work in progress

Guide réalisé par Thierry Le Peut

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1.16  Man in a Jam (Un homme dans le pétrin)

 

NBC, 8 janvier 1962

Produit par Winston Miller

Ecrit par Donn Mullally

Réalisé par James Sheldon

 

Robert Lansing et Lin McCarthy

 

 

 

 

1.17  Give the Boys a Great Big Hand / The Missing Person

 

NBC, 15 janvier 1962

Produit par Boris D. Kaplan

Scénario : Shimon Wincelberg d’après le roman d’Ed McBain (Give the Boys a Great Big Hand, 1960, Dans le sac, 1960, aka La Main dans le sac)

Réalisé par Don Weis

 

 

 

 

 

1.18  Out of Order 

 

NBC, 22 janvier 1962

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Jonathan Latimer

Réalisé par Dick Moder

 

 

 

 

 

1.19  The Pigeon (Le mouchard)

 

NBC, 29 janvier 1962

Produit par Boris D. Kaplan

Scénario : Rik Vollaerts et Raphael Hayes, histoire de Rik Vollaerts

Réalisé par Don Weis

 

Robert Lansing et Peter Falk

 

 

 

1.20  A Bullet for Katie

 

NBC, 12 février 1962

Produit par Winston Miller

Scénario : Richard Collins et James Bloodworth, histoire de James Bloodworth

Réalisé par Herman Hoffman

Avec Ed Nelson (Bill Miller), Harold J. Stone (Lou Gantry / Appleby), John Fiedler (Cole), Catherine McLeod (Mrs Connors), Roger Mobley (Lane Connors), Patty Ann Gerrity (Wendy), Della Sharman (Katie Miller), Robert Brubaker (Fred Connors), Rusty Lane (Murchison), William Keene (Mr Oxman)

 

Bill Miller, un policier en uniforme, ramène chez lui sa toute jeune femme Katie, à proximité du 87e. Alors qu’ils se réjouissent de leur vie commune à venir, une balle traverse l’une des vitres de leur appartement et blesse grièvement Katie. Elle est transportée à l’hôpital dans un état critique.

Les inspecteurs du 87e commencent à interroger le voisinage, sans grand succès ; beaucoup de voisins ont bien entendu la détonation mais n’ont rien vu. Un gamin, Lane Connors, qui vit en face de l’immeuble des Miller, prétend avoir aperçu un homme suspect dont il fournit une description, mais le gamin semble très mal à l’aise et Havilland croit à une histoire inventée. Havilland et Kling vérifient les alibis de plusieurs hommes arrêtés par Miller et qui ont juré de se venger. Le premier, Honer, a un alibi ; le second, Gantry, a changé son nom en Appleby et vit avec sa fille Wendy, adolescente. Il semble honnête et son alibi est confirmé par son collègue de travail Cole.

Mais Cole profite de cette histoire pour faire chanter Appleby : il menace de révéler son passé criminel et de lui causer des ennuis s’il refuse de fermer les yeux sur des vols que Cole se propose de commettre au sein de leur usine, Federal Electronics. Lorsqu’Appleby refuse de céder au chantage, il revient sur sa déclaration à la police et prétend qu’Appleby l’a menacé pour l’obliger à confirmer son alibi, alors qu’ils n’étaient pas ensemble au moment du coup de feu. Havilland et Kling se mettent donc en route pour arrêter Appleby. Dave Murchison, un sergent du 87e, passe un coup de fil à Bill Miller à l’hôpital pour l’en informer, voulant le rassurer. Katie va mieux à présent et sa vie n’est plus menacée. Mais Miller est toujours sous le coup de la colère et décide de se rendre chez Appleby pour se faire justice lui-même.

Entre-temps, Lane Connors avoue à ses parents que c’est lui qui a tiré le coup de feu qui a blessé Katie Miller, alors qu’il jouait avec le revolver du père d’un copain, sans se douter que l’arme était chargée. Il est tourmenté depuis lors. Fred Connors accompagne son garçon au 87e où il fait une déposition qui le soulage. Mais Meyer apprend ensuite que Miller a quitté brusquement le chevet de sa femme en apprenant la nouvelle et il renvoie Havilland et Kling chez Appleby. Celui-ci n’est pas rentré chez lui, il travaille tard à l’usine, mais Miller le sait également. Il arrive le premier à Federal Electronics, bien décidé à s’occuper lui-même d’Appleby…

 

Un épisode sans criminel, qui prouve qu’une bonne histoire policière peut s’appuyer sur des situations ordinaires sans rechercher le sensationnel. Un jeu d’enfant, un accident, la peur, de bons et de mauvais sentiments fournissent les conditions d’une intrigue attentive à ses personnages. Roger Mobley (qui jouait déjà un gamin du quartier dans 1.03, mais avec un autre prénom) est impeccable et touchant dans le rôle du petit garçon tourmenté par sa faute et soucieux ensuite de faire ce qui est bien en confessant son geste ; la réaction de ses parents donne matière à un prolongement moral : alors que la mère veut protéger son enfant et garder le silence, le père choisit de le guider sur la voie la plus morale, entendant le désir de l’enfant de faire ce qui est bien et conscient, en outre, que ce qui est en jeu est aussi la respectabilité des parents, qui doivent également bien agir pour garder le respect de leur enfant. Meyer Meyer ajoute un message supplémentaire en recommandant au garçon de faire savoir à ses amis qu’il ne faut pas jouer avec une arme, chargée ou non.

Gantry / Appleby et sa fille Wendy occupent eux aussi une large place dans l’histoire. Sorti de prison, Gantry mène une vie exemplaire et a voulu changer de nom pour offrir à sa fille une vie respectable, après le départ de sa mère qui a choisi de les abandonner pendant qu’il était en prison. Son passé continue néanmoins de le poursuivre, d’abord parce qu’il fait de lui un suspect aux yeux de la police, ensuite parce qu’il l’expose au chantage d’un collègue opportuniste et malhonnête.

Le policier Bill Miller achève de composer une galerie de personnages en clair-obscur. Les premières minutes de l’épisode mettent en scène le bonheur simple, sincère et forcément touchant du jeune couple Miller, préparant le spectateur à ressentir l’injustice et la douleur de la mise en danger de Katie Miller. Puis la colère de l’homme, faisant fi de l’uniforme qu’il porte pour rechercher une justice personnelle, trouble les lignes : le policier est prêt à commettre un crime tandis que l’ancien criminel, repenti et rangé, est accusé à tort et menacé. Chaque « côté » est représenté par un couple : le policier et sa femme, le père et sa fille, tous les deux honnêtes et touchants.

 

Harold J. Stone
Roger Mobley

 

John Fiedler
C. McLeod & R. Brubaker

 

Ed Nelson
Patty Anne Gerrity

 

 

1.21  King’s Ransom (La rançon du roi)

 

NBC, 19 février 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Scénario : Ed McBain d’après son roman (King’s Ransom, 1959, Rançon sur un thème mineur, 1960)

Réalisé par James Sheldon

 

 

 

 

 

1.22  Feel of the Trigger

 

NBC, 26 février 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Scénario : John Hawkins, histoire de Donald E. Westlake

Réalisé par Maury Geraghty

 

 

 

 

 

1.23  Killer’s Choice (Le choix de l'assassin) 

 

NBC, 5 mars 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Scénario : Luther Davis et Richard Collins d’après le roman d’Ed McBain (Killer’s Choice, 1957, Victime au choix, 1958)

Réalisé par Don Weis

 

Amy Boone est retrouvée morte dans l’une des boutiques de spiritueux de Franklin Phelps, son employeur. Les inspecteurs du 87e rencontrent les personnes de son entourage : sa mère, Mrs Travail, chez qui elle vivait avec sa petite fille Monica ; son mari, Ted Boone, dont elle avait divorcé ; Franklin Phelps et son épouse Marna. Ce qui frappe les inspecteurs, c’est l’image contradictoire que ces entretiens donnent d’Amy Boone, mère aimante et vulnérable selon sa mère, femme ambitieuse et cynique selon les autres. Ted Boone révèle à Kling qu’Amy a demandé le divorce et comptait épouser son patron, avide du train de vie que Phelps lui garantirait, ce que corrobore le récit de Mrs Phelps convaincue que la jeune intrigante avait une liaison avec son mari. Ce dernier ne le nie pas, et la jeune femme le pressait en effet de révéler leur liaison à sa femme afin qu’ils puissent vivre ensemble au grand jour. Havilland rencontre aussi Frank Kyros, amant d’Amy Boone jusqu’à ce qu’il découvre que tout en batifolant avec lui elle comptait épouser son patron. A l’exception de Mrs Travail, tous ces gens avaient un motif sinon de meurtre du moins de dispute avec Amy, qui aurait pu conduire à sa mort. Mais tous, aussi, ont un alibi : Phelps était… avec une autre maîtresse, sa femme s’est montrée à une réception à Miami, Boone et Kyros peuvent fournir des témoins…

 

C’est la première adaptation de Victime au choix, le cinquième titre de la série d’Ed McBain ; les scénaristes lui empruntent l’une des deux intrigues policières déroulées en parallèle : la mort d’Annie Boone (ici prénommée Amy). L’autre intrigue du roman sera adaptée dans l’épisode 1.28. Si les grandes lignes de l’affaire Annie Boone sont respectées, l’adaptation prend de grandes libertés avec le roman, modifiant les caractères et les données des personnages ; Annie Boone, en particulier, devient clairement une intrigante alors qu’elle est plus complexe dans le roman. A noter : dans le roman, Havilland meurt ; après sa mort, Carella et Kling ont une conversation avec un gérant de bar qui lui versait un pot de vin ; cette conversation est reprise dans l’adaptation mais c’est Havilland lui-même qui parle au gérant, « le chauve », et qui refuse le pot de vin que celui-ci veut lui verser pour fermer les yeux sur les jeux illégaux organisés dans son établissement. La scène est caractéristique du changement apporté au personnage de Havilland, brutal et corrompu dans les romans, jovial et honnête dans la série. Le dialogue s’amuse d’ailleurs de l’honnêteté du personnage.

 

Le scénario fait le choix des multiples retours en arrière qui permettent, à chaque nouvel interlocuteur des policiers, de faire revivre la victime sous des visages parfois contradictoires, plaçant les inspecteurs devant ce que Meyer Meyer appellera « le mystère Amy Boone ». On a ainsi une construction redondante constituée des entretiens successifs avec tous ceux qui avaient une raison de tuer Amy Boone, et une structure whodunit classique qui se résout par la révélation du véritable meurtrier (ou de la meurtrière ?). L’épilogue révèle que les inspecteurs ont recouru à la ruse pour confondre le coupable.

 

 

1.24  Square Cop (Pas dans le vent)

 

NBC, 12 mars 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Scénario : Robert Hardy Andrews

Réalisé par James Sheldon

 

 

 

 

 

1.25  Step Forward (Avancez !)

 

NBC, 29 mars 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Ecrit par Norman Katkov

Réalisé par James Sheldon

 

 

 

 

1.26  Idol in the Dust (Idole dans la poussière)

 

NBC, 2 avril 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Ecrit par Donn Mullally

Réalisé par Don Taylor

Avec Michael Dante (Larry Brooks), Jeanette Nolan (Mrs Brooks), Al Ruscio (Joe Brooks), David Kent (Richard), Joseph Mell (Sol), Howard Caine (Meinig), John Sebastian (Harrison), Robert Bihellier (Ben Kramer), Paddy Edwards (Betty Brooks)

 

Michael Dante, Jeanette Nolan et Ron Harper

 

Le joueur de base-ball Larry Brooks, devenu une star, est de passage dans le quartier, où il a grandi. En s’arrêtant dans l’épicerie de Sol, il prend la défense de celui-ci en présence d’adolescents agressifs qui veulent voir son fils Richard. Les ados se tournent contre lui et jettent dans sa direction une boîte de conserve qui brise la vitrine du magasin, attirant l’attention de Bert Kling. Ce dernier, en découvrant que Richard a une vilaine blessure à la tête, insiste pour l’emmener à l’hôpital afin de nettoyer la blessure. Sol et son fils refusent cependant de porter plainte contre les jeunes, par peur des représailles, et Larry ne dit rien de plus que Sol parce qu’il ne veut pas mettre celui-ci dans l’embarras.

Pour tenter d’apporter une réponse différente à la violence des gangs, Bert a alors une idée tirant profit de la présence de Larry, qui est un ami d’enfance. Il lui demande d’entraîner les gamins du quartier au base-ball afin de leur donner un autre exemple que celui de leurs aînés. Larry refuse d’abord puis revient sur sa décision. Son propre frère, Joe, libéré sur parole, est en délicatesse avec la police et a pris la mauvaise voie, dont le champion a une chance de détourner les plus jeunes. Joe n’est pas sorti des ennuis comme il le prétend : deux hommes réclament à Larry les 500 $ que leur doit son frère. A leur deuxième visite, ils apprennent à Larry que Joe est dans une chambre d’hôtel à disputer une partie de poker dans laquelle il perdra gros une fois de plus. Larry s’y rend alors et demande à Joe de le suivre ; quand il accuse les autres joueurs de tricher pour plumer Joe, ils se fâchent et deviennent violents. Une bagarre s’ensuit, au cours de laquelle Joe pousse à travers la fenêtre l’un des joueurs, qui va s’écraser sur le trottoir trois étages plus bas. Larry appelle aussitôt la police mais ne mentionne pas son frère.

Aux inspecteurs du 87e Larry endosse la responsabilité de l’accident. Ils ne sont pas dupes mais il persiste dans sa version. Le lendemain, Bert le conduit à la rencontre des gamins qui ont été rejoints par leurs aînés ; ceux-ci ont compris que Larry mentait à la police pour couvrir son frère et cette attitude lui vaut leur admiration. Quel message délivrer maintenant à tous ces jeunes qui ont les yeux tournés vers lui ? Non loin de là, Carella a, lui, amené Joe, à qui il explique la situation. Joe refuse alors de laisser son frère briser sa carrière et son image pour couvrir une faute qu’il n’a pas lui-même le courage d’assumer. Il dit la vérité…

 

Il est toujours gênant de voir la question des gangs et de la délinquance traitée avec un idéalisme certes louable mais simpliste. C’est le cas dans la conclusion de cet épisode ; le scénariste ne prétend certes pas que les jeunes sont aisément sensibles à la morale délivrée par les « vieux » (en l’occurrence Larry et Joe Brooks, de jeunes adultes) mais leur silence gêné est en soi une manière de donner de la portée au discours moralisateur servi par le scénario. On retiendra toutefois le recours aux stars du sport pour toucher un public rétif à toute leçon et plus sensible à la performance physique qu’à la parole moralisatrice.

Le scénario de Donn Mullally sera repris et adapté dans la première saison de L’Homme de fer, épisode « Les deux frères », en 1967.

 

 

1.27  Ramon

 

NBC, 9 avril 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Ecrit par David Lang

Réalisé par Maury Geraghty

Avec Danny Bravo (Ramon Morales), Joe Raciti (Luis Rico), Alex Montoya (Emilio Guavasas), Rico Alaniz (Rafael Bencosme), Jess Kirkpatrick (Officer Grimes), Willis Bouchey (Jim Spencer), Walter Reed (Walters) et Edward Colmans (Villedo Morales)

 

Danny Bravo et Edward Colmans

 

Un garçon de quatorze ans, Ramon Morales, est amené au 87e par un agent de police qui l’a arrêté pour le vol d’une couronne mortuaire. Questionné par Havilland, l’adolescent explique qu’il l’a volée pour la tombe de sa mère, parce qu’il n’a pas d’argent pour lui acheter des fleurs. Le cœur rude de Havilland est touché par la sincérité de ce garçon qu’il raccompagne chez lui en lui laissant son petit couteau de poche à aiguiser : Ramon en effet aide son père dans ce genre de travaux. Le père, Villedo Morales, se montre poli avec le policier mais, sitôt celui-ci parti, il sermonne son fils et lui recommande de ne pas frayer avec la police. Villedo est d’autant plus inquiet qu’il est entraîné malgré lui dans un projet d’assassinat par trois compatriotes, dont l’un travaille comme agent d’entretien au 87: le Precinct a reçu pour mission de protéger le Premier Ministre d’un pays d’Amérique Centrale en visite en ville, or ce pays, dont sont originaires Villedo et ses amis, est une dictature et les quatre conspirateurs rêvent de révolution et veulent saisir l’opportunité qui leur est donnée de la commencer ici, aux Etats-Unis. En tirant à la courte paille, c’est Villeda qui est désigné pour tenir le fusil qui tuera le dignitaire, depuis un sous-sol situé en face du 87e.

Malheureusement, lorsque le cœur secrètement tendre de Havilland incite le policier à faire envoyer des fleurs sur la tombe de la mère de Ramon, ce dernier se prend d’amitié pour lui et décide de rembourser cette dette en ne le quittant plus : il lui rend d’incessantes visites au 87e, couche devant sa porte et s’introduit même chez lui par la fenêtre pour préparer son petit déjeuner ! Villedo Morales s’en inquiète mais Havilland n’y tient plus lui-même : aussi force-t-il la main de ses collègues pour qu’ils financent avec lui une semaine de camp de vacances pour le gamin ! Le père, d’abord, refuse, puis ses compatriotes lui font valoir le fait qu’en acceptant la générosité de Havilland il trouvera l’occasion de traîner dans le 87e et de glaner des informations utiles. Plus la visite du Premier Ministre approche, cependant, plus Villedo a des doutes sur le bien fondé de leur projet, doutes accentués par ses discussions avec Havilland sur la démocratie et le mauvais usage de la violence.

Villedo décide finalement de retirer Ramon du camp de vacances et de quitter la ville avec lui pour échapper à sa mission de mort et à ses compatriotes fanatisés. Ramon, cependant, lui fausse compagnie pour passer voir Havilland avant ce départ précipité. Le suivant, Villedo informe les policiers du complot et les conspirateurs sont arrêtés alors qu’ils venaient de s’emparer d’un policier, qu’ils avaient l’intention de tuer sitôt leur mission accomplie…

 

Danny Bravo et Gregory Walcott

 

Havilland retrouve le devant de la scène dans une histoire qui met en avant son grand cœur ; à Kling qui lui dit « Tu es fait pour être père » il a beau répondre « Je suis fait pour être célibataire », sa fibre paternelle n’en est pas moins éveillée par le petit Ramon, un garçon certes envahissant mais innocent et attachant, affronté à la pauvreté et au dénuement mais plein de ressources et de bonne volonté.

Le complot dont le père de Ramon est partie prenante pose la question des moyens de l’expression politique sous un régime dictatorial. Le débat esquissé entre Villedo Morales et Havilland est rudimentaire et fait valoir l’idée que la violence n’est pas le bon moyen pour faire évoluer un régime vers la démocratie. Pour illustrer ce discours, les complices de Villedo sont peints eux aussi de façon rudimentaire, fermés à toute discussion et prêts à assassiner les innocents qui se mettent en travers de leur projet, à commencer par les policiers dont la mission est de protéger les citoyens. On retrouve chez Villedo Morales la volonté de l’immigré de respecter les lois du pays d’accueil que l’on trouvait dans le Hongrois Czepreghi de « Occupation, Citizen » (1.06).

Meyer Meyer sur son nom (à Jim Spencer qui s’en étonne) : « Je viens d’une famille nombreuse. On était à court de prénoms ! »

 

 

1.28  New Man in the Precinct (Un nouveau au commissariat) 

 

NBC, 16 avril 1962

Produit par Winston Miller et Boris D. Kaplan

Ecrit par Robert O’Brien et James Gunn d’après le roman d’Ed McBain (Killer’s Choice, 1957, Victime au choix, 1958)

Réalisé par Don Taylor

Avec Fred Beir (Cotton Hawes), Robert Colbert (Matt Murdock), Elizabeth Perry (Linda Walters), Ruth Storey (Sarah Meyer), Paul Genge (the Lieutenant), Dal McKennon (Doctor Blaney), Margie Regan (Claire), Joseph Downing (Doctor Stagler), Ray Montgomery (Frank Kanin), Kay Stewart (Harriett Burns), Jack Albertson (Maxie Carroll), Max Slaten (Dave Evans), Robert Bailey (Social Security officer), David McMahon (patrol car officer), Jerry Adler (hotel clerk), John Aniston (Officer number one), Tom Anthony (ambulance driver), Joan Patrick (Chris Hawes), Terry Gekler (Norma Meyer)

 

Joseph Downing et Robert Colbert

 

Un policier du 87e, Frank Kanin, meurt bêtement en glissant sur un trottoir et en passant à travers la vitrine d’un magasin. Mais l’autopsie révèle qu’il avait la mâchoire brisée, ce qui ne peut pas être dû à sa chute, aussi le coroner pense-t-il qu’il a été poussé dans la vitrine. Or, un commerçant a eu lui aussi la mâchoire brisée, le même soir, peu de temps avant et à quelques blocs de là, au cours d’un hold-up. Il a tiré sur son agresseur, le blessant à l’épaule. Cotton Hawes, un detective qui vient d’être muté du 30e, fait aussitôt le lien avec le sang sur lequel il a lui-même glissé devant la vitrine brisée, et qu’il avait d’abord pris pour celui de Kanin. Le commerçant, Dave Evans, reconnaît formellement la photo de son agresseur : Matt Murdock, un boxeur déjà connu de la police. Carella se rend chez le Dr Stagler, qui fut le soigneur de Murdock, pensant que ce dernier a pu ou pourrait se tourner vers lui pour soigner sa blessure par balle. Stagler prétend ne pas avoir été sollicité mais il a en vérité effectivement extrait la balle du corps de Murdock, en présence de sa fille Linda et contre l’avis de celle-ci. Carella et Hawes se rendent ensuite à la dernière adresse connue de Murdock ; alors que Carella s’apprête à enfoncer la porte avec son pied, Hawes s’annonce à voix forte, provoquant une réaction immédiate de Murdock qui tire à travers la porte, manquant tuer Carella. L’homme parvient à s’enfuir par la fenêtre et la maladresse de Hawes indigne ses collègues du 87e, jusqu’au Lieutenant. Lui-même se la reproche vivement.

Aussi, lorsqu’un hôtelier appelle pour déclarer qu’il vient de louer une chambre à Matt Murdock, dont la photo a été publiée par la presse, Hawes s’y rend-il seul, ne voulant pas mettre de nouveau en danger la vie d’un collègue. Il trouve la chambre déjà désertée mais, dans la poubelle, une seringue. Il se rend aussitôt chez le Dr Stagler, dont la fille finit par avouer qu’elle s’est rendue dans cet hôtel pour soigner Murdock, qui a appelé au cabinet et menacé de dénoncer Stagler (tenu par la loi de signaler l’extraction de la balle de Murdock) s’il ne recevait pas de nouveau de l’aide. Une phrase prononcée par Murdock et citée par Linda met Hawes sur une nouvelle piste. Cette fois, cependant, il décide de ne pas commettre une erreur de plus : il appelle le 87e et demande du renfort. Carella et Havilland l’accompagnent dans un entrepôt du transporteur Benton, dont Murdock entend utiliser l’un des camions pour s’échapper, en se cachant parmi les marchandises…

 

Robert Lansing et Fred Beir

 

Seconde adaptation du cinquième roman de la série, Victime de choix, après l’épisode 1.23. C’est la seconde intrigue du roman qui est ici adaptée : la mort du detective Havilland. Mais si les circonstances sont conservées (le policier est poussé à travers une vitrine par un cambrioleur) Havilland n’est pas concerné : c’est un autre policier que la série fait mourir, créé pour l’occasion. Le scénario se concentre donc sur le personnage de Cotton Hawes, nouveau detective muté d’un commissariat beaucoup plus tranquille que le 87: son premier contact avec ses nouveaux collègues et la bévue qu’il commet et qui manque coûter la vie à Carella. Cet élément appartient bien au roman, en revanche le coupable est différent : son nom, son apparence, sa profession, les circonstances de l’enquête sont modifiés. L’intrigue du médecin et de sa fille, créée pour la série, a pu cependant être suggérée par une remarque du criminel lors de son arrestation : il reproche par deux fois à Carella et Hawes de l’avoir empêché de voir un docteur. En conséquence de quoi il a toujours dans l’épaule la balle reçue lors du cambriolage, alors que dans la série elle est extraite d’entrée de jeu, ce qui permet d’introduire les nouveaux personnages et de leur donner un rôle important.

A noter : la traduction française de ce roman publiée en 1958 supprime complètement l’intrigue de la mort de Havilland, ne conservant que la mention de cette mort, incompréhensible puisque jamais explicitée (au point que l’on peut croire à une simple plaisanterie des inspecteurs glissée dans une conversation avec un gérant de bar qui avait une entente avec Havilland : ce dernier fermait les yeux sur les jeux pratiqués dans son établissement en échange d’une commission très officieuse). L’édition Omnibus de 1999 rétablit les passages manquants.

 

On retrouve l’intérieur de Meyer Meyer au cours d’une scène en famille (reprise du roman) ; outre sa femme Sarah apparaissent ses deux enfants, évoqués dans 1.08 et rencontrés déjà dans 1.13. (Dans le roman Victime de choix, Meyer Meyer précise qu’il a trois enfants.)

Kling, lui, apparaît avec sa fiancée Claire, déjà vue dans 1.05 et 1.12. Ils s’embrassent dans une voiture en pleine rue et sont interpellés par un agent de police ! Dans le roman, ils sont chez le père de Claire.

Le Lieutenant n’a toujours pas de nom au générique (il est juste « the Lieutenant ») mais sa femme en a un, Harriet Burns, qui rappelle donc le nom inscrit sur la porte du Lieutenant dans le premier épisode (et ensuite remplacé par la seule mention LIEUTENANT). La scène qui les montre ensemble est inspirée du roman (où ils sont à table avec leur fils de dix-huit ans, Larry).

 

Deux ans après la diffusion de cet épisode, un autre Matt Murdock fera son apparition, cette fois dans un comic : le justicier aveugle de Daredevil. On notera que la boxe aura aussi un rôle à jouer dans la genèse du personnage (son père est boxeur), qu’il y sera question d’un cambriolage et que le jeune Matt perdra la vue dans un accident. Le Matt Murdock de la série a des cicatrices autour des yeux.

 

 

1.29  The Last Stop / Dawns an Evil Day (Le dernier pas)

 

NBC, 23 avril 1962

Produit par Boris D. Kaplan et Winston Miller

Ecrit par Donn Mullally *

Réalisé par Maury Geraghty *

Avec Victor Jory (Mike Power), Bern Bassey (Stu Tobin), Lyle Talbot (Woody Gaynor), Marya Stevens (Laura Tobin), Ralph Manza (driver), Sheldon Allman (Detective White), Paul Genge (the Lieutenant), Charles Tannen (Mr Peterson), Frank Gerstle (Ed Bennett), George Cisar (Mr Starr), Lomax Study (George Adair), John Lawrence (bartender)

 

Mike Power, un detective vétéran de Central Station, est muté au 87e pour ses six derniers mois avant la retraite, après qu’un prisonnier qu’il escortait a été abattu par un tueur à gages dans le taxi qui les transportait tous les deux. Il y apporte son amertume et une attitude suffisante qui ont vite fait d’agacer Carella, désigné par le Lieutenant pour faire équipe avec lui durant ces six mois. C’est le Lieutenant qui a demandé à recevoir Mike, en souvenir des cinq ans où ils furent partenaires, des années plus tôt, au 87e. Mais au lieu d’être reconnaissant de la faveur que lui fait son ancien partenaire, alors qu’aucun commissariat ne souhaitait l’accueillir, Mike a le sentiment d’être mis au placard au milieu de « jeunes » detectives qui n’ont pas son expérience.

Mike et Carella enquêtent ensemble sur un cambriolage commis dans la boutique de spiritueux des Peterson par une femme portant des lunettes noires. Mike pense que Peterson a inventé ce hold up et qu’il se vole lui-même, pour ne pas déclarer cet argent aux impôts ; mais Peterson n’est pas le seul commerçant à avoir déclaré un cambriolage suivant ce mode opératoire, ce qui contredit l’intuition de Mike. Carella désapprouve ce dernier quand il confie les détails de l’enquête à un journaliste, Ed Bennett, qui s’empresse de grossir l’histoire en titrant : « Le 87e District terrorisé ». Après avoir parlé à d’autres commerçants et avoir rencontré chez l’un d’eux son comptable George Adair, Carella a à son tour une intuition qui se révèle juste : les cambriolages ont en effet été inventés de toutes pièces, à l’instigation du comptable, qui tient les comptes de tous les commerçants concernés.

De nouveau, Mike communique les détails à Bennett qui met l’arnaque en Une du Herald. Cette publicité, que le Lieutenant juge inopportune, a une conséquence imprévue : les commentaires de Mike au journaliste évoquent le meurtre de son prisonnier dans le taxi et font savoir au tueur que le policier l’a vu. Poussé par sa petite amie qui craint qu’il ne soit reconnu, le tueur s’arrange pour se trouver en présence de Mike, convaincu, lui, que le vieux policier ne le reconnaîtra pas. Et effectivement, Mike ne le reconnaît pas. Mais quand il l’interpelle dans la rue pour lui rendre le briquet qu’il a oublié après lui, le tueur, s’imaginant démasqué, sort son arme et blesse Mike. Celui-ci réplique et abat le tueur.

Mike goûte une heure de gloire après cet incident insolite. Il se voit déjà rappelé à Central Station. Mais c’est de nouveau une conséquence inattendue qui vient le surprendre : sa blessure lui vaut d’être mis à la retraite immédiatement, pour sa bravoure !

 

* Pas de crédits d’ouverture sur l’édition DVD de cet épisode, je m’en remets donc aux crédits d’IMDb.

 

Etude de caractère mettant en vedette un vieux policier au seuil de la retraite, affronté au cynisme et à la fatigue qui guettent l’homme vieillissant, mais aussi au danger de la mise au placard à mesure que l’on se voit remplacé par des hommes plus jeunes. C’est la source de l’amertume de Mike Power, qui cherche à dissimuler ses craintes derrière l’attitude désinvolte et volontiers fanfaronne du vieux singe à qui on ne la fait plus, au risque de s’aliéner ses collègues de travail.

Mike Power occupe le même bureau que Hawes qui était déjà, la semaine précédente, « le nouvel homme du Precinct ».

On entre cette fois dans le bureau du Lieutenant (simplement prénommé Jim dans les dialogues), où se déroulent plusieurs scènes.

 

Victor Jory

 

Paul Genge

 

Bern Bassey

 

 

1.30  Girl in the Case / The Lover

 

NBC, 30 avril 1962

Produit par Winston Miller et Boris D. Kaplan

Ecrit par Richard Collins

Réalisé par Herschel Daugherty

Avec Janis Paige (Cheryl Anderson), Jerry Paris (Douglas Masters), Kathleen Freeman (Miss Wilson), Douglas Dick (Anson), Addison Richards (Windrow), S. John Launer (Warner), Bill Erwin (George), Joan Staley (Monica), Thomas B. Henry (Alfred Shaw), Norman Grabowski (policeman), Audrey Swanson (nurse), Craig Duncan (cab driver), Frank Scannell (man) et Russell Collins (Masters)

 

Cheryl Anderson, sténographe publique, vient de mettre au clair les dernières volontés du millionnaire Masters lorsqu’il décède brusquement d’une crise cardiaque. Peu de temps après, elle reçoit à son bureau la visite d’un homme qui ne se présente pas et qui lui offre 100.000 $ pour déclarer devant un tribunal que Masters n’était pas sain d’esprit quand il a dicté son testament. Ayant côtoyé suffisamment le vieil homme pour savoir qu’il avait toutes ses facultés, elle refuse. L’homme lui dit alors qu’il la rappellera au terme d’une semaine, au cours de laquelle elle a tout loisir d’y réfléchir encore. Elle manque être renversée par une voiture lorsqu’elle quitte son bureau, puis mourir dans une explosion de gaz dans son appartement, enfin elle est agressée en pleine rue alors qu’elle rentre chez elle, et sauvée par l’intervention d’un chauffeur de taxi. Elle demande alors la protection de la police et raconte la visite de l’inconnu à son bureau.

Havilland se charge de sa protection avec une femme policière, en louant deux chambres contiguës au Ritz Hotel, et la promiscuité forcée crée l’opportunité d’un rapprochement entre le detective et Miss Anderson. Honnête et franche, la personnalité de celle-ci séduit Havilland, et réciproquement. Ils s’autorisent donc à quitter l’hôtel pour un restaurant ou un cinéma à deux, trouvant là l’occasion de discuter et d’apprendre à se connaître. Cheryl a conscience qu’elle n’est plus de première jeunesse et considère avec lucidité ses possibilités d’avenir ; lorsque l’un des fils de Masters, Douglas, à qui le vieux Masters a légué la plus grande partie de sa fortune au détriment de ses autres héritiers, se montre séduit lui aussi par sa personnalité, au point de lui proposer le mariage dès leur deuxième entrevue, elle considère la chose avec sérieux.

Lorsque, au terme de la semaine, l’inconnu appelle Cheryl au téléphone, elle accepte son offre, suivant les instructions de la police. Un messager est arrêté au moment où il dépose les 100.000 $ dans une consigne de Grand Central Station et ne tarde pas à donner le nom de celui qui l’a payé. L’homme, amené au 87e, fait des aveux. Havilland accompagne Cheryl au tribunal, où elle doit apporter son témoignage ; si, après cette audience, Douglas Masters maintient sa proposition de mariage, il est fort possible qu’elle l’accepte…

 

L’intrigue policière est secondaire et c’est la personnalité de Cheryl Anderson qui constitue ici la matière du scénario. Divorcée, indépendante, considérant la vie sans romantisme naïf mais avec une lucidité assumée, Cheryl illustre avec sincérité et modernité la situation d’une femme mûre dans une grande ville des années 1960. Sa relation tout en finesse avec Havilland permet d’explorer une autre facette du métier de policier tout en offrant de nouveau à Havilland le premier plan.

 

Janis Paige

 

Jerry Paris

 

Russell Collins

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1960s
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