publié en mars 2004 (ASS 16)

par Manuel Rouffia

 

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Ah ! comme certains souvenirs d’enfance sont plaisants ! On pouvait regarder ses dessins animés et ses séries préférés tranquillement installé sur le canapé du salon en dégustant des gaufrettes (aut ! ça fait des miettes !). Et parmi elles, il y avait Dick Turpin. Une série diffusée pour la première fois en France en 1980 sur Antenne 2 dans la désormais mythique émission de Dorothée : Récré A2.

Dick le rebelle raconte les exploits d’un bandit façon Robin des Bois qui rançonne les riches bourgeois dans l’Angleterre du XVIIIème siècle. Un voleur mais pas un assassin, comme ses confrères à cette époque. Dick Turpin souhaite mener une vie confortable sans connaître la faim et la pauvreté. Ce n’est finalement que quand les circonstances l’y obligeront qu’il aidera un peu à contrecoeur des personnes en proie à la cruauté du pouvoir. Il est plus enclin d’ailleurs à secourir les personnes du sexe féminin, étant un coureur de jupons notoire. C’est ce qui le rend attachant et humain. Ce n’est pas un idéaliste mais il n’hésite pas quand la vie d’un paysan est en danger.

Il est accompagné d’un jeune orphelin surnommé « Feu Follet ». Au début, Turpin ne voulait pas de cet inconscient auprès de lui, qui risquait de le faire prendre. Mais après que ce dernier lui a sauvé la vie, Turpin va l’accepter et lui apprendre « les ficelles du métier ». Une sorte d’attachement va naître entre les deux hommes, qui vont développer un lien père-fils. « Feu Follet » voue une admiration sans borne à ce bandit courageux, facétieux parfois et juste. Une sorte de Zorro national.

Turpin est poursuivi sans relâche par Sir John Glutton, un seigneur local qui rêve de le pendre haut et court. Avide de pouvoir, Sir John compte sur le capitaine Spiker, l’un des plus féroces hommes de sa garde. Spiker est un soldat redoutable et sans pitié qui voue une haine tenace à Turpin. Il ne supporte pas que celui-ci lui échappe à chaque fois et qu’il bénéficie toujours du soutien sans faille du peuple qui voit en lui un justicier. Et pour le remercier, les paysans lui donnent de la nourriture ou l’aident à se cacher !

C’est Richard O’Sullivan, un comédien de théâtre outre-Manche, qui incarne avec brio Dick Turpin, un homme ayant réellement existé au XVIIIème siècle. C’est la BBC qui produisit la série avec London Weekend Television. Dick Turpin connut un grand succès en Angleterre, les britanniques se passionnant très vite pour les exploits de ce bandit populaire. La BBC injecta ainsi beaucoup d’argent dans le feuilleton afin de pouvoir recréer dans de bonnes conditions les décors, les costumes et l’atmosphère de cette époque. Grâce à cela, la grande qualité de la série éclate à l’écran ainsi que grâce aux excellents scénarii, signés essentiellement par Richard Carpenter.

Le générique de Dick Turpin est également une réussite. Le compositeur a choisi avec talent d’utiliser un clavecin pour l’ouverture, ce qui donne au personnage un aspect à la fois noble et mystérieux. La musique, entraînante, convient parfaitement au personnage. Les images du générique montrent Turpin dans la nuit sur la lande anglaise, côtoyant régulièrement un gibet. Le signe qu’il flirte avec le danger et la mort en permanence.

La première saison de Dick Turpin comporte 13 épisodes de 26 minutes et sera suivie d’une deuxième réduite à 7 épisodes. Plusieurs histoires se développent sur deux ou trois segments et la série comporte un aspect feuilletonnant. Un téléfilm découpé en cinq parties et intitulé Dick Turpin’s Greatest Adventure sera ensuite produit, dans lequel on croisera Patrick Macnee, Donald Pleasence et Mary Crosby, de passage dans les studios anglais, puis de nouveau six épisodes de 26 minutes. Si le téléfilm a été diffusé en 1985 sur la toute jeune Canal Plus, on n’a guère revu le bandit masqué depuis lors.

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

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