Guide réalisé par Thierry Le Peut

Merci à Elephant Films d'avoir rendu l'intégrale de la série visible en DVD

 

 

 

 

Avec Don Murray (Earl Corey), Otis Young (Jemal David).

 

 

01. The Outcasts (Les bannis)

 

ABC, 23 septembre 1968

Ecrit par Leon Tokatyan

Réalisé par E.W. Swackhamer

 

 

 

 

4 juillet 1869. Earl Corey, ancien capitaine de l’armée du Sud, arrive dans une petite ville en portant sa selle ; il cherche à acheter un cheval et se rend vite compte qu’on n’aime guère les étrangers dans cette ville qui fête le jour de l’Indépendance. Dans l’écurie, il rencontre un homme qui, lui, a un cheval : Jemal David, un Noir, ancien esclave devenu chasseur de primes. Jemal cherche un partenaire pour l’aider à trouver et amener à le justice un évadé, Henderson, qui se cache dans un convoi de chariots ; mais Corey n’a aucune envie de devenir chasseur de primes, et peut-être pas davantage de s’associer à un Noir, lui qui a grandi dans une plantation de Virginie.

Les deux hommes s’affrontent dans un concours de tir dont le prix leur échappe parce qu’il a été impossible de les départager. Ils partagent ensuite une bouteille de whisky au saloon, où Jemal essaie encore de convaincre Corey de s’associer à lui, sans succès. Comme ils sont à deux doigts de s’affronter, le shérif les prie de quitter la ville. Jemal offre alors à Corey un cheval en échange de deux jours de son temps. Si au terme de ces deux jours ils n’ont pas retrouvé Henderson, Corey sera libre de partir de son côté.

C’est au troisième jour qu’ils retrouvent le convoi de chariots. Corey a alors la surprise de constater que Jemal ne lui a pas tout dit : c’est un convoi militaire, qui se rend à Washington avec un chargement « de livres et de papiers » qui semble être en fait quelque chose d’une tout autre valeur. Ils retrouvent là un Sergent déjà rencontré en ville. Questionnés par le jeune lieutenant du convoi, ils expliquent la raison de leur présence et Jemal est certain de reconnaître dans le cuistot du convoi l’évadé qu’il recherche. Le lieutenant n’y croit pas, cependant, et les prie de s’en aller.

Corey et Jemal règlent au poing la tension accumulée au cours de leur courte cohabitation. Ils sont interrompus par le Sergent et quelques soldats qui veulent apporter leur aide à Corey en immobilisant Jemal ; au lieu de cela, les deux hommes tournent ensemble leurs poings contre les soldats. Mais Corey se sépare ensuite de Jemal, fatigué de son obstination. Jemal s’introduit alors seul dabs le campement du convoi, de nuit, pour s’emparer de Henderson, mais il est surpris, blessé et ligoté. Dans le même temps, Corey a décidé de rebrousser chemin et de lui prêter main forte ; ils finissent tous deux prisonniers mais en découvrent plus long : le convoi transporte en vérité un chargement d’argent dont Henderson et le lieutenant veulent s’emparer avec des bandits mexicains qui préparent une embuscade. Jemal et Corey font échouer leur plan ; Henderson et le lieutenant sont tués.

Avec la mort d’Henderson s’envole l’espoir de toucher la prime. Corey et Jemal, allant dans la même direction, décident de faire un bout de route ensemble…

 

Avec Slim Pickens (sergeant), Burr De Benning (lieutenant), Woodrow Parfrey (judge), Gino Conforti (bandit), Willard Sage (sheriff), Michael Greene (Davis), Warren Finnerty (Henderson), Chet Stratton (judge #2), Lew Brown (cowboy), John J. Fox (bartender), Ken Tilles (Mexican), Phil Adams (trooper).

 

 

02. A Ride to Vengeance (La chevauchée de la vengeance)

 

ABC, 30 septembre 1968

Ecrit par Harold Jack Bloom

Réalisé par Marc Daniels

 

 

 

 

Jemal et Corey arrivent à proximité de Lanesford. Ils rencontrent un homme qui semble réagir à la vue de Jemal, sans donner d’explication. Un moment après, ils essuient des coups de feu et tuent leur assaillant invisible : le corps qu’ils découvrent est celui de l’étranger rencontré plus tôt. Quelle raison avait-il de vouloir les tuer ?

Espérant le savoir, ils transportent le corps en ville et font le récit des faits au shérif en déclinant leur identité. L’homme était un habitant de Lanesford mais ce n’est pas ce qui décide le shérif à arrêter Corey et Jemal : il leur met sous les yeux un avis de recherche au nom de « Jemal David, Black », pour lequel le shérif de Hale’s Landing, dans le Dakota, offre une récompense de 1000 $. Jemal affirme en vain qu’il n’a jamais mis les pieds dans le Dakota. Cette nuit-là, des alliés mystérieux les aident à s’évader en leur procurant un revolver, jeté par la fenêtre de la cellule de Corey ; ce sont deux hommes qui espèrent toucher la prime en subtilisant au shérif ses prisonniers. Ils s’en rendent maîtres sans grand mal et quittent Lanesford.

Jemal veut se rendre à Hale’s Landing pour découvrir qui l’accuse d’un crime et régler cette situation. En chemin, la vue de Jemal suscite de nouveau des convoitises, auxquelles ils doivent réagir. A l’approche de Hale’s Landing, ils font halte dans le relais de diligence de Mose Skinner, un infirme amer et brutal qui mène une vie infernale à sa femme Peg qui, elle, rêve d’une vie où elle pourrait porter de belles robes et être femme. Là, ils apprennent que la ville est tenue d’une main de fer par Roy Tanner et ses bandits ; or, Jemal a eu maille à partir autrefois avec Tanner, qui cherche aujourd’hui à se venger en offrant une récompense pour sa tête.

Corey, voulant sonder le terrain sans laisser Jemal se jeter dans la gueule du loup, se rend en ville à l’aube en emportant leurs deux chevaux. Ce faisant, il provoque la colère de Peg, avec qui il a batifolé durant la nuit et qui a compris qu’il promettait de l’emmener loin d’ici ; lorsqu’elle découvre dans les affaires de Jemal l’avis de recherche à son nom, elle se rend en ville et le trahit auprès de Tanner. Jemal prend alors, de force, le cheval de Skinner pour porter secours à Corey. Une fusillade s’ensuit, à laquelle Jemal met fin en défiant Tanner en duel au milieu de la ville. Tanner abattu, ses hommes renoncent à se battre…

 

Avec Charles Mc Graw (Mose Skinner), Diana Muldaur (Peg), Ken Lynch (Sheriff Lansford), Frank Marth (Tanner), Hagan Beggs (Hewitt), John Beck (Jesse), Erik Holland (Dobbs), Jeffrey Morris (Hagen), Gene Shane (Lew), Troy Melton (Harry).

 

 

03. Three Ways to Die (Trois façons de mourir)

 

ABC, 7 octobre 1968

Ecrit par Edward J. Lakso

Réalisé par Josef Leytes

 

 

 

 

Arrivé à Spanish Wells, Jemal n’a pas plus pressé que de prendre un bain, tandis que Corey se rend au saloon. Mais Jemal a à peine versé de l’eau chaude dans la baignoire du barbier qu’un jeune type, Tom Jeremy, lui dispute le droit de se baigner le premier. Ils se battent et le shérif Giles les arrête tous les deux. En prison, Jemal se garde bien de provoquer l’homme de loi, qui se fait visiblement une haute idée de sa fonction et se montre susceptible sur le respect qui lui est dû ; Tom, en revanche, ne cache pas le mépris qu’il a pour le bonhomme, dont il évoque à mots couverts un secret honteux dissimulé dans son passé. Le shérif accuse le coup en déplorant, avec un regard illuminé, l’absence de respect du jeune homme.

Mais cette nuit-là il entre dans la cellule de Jemal et lui porte un coup à la tête. Quand Jemal revient à lui, il entend le shérif l’accuser d’avoir tué Tom au cours d’une dispute ; le père du garçon, Gregg Jeremy, l’un des hommes puissants de la ville, n’a pas de raison de mettre en doute le récit du shérif. Aussi Corey, présent lui aussi, juge-t-il plus judicieux de faire évader son compagnon et de s’enfuir avec lui. Ils s’avancent dans le désert, poursuivis par un posse mené par le shérif et Jeremy. La traque dure plus longtemps que ne l’escomptait le shérif, cependant, et il continue seul lorsque le posse choisit de regagner la ville, l’eau venant à manquer.

Corey, lui, est mordu par un serpent à sonnette ; Jemal aspire le venin mais ne peut empêcher son compagnon d’être malade et de délirer. Bientôt le cheval de Corey meurt, épuisé, et Jemal hisse son partenaire sur son propre cheval tandis que lui-même continue à pied sous un soleil écrasant. Giles les précède auprès d’un point d’eau, décidé à les abattre. C’est Jemal qui le blesse, avant qu’ils ne réalisent que le point d’eau est à sec. Jemal décide de ramener le shérif en ville, en dépit du danger, car c’est sa seule chance d’être réhabilité. Le trio rencontre bientôt Jeremy et le petit groupe qui l’accompagne, et peut enfin boire. Giles, alors, pressé de se défendre avant même d’avoir été accusé, se trahit lui-même en expliquant qu’il a voulu inculquer le sens du respect à Tom qui le provoquait…

 

Avec James Gregory (Sheriff John Giles), Paul Langton (Gregg Jeremy), Dub Taylor (Anson), Christopher Stone (Tom Jeremy), Bill Quinn (Doc Starnes), Stuart Nisbet – Todd Martin – Gene Tyburn – Gene Dynarski (possemen).

 

 

04. The Understanding

 

ABC, 14 octobre 1968

Ecrit par Don Tait

Réalisé par Michael O’Herlihy

 

 

 

 

Corey et Jemal se lancent ensemble sur la trace de Moll, dont la tête est mise à prix. Alors qu’ils s’apprêtent à l’aborder, des bandits mexicains se portent à sa rencontre ; il transporte dans son chariot des fusils volés qu’il est venu leur vendre. Quand les bandits veulent le tuer au lieu de le payer, Corey et Jemal lui viennent en aide. Ils font fuir les bandits rescapés mais Moll a été tué dans la fusillade. L’or en revanche apporté par les bandits pour le payer est resté après eux. L’arrivée de la police mexicaine fait fuir Corey et Jemal mais Corey emporte l’or. Ils sont vite rattrapés par les Mexicains, auxquels ils finissent par se rendre ; l’or, en revanche, reste sur place, caché par Corey sous des pierres – puis déplacé par Jemal et caché sous d’autres pierres. Le Lieutenant mexicain les emmène à Villa Arizpe où ils sont jugés de façon expéditive pour avoir vendu des fusils aux révolutionnaires et condamnés à être fusillés le lendemain matin.

Durant la nuit, le Lieutenant vient les trouver dans la prison et leur propose un marché : il laisse partir l’un des deux hommes et libère également le second quand le premier rapporte l’or. Corey se rend donc dans les montagnes, suivi à distance par le Lieutenant. Il ne retrouve pas l’or, déplacé par Jemal… et découvert par deux bandits mexicains. Corey et le Lieutenant les surprennent ivres en train de bâtir des projets d’avenir. Le Lieutenant les emmène en tant que prisonniers, après avoir récupéré l’or. En chemin, cependant, il les abat et Corey comprend qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir sa parole. Il tue le Lieutenant quand celui-ci essaie de l’abattre, puis retourne à Villa Arizpe dans l’espoir de libérer Jemal avant qu’il ne soit exécuté. Il n’arrive pas jusqu’à la prison mais retrouve les bottes de son compagnon aux pieds d’un garçon mexicain qui jure que Jemal les lui a données. Corey n’arrive pas à lui faire dire si l’Américain est vivant ou mort et repart avec une seule botte de Jemal, persuadé que ce dernier a été fusillé.

Alors que Corey se soûle dans un bar pour se remettre de l’aventure et oublier qu’il n’a pu sauver Jemal, voilà que ce dernier fait irruption. Il a beaucoup marché, il est épuisé, mais surtout il est furieux contre Corey, qui l’a abandonné et qu’il retrouve en train de faire la fête en dépensant leur or. Les deux hommes s’expliquent. Et finissent par repartir ensemble, une fois encore…

 

Avec Nico Minardos (Lieutenant), William Mims (Murphy), Jorge Moreno (Captain), Manuel Padilla (Mexican boy), Rita Rogers (Marguerite), Pepper Martin (Moll), Ruben Moreno (Bandido #1), Gil Galvano (Bandido #2).

 

L’un des épisodes qui développe le mieux l’amitié qui refuse de dire son nom et qui se dissimule derrière les querelles. Il se distingue aussi par une bande musicale originale, qui ne se contente pas des morceaux repris dans tous les autres épisodes, et un décor mexicain qui se distingue de la ville américaine type vue dans la plupart des autres épisodes.

 

 

 

05. Take Your Lover in the Ring (Entrez dans la danse)

 

ABC, 28 octobre 1968

Ecrit par Anthony Lawrence

Réalisé par Leo Penn

 

 

 

 

Corey est en veine ce soir-là à la table de poker, où il emporte 600 $ de mise contre le Colonel Romulus, un aristocrate déchu du Sud. Le Colonel met alors en jeu son esclave noire Sabine pour un dernier tour de cartes et Corey accepte avec l’idée… d’offrir la belle Sabine à Jemal en guise de cadeau de Noël ! Il gagne et fait ce qu’il a prévu. Jemal évidemment refuse mais Sabine, devenue subitement libre, ne sait pas où aller et elle passe la nuit au campement de Jemal et Corey, à la belle étoile. Mais, au matin, elle a disparu… et les 600 $ de Corey avec elle. Au saloon, Corey apprend qu’elle a quitté la ville avec le Colonel.

Corey et Jemal font alors plusieurs villes, jusqu’à ce qu’ils les retrouvent, sur le point de rouler d’autres joueurs avec le même tour. Corey exige de récupérer son argent mais, sans preuve, il ne peut convaincre le shérif, qui menace de le jeter en prison s’il ne quitte pas la ville. Jemal, lui, passe du temps avec Sabine, à laquelle il s’attache autant qu’elle s’attache à lui. Il comprend qu’elle soit revenue vers le Colonel, qui lui offre une vie qu’elle connaît et la protège d’une liberté dont elle ne sait que faire dans un monde raciste et violent. Auprès de Jemal, pourtant, elle commence à entrevoir la possibilité d’une autre vie, au point d’accepter sa proposition de mariage ; lui aussi, en effet, s’est mis à rêver d’une autre vie, d’une ferme, d’une famille, d’un travail dur mais respectable. Il annonce donc à un Corey plus que sceptique sa décision de partir, tandis que Sabine l’annonce elle-même au Colonel et à sa femme Odette.

Corey part donc seul traquer un criminel, Coldine, non sans avoir repris dans la poche du Colonel la plus grande partie de son argent. Le Colonel, qui ne se résout pas à perdre Sabine, apprend à Jemal que celle-ci n’a en vérité jamais été son esclave ; elle est restée avec lui de son plein gré. Pour Jemal, cette vérité remet en cause la confiance qu’il avait accordée à Sabine. Il la laisse et part prêter main forte à Corey. Alors qu’ils ont capturé Coldine, ils tombent sur le Colonel et Odette ; il pointe sur eux un fusil et veut prendre leurs chevaux, leur argent et leur prisonnier. Sabine fait alors un choix ; elle tue le Colonel. Seule à présent, elle sait moins que jamais qui elle est. Elle repart seule, pour le découvrir, avec le petit espoir que peut-être, un jour, elle reverra Jemal…

 

Avec John Dehner (Colonel Romulus), Gloria Foster (Sabine), Walter Coy (Sheriff), Wayne Heffley (bartender), James Wainwright (Sukey), Art Metrano (Jesse), Tony Giorgio (dealer) et Virginia Gregg (Odette).

 

 

06. The Heroes (Les héros)

 

ABC, 11 novembre 1968

Ecrit par Daniel Ullman

Réalisé par Josef Leytes

 

 

 

 

Corey et Jemal sont engagés par le fermier Walt Madsen pour assurer sa protection face aux tracasseries que lui fait son voisin Blackburn pour le pousser à abandonner sa terre. Blackburn a embauché des hommes de main, tous connus de Corey. La couleur de peau de Jemal pose quelques problèmes avec Pardee, un employé de Madsen, mais celui-ci quitte de toute façon la ferme après que des coups de feu ont été tirés par les hommes de Blackburn, non pour tuer mais pour intimider. Le travail de Corey et Jemal consiste donc à dissuader Blackburn, par leur seule présence, de s’attaquer à Madsen. Ce dernier s’inquiète bientôt, cependant, de l’influence que Jemal et Corey ont sur son fils adolescent, Matt. Le garçon s’ennuie à la ferme et rêve d’une autre vie, ce qui le fait regarder avec admiration les deux hommes, qu’il voit comme de rudes aventuriers. Il se met ainsi en tête d’apprendre à tirer et se montre de plus en plus rétif à l’autorité paternelle. Madsen finit donc par congédier Corey et Jemal. Mais ceux-ci ont à peine tourné bride que les hommes de Blackburn mettent le feu à la ferme et tirent sur les hommes qui essaient de fuir ; les deux hommes reviennent et mettent en fuite les assaillants mais Madsen a reçu une balle et Matt part pour la ville où il espère régler ses comptes au revolver. Jemal et Corey heureusement le précèdent et défient les hommes de Blackburn avant lui ; ils les abattent, mais sans tirer les premiers. Blackburn, qui n’avait pas ordonné d’aller aussi loin, décide de renoncer à cette querelle et Madsen, qui survit à sa blessure, comprend qu’il doit changer d’attitude avec son fils s’il ne veut pas le perdre pour de bon…

 

Avec Royal Dano (Walt Madsen), Michael Margotta (Matt), James Westerfield (Blackburn), John Milford (Tenney), Bo Svenson (Pardee), Sammy Jackson (Jack Becker), Warren Vanders (Lou Becker), Myron Healey (Locke), Duane Grey (Bonning), Ivor Francis (Doc), Larry Levine (cowboy), Gerald Jann (Cook).

 

 

07. My Name Is Jemal (Mon nom est Jemal)

 

ABC, 18 novembre 2018

Ecrit par Gerry Day

Réalisé par Harvey Hart

 

 

 

 

Jemal se détend en jouant au poker avec des Buffalo Soldiers (soldats noirs) dans une ville où il attend Corey pour se charger de la protection d’une diligence transportant de l’or. Mais les Buffalos sont soucieux à cause d’un de leurs officiers, Taggert, qui doit être livré à un détachement de soldats et conduit dans une autre ville où il sera pendu pour le meurtre d’un marchand. Michelle, une fille noire qui est présente à leur table, verse une drogue dans son whisky et il perd brusquement connaissance. A son réveil, il est enchaîné dans un fourgon cellulaire, vêtu d’un uniforme yankee et les soldats blancs qui l’accompagnent l’appellent… Taggert. C’est en vain qu’il leur crie : « Mon nom est Jemal ! »

Il est ainsi transporté jusqu’à la ville où il doit être pendu. Aucun des soldats présents ne s’embarrasse de son histoire de traquenard et de substitution, ni même de faire venir ce Corey qui, dit-il, pourrait confirmer son identité. Le shérif Bricker, en revanche, s’en inquiète, mal à l’aise avec l’idée de pendre un innocent. Il fait donc télégraphier à la ville où Jemal prétend avoir été drogué, mais les nouvelles ne sont pas de nature à aider le prisonnier : Earl Corey est accusé d’avoir volé l’or de la diligence avec Jemal David et tous deux sont actuellement traqués !

Taggert en effet a pris la place de Jemal et volé l’or qu’il devait protéger. Accusé d’être son complice, Corey a dû s’enfuir pour ne pas être jeté en prison. Il suit donc la piste de Jemal – c’est-à-dire de Taggert. Ce dernier se dirige vers le sud en compagnie de Michelle, qui l’aime, mais un shérif et un posse les traquent.

S’étant évadé, Jemal retrouve Corey au moment où celui-ci retrouve Taggert. Les trois hommes s’affrontent et Jemal doit tirer sur Taggert. Michelle les supplie alors de les laisser seuls tandis qu’il meurt. Ayant retrouvé l’or et l’imposteur, Jemal et Corey peuvent espérer se laver de tout soupçon…

 

Avec James Edwards (Taggert), Janee Michelle (Michelle), Roy Jenson (Ben), Arthur Franz (Anse Farnum), John Marley (Bricker), Walter Brooke (Trask), Charles Dierkop (Jeeter).

 

Dans la cellule voisine de celle de Jemal sont enfermés plusieurs Buffalo Soldiers qui chantent tandis que Jemal brise le mur de sa cellule avec un boulet de prisonnier enveloppé d’une couverture, pour couvrir le bruit.

 

 

08. The Night Riders

 

ABC, 25 novembre 1968

Ecrit par Richard Bluel

Réalisé par Allen Reisner

 

 

 

 

Corey et Jemal arrivent au relais du vieux Ben, qui a écrit une lettre à Earl. Ils ne trouvent pas le vieux Ben mais des hommes dissimulés sous des robes et des cagoules noires, dont l’un tire sur Jemal. Sous les cagoules, Jeb Collins, ancien régisseur de la plantation de Corey, et une poignée de Sudistes nostalgiques de ce que la guerre leur a enlevé. Jeb est heureux de retrouver Corey et voudrait que celui-ci se joigne à eux. Il reste mystérieux, cependant, sur la raison de leur présence au relais et prétend que Ben est parti voir des parents. Jemal pense que c’est faux car, avant d’être surpris par l’une des cagoules, il a découvert un corps dans la grange, caché sous un poncho. Corey est cependant troublé par le passé que Collins et les autres lui rappellent, et touché par l’idéalisme du jeune Clay qui lui rappelle les valeurs les plus nobles du Sud.

Bientôt arrive un Général, Jonathan W. Carver, escorté par des tuniques bleues. Les hommes de Collins font prisonniers les soldats et gardent le Général, son épouse et leur esclave noire dans le relais. Ils montrent à Corey ce que transporte le noble Général, qui arrive de Virginie : un butin prélevé dans les plantations dont il a fait le tour, en toute illégalité. Jeb entend reprendre ce qui n’aurait jamais dû quitter le Sud et demande de nouveau à Corey d’être le Capitaine du groupe, comme jadis. Corey finit par accepter, malgré les mises en garde de Jemal, car il croit pouvoir rendre sa dignité à ce groupe d’hommes blessés. Le Général à son tour essaie d’ouvrir les yeux de Corey sur la véritable nature de ses « amis », prétendant qu’ils ne le laisseront pas en vie, pas plus que sa famille ou les soldats qu’ils ont emmenés.

Corey finit par découvrir que c’est bien le cadavre du vieux Ben qui gît dans la grange et que les soldats ont été abattus, comme Ben, dans le dos. Il se retourne alors contre Jeb, ainsi que Clay : ce dernier est tué en aidant Corey, qui abat les autres hommes. Jeb se sert de Jemal blessé comme d’un bouclier mais n’échappe pas à la balle de Corey…

 

Avec Steve Ihnat (Jeb Collins), Larry Gates (General Carver), Joan Hotchkis (Mellissa), Jeff Pomerantz (Clay), Isabelle Cooley (Sophie), Michael Vandever (Trask), Charlie Briggs (Link Maxwell), James Woodall (Davis), Quentin Sondergaard (Sergeant), Joshua Bryant (Lieutenant).

 

 

 

09. The Heady Wine (Le vin lourd) *

 

ABC, 2 décembre 1968

Ecrit par George Eckstein

Réalisé par E.W. Swackhamer

 

 

 

 

Jemal arrive un soir dans une ville dont il connaît le shérif, Rayburn, avec un prisonnier, le bandit mexicain Zayas. il n’a pas le temps de mettre celui-ci en cellule : il est abattu d’une balle dans le dos. Des coups de feu sont échangés mais aucun assaillant n’est visible. Rayburn a une crise cardiaque et, avant de mourir, il demande à Jemal de porter son insigne. Jemal refuse d’abord mais, titillé par Corey – que le shérif Rayburn a mis en cellule la veille pour tapage -, il accepte, en faisant de Corey son adjoint. Sa première action en tant que shérif est d’arrêter Cart Munson, un homme avec lequel il a eu une petite altercation à son arrivée en ville, et qu’il accuse d’être le meurtrier de Zayas. Cart a beau jurer qu’il est innocent, Jemal n’écoute pas. Corey se montre plus regardant et mène sa petite enquête, qui le conduit chez la prostituée Maggie Royal ; elle affirme que Cart était avec elle au moment de la fusillade. C’est pourtant insuffisant pour Jemal, et Corey constate que le pouvoir lui monte à la tête et qu’il utilise son étoile pour assouvir sa haine. Maggie, cependant, revient sur son témoignage, intimidée par le patron du saloon, Ab Wharton, qui a visiblement intérêt à ce que Cart porte le chapeau de la mort de Zayas.

Fatigué de toute façon de l’attitude de Jemal, Corey rend son étoile et quitte la ville. Il tombe alors sur la bande de Zayas, en route pour venger la mort de son chef, et se retrouve les mains liées, obligé de suivre les bandits. Ils sèment la terreur dans la ville et blessent Wharton, sans égard pour ses déclarations lorsqu’il affirme qu’il était associé à Zayas. Corey parvient à se réfugier dans la prison assiégée, où il prête main forte à Jemal – ainsi qu’à Cart, qui joint son revolver aux leurs. Les bandits sont tués ou mis en fuite et Cart perd la vie lui aussi. Quant à Wharton, il prend sa place derrière les barreaux.

La ville refuse, après tout cela, de payer à Jemal le salaire promis quand il a endossé l’étoile : on lui reproche d’être responsable des troubles ! Il n’a plus qu’à partir avec Corey…

 

Avec William C. Watson (Cart Munson), Kay Reynolds (Maggie), Logan Ramsey (Ab Wharton), Lou Frizell (Traynor), Jan Burrell (Carrie), Jim Boles (Stoker), Phil Chambers (Sheriff), Frank Farmer (Billie), Kenneth O’Brien (Rafe), Rudy Diaz (bandit), Bob Morrison (cowboy).

 

* "Heady" (qui monte à la tête) et non "Heavy" (lourd), en dépit de ce que l'on trouve dans plusieurs guides, et jusque sur l'édition DVD récente. 

 

 

10. The Man from Bennington

 

ABC, 16 décembre 1968

Ecrit par Gerry Day & Albert Aley

Réalisé par Marc Daniels

 

 

Jemal et Corey arrivent à Indian Wells où l’on s’apprête à célébrer le 4e anniversaire de la défaite du Sud à Appomatox. Alors qu’il prend un bain, Corey entend une conversation dans la salle voisine entre un client et un soldat, McCracken, qui cherche visiblement à le faire chanter. L’homme lui donne rendez-vous un instant plus tard à l’extérieur. Quand il sort des bains, Corey voit le soldat surgir d’une allée : il a été poignardé et, avant de mourir, donne le nom de son meurtrier, Canaday. Le nom réveille en Corey une rage ancienne : Aaron Canaday est un officier nordiste qui a fait exécuter douze otages dans une ville du Missouri, Bennington, qui refusait de livrer un soldat confédéré blessé qu’elle cachait. Ce soldat était Corey et ces douze morts pèsent sur sa conscience. Bien que le frère de McCracken, Mike, soldat lui aussi, ne croie pas à la présence de Canaday en ville et que le shérif se satisfasse de la culpabilité bien pratique de l’employé des bains, Tom Rutledge, que l’on retrouve pendu dans la prison après son arrestation, Corey reste obsédé par Canaday. Il soupçonne Sam Croft, un instituteur, ami de Jemal et paralysé d’une main, d’être en réalité Canaday, le Boucher de Bennington, et le harcèle au point de s’attirer l’animosité de Jemal et de la ville, qui considère Croft comme l’un de ses citoyens les plus honnêtes. Croft lui-même se dit révolté par les événements de Bennington, dont il a adopté un garçon, Benjie, traumatisé par l’exécution à laquelle il a assisté. Le père de l’enfant était l’un des otages et le garçon n’a jamais recouvré la mémoire de la scène à laquelle il a assisté. Corey pense que le refus de Croft d’exposer Benjie à un nouveau traumatisme en l’aidant à recouvrer la mémoire cache en fait la peur du Boucher de se voir reconnu par l’enfant si par malheur il se souvenait.

Corey s’introduit dans les bains et y découvre le cahier où sont inscrits les noms des clients ; il lit celui de Sam Croft juste avant le sien, preuve que Croft était bien l’homme occupant la cabine voisine. Mais, profitant de ce que Corey est pris à partie par Mike McCracken qui a un compte à régler avec lui, Croft trouve le cahier et en brûle la page compromettante. Mais Benjie, en assistant à la parade de la fête, au cours de laquelle des soldats yankees tirent des salves d’honneur, est si choqué qu’il s’évanouit, traumatisé à nouveau. Croft vit alors dans la terreur que l’enfant se souvienne. Corey le confronte et, Croft adjurant Jemal d’éloigner ce « fou » qui le harcèle, le met au défi d’attendre le réveil de l’enfant. S’il le reconnaît effectivement comme le Boucher de Bennington, la preuve sera faite. Perdant ses moyens, Croft menace alors la vie de l’enfant et révèle que son bras n’est pas du tout paralysé. Ce faisant, il se démasque. Ironie du sort : quand l’enfant revient à lui, il ne voit en l’instituteur que M. Croft, son protecteur…

 

Avec Fritz Weaver (Sam Croft), Kenneth Tobey (Sheriff Pete Garrett), Michael Conrad (Sgt Mike McCracken), Hayden Rorke (Dr Ellis), Gerald Michenaud (Benjie), Richard Tate (Luther), Don Keefer (Case), Louis Quinn (Drago), Warren Miller (John McCracken), Calvin Chrane (Tom Rutledge), Mike Masters (Eldon), John Daniels (Ethan Case).

 

 

 

 

 

11. The Bounty Children

 

ABC, 23 décembre 1968

Ecrit par Albert Aley

Réalisé par Marc Daniels

 

 

 

 

En route pour travailler pour un certain Hendrix, Corey et Jemal rencontrent deux enfants et une femme malade en route pour la Californie où vit la tante des enfants. Jemal arrête les chevaux emballés de leur chariot et est assommé pour la peine par les enfants effrayés mais il les retrouve peu après, pour découvrir hélas que la mère est morte. Jemal et Corey l’enterrent puis repartent avec les enfants jusqu’au relais de Benton Wells. Randy et sa petite sœur Ellen veulent continuer leur route jusqu’en Californie mais Corey et Jemal découvrent aussi, en lisant un avis de recherche placardé au relais, que leur père, Daniel Forrest, est recherché. De là les deux chasseurs de primes qui suivent les enfants depuis l’Arkansas, attendant que Forrest se montre. Il finit en effet par apparaître et entend repartir avec ses deux enfants en dépit des avertissements de Jemal et Corey qui essaient de lui faire comprendre que fuir avec un homme recherché n’apportera rien de bon aux enfants. Non seulement les chasseurs de primes leur tombent dessus mais Coker, qui tient le relais, a passé un accord avec eux pour toucher sa part de la prime. Bien que Daniel les ait d’abord menacés de son arme, Corey et Jemal lui prêtent main forte pour se débarrasser des chasseurs de primes mais Forrest est tué dans la fusillade. Jemal demande alors à ce que la prime de 500 $ soit adressée à Randy en Californie, et ils mettent les deux enfants dans la diligence…

 

Avec Charles Aidman (Daniel Forrest), Michael Burns (Randy Forrest), Dan Tobin (Coker), Donald Barry (Regan), Linda Sue Risk (Ellen Forrest).

 

 

12. They Shall Rise Up (Un jour ils se lèveront)

 

ABC, 6 janvier 1969

Ecrit par Eric Bercovici

Réalisé par Marc Daniels

 

 

 

 

Jemal arrive à Keltonville. Il s’arrête au saloon où il dit qu’il cherche un ami. Il commande un verre de whisky mais on lui sert un breuvage infect qu’il recrache et refuse de payer. L’un des hommes présents, Tauber, se déclare aussitôt shérif, un autre juge, et Jemal est accusé du vol d’un verre de whisky et immédiatement condamné à six mois de travaux forcés. Il est conduit avec un autre bougre, Price, jusqu’à la mine d’or qu’exploite la ville, sans l’avoir déclarée. Là, sous la férule de Stretter, adjoint du shérif, il est forcé de travailler durement avec une poignée d’autres condamnés.

Arrivant en ville à son tour, Corey remarque le cheval de son partenaire monté par Tauber, qu’il suit dans le saloon. On lui sert à lui aussi un verre du breuvage imbuvable, mais au lieu de s’indigner il le paye et en paye même un autre verre au barman, à qui il ordonne de le boire. Sa promptitude à dégainer quand un homme tente de se dresser face à lui impressionne Tauber, qui lui propose de travailler pour la ville, comme gardien à la mine. Corey accepte et retrouve Jemal, qu’il fait mine de ne pas reconnaître. Il espère trouver une occasion de le libérer malgré la vigilance de Stretter et la présence de plusieurs gardes. En attendant, Jemal doit subir les mauvais traitements et une chose qu’il n’a jamais eu à subir, même esclave : les chaînes.

Corey met à exécution son plan d’évasion et, avec Jemal, libère aussi les autres prisonniers. Comme eux, Jemal refuse de partir sans avoir obtenu vengeance. Les prisonniers se rendent en ville où il n’y a personne pour se dresser face à eux, ils obligent le « juge » à condamner Stretter à la pendaison pour le meurtre de Martinez, l’un des prisonniers, battu à mort. Stretter clame que toute la ville est aussi coupable que lui mais personne ne se lève pour le défendre. Jemal, alors, le fouette comme Stretter l’a fouetté et Corey doit intervenir pour mettre fin à la tentation de lynchage qui anime les prisonniers…

 

Avec William Bramley (Stretter), Mort Mills (Tauber), Ken Swofford (Ramsey), Frank Ramirez (Martinez), Sean Mc Clory (Welch), Richard Jury (Price), Jon Lormer (Creasy).

 

 

13. The Alligator King

 

ABC, 20 janvier 1969

Ecrit par James M. Miller

Réalisé par E.W. Swackhamer

 

Hulbuta Mekko (Paul Mantee) et Otis Young (Jemal)

 

« Son nom était Hulbuta Mekko. Cela signifie « le roi Alligator », et il était le chef de la nation creek. Il était ce que nous avons tous été un jour : libre, heureux, innocent comme le nouveau-né. » (Jemal) Jemal et Corey se sont arrêtés dans un camp de colons, éleveurs de cochons, en conduisant un prisonnier, Rivers, vers la Nouvelle-Orléans où les attend la prime de 600 $. C’est là qu’ils font la connaissance de Hulbuta Mekko, chef des Creeks à qui le gouvernement a accordé 25000 hectares de terre cultivable. Mais les colons convoitent cette terre et l’agent indien Krause, voyant Hulbuta Mekko fasciné par un petit silky rouge, lui met entre les mains un gobelet de whisky et devant les yeux un contrat sur lequel il n’a qu’à signer d’une croix : ce faisant, il louera ses terres aux colons. Le document est une arnaque : les colons achèteront pour une somme modique l’usage de la terre durant deux siècles ! Mais Hulbuta Mekko, tout à la joie de boire, d’être traité en homme important et de se voir perché sur son chariot rouge, est prêt à signer. Jemal l’en dissuade, provoquant une bagarre avec les colons, dans laquelle Corey se trouve pris malgré lui. Les colons en profitent pour mettre la main sur Rivers. 

Jemal se lance alors dans une croisade pour protéger la dignité de Hulbuta Mekko, dont il fait l’étendard de sa propre révolte contre l’oppression blanche. Quand le chef, parti seul négocier avec les colons la cession de Rivers, revient ivre sur son chariot rouge, après avoir finalement signé le papier de Krause, Jemal accepte d’aller parler aux Blancs. En pure perte : cela se termine par la mort de Burns, qui s’est jeté sur le poignard de Hulbuta Mekko. Ce dernier se soumet à la justice de son clan, qui le condamne à mourir pour avoir trahi la nation creek en cédant leur terre. Hulbuta Mekko ne proteste pas, au contraire il s’incline et prépare sa mort. Jemal, en revanche, ne peut s’y résoudre ; il le pousse à se rebeller contre les lois de son clan et à s’enfuir avec lui pour rejoindre les guerriers kiowas. Cat Dancing, qui a assisté impuissant à la déchéance de son chef, demande à Corey de l’aider à les retrouver avant les colons et Krause, qui se sont lancés à sa poursuite dans l’intention évidente de le tuer.

Ayant rejoint le territoire des Kiowas, Hulbuta Mekko refuse de s’y réfugier simplement ; chevauchant son étalon comme un véritable chef, il se lance seul contre les Blancs et a vite raison de leur bande désorganisée. Cat Dancing l’observe, fier du réveil du chef. Mais Hulbuta Mekko, ensuite, refuse de nouveau d’agir selon les vœux de Jemal. C’est pour retourner vers son clan qu’il remonte à cheval, afin d’accepter la loi de la nation creek…

 

Avec Paul Mantee (Hulbuta Mekko), William Wintersole (Krause), John Lawrence (Burns), Jerry Daniels (Cat Dancing).

 

 

 

 

Parabole sur l’identité, traitée en partie comme une comédie (l’ouverture dans le camp des colons et la bagarre au milieu des cochons, l’attitude enfantine et fière de Hulbuta Mekko, la charge finale contre les Blancs) mais qui plonge au cœur du tourment de Jemal, qui cherche à travers le chef creek à matérialiser sa propre révolte contre l’oppresseur blanc. Le tout assorti de réflexions sur le tandem insolite que forment Jemal et Corey.

Jemal – Les colons ! Ils ne peuvent pas laisser ces Indiens vivre ?

Corey (prenant un accent) – Ce sont des yankees, boy ! Est-ce que « yankee » ne désigne pas tout ce qui est bon et authentique ?

Jemal – Quatre ans que la guerre est finie, Corey, et tu continues de sortir ces vieilles vannes de Virginie.

Corey – J’oublierai mon héritage, boy, le jour où tu oublieras le tien.

Jemal – Tu devrais trouver un miroir quelque part. Il a coulé de l’eau sous les monts depuis que tu étais le maître de Wheeler Hill, avec ta grande plantation, l’argent, le cristal et tout le reste.

Corey – Et les esclaves. N’oublie pas les esclaves, boy. Une centaine d’esclaves, comme toi.

Jemal – Comme moi avant !

Corey – Disons qu’on vient de loin tous les deux. Ce qui m’intrigue encore, c’est pourquoi toi et moi on voyage encore ensemble.

Jemal – Parce que toi et moi, Corey, on est les deux faces d’une même pièce. Pile et face, bon gré mal gré.

Jemal – Tu as une imagination fertile, boy, ça je te l’accorde !

 

Burns à Corey – Tenez votre esclave !

Corey – Il ne l’est plus. Abraham Lincoln l’a affranchi !

 

On rappelle que Jemal a vécu deux ans chez les Kiowas. Il raconte aussi que, enfant, son maître l’avait envoyé travailler près d’une ferme appartenant à des Cherokees. Il a sympathisé avec un enfant cherokee et a vu les Blancs détruire les Indiens.

 

 

 

14. The Candidates

 

ABC, 27 janvier 1969

Adaptation : Don Brinkley et Stuart Jerome, histoire de Don Brinkley

Réalisé par Les Martinson

 

Don Murray et Susan Howard

 

Jemal et Earl arrivent trop tard pour sauver la vie de Peterson, un vieux chasseur de primes se faisant passer pour un inoffensif marchand ambulant. Avant d’expirer, il parle de sa boîte en fer, dans la roulotte que ses deux meurtriers ont incendiée. Jemal parvient à retirer la boîte des flammes mais son contenu a déjà brûlé. Les deux hommes pensent qu’il s’agissait de photos révélant le visage de Jason Martin, un braqueur de banque recherché depuis plusieurs années et qu’ils essaient de trouver, comme Peterson, malgré ses airs de n’y plus toucher. Jemal a alors une idée : nul ne sait que les photos ont brûlé, aussi ont-ils une chance d’attirer à eux Martin en laissant croire qu’ils ont sauvé la boîte et les photos.

De fait, dès leur arrivée à Hope City ils attirent l’attention du shérif Calloway et de son frère et adjoint Clay, qui reconnaissent immédiatement la boîte. Ils retiennent aussi celle du maire de la ville, Leo Bragg, qui se présente à sa réélection le week-end suivant et qui affirme qu’il connaît un homme qui correspond à la description que fait de Jason Martin l’avis de recherche à son nom : son rival John Mason, un homme riche arrivé deux ans plus tôt avec son épouse. Jemal et Earl rencontrent bientôt John Mason, qui tient un meeting dans la rue principale ; ils empêchent même un homme, Willis, de lui tirer dessus après un échange verbal qui a tourné au désavantage du pauvre Willis. Le shérif met ce dernier en prison et Jemal et Earl gagnent une invitation à dîner chez Mason. Earl y éprouve un choc en découvrant que Julie Mason est une femme qu’il a si bien connue qu’il aurait même pu l’épouser, quatre ans plus tôt. Après le dîner, cette nuit-là, Jemal revient dans la maison de leur hôte pour revoir en secret le vieux majordome, Samuel, dont il espère tirer quelque information ; mais Earl y retourne également, pour voir secrètement Julie, sortie le retrouver dans les buissons. Jemal y voit surtout une manœuvre grossière destinée à détourner l’attention de son équipier et la discussion qu’il tente d’avoir sur le sujet avec Earl tourne à la bagarre, qui elle-même se tourne derrière les barreaux de la prison, dont ils sortent cependant au matin.

Il leur reste à trouver la preuve que John Mason est bien Jason Martin. Quand ils apprennent que Mason a fait sortir Willis de prison, et qu’Earl voit Willis quitter la maison de Mason peu de temps après, ils suivent l’homme jusqu’à une petite maison où ils rencontrent une femme, Suellen Martin. La sœur retardée mentale de Jason Martin. De fait, Willis est un employé de Mason et la dispute lors du meeting n’était qu’une mise en scène destinée à servir les desseins politiques de Mason. Ce dernier entretient sa sœur et lui fait porter de quoi vivre tandis qu’il endosse lui-même une identité respectable. C’est Suellen qui, bien malgré elle, apportera la preuve décisive une fois mise en présence de son frère, tout juste vainqueur des élections. Earl a cependant une plus grande préoccupation : il imaginait s’enfuir avec Julie, mais celle-ci n’a visiblement aucune intention de quitter son mari…

 

Susan Howard
Art Metrano
Tom Fadden

 

Grant Williams
Andy Romano
Ron Randell

 

Bill Walker
Madeleine Sherwood
Edward Faulkner

 

Avec Susan Howard (Julie Mason), Grant Williams (John Mason), Edward Faulkner (Willis), Art Metrano (Sheriff Calloway), Robert Clarke (Bank clerk [Curtis]), Tom Fadden (Pete Peterson), Andy Romano (Clay Calloway) et Bill Walker (Samuel) et Madeleine Sherwood (Suellen [Martin]) et avec Ron Randell (Mayor Leo Bragg – non crédité).

Jemal à Corey – You’re so good to me, Captain. (Parodie de la parole de l’esclave au maître blanc.) Et, à la fin de l’épisode : « Mister Corey, yes sir » est dans la même veine. Entre les deux, Earl, dans un moment de colère, n’aura pas trouvé meilleure insulte à adresser à Jemal que… Noir (« You… Black ! »).

Samuel, le vieux majordome de John Mason, n’aime pas l’allure de Jemal et le lui dit. Il n’aime pas voir un Noir se prendre pour un Blanc et marcher la tête haute au milieu d’eux, à une place qui n’est pas la sienne. Dans un moment de confidence, Samuel se souvient de son garçon, tué à seize ans parce qu’un autre Noir lui avait monté la tête en y mettant des idées révolutionnaires.

Jemal et Earl s’offrent une nouvelle bagarre à mains nues. Pas de vainqueur déclaré, ils s’effondrent tous les deux.

Le « méchant » de l’histoire, Jason Martin, n’est finalement pas antipathique. Homme élégant et posé, il attire même la sympathie et son ambition politique paraît sincère, tandis que son rival Bragg, bien que plutôt sympathique lui aussi, apparaisse davantage comme un politicien roué, ravi de trouver en deux chasseurs de primes de passage une occasion d’évincer son adversaire.

 

15. The Glory Wagon

 

ABC, 3 février 1969

Ecrit par Anthony Lawrence

Réalisé par Herb Wallerstein

 

Jack Elam et Don Murray

 

Jemal et Corey, avec leur prisonnier Blackner, passent par un camp d’ouvriers du chemin de fer, qui sont en plein débat : des mineurs sont coincés dans une mine dans la montagne et la compagnie offre 300 $ à qui portera là-bas un flacon de nitroglycérine, un nouvel explosif extrêmement puissant et instable. Aucun ouvrier ne veut risquer sa vie. Aussi, quand Blackner se propose de se charger de la mission, les ouvriers sont-ils prêts à brandir leurs armes contre Jemal et Corey qui s’y opposent. Ils décident alors d’y aller également, afin d’empêcher Blackner d’en profiter pour se sauver. Les voilà partis tous les trois avec la nitroglycérine chargée sur un chariot branlant. En cours de route, ils doivent réparer une roue et secourent un enfant noir à moitié mort dans le désert : Hickory, c’est son nom, a décidé d’aller seul sauver son père prisonnier de la mine. Blackner essaie de le convaincre que Jemal et Corey se désintéressent de son père alors que lui-même est déterminé à le sauver, afin de s’attirer les bonnes grâces de l’enfant et son aide pour s’échapper. Il essaie à la faveur d’un autre incident : ayant besoin d’eau pour rafraîchir la nitroglycérine, le groupe décide d’utiliser quelques gouttes de l’explosif pour produire un trou dans un point d’eau à sec, assez profond pour atteindre l’eau que recèle encore le sol. La tentative de Blackner échoue et, plus tard, il trouve l’opportunité de sauver Hickory en tuant un cougar, plutôt que de s’enfuir. Le quatuor arrive finalement à la mine, pour découvrir que les mineurs ont pu être sauvés sans la nitroglycérine ! Et pour couronner le tout, Blackner, cette fois, réussit à fausser compagnie à Jemal et Corey !

 

 

 

 

Avec Jack Elam ([Abel Morgan] Blackner), Ezekial Williams (Hickory), Bing Russell (Grainger), Harlan Warde (Jed), Mark Tapscott (first man), Don Kennedy (second man), Nick Cravat (miner), Mudcat Grant ([Hickory’s] father).

 

De la différence des points de vue : le petit Hickory idéalise la vie dans les plantations (grande maison blanche, de quoi manger à sa faim trois fois par jour…) et semble regarder Corey comme un héros. Jemal lui raconte sa propre expérience des plantations, moins « romantique ».

 

Jemal – Qu’est-ce que ça fait de se faire appeler « maître » de nouveau ?

Corey – Je peux pas dire que ça me fasse particulièrement plaisir.

 

Jemal – Corey, tu essaies toujours de trouver des prétextes quand tu n’arrives pas à me comprendre, et quand tu es à court d’idées tu te rabats sur la couleur de ma peau et la couleur de la tienne. Mais au fond de toi, tu sais que mes sentiments sont les mêmes que les tiens, et que ça te plaise ou non ça n’a rien à voir avec la couleur. Tu le sais bien, pourquoi ne pas l’admettre ?

 

Jemal se souvient de la bataille de Harpers Ferry (septembre 1862) : il fut enseveli dans un trou d’obus et crut mourir, avant d’être sauvé. L’expérience lui paraît similaire à celle des mineurs prisonniers de la mine.

 

 

16. Act of Faith (Acte de foi)

 

ABC, 10 février 1969

Ecrit par Harold Jack Bloom

Réalisé par Marc Daniels

 

 

 

 

Jemal et Corey capturent Ben Pritchard, un Noir recherché pour le meurtre d’un contremaître. Pritchard se dit innocent et Jemal, tendant à le croire, répugne à le livrer à la justice car il pense, comme le fugitif, qu’un Noir n’a aucune chance devant la justice des Blancs. Pritchard affirme en effet qu’il s’est enfui parce que la ville entière était prête à le pendre sans l’écouter, alors même qu’au moment du meurtre il travaillait avec un fermier, Willard. Hélas, Tom Reed, le plus riche rancher de la région, accuse Pritchard du meurtre ; c’est lui qui a promis une prime pour sa capture. Au contraire de son partenaire, Corey veut croire qu’en rentrant Pritchard aura droit à un procès où il pourra faire entendre sa voix, alors que s’ils le laissent s’échapper de nouveau il finira par être tué. Un autre chasseur de prime, Lennox, est d’ailleurs déjà sur sa trace et n’a pas l’intention d’être aussi indulgent que Corey et Jemal.

Ce dernier se range finalement à l’avis de Corey, qui affirme de plus que le shérif Lockhart est un homme honnête. Ils livrent donc Pritchard au shérif, non sans être passés par la ferme de Willard, qui a confirmé la version de Pritchard et affirmé qu’il témoignerait au procès. Malheureusement, le soir même, au shérif venu lui parler, Willard revient sur ses propos et prétend qu’il n’est plus très sûr de lui. Corey et Jemal pensent qu’il a conclu un marché avec Reed, qui l’autorise à utiliser l’eau de son ranch. En fait, la femme de Willard est enceinte et il a peur pour elle autant que pour lui, avec l’enfant qui va naître.

En rendant visite à Reed pour encaisser la prime, Corey et Jemal y voient un soldat, Stacy, qu’ils revoient ensuite en ville. Son comportement les intrigue et ils décident de le suivre mais il leur échappe. Au fort, ils apprennent que Stacy a déserté. Pendant ce temps, malheureusement, Pritchard a été déclaré coupable et doit être pendu. Jemal est prêt à le faire évader, dût-il affronter le shérif pour cela. Corey le persuade de rendre plutôt une autre visite à Reed, qui entre-temps a engagé Lennox pour le protéger. Mais ils n’ont aucun argument pour contraindre Reed à revenir sur son accusation contre Pritchard. Le salut vient alors avec le shérif : Stacy a été repris et a avoué avoir été grassement payé par Reed, qu’il a vu tuer son contremaître. Reed en effet vendait des animaux malades à l’armée et son contremaître menaçait de le dénoncer. Reed est arrêté et la ville change brusquement de regard sur Pritchard, libéré…

 

Avec Brock Peters (Ben Pritchard), Robert F. Simon (Will Lockhart), Ron Soble (Lennox), Wright King (Fred Willard), Karl Swenson (Tom Reed), Susan Brown (Ann Willard), Robert Knapp (Major Kyle), William Tannen (desk clerk), Mason Curry (shopkeeper), James Seay (Eldridge), Mel Gallagher (townsman), Will J. White (Major).

 

L’acte de foi est celui de Jemal acceptant de croire, en dépit de son expérience, que Pritchard peut avoir un procès équitable. Ce faisant, il fait confiance à Corey autant qu’à la justice, et s’en repent un temps, avant qu’en effet la justice soit rendue grâce aux efforts d’un shérif honnête. Mais c’est aussi la foi de Corey qui, dès le début, veut croire que la vérité peut triompher – à condition, l’épisode le montre, que quelques hommes de bonne volonté s’en assurent.

L’épilogue est en demi-teinte : le fermier Willard ne reçoit pas le pardon de Pritchard après avoir menti, mais la ville ouvre les bras à l’homme qu’elle avait injustement jugé coupable. Chacun appréciera la part de réalisme de cette conclusion.

 

 

17. The Thin Edge

 

ABC, 17 février 1969

Ecrit par Richard Bluel

Réalisé par Paul Landres

 

Ida Lupino face à Don Murray

 

Earl et Jemal échangent des coups de feu avec Tracey Blake, recherché pour au moins trois meurtres. L’homme parvient à leur échapper. Jemal aperçoit soudain une silhouette derrière Earl et lui crie un avertissement ; Earl se retourne et tire sur la personne qui se tient sur la colline, derrière lui. Il découvre avec horreur en s’approchant que ce n’était qu’un enfant, une fille de surcroît. Ils la transportent chez le docteur de la ville toute proche, où elle meurt sous les yeux de sa mère et du Révérend Frank Watson, visiblement épris d’elle. De nombreux habitants sont attroupés à l’extérieur, qui accusent Earl d’être un meurtrier quand il sort, complètement abattu. Un jeune homme pointe une arme sur lui et lui demande de le suivre, en attendant le retour du shérif. Earl le regarde, le regard plein de pensées tourmentées, puis recommence à marcher, indifférent. Il se rend au saloon, où on refuse de le servir. La jeune fille qu’il a tuée, Billie Jean, n’avait que dix-neuf ans, elle était la joie de toute la ville, innocente et gentille. Jemal vient chercher Earl, éberlué par son imprudence, et l’emmène avec lui. Il préfère quitter au plus vite cette ville où il sent une frénésie de lynchage.

Les deux chasseurs de primes s’arrêtent dans une autre ville, cherchant des informations sur Tracey Blake. Dans le saloon, un homme reconnaît Earl Corey, le chasseur de primes que sa réputation a précédé, l’homme qui voyage avec son « ombre noire ». Il le défie. Mais Earl refuse de dégainer et s’en va, laissant l’homme, Clay, se pavaner et raconter qu’Earl Corey est un lâche. Jemal, lui, recueille des informations sur Blake et tous deux le retrouvent, dans une cabane en dehors de la ville. Mais au moment de l’approcher Earl se révèle incapable de couvrir Jemal ; il ne peut tout simplement pas tirer. Tracey Blake s’enfuit à nouveau et Jemal est furieux contre son équipier. Earl décide de retourner sur ses pas, dans la ville où vivait Billie Jean. Il est hanté par son geste et a besoin d’en savoir plus sur elle, de comprendre ce qu’elle faisait là, seule et, d’après Jemal, armée.

Le shérif le met en garde. Sa présence ne peut qu’attiser la haine de certains habitants. Malgré tout, il se rend chez la mère de Billie Jean, qui vit seule, désormais, dans une maison aux abords de la ville. Elle accepte de le laisser entrer mais refuse de lui donner ce qu’il cherche, un réconfort. Mais elle lui donne une information à laquelle il ne s’attendait pas : Tracey Blake est son fils, qu’elle a chassé de la maison depuis longtemps, et Billie Jean était là-bas pour voir son frère, auquel elle était très attachée. La jeune fille innocente que Billie Jean jouait à être en ville n’était qu’un leurre, dissimulant une nature effrontée et haineuse, une souffrance de chaque jour pour sa mère. Quand il sort, Earl est pris à partie par plusieurs hommes qui l’ont repéré, parmi lesquels se tient Clay. Ils le passent à tabac mais le laissent en vie. Jemal le retrouve dans un triste état : il est revenu, lui aussi, parce qu’il a appris qui était vraiment Billie Jean et il espère que Tracey se montrera aux funérailles de sa sœur. Earl et Jemal font le guet derrière un bâtiment, au cimetière, et le tueur se montre en effet, une fois les gens partis. Il n’est pas seul, cependant : Clay est là pour lui prêter main forte. Pendant que Jemal se charge de Clay, Earl se dresse face à Tracey quand celui-ci veut abattre le vieux fossoyeur…

 

Avec Ida Lupino (Mrs Blake), George Clifton ([Frank] Watson), Harry Carey, Jr (Sheriff), Paul Fix (old man), Ross Hagen (Clay), Robert Cleaves (doctor), Gordon DeVol (young man), Lucas White (Tracey [Blake]), Carol Pfander (Billie Jean), Robert Foulk (bartender), Ivy Bethune (Sheriff’s wife).

 

Les tourments de Corey et le secret d’une mère constituent le cœur de cette histoire où Corey et Jemal reçoivent de nouveau leur lot de mépris de la part des gens qu’ils rencontrent. C’est aussi une parabole sur les apparences, à travers l’image trompeuse de la jeune fille et l’image que les gens se font d’Earl Corey.

 

Clay – C’est bien vous, Ed Corey ?

Corey – Earl Corey.

Clay – Je m’en suis douté quand je vous ai vus arriver ensemble, tous les deux. Je connais personne d’autre qui fait route avec un Nègre.

 

Corey – Tu ne te souviens pas de lui, pas vrai ? C’est un fugitif qu’on a repris près de la frontière.

Jemal – Oui, je me souviens. Et alors ?

Corey – Plus tard on a appris que sa femme était enceinte.

Jemal – J’ai pas envie d’entendre ça !

Corey – On l’a ramené mort !

Jemal – Il pointait un fusil sur nous. Pourquoi tu ne te rappelles pas ça, plutôt que sa veuve ?

Corey – C’est nous qui avons fait d’elle une veuve ! (Il s’éloigne.) Tous ces gens sans visage, tous ces gens sans nom…

Jemal – Des hors-la-loi, des tueurs, des hommes recherchés.

Corey – Combien ? Combien de veuves ? Combien d’enfants privés de père ?

Jemal – Je ne veux rien savoir à leur sujet. Je ne veux rien savoir de ce qu’ils étaient avant qu’un avis de recherche soit lancé contre eux. Coupables ou innocents ? Ce n’est pas à nous de décider. On n’est pas juges, on n’est pas jurés et on n’est sûrement pas Dieu !

Corey – Si, justement ! Quand on presse la détente, on est Dieu !

 

Jemal, répondant à Corey qui dit combien l’activité de chasseur de primes le dégoûte – Si je suis fier de ce que je suis, c’est parce que je me rappelle où j’étais il y a quelques années, et qui j’étais. Ils ne veulent pas de moi dans leurs villes parce que je suis chasseur de primes, ça me va, mais quand je pars c’est sur mon propre cheval, avec ma propre selle, ma propre couverture ! Mes poignets et mes chevilles sont libres ! Ils me demandent de partir, quelquefois ils me l’ordonnent, quelquefois ils me le demandent, ils me maudissent même, et tu as ta part de tout ça, mais ça ne nous rend pas pour autant coupables de tous les péchés du monde. Je suis chasseur de primes. Vois ça comme tu veux, une vocation ou un sale boulot. Mais jusqu’à présent, Corey, tu ne m’as pas prouvé que tu étais différent avec toute ton instruction, tes manières et ta nostalgie de ta plantation avec une centaine d’esclaves. Mais si tu crois que tu vaux mieux que ça, alors c’est le moment de le dire, avant d’aller plus loin.

 

 

18. Gideon

 

ABC, 24 février 1969

Ecrit par Robert L. Goodwin

Réalisé par Marc Daniels

 

Roscoe Lee Browne et Otis Young

 

Earl et Jemal arrivent presque sans le sou à Placer Creek Crossing, une ville qui attire les chasseurs de primes comme les mouches, et pour cause : au saloon est gardé un coffre-fort rempli de poussière d’or qu’une diligence doit venir chercher. L’or attire le crime et le crime attire les chasseurs de primes. Aussi le shérif Harris est-il particulièrement prudent, tenant tout ce monde à l’œil. Au saloon, Corey a la surprise de retrouver Gideon, ancien esclave de la plantation de sa famille, avec lequel il a grandi. Gideon fait les corvées du saloon et semble content de son sort. Jemal a un haut-le-cœur en l’entendant évoquer avec Corey le « bon vieux temps » de la plantation. Un autre chasseur de primes, cependant, Hank, qui voyage avec son équipier Cecil Taylor, est persuadé d’avoir déjà vu Gideon quelque part. Tracassé par cette impression, il épluche les avis de recherche qu’il transporte avec lui quand Gideon vient le trouver dans sa chambre, porteur d’un broc d’eau et d’une serviette… ainsi que d’un couteau qu’il enfonce dans le cœur de Hank. Quand le corps est retrouvé, le shérif expulse tous les chasseurs de primes de la ville mais trois restent : Corey, Jemal et Cecil Taylor. Ce dernier veut savoir qui a tué son équipier. Gideon, qui pose depuis deux semaines en employé servile, est en réalité associé au criminel Obie Thorne, qui campe en dehors de la ville. Leur objectif est de s’emparer de l’or gardé au saloon. Et Gideon a une idée lumineuse : il persuade son patron, Sam, d’embaucher Earl et Jemal pour garder le coffre-fort à tour de rôle. Jemal se méfie d’autant plus de ce trop servile Gideon qu’il a rencontré un garçon de la ville, Jamie, qui affirme avoir vu Gideon assassiner Hank. Mais Jamie est simple d’esprit et depuis que Sam s’est séparé de lui pour donner son job à Gideon il ne cesse de dénigrer celui-ci, inventant chaque jour un nouveau méfait, si bien que le shérif ne croit plus un mot de ce qu’il dit. Jemal est plus circonspect et ne cache pas sa méfiance à Gideon.

Gideon s’arrange alors pour abattre Cecil sans témoin ; avant de pousser le dernier soupir, Cecil désigne « le Noir » comme son meurtrier. Aussi Harris arrête-t-il Jemal, qui n’a pas d’alibi. Quand Gideon en informe Earl et se propose de garder le coffre-fort pendant que son ancien maître se rendra à la prison, Earl n’y voit pas malice. Resté seul avec le précieux trésor, Gideon ouvre le coffre, dont il a très vite découvert la combinaison, et met les sacs d’or dans une sacoche avec laquelle il a l’intention de s’enfuir seul, sans passer revoir Thorne. Earl, revenant plus vite que prévu, découvre la vérité et Gideon le menace d’une arme, assurant qu’il n’hésitera pas à s’en servir. Jamie, témoin de la scène, court prévenir le shérif, et l’insistance de Jemal le persuade de prêter l’oreille aux accusations du garçon. Quand ils arrivent au saloon, cependant, tout est déjà terminé : Thorne a surgi pour empêcher Gideon de lui faire faux bond, lui a tiré dessus et a été blessé à son tour par Corey. Celui-ci voit mourir Gideon, et avec lui une part de sa vie ancienne…

 

Robert J. Wilke (à gauche)

 

L. Chapman & R. Barnes

 

Bill Raymond (à gauche)

 

Avec Robert J. Wilke (Sheriff Gus Harris), Lonny Chapman (Cecil [Taylor]), Howard Caine (Sam Barnes), Rayford Barnes (Hank), Charles Maxwell (Obie [Thorne]) et Roscoe Lee Browne (Gideon). Et Bill Raymond (Jamie – non crédité).

 

Corey – Nos chevaux vont bien manger mais ce qui nous reste à nous est à peine assez pour des haricots.

Jemal – Je parie que quand tu étais le maître de ta grande plantation en Virginie tu n’as jamais pensé que tu mangerais des haricots un jour !

Corey – C’est pas la seule chose que j’ai jamais pensé faire… partenaire.

Jemal – Tu n’as qu’à t’en choisir un nouveau.

 

Corey (évoquant des souvenirs d’enfance avec Gideon) – Ah ! c’était le bon temps… Le temps de l’innocence.

Gideon – Oui, le monde a changé, maître.

Corey – Ouais… Tu vas bien, Gideon ?

Gideon – Oh ! je vais très bien. Tout à fait bien. Je me suis trouvé un bon boulot. Monsieur Sam, il s’occupe bien de moi. Mais ce n’est pas comme autrefois, ça c’est sûr.

Corey – Tu retournerais à ces jours anciens, je veux dire si tu pouvais ?

Gideon – Je ne sais pas. Avant la liberté, j’avais une maison. Et une famille. Depuis, je n’ai fait qu’errer à droite et à gauche. Quelquefois je ne savais pas ce que j’allais manger pour survivre. Mais à choisir, maître, je prends la liberté.

 

Jemal – Ça ne m’intéresse pas d’entendre parler de lui ou d’un de tes anciens serviteurs.

Corey – Je ne suis pas responsable de la façon dont un homme m’appelle.

Jemal – Oh, vraiment ? Il y a pensé tout seul un beau jour, il a décidé que « maître » sonnait mieux que « Monsieur Corey », ou « Earl », ou un autre nom qu’un homme donne à un autre ?

Corey – Je serai au saloon. Rejoins-moi quand tu te sentiras mieux.

 

Corey – Je vais te dire une chose. J’ai connu Gideon toute ma vie, et je le considère comme un ami.

Jemal – Les gens changent, Corey, aussi sûrement que les temps changent.

Corey – Tu sais ce qui t’embête, « boy » ? Tu n’aimes pas voir Gideon juste parce qu’il te rappelle ce que tu étais et que tu n’aimes pas ça.

Jemal – Je n’ai jamais été comme lui, ni au-dedans ni en dehors.

Corey – Ce que tu étais ou non, ce ne sont pas mes affaires. Et en ce qui concerne ton « témoin », je me fous de ce que tu penses de Gideon. Si tu m’obliges à choisir entre quelqu’un que je connais depuis mon enfance et quelqu’un qui…

Jemal – Quelqu’un qui quoi ? Vas-y, continue.

Corey – Allons organiser ces tours de garde. On a l’argent, allons le gagner.

Jemal – Attends. Reprends ton argent, Corey. Ton boulot m’intéresse autant que toi en ce moment, c’est-à-dire pas du tout.

 

Jemal (ironique) – Tu as trop bon cœur pour travailler dans un saloon.

Gideon – Que voudrais-tu que je sois ? Maire ?

Jemal – Tu pourrais, j’imagine, s’ils te laissaient, et si tu te débarrassais de cet air de faux jeton que tu leur montres tout le temps.

Gideon – On fait tous ce qu’on doit faire, « cousin », pour survivre. Tout le monde ne peut pas se promener en ville avec un gros revolver et parcourir le pays avec un associé blanc.

 

Gideon – Que savez-vous de lui ?

Corey – Je sais que je peux lui faire confiance.

Gideon – Vous ne seriez pas le premier Blanc à s’imaginer avoir un ami noir.

Corey – Je n’ai pas dit qu’il était mon ami. J’ai dit que je pouvais lui faire confiance.

 

Jemal – Tu arrives peut-être à les tromper mais tu ne me trompes pas, moi. C’est forcément toi qui as tué ces deux hommes.

Gideon – Décidément, toi et moi on n’est pas pareils, chasseur de primes. Tu te pavanes avec ce revolver à la hanche, essayent de prouver que tu es autant un homme qu’eux. Moi ? Je n’ai rien à prouver.

Jemal – Alors tu cherches quoi ?

Gideon – L’argent, « cousin ». L’argent, tout simplement. C’est le seul moyen pour les Noirs de n’avoir rien à prouver aux Blancs. L’argent fait de moi un homme aussi bon que n’importe qui. Assez d’argent fait de moi un homme meilleur. Et un jour, je pourrais même en avoir assez pour être le meilleur.

 

Gideon (à Corey) – Vous voulez savoir ce que la liberté signifiait vraiment ? Ça voulait dire chacun pour soi. Et c’est comme ça que j’ai vécu. J’ai été jeté dans cette jungle avec vous autres et j’ai appris vos codes, à vivre aussi vite que n’importe qui d’autre.

 

Jemal – Une vie entière, c’est pas facile à oublier.

Corey – C’est vraiment si profond ? Une autre époque, une autre route, et c’est toujours si profond ?

Jemal – Je vais te le dire, mais ça ne t’avancera pas. Etre libre, c’est quelque chose que tu dois apprendre quand tu ne l’as jamais été avant. C’est comme un nouveau battement de cœur à l’intérieur de toi, puissant mais différent de ce que tu as jamais connu. Tu dois apprendre à ne pas en avoir peur, à ne pas le combattre. D’autres fois, être libre c’est… c’est juste te rappeler les jours anciens, comme c’était dur et amer. Et tu as l’impression que demain t’échappe et tu essaies de le saisir, effrayé. Mais le pire, c’est quand je rencontre un homme comme le vieux Gideon. Parce qu’alors… tu ne vois pas ? C’est comme si la liberté n’avait jamais été là.

Corey (après un moment de silence) – Tu as raison. Je t’entends mais… je ne suis pas sûr de comprendre.

Jemal – Mais ça n’a pas d’importance, Corey. C’est autre chose qui importe.

Corey – Quoi ?

Jemal – Que tu me l’aies demandé, pour la première fois. Tu me l’as demandé.

Corey (se détournant) – Tu parles trop, « boy ».

Jemal – Oui mon capitaine. Comme toi. Exactement comme toi.

 

 

 

19. And Then There Was One

ABC, 3 mars 1969

Ecrit par Don Tait

Réalisé par Josef Leytes

 

 

En route pour Claymore, Jemal et Earl acceptent de convoyer sept prisonniers qui leur sont remis par l’armée. Chacun leur rapportera 50 $ une fois remis entre les mains du juge Stockton. Le voyage s’annonce cependant ponctué d’incidents qui, de jour en jour, font fondre la prime comme neige au soleil. Ce sont d’abord des Indiens qui font peser une menace sur le convoi, au point que Corey et Jemal trouvent judicieux de laisser partir le prisonnier qu’ils traquent, Carl Wentz : ce dernier a en effet tué une jeune Indienne qu’il avait achetée et épousée, en la traînant derrière son cheval, attachée à une corde. Le retour du cheval peu de temps après, sans son cavalier, semble témoigner du sort que les Indiens auront finalement réservé à Wentz. Mais un nouvel incident endommage le fourgon pénitentiaire et tue un autre prisonnier, Redbeard. Obligés de continuer à cheval, mais avec deux chevaux seulement, Corey, Jemal et leurs prisonniers arrivent à un relais où ils passent la nuit. Là, une femme, Cora, essaie de faire évader un autre des compagnons, Limey Austin. Il se trouve qu’ils vivaient en couple avant que Limey ne soit arrêté pour de menus vols, et Cora a bien du mal à s’occuper seule de leur petite ferme. Earl et Jemal se laissent attendrir et décident de libérer Limey, dont les crimes sont finalement bien insignifiants, d’autant que Cora attend un bébé. La présence d’un juge de paix au relais offre de plus l’opportunité de marier Limey et Cora avant de les laisser partir ! Mais voilà que Kid Keim, un jeune gunfighter, s’empare d’une arme et défie Jemal qui, au cours du voyage, l’a bousculé et frappé. Jemal est contraint de l’abattre. C’est donc avec trois prisonniers seulement qu’Earl et Jemal repartent au matin. L’un d’eux, Happy Jack, un Noir accusé de meurtre en qui Jemal a eu le tort d’avoir confiance en raison de sa couleur, s’enfuit après avoir tenté de le tuer. Furieux des reproches de Corey, Jemal pense rétablir l’équilibre en laissant partir aussi Pale Hands Montaine, un Blanc ! Et les deux chasseurs de primes de continuer avec l’unique prisonnier qui leur reste, Miguel Otero, qui tente sans succès de s’évader à son tour. L’arrivée à Claymore leur réserve cependant une mauvaise surprise : entre-temps, les charges contre Otero ont été abandonnées et ils ne touchent donc rien pour l’avoir amené ! Comble d’ironie, alors qu’ils viennent de relâcher leur prisonnier, un shérif adjoint l’arrête à nouveau… car un autre avis de recherche vient d’arriver à son nom, assorti d’une prime de 350 $ que l’adjoint va toucher !

Que reste-t-il à faire, après cette odyssée savoureuse et infructueuse, que de quitter Claymore en riant, de soi autant que du destin ?

Alejandro Rey
James Davidson
Arthur Hunnicutt
Kathryn Harrow
Vinton Hayworth (à gauche)

 

John Cullum
Marie Cheatham
George Murdock
Byron Keith
Otis Young

 

Harvey Jason
Albert Popwell
Roy Engel
Seamon Glass
Gordon DeVol

 

Avec Alejandro Rey (Miguel Otero), John Cullum (Pale Hands [Montaine]), Harvey Jason (Limey [Austin]), James Davidson (Kid Kiem), Vinton Hayworth (McDonough), Marie Cheatham (Cora [Austin]), Albert Popwell (Happy Jack), Roy Engel (Major), George Murdock (Sergeant), Gordon DeVol (deputy), Kathryn Harrow (Miss Brown), Byron Keith (Judge Stockton), Seamon Glass ([Carl] Wentz) et Arthur Hunnicutt (Beckwith).

Le convoi de prisonniers est un thème récurrent dans le western (c’était le sujet du premier épisode de Rawhide en 1959) mais il est traité ici d’une façon originale. Jemal et Earl ont certes à se méfier de certains de leurs compagnons de voyage mais c’est surtout leur bon cœur qui conditionne l’issue de l’aventure, ou leurs querelles personnelles. Don Tait choisit ainsi une tonalité dramaticomique qui fait de l’épisode un divertissement plutôt bien inspiré, qui se résout dans l’éclat de rire final – plein d’autodérision – des deux protagonistes.

Jemal et « Master Corey » se disputent au sujet de leurs préférences supposées, qui pour un prisonnier blanc perçu comme un vivant rappel du passé de Corey, qui pour un prisonnier noir coupable d’avoir empoisonné des cow-boys qui le harcelaient.

 

20. Hung for a Lamb

ABC, 10 mars 1969

Ecrit par Harold Jack Bloom

Réalisé par Robert Sparr

Mike Road et Don Murray

Dans une ville où Earl et Jemal se sont arrêtés, un homme nommé Stan Sutton aborde une fille de saloon, Polly, et la charge d’un message pour Corey : Sutton a volé 40.000 $ dans une banque de Tombstone et il est prêt à donner une partie de cet argent à Corey et une autre à Polly s’ils l’aident dans la situation où il se trouve. Blessé, il a besoin de quelqu’un pour le protéger et aller chercher l’argent. Polly fait part de cette proposition à Corey qui ne souhaite pas même voir Sutton. Le lendemain, il est sorti du lit par le shérif qui le soupçonne de complicité avec Sutton ; le shérif en effet a arrêté ce dernier, renseigné sur sa présence par un mot déposé à l’entrée de son bureau, et Sutton n’a eu qu’une demande : parler à Corey. Earl comprend en parlant au prisonnier que Sutton veut se venger de lui car il croit que c’est lui qui l’a dénoncé au shérif. Il veut donc que ce dernier croie Corey complice, et c’est exactement ce qui arrive, le shérif interdisant à Corey de quitter la ville tant que l’affaire ne sera pas résolue. Les bruits courent vite dans une petite ville et Corey passe pour l’heureux détenteur du butin de Sutton, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de crapules en quête d’argent facile. Carl Jenner cependant appartient à une catégorie plus maligne : il approche Corey et Jemal en se présentant comme le partenaire de Sutton – c’est probablement lui qui l’a blessé – et se montre très clair sur son intention de récupérer l’argent. Jemal, qui quitte la ville sans attendre que Corey se soit sorti de cette situation, est pris à partie par trois complices de Jenner qui le battent en croyant lui faire dire où est l’argent, puis s’apprêtent à le pendre. Il y serait resté sans l’intervention de Polly, qui se révèle habile à manier le fusil – suffisamment convaincante en tout cas pour faire tourner bride aux trois types. C’est en réalité Polly qui a dénoncé Sutton et l’embarras de Corey sert ses projets car elle veut le forcer à partager l’argent avec elle – elle n’a aucun doute sur le fait qu’il ment en prétendant ne rien savoir !

La situation étant devenue inextricable, Corey et Jemal décident de tenter un coup risqué : le seul à savoir où est l’argent étant Sutton lui-même, ils le font évader de prison et s’arrangent pour qu’il parte seul, se croyant libre comme l’air. Il les mène jusqu’à une ville minière abandonnée où Polly arrive elle aussi. Mais Jenner et ses trois sbires les ont également suivis et l’affaire ne se terminera pas sans un règlement de comptes final autour du butin de Sutton…

Tammy Grimes
Ed Peck

 

Mike Road
Med Flory

 

J. Zaremba & Kevin Hagen
Orville Sherman (à droite)

 

Avec Tammy Grimes (Polly), Mike Road (Stan Sutton), Kevin Hagen ([Ralph] the Sheriff), John Zaremba ([Roscoe] Remsen), Ed Peck ([Carl] Jenner), Orville Sherman ([Herb] Bowsley), Mickey Simpson (Miner), Med Flory ([Bud] Hawkins), Frank Babich (Timmons), Hal Baylor (saddletramp).

Comme l’épisode précédent, celui-ci mêle le drame à la comédie, grâce en particulier aux prestations de Mike Road et surtout Tammy Grimes qui fait merveille en fille de saloon cupide et maligne, dont la voix aiguë est de nature à vous poursuivre longtemps après avoir vu cet épisode !

Corey – This is ridiculous ! We go out hunting bounty so that we can get enough money to get out and hunt bounty. Like a couple of mules pulling a millstone.

Jemal – You wouldn’t talk like that if you were (?) a mule, like I almost was.

Corey – Yeah, well that’s you, not me, I’m not black.

Jemal – Is that all you’ve got to be proud of ?

Corey – C’est ridicule ! On part chasser la prime pour avoir assez d’argent pour partir chasser la prime. Comme deux mulets attelés à une meule.

Jemal – Tu ne parlerais pas comme ça si t’étais une mule, comme moi je l'étais presque.

Corey – Ouais, ben c’est toi, pas moi. Je ne suis pas noir.

Jemal – T’as que ça pour te sentir fier de toi ? 

Polly – I really don’t think we could talk in front of your darkie.

Corey, amusé mais entrant dans le malentendu – Well, I don’t think he’d tell on us. Would you, boy ?

Jemal, jouant le même jeu – No, Sir, Master.

Polly – Je crois vraiment pas qu’on devrait parler devant votre esclave.

Corey, amusé mais entrant dans le malentendu – Oh, je ne pense pas qu’il vendra la mèche. Pas vrai, boy ?

Jemal, jouant le même jeu – Oh non, Maître.

 

21. A Time of Darkness

ABC, 24 mars 1969

Ecrit par Norman Katkov

Réalisé par Allen Reisner

Par une nuit d’orage, Jemal et Earl se réfugient dans une grotte. Mais quand ils y découvrent des peintures rupestres, une coiffe de chef, un canoë pourri et un squelette, et qu’ils comprennent qu’ils sont dans la tombe d’un chef wappata, Jemal veut aussitôt s’en aller tandis que Corey s’y oppose. Jemal croit aux esprits et cet endroit le terrifie. Il pense que tout homme entré dans ce lieu est condamné à y mourir. Et la flèche puis les coups de feu qui leur interdisent bientôt la sortie semblent bien là pour le prouver. Pour Corey, cependant, ce ne sont pas les esprits qui les empêchent de partir mais des assaillants de chair et d’os. Toujours est-il qu’ils sont pour l’instant condamnés à rester et une nuit de tension et de danger commence pour eux. Ils se disputent quand Jemal s’oppose à ce qu’Earl brûle le canoë pour se chauffer et leurs griefs personnels se dressent entre eux aussi sûrement que l’ennemi extérieur les retient prisonniers de cette grotte. Ils font feu dans la nuit, comptant sur la chance pour guider leurs balles jusqu’à leurs ennemis. Ceux-ci cherchent à les enfumer en jetant dans la grotte des tumbleweeds enflammés et Earl, en les saisissant avec le canon de son fusil pour les jeter dehors, est blessé à la tête. Il réalise alors qu’il ne voit plus et cette obscurité impénétrable le terrifie. Jemal cherche à le rassurer en lui disant que c’est certainement temporaire et les deux hommes, un moment, font taire leurs querelles et éprouvent le réconfort d’une amitié véritable. Mais l’ennemi est toujours là dehors ; Jemal blesse un jeune guerrier qui a eu la hardiesse de se jeter sur eux à l’entrée de la grotte. Il accompagnera ses derniers instants et l’honorera de la plume de son chapeau : un symbole pour le jeune guerrier, qui passe ainsi de l’autre côté avec sa première plume de brave. Au matin, Jemal et Earl décident de forcer la sortie en tirant sans discernement devant eux. Ils réalisent alors, dans la clarté du jour, qu’ils tirent sur des cadavres. Le jeune guerrier était le dernier brave encore debout. Et soudain, Corey distingue la lumière. Le séjour dans l’obscurité s’achève et les deux hommes reprennent leur route. Ensemble…

Don Murray

 

A. Martinez

 

Otis Young

 

Avec A. Martinez (the Indian [Grey Wolf]).

Le huis clos met Corey et Jemal face à face. Seuls dans la grotte, incapables d’en sortir, ils affrontent leurs propres démons aussi bien que l’ennemi extérieur. Commencé dans un éclat de rire, l’épisode s’achève sur le rire retrouvé, après une descente aux Enfers symbolisée par la caverne, la mort et l’obscurité. Au final, un épisode fondamental de la série, qui en contient la substantifique moëlle.

Corey – You really believe all that hocus pocus ?

Jemal – I believe a man can’t explain everything, not even a white man.

Corey – I thought you were through with all that now that you’re as good as anybody else.

Jemal – You haven’t seen what I’ve seen.

Corey – Oh, seen where ? down the slave quarters ? Some old lady poking through the fire, reading the coals, curing by potion, some powerseeds in a bag and love potions passed from hand to hand ?

Jemal – I’ve seen what I’ve seen.

Corey – You know, that fire warms any color skin, black or white.

Jemal – You can’t get it out your head, that you’re not in Wheeler Hill, can you, Corey ?

Corey – Well, what’s Wheeler Hill got to do with you keeping warm ?

Jemal – You still think you’re riding through the fields with everybody stopping work and ticking off the head in bound (?) and young Master Corey. Well, take a look around you. You’re million miles of Virginia. Ain’t no road back for you. You ain’t looking out for your hands no more.

Corey – I’m not looking out for any hand, I’m looking out for myself. It’s me I care about, me !

Jemal – You always did.

Corey – Tu crois vraiment à toutes ces foutaises ?

Jemal – Je crois qu’un homme ne peut pas tout expliquer, même un homme blanc.

Corey – Je croyais que tu en avais fini avec ça maintenant que tu vaux autant qu’un autre.

Jemal – Tu n’as pas vu ce que j’ai vu.

Corey – Oh, vu où ? dans les baraques des esclaves ? Une vieille femme tisonnant le feu, lisant les braises, soignant avec des potions, des graines magiques dans un sac ou des philtres d’amour qu’on se passe de la main à la main ?

Jemal – J’ai vu ce que j’ai vu.

Corey – Tu sais, ce feu réchauffe n’importe quelle peau, blanche ou noire.

Jemal – Tu ne peux pas te sortir ça de la tête, que tu n’es pas à Wheeler Hill, hein, Corey ?

Corey – Allons bon, qu’est-ce que Wheeler Hill a à voir avec le fait de te réchauffer ?

Jemal – Tu te crois toujours sur ton cheval dans les champs, avec tout le monde qui s’arrête de travailler et qui fait un signe de la tête pour saluer le bon et jeune Maître Corey. Allons, regarde autour de toi. Tu es à des millions de kilomètres de la Virginie. Y’a pas de retour possible pour toi. Tu n’es plus en train de veiller sur tes esclaves.

Corey – Je ne veille sur aucun esclave, je veille sur moi-même. C’est pour moi que je m’en fais, moi !

Jemal – Comme toujours !

Corey – What was it ?

Jemal – Some kind of signal.

Corey – I know that ! What kind of signal ?

Jemal – I’m no mind reader !

Corey – Well, you lived with the Indians, didn’t you learn anything ?

Jemal – I lived with the Kiowa. You think ‘cause the color of their skin is red, they’re all the same ? White man ! Only him in one God Almighty’s earth. Thinks that the color of his skin makes him special. If you’re white, you’re different from any other man that ever lived. But if you’re black or red or yellow, you’re all from the same part of grits. They are Wappata out there, they ain’t Kiowa. They ain’t Mescalero and they ain’t Comanche. Every one of them braves is as different a man as you and me.

Corey – Well, that does it. I am finished. As soon as we get out of here, I have seen the last of you. It’s so long and goodbye, partner.

Jemal – We ain’t gonna get out of here.

Corey – Shut up ! Ever since the day I ran into you, you’ve been telling me how free you are. All right, take your freedom and get ! I don’t care which way you go as long as it’s not my way ! Just take your freedom and go to hell with it !

Jemal – ‘d be happy to oblige you and myself.

Corey – You just keep that in mind.

Jemal – He ain’t learn nothing.

Corey – C’était quoi ?

Jemal – Une espèce de signal.

Corey – Je le sais, ça ! Quel genre de signal ?

Jemal – Je ne lis pas dans les pensées !

Corey – Quoi, tu as vécu avec les Indiens, tu n’as rien appris ?

Jemal – J’ai vécu avec les Kiowas. Tu crois que parce qu’ils ont la peau rouge ils sont tous pareils ? L’homme blanc ! Il est seul sur la terre de Dieu Tout-Puissant ! Il croit que la couleur de sa peau le rend spécial. Si t’es Blanc, t’es différent de tous les hommes qui ont jamais vécu sur la Terre ! Mais si tu es noir ou rouge ou jaune, c’est du pareil au même ! Ce sont des Wappatas, là dehors, pas des Kiowas. Ce ne sont pas des Mescaleros, ni des Comanches. Il y a autant de différence entre chacun de ces braves qu’entre toi et moi !

Corey – Cette fois, c’est marre. J’en ai ma claque. Dès qu’on sera sortis d’ici, j’en aurai fini avec toi. Ce sera Au revoir et Salut, partenaire.

Jemal – On ne sortira pas d’ici.

Corey – La ferme ! Depuis le jour où je suis tombé sur toi, tu me parles de ta liberté. Eh bien, vas-y, prends-la, ta liberté, et fous le camp ! Je me fous dans quelle direction pourvu que ce ne soit pas la mienne ! Prends ta liberté et va te faire foutre avec elle !

Jemal – Je me ferais un plaisir de te rendre ce service, et à moi !

Jemal – Why do you stay a bounty hunter, Corey ? You told me that you’re tired of hearin’ about the slave boy that made good, but that’s me, I had nothing and I got something, I’m a bounty hunter. But you, you never said.

Corey – Like the spinster said, ‘You never asked’.

Jemal (riant) – I’m asking now.

Corey – It’s funny. I can’t see anything right in front of me here now, but looking back there, I see everything like it’s (?) day, like it’s happening right in here before my eyes. You know, you’re wrong about Wheeler Hill. I never look back (…) because that hurts too much. I don’t mean what you’re thinking about, you know, all that ‘Master Corey’ nonsense. It’s the dreams that turned into nightmares. That’s what hurts. I got all dressed up in my Captain’s uniform when the war started with my shiny saber. I went out to fight for that cause that I believed in with all my heart, and I left the woman I loved and Wheeler Hill and (…) my little brother. And then when I came back from the war with all those dreams dashed to pieces, I found that my younger brother, my dear brother, took not only Wheeler Hill but the girl I loved as well. But you know what hurt worst of all ? It was Wheeler Hill itself. You see, all the other plantations around were burnt to the ground or completely ransacked by the Yankees, but Wheeler Hill… there was not one rosebush trampled, there was not one stick out of place, there was not one glass broken all around. That dear little brother of mine, he had made a deal with the Yankee army commander…

Jemal – But you’re an educated man. Why did you pick bounty huntin’ ?

Corey – In Savannah, Georgia, I killed a man. He was trying to drag the name of Corey down further into the mud than even my brother had. That was when I learned that I could shoot not only straight but fast. And then I just started burning all the bridges... I had enough of all that civilization, all that fine education, and all those fine manners. A lot of useless pretenses, that’s what it was. (…) And I made up my mind right then and there I was never gonna be a beholden to another man as long as I lived. So, I just drifted. I went wherever my gun took me and I hired it however it was needed. That’s when I met up with you, the Bounty Hunter. And why I ever hooked up with you I still can tell.

Jemal – Pourquoi tu restes chasseur de primes, Corey ? Tu m’as dit que tu étais fatigué d’entendre parler du petit noir qui est devenu quelqu’un, mais c’est moi, je n’avais rien et maintenant j’ai quelque chose, je suis chasseur de primes. Mais toi ? tu n’en as jamais parlé.

Corey – Comme disait la vieille fille, ‘Vous n’avez jamais demandé’.

Jemal (riant) – Je te le demande, maintenant.

Corey – C’est drôle. Là, maintenant, je ne vois rien juste devant mon nez, mais quand je regarde en arrière, je vois tout comme en plein jour, comme si ça se passait juste là, devant mes yeux. Tu sais, tu te trompes, au sujet de Wheeler Hill. Je ne regarde jamais en arrière (…) parce que ça fait trop mal. Je ne parle de ce à quoi tu penses, tu sais, toutes ces foutaises au sujet de ‘Maître Corey’. Ce sont les rêves qui ont tourné au cauchemar. C’est ça qui fait mal. Je me suis drapé dans mon bel uniforme de Capitaine quand la guerre a commencé, avec mon sabre rutilant. Je suis parti me battre pour une cause en laquelle je croyais de tout mon cœur, et j’ai quitté la femme que j’aimais, et Wheeler Hill, et (…) mon petit frère. Et puis, quand je suis revenu de la guerre, avec tous ces rêves mis en pièces, j’ai découvert que mon frère cadet, mon cher frère, avait pris non seulement Wheeler Hill mais aussi la fille que j’aimais. Mais tu sais ce qui a fait le plus mal ? C’était Wheeler Hill elle-même. Tu vois, toutes les autres plantations alentour étaient brûlées jusqu’à la racine ou complètement mises à sac par les Yankees, mais Wheeler Hill… Il n’y avait pas un seul rosier piétiné, pas une seule planche de travers, pas une seule vitre brisée dans toute la maison. Mon cher petit frère, il avait conclu un marché avec le commandant yankee…

Jemal – Mais tu es quelqu’un d’éduqué. Pourquoi avoir choisi chasseur de primes ?

Corey – A Savannah, Géorgie, j’ai tué un homme. Il essayait de traîner le nom de Corey encore plus profond dans la boue que mon frère lui-même. C’est là que j’ai découvert que non seulement je pouvais toucher ma cible mais aussi que j’étais rapide. Alors j’ai commencé à brûler tous les ponts… J’en avais assez de toute cette bienséance, toute cette éducation, toutes ces bonnes manières. Un tas de faux-semblants, voilà ce que c’était. (…) Et j’ai décidé à ce moment-là que je ne serais jamais redevable à qui que ce soit, tant que je vivrais. Alors, j’ai pris la route. Je suis allé partout où mon revolver me conduisait, je l’ai loué autant qu’on en avait besoin. C’est là que je t’ai rencontré, toi, le Chasseur de Primes. Et pourquoi je me suis mis en cheville avec toi, je peux toujours pas le dire.

Corey – Hey, you know, there’s something I didn’t tell you. When you’re blind, the whole world is black.

Corey – Hé, tu sais quoi, il y a un truc que je ne t’ai pas dit. Quand t’es aveugle, le monde entier est noir.

 

22. The Town That Wouldn’t (La ville du refus)

 

ABC, 31 mars 1969

Ecrit par Richard Bluel

Réalisé par Allen Reisner

 

 

 

 

Corey et Jemal arrivent dans une ville pour collecter une prime de 50 $ et emmener un prisonnier. Mais la ville semble déserte. Ils ne trouvent qu’une serveuse terrifiée dans le saloon, Bonnie, qui leur sert à boire en apprenant qu’ils n’ont pas l’intention de la tuer. Puis on leur tire dessus depuis l’extérieur, sans qu’ils voient personne. Inspectant le bâtiment, Corey y trouve une femme ivre qui marmonne des propos incompréhensibles. Pendant ce temps, Jemal, les coups de feu ayant cessé, emmène leurs chevaux à l’écurie où il rencontre un Mexicain, Miguel, et une jument prête à mettre bas. Peu après, Corey est de nouveau pris pour cible alors qu’il longe la rue ; cette fois, il repère le canon d’un fusil dans l’entrebâillement d’une porte, et Jemal réussit à surprendre le tireur. Il s’agit d’une femme, Augusta Barnes, qui les prend pour des tueurs de la bande de Fenner. Leurs explications sont interrompues par un jeune adjoint du shérif, Jim Pollard, qui les menace d’une arme et les conduit en cellule. Là, ils apprennent enfin ce qui se passe en ville : la plupart des habitants ont fui pour échapper à la mort promise par Mark Fenner en représailles de la mort de son frère tué par le shérif, qui est mort lui aussi. Ce frère, c’était le prisonnier que Corey et Jemal pensaient trouver en prison.

Corey et Jemal acceptent la proposition d’Augusta Barnes de prendre en main la protection de la ville pour un salaire de 500 $. Corey fait enterrer de la dynamite dans la rue principale et poste ses maigres forces à des points stratégiques. Outre Augusta, le shérif et Bonnie, il peut compter sur la femme ivre, alias Jade Willoughby, propriétaire du saloon, et sur Miguel qui accepte un fusil mais a juré à la Vierge Marie de ne jamais faire de mal à un être humain ! Lorsque la bande de Fenner arrive, la panique de Bonnie, qui fait feu trop tôt, permet certes de mettre en fuite les bandits, surpris, mais sans leur infliger de réelles pertes. L’avantage de la surprise étant perdu, Jemal suggère de le reprendre en faisant ce que Fenner n’attend certainement pas : attaquer le camp des tueurs. Corey imagine alors un plan inspiré du cheval de Troie. Au bout de la nuit, Fenner est neutralisé et sa bande renonce au combat…

 

Avec Ruth Roman (Jade), Pippa Scott (Augusta Barnes), Hilarie Thompson (Bonnie), Robert F. Lyons (Pollard), Leo Gordon (Fenner), Michael Michaelian (Miguel), Dennis Cross (Tark), John Dennis (Binns), Tom Palmer (Jessup).

 

L’épisode s’achève sur un twist savoureusement ironique : Jemal ne prédit pas un grand avenir à cette ville dont tous les habitants ont fui plutôt que de faire front contre les bandits. La caméra s’arrête alors sur le panneau indiquant le nom du lieu : Phoenix, Arizona…

Miguel le pacifiste est finalement celui par qui la situation est résolue : abattu par Fenner, il tombe et tire un coup de feu dans sa chute, qui abat Fenner.

 

 

23. The Stalking Devil (Le diable noir)

 

ABC, 7 avril 1969

Ecrit par William Wood

Réalisé par Charles Rondeau

 

 

 

 

En arrivant dans une ville épuisés et sans le sou, Jemal et Corey envisagent de louer leurs services pour gagner de quoi vivre en attendant la prochaine prime. Ils lisent une affiche promettant une prime de 200 $ pour la capture du Diable Noir, un tueur d’Indiens qui sévit depuis deux ans dans la région et que ni le shérif ni l’armée n’ont été capables d’arrêter. Intrigué, Jemal veut trouver cet homme, avant tout pour savoir s’il est aussi noir qu’on le dit. Corey, lui, préférerait chevaucher jusqu’au ranch de Lafe Partman, le gros propriétaire du coin, afin de demander du travail. Il accepte néanmoins de suivre Jemal qui promet de lui abandonner la prime. Ils trouvent le Diable Noir en suivant un groupe d’Indiens mescaleros et en surprenant l’homme sur le sommet d’où il vient d’abattre l’un des Indiens. Son visage est noir, en effet, mais parce qu’il a couvert sa peau blanche de boue. Sous ce masque rudimentaire adopté autant pour se dissimuler que pour effrayer se cache Lafe Partman. Il venge le meurtre de sa femme et de sa petite fille par les Indiens en traquant et en tuant tous ceux qu’il peut surprendre, sans faire de distinction d’âge ni de sexe.

Ecœuré par le personnage, qui ne montre aucun remords mais est persuadé au contraire d’accomplir une juste croisade, Jemal est déterminé à le livrer à la justice, même si Partman affirme que jamais ses pairs ne le condamneront pour ce qu’il a fait. Mais Partman sauve la vie de Corey lorsque le groupe d’Indiens attaqué par Partman les attaque en retour, et Corey ne veut plus le livrer à la justice. Alors qu’ils se sont séparés, Jemal et Partman tombent sur des Mescaleros à qui Partman déclare qu’il a capturé pour eux le Diable Noir : Jemal ! Ce dernier est attaché à un poteau et les Indiens entreprennent de le torturer. Corey essaie de le libérer mais se retrouve attaché à la même corde que lui : les Indiens ont décidé de les traquer tous les deux comme du gibier.

Partman, cependant, a remarqué sur le bras de l’un des Indiens, Alano, un dessin que lui a décrit sa femme avant de mourir : une étoile blanche, qui l’identifie comme le dernier des assassins que Partman traque depuis deux ans. Il sauve la vie de Corey et Jemal en tuant Alano, puis se livre aux Indiens…

 

Avec William Windom (Lafe Partman), Rodolfo Acosta (Chief Frente), Robert Phillips (Alano), Percy Helton (aproned man) et Lyle Bettger (Sheriff).

 

Il faut une bonne volonté certaine pour accepter de croire en cette aventure au finale fantaisiste : la séquence indienne est caricaturale et invraisemblable.

 

 

24. Give Me Tomorrow (Donnez-moi demain)

 

ABC, 21 avril 1969

Ecrit par Ken Pettus

Réalisé par Paul Landres

 

 

 

 

Corey et Jemal font une halte à Navajo Wells en Arizona, après plusieurs semaines à pister un homme. Corey accepte de guider l’ex-Général sudiste Justin Hawley et sa famille jusque dans l’Ouest de l’Etat, où il veut s’installer pour rebâtir le domaine que la guerre lui a enlevé, Raven’s Wood. Il emmène avec lui son épouse Amelia, son fils Reece qui déteste son père et n’a aucune envie de le suivre, sa fille Mavis et le fiancé de celle-ci, le forgeron Todd Spencer qui finance l’expédition, ainsi que deux serviteurs noirs, Daniel et Esther. Mavis est une fille du Sud, élevée dans l’aisance et les mondanités, qui n’a accepté sans doute de se fiancer que parce que Todd offrait de financer le rêve du Général. Durant le voyage, elle n’a de cesse de se rapprocher de Corey, qui a connu jadis la même vie qu’elle et ferait à ses yeux un meilleur prétendant.

Très vite, le convoi est attaqué par quatre bandits que commande Emilio ; ils ont en fait été engagés par Reece et veulent s’emparer des bijoux d’Amelia, sur lesquels compte le jeune homme pour commencer une nouvelle vie. Mais Jemal a suivi le convoi à distance et son intervention met en échec les bandits. Il se joint ensuite à l’expédition avec la promesse d’empocher la moitié du salaire de Corey. Ce dernier devient vite le confident du Général, qui lui confie qu’il a caché dans la terre où ils vont s’installer 200.000 $ en or qui lui permettront de rebâtir Raven’s Wood. Mais le conflit avec Reece ne fait que s’aggraver lorsqu’il apprend l’existence de cet or. Le Général meurt d’une crise cardiaque après une dispute avec son fils, non sans confier à Corey la localisation de l’or, portée sur une carte. Reece veut s’emparer de cette carte et compte sur la bande d’Emilio pour y parvenir. Les bandits, en effet, n’ont pas lâché leur piste, même s’ils ont été abandonnés sans chevaux et sans bottes.

Les bandits passent à l’action un soir où Corey, qui a fini par céder aux sirènes insistantes du charme féminin, règle ses comptes au poing avec Todd Spencer. Todd se joint à Corey et Jemal pour neutraliser les bandits. Todd, légèrement blessé, a du moins prouvé son courage et réaffirmé son amour pour Mavis ; quant à Reece, il se sépare finalement du convoi pour tenter sa chance de son côté : Daniel en effet a révélé qu’il n’y a jamais eu d’or et que le Général n’a créé ce mensonge que pour inciter sa famille à le suivre en lui faisant partager son rêve.

 

Avec Nancy Malone (Mavis), John Hoyt (Justin Hawley), Dick Sargent (Reese), William Taylor (Todd Spencer), Rodolfo Hoyos (Emilio), Anna Lee (Amelia), Jester Hairston (Daniel), Maidie Norman (Esther), K.L. Smith (Carl), Frank Gerstle (bartender), Don Wilbanks (Zack), Barbara Walker (B-Girl).

 

 

25. The Long Ride (La longue chevauchée)

 

ABC, 28 avril 1969

Ecrit par Leon Tokatyan

Réalisé par Robert Butler

 

 

 

 

Corey arrive épuisé et sans cheval à une petite ferme où vit un homme seul, Jim. Celui-ci rechigne à lui vendre un de ses deux chevaux, et bientôt pointe un fusil sur lui lorsqu’arrive un homme à qui il fait visiblement plus confiance qu’à Corey. Cet homme est Jemal, que Corey n’est pas heureux de revoir : ils se sont quittés en effet un mois plus tôt après une mésaventure chez « les amis kiowas » de Jemal qui a laissé à Corey quelques cicatrices et surtout une énorme rancœur à l’égard de Jemal, qui selon lui l’a délibérément laissé torturer par les Indiens avant de le sauver. Jemal est arrivé chez Jim avant Corey, avec un prisonnier qu’il garde dans la grange, Kramer (Travers en VO), meurtrier de plusieurs Apaches, dont des femmes. Mais Kramer a des complices qui attaquent la ferme et tuent Jim. Corey accepte alors d’accompagner Jemal jusqu’à la ville où il remettra son prisonnier au shérif.

Les complices de Kramer veulent connaître la localisation de la mine d’or qu’il dit avoir trouvée. Mais les Apaches sont aussi sur ses traces et Jemal et Corey doivent échapper aux deux ennemis tout en arrivant à se supporter l’un l’autre et à supporter Kramer, que Jemal traite avec si peu de ménagement que Corey en est mal à l’aise.

L’odyssée se termine par une fusillade au cours de laquelle Corey et Jemal se retrouvent en situation très incertaine, presque sans munitions. Jemal improvise alors des lances rudimentaires avec des branches et des couteaux, armes de la dernière chance contre leurs assaillants. Tous sont tués mais Kramer réussit à s’enfuir avec le cheval de Corey… jusqu’à ce que celui-ci rappelle l’animal d’un sifflement qui précipite Kramer dans un précipice. Les chasseurs de prime n’auront pas même la possibilité de récupérer le corps : les Apaches sont les premiers à mettre la main sur lui, et l’emmènent.

L’aventure a permis à Corey et Jemal de régler leurs comptes et de découvrir qu’ils pouvaient encore s’apprécier et faire un bout de chemin ensemble…

 

Avec William Bassett (Travers), Ted de Corsia (Sheriff), Barbara Morrison (Mrs Baylis), Donald Barry (leader), J. Pat O’Malley (Northingest Jim), Med Flory (bully #1), Hal Baylor (bully #2), Arvo Ojala (gunman #1), Mousie Garner (stableman).

 

 

26. How Tall Is Blood

 

ABC, 5 mai 1969

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Allen Baron

 

Jemal et Earl arrivent à Sweetwater avec le corps de Daniel Madigan, un homme recherché qu’ils ont été obligés de tuer. Ils veulent faire expédier le corps à Kansas City afin de toucher la prime et doivent faire signer un document par le marshal local. Alors qu’ils le cherchent, ils surprennent deux hommes en train d’ennuyer trois Indiens apparemment placides. La scène déplaît à Jemal et ils s’offrent un peu de détente en donnant une leçon à ces deux hommes, finalement pas très futés. Juste après, ils apprennent qu’il s’agit des deux adjoints du marshal ! Ce dernier, Gandy, ne cache pas sa haine des Indiens qu’il considère tous comme des sauvages ; il n’encourage pas pour autant le comportement de ses adjoints mais il montre de l’hostilité envers Jemal et Corey, dont il ne signe pas le document. Impatientés, les deux chasseurs de primes acceptent l’offre d’emploi que leur font les Navajos : ceux-ci exploitent une mine d’argent au nord de la ville et ont besoin de protection pour transporter leur chargement. Ils craignent les attaques et ne comptent pas sur le marshal pour les protéger. Dès leur arrivée au camp des mineurs navajos, Earl et Jemal constatent que l’homme qui les a engagés, Bear Hunter, ne parlait pas au nom de tous. Silent Woman et son oncle Young Wolf jugent imprudente sa démarche, de nature à leur attirer davantage d’ennuis qu’ils n’en ont déjà. Bear Hunter, qui ne supporte pas la passivité des siens, est impatient de devenir « un homme », et c’est ce qu’il a vu en Jemal quand celui-ci a pris sa défense à Sweetwater. Il veut apprendre à se défendre et à donner des coups pour ne plus se contenter d’en recevoir. Jemal croit bien faire en l’encourageant et en acceptant qu’il joue un rôle dans le plan qu’ils élaborent pour emmener le chargement. Ils veulent en effet tromper les habitants de Sweetwater et en particulier le marshal, qui pourrait s’opposer au passage du chargement. Bear Hunter prend donc la tête d’un petit groupe d’hommes munis de vieux fusils afin de créer une diversion qui permettra à Earl et Jemal de partir dans une autre direction. Mais l’affaire tourne mal. Un couple de fermiers et leur petite fille sont tués et tout accuse les Navajos. Jemal ne veut pas croire qu’ils soient les auteurs de l’attaque mais Earl n’en jurerait pas. Arrêtés tous deux par le marshal, aidé des habitants en colère, Earl et Jemal leur échappent afin de retrouver les Navajos les premiers. Ils suivent pour cela Silent Woman, qui a échappé elle aussi aux hommes blancs. En retrouvant Bear Hunter, malheureusement, ils découvrent que les craintes de Silent Woman et Young Wolf étaient fondées : Bear Hunter raisonne comme un enfant et il a cru agir en homme en tuant les fermiers, qui auraient ouvert le feu sur lui. Loin d’éprouver des remords, il entend poursuivre sur cette voie du « courage », dût-il pour cela tuer Jemal et Earl…

Lilyan Chauvin & H.M. Wynant
Harry Swoger

 

Phil Bruns
Roger Garrett

 

Parley Baer & Rex Holman
Rodd Redwing

 

Avec Phil Bruns (Marshall Gandy), H.M. Wynant (Bear Hunter), Lilyan Chauvin (Silent Woman), Rex Holman (Crail), Harry Swoger (bartender), Roger Garrett (clerk), Rodd Redwing (Young Wolf), Jess Franco (Navajo), Jim Burk (deputy #1) et Parley Baer (Bannerman).

Scénario et réalisation sont rudimentaires et l’ensemble apparaît confus, sans véritable colonne vertébrale. Il est difficile de s’identifier à aucun personnage, ni d’un côté ni de l’autre, et Jemal et Corey eux-mêmes sont portés par les événements et agissent sans paraître réfléchir, même si l’un d’eux au moins pressent le dénouement. Parley Baer incarne un notable plus raisonnable que le marshal mais dont le rôle reste mineur (sans jeu de mot).

Au début de l’épisode, Jemal et Earl évoquent la plantation mais cette fois ils s’excusent l’un et l’autre d’avoir encore abordé le sujet. Contrastant avec les disputes vives d’autres épisodes, cet échange bref annonce finalement le défaut de l’histoire à venir : on est constamment « en deçà », sans force dramatique.

Silent Woman – Pourquoi êtes-vous ensemble ?

Jemal – Parce qu’on apprend l’un de l’autre, comme j’ai appris des Kiowas.

 

 

FICHE TECHNIQUE

 

Créé par Ben Brady & Leon Tokatyan

Développé par Hugh Benson (mentionné seulement pour l’épisode 1)

Producteur exécutif Hugh Benson

Produit par Jon Epstein

 

Story Consultant Leon Tokatyan

Music by Hugo Montenegro, Paul Sawtell (13, 20)

Associate producers Sheldon Schrager (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 19, 23, 26), Louis H. Goldstein (tous), Larry Rosen (15, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 24)

Director of photography Harold Stine, ASC (sauf 18, 25), William Whitley ASC (18), Burnett Guffey, ASC (25)

Art directors Ross Bellah (tous), Robert Peterson (sauf 25), Sidney Litwack (25)

Film editor Norman Colbert, ACE (1, 2, 5, 7, 8, 9, 10, 13, 18, 20, 24, 25), Peter Colbert (3, 6, 11, 14, 16, 19, 21, 22), Aaron Nibley (4, 12), Bob Crawford (15, 17, 18, 20), Bernard Balmuth (23, 26), Richard C. Meyer, ACE (25)

Casting director Geoffrey Fischer

Set decorator Alfred E. Spencer (sauf 25), James E. Roach (25)

Assistant director Anthony M. Ray (1, 2, 3, 4, 7, 12, 25), Mel Swope (5, 6, 10, 11, 13, 15, 17, 19, 20, 21, 23, 24, 26), Jim Hogan (8), Marvin Miller (9), Darrell Hallenbeck (14, 16, 18, 22)

Musiv & Sound effects Sunset Editorial

Make-up supervision Ben Lane

Color by Perfect Pathe

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1960s
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