publié en septembre 2000 (ASS 2)

par Thierry Le Peut

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Rediffusée sur M6 (qui, au passage, l’a souvent écourtée de son générique de fin), Mission casse-cou fait partie de ces séries qui ont vite connu une popularité certaine sans être pour autant... américaine. Fondée sur l’opposition de deux héros de sexe et de culture différents, elle évoque d’emblée un autre succès de Sa Majesté, Amicalement Vôtre, revu et corrigé à la sauce romantico-policière en vogue dans les années quatre-vingt (ne serait-ce qu’avec Remington Steele et Clair de Lune, deux succès populaires de l’Oncle Sam). Produite en 1984 par la très honorable London Weekend Television, elle a débarqué en France sur la troisième chaîne, le samedi en deuxième partie de soirée à la place de Dynasty, alors le « blockbuster » de feu FR3. Même si Christophe Petit écrit dans le guide Totem des séries télé que la série « repose à peu près uniquement sur ce gimmick déjà maintes fois utilisé », à savoir le choc des cultures, le « clou » du show est ailleurs, comme le souligne Jean-Jacques Jelot-Blanc dans son Télé Feuilletons (page 374) : les cascades !

Dès le prégénérique du téléfilm pilote, intitulé « Un homme dangereux », on comprend que le Lieutenant Jim Dempsey, de la police de New York, n’est pas un enfant de chæur : comme son collègue de la Côte Ouest Harry Callahan, dit le Salaud, il joue du revolver avec autant de facilité que Starsky et Hutch, brandissant sa virilité de tough guy (le genre hard boiled, ou dur à cuire, des privés style Mike Hammer) au bout de son canon. Les épisodes usent d’une violence parfois extrême, agrémentée de cascades réglées avec minutie, du classique saut d’un avion en vol aux courses effrénées sur les toits, les routes ou... la Tamise.

Car l’action se déroule à Londres, où notre flic new-yorkais a été muté contre son gré mais pour sa sécurité après avoir mis le doigt sur la corruption de ses supérieurs (le syndrome Serpico). Là, il est contraint de faire équipe avec une femme flic issue de l’aristocratie britannique et suavement rebaptisée « Makepeace » (faites la paix), sous la houlette d’un superintendant grincheux qui ne peut pas voir en peinture ces « sales yankees ». Dans le genre clash culturel, c’est sûr, on ne fait pas mieux. Mais justement : la violence crue des deux protagonistes masculins, déclinée sur deux modes différents (l’un a la rudesse des quartiers populaires de New York, l’autre celle d’un self made man à l’anglaise), fait mieux ressortir la distinction du seul personnage féminin et donne à la série son ton volontairement cru, aux antipodes de la comédie romantico-policière mise en scène dans les deux séries US précitées, Clair de Lune et Remington Steele, et leur petite soeur Les Deux font la paire. Mission casse-cou, tout en orchestrant sur ses trente et un épisodes le rapprochement « contre nature » mais évidemment attendu des deux héros, a l’efficacité des Professionnels de Brian Clemens mais sans le côté excessivement caricatural des Nouveaux Professionnels également rediffusée cet été sur la petite sixième. Bref, du bon divertissement qui ne se prend pas la tête.

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

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