publié en mars 2001 (ASS 4)

par Thierry Le Peut

 

flicdemoncoeur2.jpg

 

Voici encore une série tirée d’un film. The Big Easy, réalisé en 1987 par Jim McBride sur un scénario de Daniel Petrie Jr, mettait en scène un flic de la Nouvelle-Orléans interprété par Dennis Quaid et une ravissante avocate arborant le délicieux visage d’Ellen Barkin. Neuf ans plus tard, Jacqueline Zambrano adapte le film à la télévision pour la chaîne USA, sous la houlette de Daniel Petrie Jr et d’une poignée d’autres producteurs parmi lesquels on relèvera le nom de Sonny Grosso, ex-flic devenu conseiller technique sur The French Connection avec Gene Hackman et la série Kojak avant de se faire une petite place à Hollywood. Les personnages restent les mêmes mais les acteurs changent : Susan Walters, entrevue dans la courte série Nightingales en 1989 et dans le téléfilm Elvis et moi où elle jouait le rôle de Priscilla Beaulieu, la femme du King (alias Jenna Wade dans Dallas), devient la juriste Anne Osborne, face au jeune Tony Crane, crédité de quelques apparitions dans Family Ties et Roseanne, qui prête son charme irrésistible au Lt Remy McSwain.

Comme tant d’autres, la série s’appuie sur le marivaudage auquel se livrent les deux protagonistes. Anne Osborne, quoique fiancée à un jeune biologiste talentueux qu’elle a laissé derrière elle dans le Nord, est loin d’être insensible au charme du Lt McSwain, lequel est à la Nouvelle Orléans comme un poisson dans l’eau. Non seulement il connaît à peu près tout le monde mais son patron, le shérif C.D. LeBlanc, est aussi son oncle et l’un de ses meilleurs indics est son cousin Smiley. Et ce n’est là qu’une partie des ramifications que le beau lieutenant a dans la région. La juriste, elle, est seule. Promue assistante du procureur dès le deuxième épisode, elle s’attache à Remy, cède à ses avances, sans pourtant franchir le pas avec une netteté absolue, entretenant un jeu de « tu me plais mais je suis fidèle à mon fiancé » que le séducteur ne comprend pas toujours.

Cette relation, pour centrale qu’elle soit, n’est pas le seul atout de Flic de mon coeur. Tournée sur les lieux mêmes de l’action, la série bénéficie de décors soignés qui alternent avec de nombreux extérieurs, les éclairages sont très étudiés, les scénarii bien écrits et les rôles secondaires consistants. Le shérif, Smiley, la femme flic Darlene, la tenancière de bar Debria sont quelques exemples d’une galerie de personnages bien caractérisés et attachants. Les intrigues, si elles ne sont pas forcément originales, recèlent pourtant quelques surprises et s’appuient sur les caractères sans recourir aux traditionnelles scènes d’action qui retardent le dénouement sans rien ajouter à l’histoire. Au final, Flic de mon coeur mérite d’être découverte, même si France 2 a eu quelque mal à la programmer...

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

Partager cet article

Repost 0