Un article de Thierry LE PEUT

paru dans Arrêt sur Séries Hors-série 3, juillet 2001

 

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En 1972, un commando d’élite fut envoyé en prison par une Cour Martiale pour un crime qu’il n’avait pas commis. Ces hommes se sont rapidement évadés d’une prison de haute sécurité pour se réfugier dans les bas-fonds de Los Angeles. Aujourd’hui, toujours recherchés par le Gouvernement, ils survivent en tant que soldats de fortune. Si vous avez un problème, si personne d’autre ne peut vous aider, et si vous pouvez les trouver, peut-être pourrez-vous engager...
In 1972, a crack commando unit was sent to prison by a Military Court for a crime they did not commit. These men promptly escaped from a maximum security stockade to the Los Angeles underground. Today, still wanted by the Government, they survive as soldiers of fortune. If you have a problem, if no one else can help, and if you can find them, maybe you can hire...

 

a-team 1983 group promo photo 001Hannibal entouré de ses acolytes le Futé, Murdock et Barracuda 

 

Comme la plupart des productions frappées du label Stephen J. Cannell, Agence tous risques (titre original : The A-Team, terme qui désignait des unités d'élite pendant la guerre du Viêtnam) n'a rien d'une série révolutionnaire. Maintes fois rediffusée depuis ses débuts, elle ne disputera cependant jamais la palme de meilleure série à un Twin Peaks, pas plus qu'elle ne gagnera un jour - quoique, de nos jours... - le statut de série-culte. Elle n'en est pas moins, selon les termes de son auteur, un agréable divertissement, tout à fait réussi dans son genre. 

Lancée en 1983 sur NBC, Agence tous risques est née l'année précédente des imaginations conjuguées de Stephen J. Cannell et Frank Lupo. A l'époque, le premier est déjà connu pour quelques séries populaires comme Baretta et Deux cents dollars plus les frais, et vient de créer quatre ans plus tôt sa propre maison de production à son nom. Quant au second, il a travaillé d'abord avec Glen A. Larson et Donald Bellisario sur Galactica, Galactica 1980 et Magnum, avant de rejoindre l'équipe de Stephen J. Cannell sur la série The Greatest American Hero. Il se fera connaître grâce à cette collaboration, poursuivie de manière fructueuse avec Riptide en 1984 et surtout Un Flic dans la mafia en 1987. Seul, il sera à l'origine de la série Hunter (produite par Cannell) et fondera à son tour sa maison de production pour produire des séries telles que Duo d'enfer, Le Monstre évadé de l'espace et Raven. 

Série d'aventures à mi-chemin entre la bande dessinée et le western, Agence tous risques doit son succès avant tout à un casting judicieux et à des héros bien trempés. Ce qui fait l'originalité (on verra qu'en réalité ce n'en est pas une...) de l'équipe vedette, c'est son caractère hétéroclite : un génie de la tactique militaire, un bricoleur culturiste, un fou volant authentiquement déjanté et un roublard talentueux composent un team dément, amateur d'action et d'aventure. Bien entendu, les choses ne sont pas toujours aussi simples : les plans prétendument « sans accroc » du fin stratège ne tiennent pas souvent la route, et le revirement final des situations les plus tordues est dû au moins autant à la chance et à la force qu'à la qualité du chef. Quant au talent d'escroc du Futé, il est plus souvent qu'à son tour pris en défaut. Avec tout ça, Barracuda a un caractère de cochon et Looping (Howling Mad - le Fou Hurlant, en v.o.) est constamment sur le point de perdre les pédales !

 

UN CASTING RéUSSI

 

Pour mener tout ce monde, les producteurs ont engagé un acteur de cinéma, George Peppard. Ancien interprète du détective Banacek à la télévision, Peppard a tourné avec quelques grands noms du septième art, de John Wayne dans La Conquête de l'Ouest à Sophia Loren dans Opération Crossbow, en passant par le réalisateur Edward Dmytryk pour Les Ambitieux. Mais le rôle d'Hannibal va lui apporter une notoriété nouvelle, grâce au succès de la série. De son vrai nom (?) John Smith, l'équivalent américain de Jean Dupont, Hannibal emprunte son surnom au général carthaginois qui fit traverser les Alpes à ses éléphants pour marcher sur Rome, au IIIème siècle avant notre ère, réussissant à tenir tête aux puissants romains à cause de leur manque de cohésion et d'organisation, un exploit que renouvelle le moderne Hannibal face à la police militaire lancée à ses trousses. 

A ses côtés, Dirk Benedict, un acteur sympathique qui fit partie quelques années plus tôt de l'éphémère aventure Galactica, succède dans le rôle du Futé (Faceman, dans la v.o.) au terne Tim Dunigan, détenteur du rôle dans le téléfilm pilote qui servit à lancer la série. En fait, Benedict fut le premier choix des producteurs mais la chaîne NBC s'y opposa. Au vu de la performance de Dunigan dans le pilote, ils changèrent d'avis et donnèrent leur accord. Elégant, exceptionnellement doué pour escroquer son prochain, capable de se faire passer pour n'importe qui, le Futé se situe dans la veine frégolesque du Leroy Turner de Timide et sans complexes ou de Sonny Spoon dans une future série de Cannell Productions. S'il se déplace en Corvette, son attribut le plus précieux est cependant son visage, exprimant un angélisme qui lui permet d'obtenir tout ce qu'il veut, notamment auprès des dames. Comme Rick dans Magnum (lui aussi adepte du déguisement), il est également orphelin, et l'un des épisodes le mettra en présence de son père supposé. Un rôle familier pour Dirk Benedict, puisque son personnage dans Galactica était également séducteur et orphelin. Le Futé n'est donc pas un personnage très original, mais l'acteur sait le doter d'une certaine présence.

 

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Aux antipodes du Futé, le personnage de Barracuda, quant à lui, revient à l'acteur noir Mister T, tout auréolé de la gloire acquise en tenant tête à Stallone sur le ring de Rocky III au cinéma. Son rôle de bricoleur râleur au coeur tendre lui apportera une popularité qui finira (dit-on...) par lui donner la grosse tête, l'acteur laissant libre cours à ses caprices de star et clamant partout : « La vraie vedette de The A-Team, c'est moi ! », ce qui ne sera guère du goût de George Peppard. Il ne fait aucun doute que la personnalité marquée du personnage, bourru mais doté d'un coeur d'or, particulièrement en présence d'enfants, a beaucoup fait pour la popularité de la série, justement auprès du jeune public, de même que sa coupe à l'iroquoise et les kilos de breloques en or que Mister T porte constamment autour du cou. Le nom français de Barracuda est en fait un croisement entre le nom du personnage dans la v.o. (Baracus) et son surnom 'Bad Attitude', intraduisible (littéralement : Mauvais Comportement). 

Enfin, le personnage, haut en couleurs, de Looping, l'aviateur déjanté, est campé par un acteur peu connu, Dwight Schultz. Entrevu dans Hill Street Blues et CHiPs, il fut paraît-il recommandé aux producteurs par le vice-président de NBC. On le reverra, après l'aventure Agence tous risques, dans le film Les Maîtres de l'ombre aux côtés de Paul Newman, et dans un rôle épisodique pour Star Trek : The Next Generation à la télévision. 

Incontestablement, la prestation de Schultz dans un rôle pas si évident que cela est pour beaucoup dans la popularité de la série. Son personnage y introduit suffisamment de folie et de second degré pour sauver des scenarii parfois tristounets. On le voit au fil des épisodes endosser des personnalités très différentes, souvent farfelues : il singe Bogart dans « La Vache maltaise », revêt un costume de justicier taillé dans un drap de lit pour « La Guerre des taxis », prend la défense des balles de golf opprimées dans « Le Pain quotidien » ou encore perpétue la légende du Lone Ranger, célèbre héros d'un western télévisé en noir et blanc, dans « Les Mustangs ». Même quand il se contente de surgir tout armé d'un cercueil un peu particulier dans « Pièces détachées » ou de battre des ailes à l'arrière d'une Jeep dans « Les Braconniers », il est savoureusement génial. A plus d'un titre, l'acteur a réalisé là une performance digne du Scott Bakula de Code Quantum. 

Pourtant, le personnage de Looping faillit bien être retiré du programme lorsque, au vu du pilote, les responsables de NBC le jugèrent un peu trop loufoque. Fort heureusement, sa réception très positive auprès du public lui garantit une survie dont on ne se plaint pas, au contraire !

 

SURTOUT PAS DE FEMME DANS L'AGENCE

 

L'équipe - tout au moins dans les débuts - serait incomplète sans la présence de la journaliste Amy Allen, incarnée par une jeune comédienne inconnue, Melinda Culea. C'est elle qui, dans le le téléfilm pilote, contacte le team d'Hannibal pour retrouver un collègue disparu quelque part au Mexique, et se retrouve ensuite intégrée à l'équipe, jouant parfois le rôle de tampon entre les fugitifs et la police militaire. Très vite, cependant, George Peppard se plaint du manque de professionnalisme de l'actrice, laquelle dénonce ses mauvaises manières aux journalistes : « George Peppard est cruel », déclare-t-elle. « Il me fait à chaque fois demander pour me dire que ne sais pas jouer la comédie. Et sur le plateau, il ne me regarde pas ! » (1) De fait, Peppard réussit, dit-on, à la faire virer du programme dès le milieu de la deuxième saison. 

Elle sera aussitôt remplacée par Marla Haesley, une jeune actrice inconnue entrevue quelques mois plus tôt dans un rôle de figuration de l'épisode « Immigration clandestine ». Elle tient le rôle de Tawnia Baker, une collègue de travail d'Amy Allen, elle aussi fascinée par la fabuleuse Agence tous risques : en fait, une copie du premier personnage. Elle non plus ne restera pourtant pas dans l'équipe, son personnage étant congédié à l'issue de « Au-delà de la rivière », le téléfilm d'ouverture de la troisième saison, à cause semble-t-il de réactions très froides du public. L'actrice n'est d'ailleurs jamais apparue au générique, son nom étant simplement mentionné en tant qu'also star dans les crédits d'ouverture des épisodes où elle apparaît. Cédant encore une fois à George Peppard, pour qui Agence tous risques était de toute façon « une série d'hommes », les producteurs n'ont pas cherché cette fois à remplacer la journaliste, se contentant de glisser dans les scenarii quelques seconds rôles féminins à la plastique avantageuse : on aura ainsi l'occasion de croiser dans « Au feu ! » la future Dee Dee McCall de Hunter, Stepfanie Kramer.

 

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REBELLES ET JUSTICIERS

 

L'argument d'Agence tous risques, c'est donc l'équipée sauvage d'un quatuor de baroudeurs mettant ses talents au service de la veuve et, parfois, de l'orphelin. Jadis membres d'un commando d'élite au Viêtnam, évadés d'une prison de haute sécurité où ils étaient incarcérés à tort, ils se sont réfugiés dans les bas-fonds de Los Angeles où l'on peut, avec de la chance et beaucoup de persévérance, les retrouver pour louer leurs services. Car, bien sûr, leur expérience et leur savoir-faire ne sont pas gratuits, et le Futé se charge d'évaluer les besoins et de dresser la facture avant et après chaque mission - déductions fiscales comprises. L'honneur des héros reste sauf, cependant, puisqu'ils ne prennent, au bout du compte, que ce qu'on peut leur donner et rendent l'excédent le cas échéant. Menant une existence de hors-la-loi en marge de la société, les quatre larrons passent leur temps à fuir la police militaire, ce qui donne lieu à des poursuites souvent échevelées et à des démarrages sur les chapeaux de roue, comme dans la séquence d'ouverture de l'épisode « Agitateurs ». 

Pour être exact, Looping n'est pas, lui, obligé de fuir, car il est censé poursuivre sa convalescence dans un hôpital psychiatrique de l'armée, mais la vie y est trop ennuyeuse pour qu'il ne préfère pas s'échapper par la fenêtre avec ses complices de toujours. Tout au long de la série, les militaires seront présents à travers une succession de gradés hargneux mais en général inefficaces : le colonel Lynch, tout d'abord, incarné par William Lucking, puis le colonel Decker, le plus dangereux detous, qui prend les traits de Lance LeGault, lequel, à la même époque, est aussi le méchant colonel Greene dans Magnum. Viendront ensuite le général Fullbright - Jack Ging, l'ennemi buté des détectives de Riptide - puis le général Stockwell, le seul qui réussira, dans la dernière saison, à coincer enfin les mercenaires pour en faire ses agents (très) spéciaux. 

Ces nombreuses poursuites, omniprésentes dans la série, inscrivent Agence tous risques dans la lignée d'autres succès, comme Shérif fais-moi peur à la télévision (CBS, 1979-1986) ou les Blues Brothers au cinéma. Elles permettent aussi de visiter de nombreux décors en maintenant un mouvement constant au cours des épisodes. L'A-Team partage ainsi son activité entre la jungle des grandes villes et, à l'opposé, les petites villes perdues dans des étendues désertiques. Quelques excursions à l'étranger (le Mexique dans le téléfilm pilote, le Kenya dans « Les Braconniers », l'Italie dans « Le Jugement dernier ») ajoutent une pincée d'exotisme qui ne coûte pas plus cher aux producteurs puisque tout est tourné dans les environs de Los Angeles. On retrouve la même diversité dans les milieux traversés par les héros : les grands casinos de Las Vegas, les champs de melons des vallées californiennes, les mines de diamant d'Amérique du Sud, les prisons, la mafia, les bas-fonds new-yorkais, rien n'est laissé de côté pour garantir le renouvellement des intrigues.

 

UN SCHéMA RéPéTITIF

 

Agence tous risques n'en est pas moins ce que les anglo-saxons appellent un formula show, c'est-à-dire une série fondée sur la répétition du même canevas scénaristique. Une séquence d'introduction ayant montré les exactions des méchants de la semaine - en général une bande de truands patibulaires qui s'en prend à des femmes, des enfants ou un homme seul -, on retrouve l'une des victimes ou son représentant dans un endroit insolite où elle demande le secours des héros. ne râclée aux malfrats puis, la leçon n'étant généralement pas suffisante, utilisent les grands moyens pour terrasser le monstre. Comme dans d'autres séries contemporaines, comme Supercopter, la séquence de résolution est répétitive et ne fait pas dans la dentelle. 

Certains scenarii modifient un peu ce schéma canonique, par exemple en commençant l'action in medias res, c'est-à-dire au milieu, alors que la mission est déjà commencée : c'est le cas dans « Les enfants de Jamestown » et « Pas si facile que ça », ou en provoquant une rencontre impromptue entre les héros et les méchants, comme dans « Agitateurs » et « Belle évasion ». Avec les années, pour relancer un peu la popularité du programme, on invitera même quelques personnalités du show-business : Boy George dans « Cow-boy George », le catcheur Hulk Hogan dans « Rien que du muscle », et jusqu'à l'équipe américaine du jeu La Roue de la Fortune dans l'épisode du même nom ! Le résultat n'est pas toujours convaincant, et le procédé ne parvient pas à masquer les carences des scenarii. On songe plutôt à une astuce commerciale à la Croisière s'amuse, comme tentèrent de le faire les producteurs de Starsky et Hutch à la fin des années soixante-dix en envoyant leurs héros enquêter sous les palmiers des Tropiques ou à bord d'un paquebot luxueux.

 

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Entrée en dixième position des programmes les plus regardés dès sa première saison, la série gagne la troisième place en 1983-1984 puis descend à la sixième l'année suivante avant de s'effondrer de manière dramatique : elle occupe en effet la trentième place en 1985-1986. On décida donc, en mettant en avant une étude de marché réalisée auprès du public, de lui faire subir un ravalement complet pour la saison 1986-1987. Le ton devient plus sérieux et les personnages sont détournés de l'aventure à gogo pour devenir... des agents du gouvernement ! Finalement capturés par le général Stockwell, une huile du Pentagone proche du personnage d'Archangel dans Supercopter, ils se retrouvent en effet enrôlés à leur corps défendant comme groupe d'intervention spécial et interviennent dans des affaires de sécurité nationale, damant le pion aux espions est-allemands ou à des sbires du KGB !

 

L'INFLUENCE DES SIXTIES

 

L'intérêt de cette nouvelle définition du programme réside surtout dans la mise en évidence d'une parenté originelle avec les séries d'espionnage de la grande époque des Sixties. L'équipe imaginée par Cannell et Lupo imitait en effet le team déjà très complémentaire de Mission Impossible : le chef charismatique couronné de cheveux blancs (Jim Phelps), le bricoleur noir de génie (Barney Collier), Monsieur Muscles (Willy Armitage) et l'as du déguisement (Rollin Hand) étaient simplement reliftés pour devenir Hannibal, Barracuda (un personnage « deux-en-un », puisqu'il reprend à la fois le bricoleur et le culturiste) et le Futé (adepte lui aussi des déguisements insolites, et dont l'élégance n'est d'ailleurs pas sans rappeler le personnage incarné par Martin Landau dans la série de Bruce Geller), dans une version moderne et résolument fantaisiste du succès dramatique des années soixante. L'ajout de Looping confirmait la volonté des auteurs de donner naissance à un programme plus speedé et décalé que son lointain ancêtre. Le principe du formula show était lui-même une résurgence de cette parenté à peine dissimulée, les scenarii de Mission Impossible reposant également sur la répétition d'un schéma invariable, exceptionnellement modifié durant les premières années de la série. 

L'autre influence avouée par les producteurs apparaît avec le choix de Robert Vaughn pour tenir le rôle du général Stockwell. L'acteur incarna en effet l'agent Napoleon Solo dans la série Des Agents très spéciaux, entre 1964 et 1968, et il retrouve d'ailleurs son partenaire d'alors, David McCallum, dans l'un des épisodes de cette dernière saison. Enfin, peut-être pour donner un coup de jeune supplémentaire au programme, un nouveau personnage est intégré au team, celui de Frankie Santana, un séduisant spécialiste des effets spéciaux, qui jouera un rôle important dans les machinations à la Mission Impossible de la nouvelle Agence tous risques. 

Le remède se révèle finalement pire que le mal : non seulement l'audience n'est pas meilleure, mais les fans de la première heure, déçus par ce reformatage inopiné, désertent le show, qui se retrouve en... soixante-et-unième position ! La tension qui règne sur le plateau n'arrange rien, Peppard et Mister T en étant arrivés à ne plus se supporter : « Le climat était tendu », reconnaîtra Dwight Schultz (Looping), « mais nous n'avions pas à nous en préoccuper tant que le résultat était bon ». La série s'arrête donc à mi-saison, après seulement treize épisodes. Et les responsables de NBC de déclarer, malgré tout, qu'Agence Tous Risques « aurait pu encore aller loin. Posséder trois vedettes en ses rangs était un formidable atout. » (1) 

De fait, Agence Tous Risques était un concept plutôt original au début des années quatre-vingt, témoignage réussi d'une veine qui allait connaître plusieurs années de gloire avant d'être contestée pour sa violence, celle des programmes à forte teneur en action et en cascades spectaculaires, dans la foulée de L'Homme qui tombe à pic de Glen A. Larson. La série, comme beaucoup d'autres, subit l'influence de groupes de pression contestant le « modèle » qu'elle offrait au jeune public : anecdote amusante, on a pu constater que les héros bouclaient leur ceinture de sécurité dans trente-neuf pour cent des scènes de voiture du programme en 1986, contre un pour cent seulement en 1984. La raison ? Une campagne menée auprès de la production et de Mister T lui-même, qui aurait reçu plus de huit cents lettres l'enjoignant de boucler sa ceinture ! (2) 

Aujourd'hui, même si elle est toujours méprisée par la critique (ce qui, entre nous, ne veut pas dire grand chose), la série a laissé chez ses anciens fans un parfum de nostalgie, au point que des rumeurs ont longtemps circulé concernant une adaptation au cinéma, rumeurs finalement confirmées par Stephen J. Cannell himself. On murmura même quelques noms pour les rôles principaux : Mel Gibson prendrait la suite de George Peppard, décédé en 1994, Ving Rahmes (Mission Impossible) celle de Mister T, Tom Cruise celle de Dirk Benedict (vous y croyez, vous ?) et, tenez-vous bien, Jim Carrey deviendrait l'ineffable Looping. Heureusement que ce ne sont que des rumeurs, finalement...

 

 

NOTES

1. Cité dans Ciné Télé Revue n°39, 1987.

2. Mentionné par David Gauntlett, Moving Experiences : Understanding Television's Influences and Effects, Londres, John Libbey & Company Ltd, 1995, p.82.

Dwight Schultz et Dirk Benedict parlent de la série : 

George Peppard parle de The Sound of Music et de ses rôles précédents en 1983 : 

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