publié en mars 2005 (ASS 20)

par Thierry Le Peut

 

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Autre succès et toujours sur la même chaîne en France, M6, qui a privé France 2 du spinoff de l’un de ses fleurons, JAG, Navy NCIS a rencontré elle aussi un succès d’audience qui l’a déplacée très vite du mercredi au vendredi soir, hâvre de Stargate SG 1, bien que sa diffusion ait été pour l’instant assez erratique. Signe du succès, cependant, la chaîne rediffuse tous les épisodes de la première saison en attendant que la deuxième soit disponible. On reparlera évidemment un jour plus longuement de ce petit produit commandé par CBS à Bellisario avec l’intention évidente de surfer sur la vague CSI (Les Experts), puisque nous continuerons de couvrir les saisons de JAG, mais on veut déjà en dire quelques mots.

L’intérêt premier de la série est que, tout en conservant le milieu militaire de son aînée, elle le fait explorer d’une autre manière et par des enquêteurs affranchis de la hiérarchie de l’armée, jouissant à la fois d’une liberté d’action et d’esprit qui permet de s’éloigner du propagandisme de JAG (surtout en période de guerre américaine au Moyen-Orient). La personnalité de Mark Harmon, heureux d’enfiler autre chose que l’habit de médecin qu’il endossait dans St Elsewhere et Chicago Hope, domine le casting où l’on a cependant plaisir à retrouver, comme toujours chez Bellisario, un « aîné », ici assez inattendu en la personne de David McCallum. Taciturne et autoritaire, ne faisant guère d’efforts pour adoucir son mauvais caractère, Harmon emmène son équipe avec conviction et possède comme les héros qui l’ont précédé chez Bellisarion quelques zones d’ombre qui en font, dès la mi-saison, un chasseur obsédé par la poursuite d’une proie récurrente, capable de tirer de sang froid sur un homme au mépris des lois qu’il est censé respecter. McCallum, lui, est un légiste « à la Higgins », la tête et la bouche farcies d’anecdotes issues d’un passé bigarré et si riche qu’il en devient suspect et en tout cas insolite, comme l’était justement celui du majordome de Robin Masters. Le jeu de ces deux figures porte la série en grande partie, renforcé par le traitement visuel qui sait jouer des gimmicks de CSI sans en copier le style. On évolue ici dans un environnement alerte, dont la vivacité est soulignée par un montage rapide et souvent saccadé, et emporté tout entier par la personnalité dynamique du leader de l’équipe. Un prégénérique qui pose le cas de la semaine, l’arrivée rapide du NCIS, la quête d’indices assortie des commentaires vaguement philosophiques du légiste que nul spectacle ne semble affecter, l’interrogatoire de suspects et le travail en laboratoire, doublé de scènes d’action ponctuelles, constituent la structure dominante du show, aussi agréable à suivre qu’il est sans mystère.

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

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