchaînement de circonstances qui conduit au départ de Quint. Les Comanches constituent une trame secondaire raccrochée de façon artificielle à la trame principale : on y retrouve bien sûr la persécution des Indiens (pour lesquels Matt Dillon affiche sa sympathie) mais les deux scènes qui les concernent ne servent guère qu’à permettre un dernier acte ad hoc dont l’histoire aurait pu se passer.

 

Mark Murray et Ruth Phillips : "An Indian !"

Burt Reynolds et James Arness

 

 

8.26  Anybody Can Kill a Marshal  

 

CBS, 9 mars 1963

Produit par Norman MacDonnell

Ecrit par Kathleen Hite

Réalisé par Harry Harris

 

George Selk et Milburn Stone

Burt Reynolds et James Arness

 

C’est la nuit sur Dodge City. Matt Dillon fait une ronde dans la ville après avoir quitté Kitty et Sam au Long Branch Saloon. Soudain, un cavalier arrive au galop, s’arrête à proximité du marshal et tire dans sa direction, plusieurs fois, avant de repartir au galop. Dillon n’est pas blessé mais il n’a guère eu le temps de voir autre chose qu’une vague silhouette. Le tireur, Cleed, rejoint son compagnon Lucas auprès d’un feu aux abords de la ville et lui annonce, triomphant, qu’il a tué le marshal Dillon. La ville est à eux : ils pourront dès le lendemain aller voler tranquillement la banque ! Mais, à leur arrivée en ville au matin, ils voient le marshal Dillon « droit comme un pin » (« tall as a pine »). Cleed n’en croit pas ses yeux : quel diable d’homme est-ce là ? Il en vient à penser que cet homme ne peut pas mourir. Lucas est plus réaliste et les deux hommes en parlent autour d’un verre au saloon. Un homme qui boit seul à la table voisine les entend et leur propose de faire le travail pour 200 $. Il ne paye pas de mine, ses vêtements sont usés et miteux, pourtant Lucas lui trouve un quelque chose de désespéré qui lui fait croire qu’il est très sérieux. Ils lui donnent donc les 200 $ et s’en retournent auprès de leur feu en attendant la mort du marshal. L’homme, Painter, agira le lendemain.

Pour l’heure, Painter s’achète un costume, un revolver et une enveloppe, à la grande joie de Howard, le commerçant, qui fait sa journée avec ce seul client. Puis, Painter passe des heures à boire et parler avec Molly, l’une des filles du Bull’s Head Saloon. Il lui demande d’écrire une adresse sur l’enveloppe : « Miss Betsy Burgess, Pretty Prairie, Kansas ». Puis il s’en va. Le lendemain, monté sur un cheval, il suit paisiblement le marshal Dillon dans sa ronde. Au moment qui lui paraît opportun, il sort son revolver et tire. Dillon est touché à la jambe, il réplique, Painter tombe et passe ensuite sous la roue d’un chariot qui ne peut l’éviter. Il meurt entre les mains de Doc.

A peine debout, Matt tient à faire la route jusqu’à Pretty Prairie pour voir cette Miss Burgess qui est sa seule piste, après avoir parlé à Molly qui lui a simplement dit que Painter était, pour elle, « un gentleman », un homme honnête («  a decent man »). Betsy Burgess est une toute jeune femme qui boite et se déplace avec une canne ; en découvrant les 150 $ glissés dans l’enveloppe, son visage s’illumine. Painter lui avait promis cet argent pour payer l’opération qui guérirait sa jambe mais le voir là, sous ses yeux, est comme un rêve. Elle est peinée cependant d’apprendre que Painter est mort. En revenant à Dodge City, Matt en sait plus sur l’homme mais pas sur la personne qui l’a payé pour le tuer. Cleed et Lucas, eux, sont toujours aussi embêtés et Cleed plus tourmenté que jamais. N’y tenant plus, il revient en ville une autre nuit, décidé à découvrir une fois pour toutes si le marshal est vraiment indestructible. Aussi le hèle-t-il dans la nuit pluvieuse, avant de sortir de l’ombre et de lui tirer dessus. Il le manque et c’est Dillon qui le tue. Et il n’en sait toujours pas plus sur les raisons pour lesquelles on veut le tuer. Cleed, en mourant, a simplement demandé au marshal d’aller dire au « vieux Lucas » que personne ne peut tuer le marshal Dillon…

 

Milton Selzer
Warren Stevens

 

James Westerfield
Howard McNear

 

Joyce Van Patten
Brenda Scott

 

Avec Milton Selzer (Painter), Joyce Van Patten (Molly), James Westerfield (Cleed), Warren Stevens (Lucas), James Nusser (Louie Pheeters), Howard McNear (Howard [Rudd]), Brenda Scott (Betsy [Burgess]), George Selk (Moss Grimmick), Tom Lutz (Cowboy).

 

La première scène donne le ton : un travelling dans Front Street, déserte, la nuit, suivant un chien qui passe sous l’enseigne du Long Branch. Un sentiment d’étrangeté baigne tout l’épisode, habité par la conviction superstitieuse de Cleed que personne ne peut tuer le marshal Dillon. Il a vidé son barillet sur lui, en vain. « Anybody can kill a marshal », affirme Painter, l’ombre d’un homme plus qu’un homme, un fond brusquement animé qui s’empare du premier plan avant de disparaître de nouveau, comme cet éclair qui illumine un instant la rue dans la scène finale, sous la pluie nocturne. La litanie incrédule de Cleed traverse tout l’épisode et devient une affirmation surnaturelle au moment où il meurt, persuadé à présent que le marshal ne peut pas être tué.

Milton Selzer s’empare de l’épisode dès qu’il s’anime. Mystérieux, résigné jusqu’à l’indifférence, il offre de tuer le marshal et son plan se révèle petit à petit. Le plan généreux d’un homme abattu qu’une opportunité soudaine, inattendue, fait renaître le temps de quelques heures. La réalisation de son plan implique très probablement sa mort et il le sait. Essaie-t-il vraiment, d’ailleurs, de tuer le marshal, ou s’arrange-t-il plutôt pour être tué ? La réponse n’a pas d’importance car le but qu’il recherchait est de toute façon atteint. La scène que James Arness partage avec Brenda Scott est elle aussi un moment lumineux : l’innocence de la jeune femme éclaire la scène d’une lumière semblable à celle qui émane du personnage de Painter. Honnête, simple, généreuse.

Une scène intéressante entre Dillon et Kitty, qui, après qu’on a tenté de le tuer la première fois, vient le trouver au bureau du marshal et lui assène, par deux fois : « You make me sick ! » (« Vous me rendez malade ! ») Elle lui reproche de ne pas engager d’adjoints et de mettre sa vie en danger en continuant d’exercer seul son métier. A quoi Dillon répond qu’il y aura toujours quelqu’un pour tenter de le tuer, c’est le badge qui fait cela, et toujours une foule assez dense pour que le tueur s’y cache. Plus tard, échange du même genre entre Dillon et Doc : ce dernier lui reproche son entêtement, Dillon lui répond « J’y suis habitué ».

La musique n’est pas attribuée mais on reconnaît des morceaux composés par Bernard Herrmann pour Twilight Zone, qui s’accordent à la tonalité étrange et mélancolique du scénario.

 

Quint - Everybody wants you dead, nobody gets the job done.

Dillon – If only I knew who he was, or why he wanted to do it.

Quint – You looking for somebody ?

Dillon – Yeah, I guess so. I don’t know who he is or what he looks like. Could be in any window, behind any door. Well… I guess there’s a lot of men that’d like to kill me.

 

 

Saison 10

(1964-1965)

 

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon), Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Kitty), Ken Curtis (Festus Haggen).

 

10.01  Blue Heaven

 

CBS, 26 septembre 1964

Produit par Norman MacDonnell

Ecrit par Les Crutchfield

Réalisé par Michael O’Herlihy

 

Kurt Russell et Tim O'Connor

 

Un homme se cache près d’une ferme abandonnée dans les plaines à l’approche de trois hommes à cheval. Les trois hommes supposent qu’il évitera la ville de Dodge City et qu’il filera plutôt vers l’Arizona, aussi prennent-ils cette direction. Ils sont à peine partis que l’homme avise un gamin en train de fouiller dans ses affaires. Le garçon, Packy, s’est enfui de chez son oncle et sa tante pour aller retrouver sa mère à Dodge City. L’homme a alors une idée : puisqu’ils sont tous les deux recherchés, ils auraient tout intérêt à voyager ensemble en se faisant passer pour père et fils. L’idée enthousiasme le garçon.

C’est ainsi en tant que Slim Kerlin que l’homme fait son arrivée à Dodge City, accompagné de son fils Packy. Il fait la connaissance de Festus qui l’a vu arracher une affiche sur le panneau du bureau du marshal, un avis de recherche au nom de Kip Gilman, recherché pour vol et meurtre. Il se trouve que Kip connaît l’un des cousins de Festus, Catfish Haggen, ce qui le rend immédiatement sympathique aux yeux de Festus, qui le croit sans chercher plus loin quand il prétend que ce Gilman est une connaissance à lui. En réalité, Slim est Kip Gilman et les hommes qui le recherchent ne tardent pas à arriver à leur tour à Dodge City.

Entre-temps, Kip a accompagné Packy chez sa mère. Mais celle-ci n’est plus la belle femme dont rêve encore le garçon. Le visage marqué par une profonde cicatrice, elle a sombré dans l’alcoolisme et occupe une maison presque en ruine dans un coin de la ville peuplé de miséreux, Rat Hole Alley. L’enfant est déçu mais voit bien que sa mère n’est pas dans son état normal. Kip, peiné pour lui autant que pour elle, entreprend de les aider un peu : il fait venir Doc pour examiner Elena Kerlin ainsi qu’une femme pour la rendre présentable, tandis que Packy et lui-même redonnent un air accueillant à l’intérieur de la maison.

En arrivant en ville, Tabe Morley et son associé Ed Sykes se rendent immédiatement chez le marshal. Ils expliquent que Kip Gilman a assassiné le comptable et ami de Morley et s’est enfui avec l’argent du coffre. Festus, qui s’est pris de sympathie pour Gilman, est enclin à penser qu’il est inncoent et qu’il a été piégé. C’est effectivement ce que Kip raconte à Elena, et il sait qui l’a piégé : Sykes, le véritable meurtrier, qui a tout intérêt désormais à le réduire au silence. Matt télégraphie une demande d’informations au shérif du Texas qui s’est occupé de l’affaire. Il apprend alors que, en l’absence de Sykes, des témoins ont raconté la vérité et blanchi Gilman.

Au même moment, Sykes et son acolyte Duster s’apprêtent à liquider Kip qu’ils ont fini par retrouver. Festus, témoin de leur traquenard, abat Duster qui allait tirer dans le dos de Kip et Matt arrive à ce moment, annonçant à Sykes qu’il est en état d’arrestation. L’homme tire, le marshal réplique, Sykes est tué. Tabe Morley est désolé de s’être trompé sur Kip, qu’il connaît pourtant depuis vingt ans et qu’il a pratiquement élevé. Kip refuse néanmoins de lui serrer la main. Il n’a pas l’intention de rentrer au Texas : il a trouvé à Dodge City une nouvelle famille…

 

Kurt Russell
Karl Swenson

 

Tim O'Connor
John McLiam

 

Diane Ladd
Jan Merlin

 

Avec Kurt Russell (Packy [Kerlin]), Tim O’Connor (Kip [Gilman / Slim Kerlin]), Diane Ladd (Elena [Kerlin]), Karl Swenson (Tabe [Morley]), John McLiam (stableman), Eddie Hice (Duster), Ernie Anderson (man), Jan Merlin (Ed Sykes).

 

Un homme en fuite, une femme qui a fui le monde, un enfant en mal de parents : le trio de cet épisode est immédiatement sympathique et l’on souhaite le voir former une famille unie à la fin de l’épisode. C’est la ligne directrice de ce scénario bien conçu où Festus se fait le porte-parole du public en prenant fait et cause pour l’étranger injustement accusé de meurtre. Dillon, lui, assure l’ordre en exerçant une autorité bienveillante : il est l’instrument de la vérité en obtenant les renseignements qui innocentent le faux coupable et il abat le vrai en rejouant (une fois encore) la scène-symbole du show, le Lawman qui dégaine en état de légitime défense et fait tomber le méchant. La confiance qu’inspire le marshal aux habitants de Dodge City est illustrée par l’attitude de l’homme d’écurie qui vient naturellement le trouver après avoir été menacé par les bad guys.

Kurt Russell, treize ans, avait beau n’en être qu’au début de sa carrière il venait d’être le héros de la série Les Voyages de Jaimie McPheeters avec Charles Bronson, ce qui lui vaut d’être le premier nom du générique de fin, devant Tim O’Connor. On le reverra dans Gunsmoke dix ans plus tard, en 1974, dans l’épisode 19.21. O’Connor devenait, à la même époque, Elliot Carson dans Peyton Place, jusqu’en 1968. Il ferait deux autres apparitions dans Gunsmoke (16.11 et 18.04).

 

Diane Ladd, Kurt Russell et Tim O'Connor

Ken Curtis et Tim O'Connor

 

 

Saison 11

(1965-1966)

 

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon), Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Kitty), Ken Curtis (Festus Haggen).

 

 

11.02  The Storm

 

CBS, 25 septembre 1965

Produit par Philip Leacock

Ecrit par Paul Savage

Réalisé par Joseph Sargent

 

James Arness et Forrest Tucker

 

Cantwell, un homme que pas grand monde n’appréciait à Dodge City, a été tué. Son compère Mel Woodley est arrêté et reconnu coupable au terme d’un procès, bien qu’il clame son innocence. Peu de temps avant le meurtre de Cantwell, les deux hommes s’étaient disputés et Woodley avait juré de récupérer l’argent que, selon lui, Cantwell lui devait. Le marshal conduit Woodley à Hays City, où il sera pendu.

Mais deux hommes savent qu’il est innocent : Ab et Claude Benteen, les fils de Clara et Adam Benteen, de bons amis de Matt Dillon. Si Claude ne s’émeut pas de la pendaison de Woodley, Ab en revanche est tourmenté par la vérité. Elle le ronge tellement qu’il se met à fréquenter les deux saloons de Dodge City pour s’enivrer. Un soir, au Long Branch, il provoque un cow-boy, dégaine et est abattu. Il meurt en confessant la vérité à Matt et au Doc, devant les témoins présents autour d’eux.

Alors qu’une tempête balaie la région, Matt se rend chez les Benteen. Il apporte la terrible nouvelle de la mort d’Ab à Clara et Adam puis emmène Claude, qui ne nie pas sa culpabilité. Le marshal prend la route de Hays City avec Claude. Celui-ci tente de s’enfuir, sans succès. Mais c’est Adam, ensuite, qui les rattrape, pointant son fusil sur Matt en lui demandant de laisser partir son fils. Matt sait toutefois qu’Adam ne tirera pas sur lui, et il ne se trompe pas. Mais quand la foudre frappe un arbre qui s’abat sur Matt, Adam ordonne à son fils de s’enfuir.

C’est à Hays City que se rend Claude. Il regarde le gibet qui a été dressé pour la pendaison, puis il va voir Mel Woodley dans la prison. Il ne peut se résoudre à le laisser pendre, aussi antipathique que soit Woodley. Et il revient avec le shérif et d’autres hommes porter secours à Matt, qu’Adam ne peut pas libérer seul…

 

Forrest Tucker
Ruth Warrick & F. Tucker
Stuart Margolin

 

Tim McIntire
Kelly Thordsen
Stevan Darrell

 

Richard Evans
Mary Lou Taylor
Lincoln Demyan

 

Avec Forrest Tucker (Adam Benteen), Tim McIntire (Claude Benteen), Richard Evans (Ab Benteen), Ruth Warrick (Clara Benteen), Kelly Thordsen (Mel Woodley), Willard Sage (Cantwell), Mary Lou Taylor (Hope Woodley), Lincoln Demyan (cowboy), Charles Seel (Barney [Danches]), Glenn Strange (Sam), Stevan Darrell (judge), Stuart Margolin (sheriff [Hays City]), Victor Izay (bartender), Shug Fisher (Hank Cooters), Rudy Sooter (Rudy).

 

Histoire d’une culpabilité qui ronge, histoire d’une famille touchée par le malheur, réflexion sur la justice et sur le remords aussi, le tout sur fond de tempête qui matérialise la violence contenue dans les hommes. La fin est morale mais elliptique : Claude refuse de laisser pendre un innocent mais sa reddition et son châtiment ne sont pas montrés. Ce qui clôt l’épisode, c’est le soulagement de Matt de voir Claude assumer ses actes et agir avec honnêteté, tandis que le visage grave d’Adam exprime la cruauté du châtiment resté non-dit.

Parenthèse musicale : Ken Curtis chante Since the Mud Creek Incident (accompagné à la guitare par Rudy Sooter) dans le Long Branch Saloon. Une chanson dont les Haggen sont les héros.

 

Ken Curtis et Amanda Blake

Tim McIntire et Forrest Tucker

 

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1960s

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