Au sommaire d'Arrêt sur Séries .36.

 

ASS 36 cover

 

MENTALIST

du livre à l'écran,

l'histoire de la "saga"

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CASTLE

coup d'oeil sur les deux séries

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STAR TREK ENTERPRISE

(saisons 1 et 2)
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PETER GRAVES

portrait et interview exclusive

 

BROKEN TRAIL 

 

> L'édito de ce numéro :

ASS 37 cover CapturePour la rentrée, nous avons décidé de faire comme TF1 : ressortir The Mentalist, gros succès de l’hiver dernier ! Et comme France 2, cet été, a fait découvrir au public français le sémillant Castle (racheté à TF1 !), il nous a semblé pertinent de coupler ces deux séries qui présentent plus d’un point commun. Séries mineures par excellence, destinées à durer le temps d’une passion, Mentalist et Castle mettent les pieds dans le plat policier mais reposent avant tout sur leurs personnages, non à la façon d’un The Shield ou d’un Soprano mais « à l’ancienne », avec le goût de la formule. Ni l’une ni l’autre ne cherche à « révolutionner » la fiction télé : elles lui apportent en fait bien peu de choses, voire… rien. Les intrigues policières ? Déjà vues ailleurs et recyclables à l’infini. Le style ? Résolument classique, même si chacune en choisit un différent, plantant son décor aux antipodes du continent américain, l’est new-yorkais contre le soleil californien. La formule ? Ce n’est pas pour rien que l’on compare le héros de Mentalist, Patrick Jane, à toute une lignée de détectives singuliers, devenus des archétypes, de Sherlock Holmes à Columbo, et le héros de Castle, l’écrivain Richard Castle, a lui aussi largement de qui tenir. D’ailleurs, le propre de la formule n’est-il pas justement de manquer d’originalité ?

Mais alors, que peut-on bien leur trouver ? Peut-être tout bêtement ce que l’on trouve à un roman policier ni spécialement remarquable ni particulièrement mauvais. Ou à une paire de pantoufles qu’on continue de porter même quand elle n’est plus de la première jeunesse : on s’y sent bien, voilà tout. Et c’est un peu ce que visent Mentalist comme Castle. Proposer une manière de passer le temps qui n’est ni totalement bête ni remarquablement intelligente. Un divertissement efficace, astucieux, assumé. Le goût de la formule n’est pas tant une facilité qu’une volonté de créer des personnages et une atmosphère qui s’impriment immédiatement dans l’esprit du spectateur et reposent sur des éléments rapidement et facilement identifiables. Dans le cas de Mentalist, un héros mi-lumineux mi-ténébreux, dont le caractère light s’exprime dans la lumière de la Californie comme dans son caractère malicieux, puéril. Dans le cas de Castle, un tandem ancré dans la mémoire de la télévision, héritier des Clair de Lune, Remington Steele et Lois et Clark. D’un côté, le détective inspiré à la Sherlock Holmes, de l’autre le duo romanesque et romantique. On le comprend : l’important n’est pas de faire du neuf mais de le faire bien, avec art, avec conviction, avec énergie. C’est cette énergie communicative qui rend ces deux séries agréables à regarder, même si l’une semble s’essouffler plus vite que l’autre (on vous laisse deviner laquelle, en attendant d’entrer dans nos deux dossiers).

Pour compléter ce duo finalement assez estival, quittez donc la dimension policière et reprenez un peu de science-fiction. Mais en restant dans la légèreté. Enterprise est la première série Star Trek à laquelle nous consacrons un dossier. Dernière née de la franchise, elle est aussi la plus malaimée, en dépit de la présence de Scott Code Quantum Bakula dans le rôle du capitaine du vaisseau Enterprise. Les séries Star Trek ont souvent connu des débuts difficiles : de l’indifférence relative qui accueillit la série originelle, finalement redécouverte à la faveur de ses rediffusions, aux balbutiements erratiques de Star Trek The Next Generation vingt ans plus tard, la saga s’est imposée dans l’imaginaire américain mais à toujours eu du mal à « casser la baraque ». Transformée en franchise lucrative par Paramount, déclinée sous toutes les formes au niveau mondial, elle est à la fois célébrée et curieusement méconnue, ayant finalement peu les honneurs d’une diffusion. Enterprise ne fait pas exception à la règle : diffusée d’abord par Jimmy, elle peut être redécouverte actuellement sur SyFy, qui l’a déjà rediffusée intégralement cet été. C’est, assurément, la déclinaison la plus « grand public » de la saga. C’est, aussi, une série bancale, qui se cherche pendant deux saisons avant d’accomplir une volte-face radicale au seuil de la troisième, plus noire. Préférant d’abord les épisodes autonomes, elle devient feuilletonnante en affichant des ambitions nouvelles, dans un effort visible pour séduire et retenir le public. Démonstration par l’analyse dans ce dossier en deux parties : la première, que vous lirez ici, s’intéresse aux commencements et vous conduit jusqu’à la fin de la deuxième saison. La suite étudiera le changement de ton des saisons 3 et 4, au-delà desquelles la série n’eut pas l’opportunité de se poursuivre. Avec ses quatre saisons, ce fut la dernière des séries Star Trek de l’ère Next Generation. Le témoignage d’un essoufflement de l’ensemble de la franchise, surexploitée durant presque vingt ans. L’avenir, en 2009, prit le nom de J. J. Abrams et la forme d’un reboot de la saga sous son titre originel : Star Trek. Mais c’est une autre histoire (dont on attend d’ailleurs le deuxième acte en 2012).

Vous prendrez bien quelques petits fours avant d’entamer ces plats de résistance. Vous l’avez certainement remarqué, ces dernières années ont vu disparaître une pléïade de comédiens ayant marqué les années 1960 à 1980, cette génération avec laquelle nombre d’entre vous, sans doute, ont grandi. Le 14 mars dernier, c’était le tour de Peter Graves. Avec Jean-Luc Vandiste, qui eut l’occasion de rencontrer l’acteur lors de sa venue en France, nous avons voulu rendre un hommage à celui qui fut le cerveau de Mission : Impossible, dont il tira une gloire internationale. Portrait et entretien vous attendent dans les pages qui suivent. Enfin, pour changer encore de genre, nous allons commencer par vous renvoyer dans l’Ouest américain, celui de la poudre et des grands espaces, en la compagnie plutôt recommandable de Walter Hill (réalisateur) et de Robert Duvall (comédien). Avec Broken Trail, mini-série diffusée en 2006 par AMC, on peut voir que le western est loin d’être mort et que l’Amérique possède encore les décors qui ont fait rêver le monde depuis que Hollywood existe. Vous auriez tort de vous en priver.

Bonne lecture, bons voyages ! 

Thierry Le Peut 

 

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