publié en mars 2003 (ASS 12)

par Thierry Le Peut

 

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Son lancement aux Etats-Unis l’avait fait désirer. Son annulation rapide encore plus ! Titans devait être le soap nouvelle génération, alors même que le genre était mort (en tout cas dans sa version néo-classique à la Melrose Place) et enterré. A la barre du navire, Aaron Spelling himself, l’homme qui avait été derrière Dynasty, Beverly Hills et Melrose Place. En tête d’affiche, Victoria Principal qui fut Pamela dans Dallas, rôle qu’elle avait toujours refusé de reprendre même pour des téléfilms de réunion. Et une belle brochette de figures autour d’elle, de Yasmine Bleeth (Alerte à Malibu, Nash Bridges) à Perry King (Cody dans Riptide) en passant par l’athlétique Casper Van Dien révélé par Starship Troopers puis recyclé en Tarzan dans un long-métrage de sinistre mémoire. L’argument était clair : ressusciter le genre en réinvestissant le glamour, les triangles amoureux et les trahisons en tous genres qui caractérisaient ses représentants les plus illustres. Mais les temps ont changé et à moins d’être prêt à adhérer comme autrefois, sans condition (pourquoi pas ?), on n’a que deux options en voyant ce nouveau produit : ou bien on s’ennuie ferme en face de situations resucées et de caricatures éculées, ou bien on s’amuse en prenant tout au second degré. C’est finalement choisir entre Casper Van Dien et son frère à l’écran : l’un sort de l’armée et a bien du mal à prendre les choses avec distanciation, l’autre ne voit le monde qu’à travers la brume de l’alcool, ce qui lui permet de s’en détacher et d’en rire. Peut-être pouvez-vous d’ailleurs visionner la série après un bon digestif.

Comme Dallas (le retour de Bobby avec sa jeune épouse), Dynasty (le retour de Steven) ou Capitol (le retour de Tyler en héros, lui aussi militaire), Titans commence avec le retour du fils prodigue, en l’occurrence Casper Van Dien qui rentre au bercail pour découvrir que son père se remarie avec une jeune femme qui n’est autre... que la fille qu’il (le fils) vient de quitter après un séjour torride à Hawaii. Laquelle femme est une intrigante, dissimulatrice, sournoise et ambitieuse : une caricature glamour dénuée d’humour (au contraire d’Alexis dans Dynasty). De l’autre côté de la rue, dans une autre grande maison, l’ex de Papa (c’est Victoria Principal) voit s’installer la jeunette d’un oeil expérimenté, triste et méfiant. Ajoutez à ces prémices un deuxième fils, héritier raté qui noie son amertume dans l’alcool (genre Adam Carrington), et un tandem de soeurs dont l’une est la conscience (rigide) de l’autre, également attirée par l’alcool et spécialiste des amours passagères. Mettez un foetus dans le ventre de la nouvelle femme de Papa, faites mourir celui-ci au bout de quelques épisodes et vous aurez un Dynasty revu à la sauce Central Park West. Luxueux sans doute, mais sans surprise.

Malgré un battage médiatique plutôt conséquent, la formule n’a pas séduit outre-Atlantique puisque seuls treize épisodes ont été tournés. Titans est donc arrivé sur TF1 avec un parfum de curiosité, comme une bluette à savourer comme un Central Park West ou un Flamingo Road, en sachant que ça ne durera pas.

Tag(s) : #Arrêt sur Télé

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