publié en juin 2003 (ASS 13)

par Thierry Le Peut

 

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Populaire dans son rôle de Gonzo Gates dans la série médicale Trapper John, M.D. (avec Pernell Roberts), en 1979, Gregory Harrison fut aussi Logan dans L’Age de cristal en 1977 et apparut dans la saga Colorado l’année suivante. Vedette de nombreux téléfilms plus ou moins mémorables, il faisait à la rentrée 1999 son comeback télé dans une série inédite conçue par Brenda Hampton, la créatrice de 7 à la Maison et de La Croisière s’amuse : La Nouvelle Vague. Malheureusement, Safe Harbor n’a duré qu’une dizaine d’épisodes avant de disparaître des programmes de WB. Petit portrait d’une famille que l’on verra peut-être un jour chez nous.

 « Protéger une ville entière n’est pas facile, mais John Loring va découvrir que la paternité est le boulot le plus difficile de tous ! »

C’est ainsi que WB présentait sa nouvelle série en septembre 1999. Le concept semblait solide : Spelling et son complice E. Duke Vincent (Dynasty, Matt Houston, Melrose Place) aux commandes, un acteur populaire en tête d’affiche, flanqué d’une grand-mère confirmée rescapée des Golden Girls et récemment aperçue dans Starship Troopers au cinéma, et dans le rôle de la conceptrice Brenda Hampton, dont la série 7 à la Maison triomphait depuis trois ans sur le même network.

L’histoire, elle, tourne autour de la famille, un thème traditionnellement fort, illustré maintes fois sous tous les formats possibles. Gregory Harrison campe le shérif John Loring, dont la femme vient de mourir en lui laissant la charge de trois enfants, Jeff, 12 ans, Turner, 14 ans, et Hayden, 16 ans. Chacun a sa personnalité et son look, l’aîné étant très proche du Matt Camden de 7 à la Maison, avec ses cheveux longs et son physique résolument plus adulte que l’âge supposé du personnage ! A cette famille très masculine s’ajoutent deux « pièces rapportées » : un autre garçon, Chris, ami inséparable de Jeff dont il partage la date et le lieu de naissance, et une fille de 15 ans, Jamie, issue d’une puissante famille qu’elle a fuie.

Grand-mère Loring complète ce casting en apportant le contrepoint de l’âge et du caractère. Propriétaire du Magic Beach Hotel, elle héberge la petite famille sur laquelle elle garde un oeil à la fois sévère et protecteur. Un auxiliaire indispensable pour John Loring.

Le lieu inscrit également la série dans une veine déjà très représentée. Magic Beach est une petite ville imaginaire située sur la côte atlantique de la Floride. Les panneaux publicitaires de la chaîne mettaient donc en avant les palmiers, la mer et les couchers de soleil, jouant sur l’exotisme à la Sunset Beach, très glamour et « branché ». Dans le premier épisode, John est amené à rechercher la vérité cachée derrière la mort de sa femme, ce qui ajoute à l’ensemble une pincée d’intrigue policière et de conspiration.

Tout cela amène à penser que Safe Harbor est un produit calibré, conçu comme une nouvelle déclinaison du programme familial traditionnel. Les épisodes apportent leur lot de conflits internes liés à la volonté d’émancipation des adolescents : expériences amoureuses, défense de l’environnement, problèmes scolaires, chaque aspect de la vie des enfants Loring et de leur hôte, la fougueuse Jamie Melton, est mis à profit. Les adultes ne sont pas en reste puisque John doit aussi remplir sa fonction de shérif et veiller à la sécurité de Magic Beach, tandis que Grand-mère Loring essaie de retrouver ses jeunes ans en ayant une aventure avec un homme plus jeune qu’elle. Comme d’autres séries contemporaines apparemment éloignées de la folie touchant aux extraterrestres, à l’instar des Dessous de Palm Beach avec l’épisode « Aux frontières de l’irréel », un segment de la série parvient même à développer une histoire de paranoïa liée à une « invasion alien » !

Bref, tout en reprenant un concept proche de Picket Fences (High Secret City), Safe Harbor s’attache à peindre la vie de famille et les aléas de la vie professionnelle et civique d’un point de vue plus traditionnel, dans la veine de 7 à la Maison et des autres productions Spelling. La conclusion de la promo de WB confirme d’ailleurs cet aspect très classique, misant sur des recettes éprouvées et un brin d’esthétique « branchée » :

« Les Loring sont peut-être une famille peu conventionnelle mais, vous le verrez, c’est une famille qu’on aime vraiment. » Visiblement le public en a jugé autrement. Si on a la chance de la voir un jour, on pourra se faire une idée aussi...

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