diagnosticmeurtre2.jpg

 

Le 20 mars 1991, le dix-neuvième épisode de la quatrième saison de La Loi est la loi accueille un invité spécial : Dick Van Dyke, acteur vétéran dont le Dick Van Dyle Show fut l’un des fleurons du divertissement télé entre 1961 et 1966, joue le rôle du Dr Mark Sloan, un médecin du Community General Hospital de Los Angeles accusé de meurtre et contraint de prouver lui-même son innocence. L’épisode est écrit par Joyce Burditt, qui a déjà collaboré à plusieurs séries du tandem Dean Hargrove / Fred Silverman, comme Le Père Dowling et Perry Mason. Selon une formule maintes fois testée aux Etats-Unis, cet épisode est en fait un pilote déguisé, conçu pour tester la popularité d’un nouveau personnage éventuellement doté, par la suite, de sa propre série. Dix mois plus tard, le Dr Sloan revient donc dans un téléfilm intitulé Diagnosis of Murder, qui sera suivi quelques mois après d’un deuxième puis d’un troisième. Le personnage ayant eu l’heur de recueillir les faveurs du public, CBS décide alors de commander une série régulière qui démarre dès septembre 1993. Diagnosis Murder est née, et sa popularité durera huit saisons, jusqu’à ce que Dick Van Dyke décide de rendre sa blouse et de prendre sa retraite, à 75 ans.

Fondée sur un concept simple, celui du médecin enquêteur déjà décliné plusieurs fois (Quincy, Waikiki Ouest), Diagnosis Murder repose entièrement sur la personnalité de son comédien vedette. Homme-orchestre à la Gene Barry capable de chanter et danser aussi bien que de faire du patin à roulettes, Van Dyke a débuté en 1955 dans un programme télé, The Morning Show, dans le rôle de l’hôte qu’il reprendra plusieurs fois par la suite. Mais c’est en 1961 qu’il devient le héros de son propre show, The Dick Van Dyke Show, qui engrangera pas moins de quatre Emmy Awards et deux Golden Globes. En 1971, cinq ans après l’arrêt du premier, un New Dick Van Dyke Show fait son apparition, avec moins de succès (il s’arrête en 1974), puis ce seront Van Dyle and Company en 1976 et The Van Dyke Show en 1988, dans lequel l’acteur donne la réplique à son propre fils Barry. Si elle ne reprend pas le nom de son acteur vedette, Diagnosis Murder ne s’inscrit pas moins dans cette continuité, Barry Van Dyke endossant une fois encore le rôle du fils, cette fois policier. La série entretient cependant une autre parenté majeure : comme Matlock, La Loi est la loi et le nouveau Perry Mason, elle est produite par Dean Hargrove et Fred Silverman qui ont derrière eux une carrière à peu près aussi longue que celle de Van Dyke Senior puisqu’ils ont commencé respectivement en 1966 et 1962, eux aussi à la télévision.

Série anthologique comme beaucoup de collections policières de la famille « enquêteur du dimanche » (comment ne pas citer Arabesque au passage ?), Diagnosis Murder utilise la profession de son héros comme un simple prétexte à des situations où la mort n’est jamais loin. Victimes révélant leurs secrets dans un soupir ultime, amis ou connaissances de passage en ville avec leurs problèmes souvent dramatiques, enquêtes policières nécessitant l’avis d’un consultant médical, l’hôpital comme lieu de passage et d’intrigues permet une diversité dans les prémisses dont les scénaristes joueront avec une belle réussite durant 178 épisodes. A l’occasion, Van Dyke aura poussé la chansonnette avec d’anciens complices (comme Dick Van Patten, ancien partenaire du New Dick Van Dyke Show, dans « Meurtre au téléthon »), côtoyé d’authentiques stars comme Patrick MacNee et George Hamilton, et même des enquêteurs célèbres comme Ben Matlock (dans « Murder Two », saison 4) ou Joe Mannix, qu’il aide à résoudre une affaire vieille de 25 ans dans « Hard-boiled murder » (toujours la saison 4). A l’image de son générique, la série bénéficie d’une réalisation alerte et de situations mêlant l’émotion (parfois) à la comédie (souvent). Au final, un très bon divertissement que France 2 a programmé au quotidien en milieu d’après-midi, à l’heure où Pascal Sevran poussait jadis lui-même la chansonnette.

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :