publié en mars 2002 (ASS 8)

par Thierry Le Peut

 

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Sans être aussi populaire chez nous que La Petite Maison dans la Prairie, Ma Sorcière bien-aimée n’a cessé depuis son apparition en France en 1966 de revenir hanter la petite lucarne. Il aura pourtant fallu attendre 1988 pour voir sur Antenne 2 les derniers épisodes et en particulier la période Dick Sargent. C’est désormais M6 qui, ayant diffusé l’intégralité des épisodes, les reprogramme périodiquement, comme dernière-ment au beau milieu de la journée, juste avant... La Petite Maison... !

Série familiale par excellence, quoique dotée d’un postulat pour le moins original, Ma Sorcière bien-aimée demeure, presque quarante ans après sa première diffusion sur ABC, en 1964, un divertissement agréable et rythmé par un déluge de gags. Ceux-ci sont souvent répétitifs et le même schéma est si abondamment repris d’un épisode à l’autre qu’il s’impose aisément comme le classique des classiques : celui qui montre Jean-Pierre, employé docile d’une agence de publicité, se retrouver pris au piège d’une sorcellerie au moment de présenter au client son idée, ou plutôt son absence d’idée, et sauvé in extremis par son épouse dévouée (note pour les non-initiés qui n’ont jamais cédé au charme : c’est elle la sorcière), finalement plus douée que lui pour improviser des slogans à succès. Ne soyons pas malhonnête, cependant : les scénarii imaginés par quelques auteurs prolifiques (Ed Jurist en particulier) contiennent d’autres perles qui aident la série à tenir le cap et à maintenir l’intérêt. Les apparitions d’Endora, les gaffes de Tante Clara (puis de la bonne, Esmeralda), les multiples quiproquos et malentendus, les transformations inopinées ont bâti la réputation du show qui continue d’être rediffusé un peu partout dans le monde.

Elizabeth Montgomery, aujourd’hui décédée, tient le rôle de Samantha, une jeune (et jolie) sorcière tombée sous le charme (naturel) d’un mortel, à savoir Jean-Pierre Stevens (Darrin dans la v.o.), créateur vedette de l’agence de publicité McMann & Tate dont son ami (?) Alfred Tate est le directeur. Si les rapports difficiles qu’entretient Jean-Pierre avec sa belle-mère et le reste de la famille « ensorceleuse » de sa moitié occupent une grande place dans les intrigues de la série, sa relation ambiguë avec Alfred occupe les « blancs » entre deux apparitions de ses parents par alliance. Alfred en effet est un hypocrite consommé, plus attaché au profit qu’à son (prétendu) ami, qu’il est prêt à renvoyer séance tenante à chaque fois qu’un client prend un air mécontent. Il faudrait, pour énumérer les caractéristiques et les qualités du show, bien plus de place que nous n’en avons ici mais qu’il suffise de dire, pour les non-convaincus, qu’une dose de Bewitched, même homéopathique, ne peut pas faire de mal !

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