work in progress

Guide réalisé par TLP

 

 

5.01  Last Rights  

 

NBC, 16 septembre 1980

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Ecrit par Sam Egan

Réalisé par Georg Fenady

Jack Klugman et William Daniels, 

 alias les Drs Volmer et Quincy

 

Quincy et ses amis fêtent chez Danny une récompense reçue par un collègue, le Dr Charlie Volmer, qui a été nommé coroner dans la ville de Stoker, où il n’y avait jamais eu avant lui de cabinet de médecine légale. L’exercice de cette fonction ne va pas de soi : la médecine légale est encore contestée dans une grande partie du pays, où des certificats de décès sont remplis sans autopsie par des médecins non formés à la procédure et à l’appareillage modernes. Stoker en est l’illustration. Volmer doit réclamer au médecin généraliste, Grossland, le corps d’un jeune homme, Corey Fields, qui se serait noyé dans une piscine privée. Mais Bill Sullivan, qui a œuvré pour l’ouverture du service de médecine légale, est un ami du père de Corey et il fait pression sur Volmer pour que celui-ci ne contredise pas les conclusions de Grossland. Après avoir parlé au téléphone avec son ami Charlie, Quincy fait le voyage de Los Angeles pour lui prêter son concours. Les examens auxquels ils procèdent démontrent sans ambiguïté que Corey Fields a été tué par de la strychnine, et nullement noyé. Sullivan l’admet : la santé de la mère du garçon étant fragile, le père a supplié Sullivan de faire accepter l’histoire de la noyade afin de ne pas la bouleverser. Mais les pilules qu’a prises Corey sont encore en circulation et bientôt le propre fils de Sullivan, Lance, se présente à l’hôpital à cause de violentes crampes d’estomac ; il n’est sauvé que grâce au Dr Volmer qui attire l’attention du médecin sur la véritable cause de ces crampes.

Sullivan se retrouve pris entre les pressions qu’il subit et son désir sincère de permettre à Volmer d’exercer en toute honnêteté. Clifford Webb, le directeur omnipotent d’une entreprise qui emploie de nombreux habitants de Stoker, copain comme cochon avec le sénateur Kane, ne veut pas que le coroner mette son nez dans un accident qui a envoyé l’un de ses employés à l’hôpital. Il n’a jamais procédé à des aménagements de sécurité indispensables et une enquête l’accablerait. Il compte donc sur une commission présidée par le sénateur Kane pour faire annuler le droit d’exercer de Volmer à Stoker, et fait comprendre à Sullivan qu’il est dans son intérêt de s’exprimer dans ce sens. Ainsi les choses redeviendront ce qu’elles ont toujours été et chacun continuera à faire ce qu’il a toujours fait. Volmer plaide sa cause, reconnaissant que son travail peut déranger certains mais réaffirmant son souci d’objectivité et de vérité. La situation de son propre fils fait beaucoup réfléchir Sullivan, qui prend finalement la défense de Volmer, en dépit des pressions…

 

Le véritable protagoniste de cet épisode est le Dr Charlie Volmer, Quincy n’intervenant que pour confirmer ses examens et s’exprimer en sa faveur devant la commission réunie par Sullivan. Il ajoute sa propre voix à celle de Volmer pour faire entendre la nécessité de développer un programme national en faveur de la médecine légale.

Bill Sullivan est l’homme honnête qui encourage cette évolution mais se heurte aux pressions locales. En l’occurrence, l’industrie et la politique. L’industriel Webb emploie une partie de la ville dans son usine de textile (les voitures portent sur leur plaque d’immatriculation l’indication Textile State qui en dit assez sur l’importance de cette industrie dans la région) et voit d’un mauvais œil toute évolution venant contrarier la bonne marche de ses affaires. Wayne Fields, lui, est un promoteur dont on nous dit qu’il construit des routes et des immeubles mais aussi qu’il paye environ douze millions de taxes à l’Etat chaque année. Si le second est honnête, il n’en réclame pas moins à Sullivan une faveur en faisant appel à une longue amitié ; quant au premier, Webb, il tient son monde par l’intimidation et l’appel à deux valeurs qu’il utilise pour aiguillonner ceux dont il attend quelque chose : le courage et la loyauté. S’il vante le courage politique de Sullivan, c’est pour lui rappeler la loyauté qu’il exige de lui : sans loyauté, point de courage. La pression politique, elle, prend le visage du sénateur Kane, qui fume le cigare et partage des anecdotes à la table de Webb et dont la préoccupation est ailleurs : le budget. Le programme de médecine légale coûte de l’argent que Kane voudrait bien placer ailleurs. Sa grande familiarité avec Webb suggère que cet « ailleurs » a peut-être plus à voir avec les services rendus aux amis qu’avec l’intérêt général.

Au final, il faut le courage personnel de Sullivan, celui de résister aux pressions pour suivre son propre sens de l’intérêt général, pour vaincre les pressions émanant de gens puissants et suffisants dont le portrait évoque l’ambition, l’arrivisme et l’égoïsme.

 

 

5.04  The Night Killer  

 

NBC, 26 novembre 1980

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Ecrit par Jeri Taylor

Réalisé par Jeffrey Hayden

Tyne Daly et Robert Ginty (les parents)

Jonathan Segal (le jeune médecin)

 

Un nouveau médecin, le Dr Gage, jeune et ambitieux, se plaint de la façon dont fonctionne le service de médecine légale et donne l’impression de vouloir tout changer, se montrant même impatient de prendre en charge les dossiers de Quincy lorsque celui-ci est retenu au tribunal. Il prend ainsi l’initiative d’examiner le corps d’un nourrisson que l’on vient d’apporter. Benjamin Estes, âgé de quelques mois, a été découvert mort dans son berceau par son père, Bill. Bill et Madeline Estes sont dévastés et attendent les résultats de l’examen. Mais le bébé que découvre le Dr Gage a des os et le crâne fracturés, aussi le médecin contacte-t-il la police avant même d’avoir procédé à un examen approfondi. Comme le père a trouvé le bébé en rentrant tard du travail, alors que sa femme était déjà endormie, le Lt Monahan questionne Madeline, qu’il accuse d’avoir battu l’enfant.

Quincy revient alors du tribunal et découvre, furieux, ce qu’a fait le Dr Gage à qui il avait interdit de s’occuper de ses dossiers. Pire : un coup d’œil au bébé lui apprend immédiatement que les blessures constatées ont été infligées après la mort, et une enquête au sein du service révèle que l’infirmier qui a réceptionné le corps du bébé… l’a fait tomber, sans en rien dire à personne ! La précipitation du Dr Gage n’a fait qu’aggraver le traumatisme émotionnel des parents, que Quincy s’efforce de réparer. Gage est lui-même dévasté par son erreur et éprouve des difficultés à reprendre son travail normalement.

Mais le drame des Estes n’est pas terminé. Le jumeau de Benjamin, Matthew, présente les mêmes risques de mort subite. Le Dr Hotchkiss diagnostique une apnée du sommeil qui peut causer la mort du bébé ; le danger devrait disparaître au fil du temps, quand il aura atteint un an. Elle recommande donc l’utilisation d’une machine qui déclenchera un signal d’alerte automatique lorsque le nourrisson s’arrêtera de respirer. Mais Bill Estes vit dans la terreur de découvrir son second enfant mort dans son berceau ; il accuse sa femme de n’être pas assez vigilante et refuse d’assister avec elle à une thérapie de groupe destinée à les aider à surmonter la perte de leur enfant. Se privant lui-même de sommeil, il vit dans l’angoisse permanente et finit par quitter le foyer avec le bébé, sans laisser savoir à sa femme où ils se trouvent.

Madeline, au désespoir, se tourne vers Quincy. La mère de Bill, que ce dernier a contactée pour surveiller le bébé en son absence, finit par dire à Madeline où il se trouve. Elle y arrive avec Quincy, Monahan et Gage au moment où Bill, épuisé, s’est endormi sur son lit et n’entend pas l’alerte déclenchée par la machine. Monahan enfonce la porte et le nourrisson peut être sauvé.

Le choc aide Bill à reprendre ses esprits. Il assiste alors avec Madeline aux séances du Dr Hotchkiss, où il est même celui qui persuade un père réticent que ces discussions de groupe peuvent l’aider à surmonter la mort subite de son bébé…

 

Le scénario accorde le premier plan aux Estes : c’est avec eux que l’on entre dans l’épisode, les découvrant au sein de leur foyer très ordinaire. Petite maison, petite cuisine, on découvre la mère dans sa vie quotidienne avec les jumeaux, lorsque le mari rentre pour le dîner. Lorsque nous entrons dans leur intimité, Madeline Estes est au téléphone avec un employeur qui accepte de tenir compte de ses contraintes familiales en lui proposant un poste. Le retour du mari amène une discussion qui révèle les difficultés que ressent Madeline à passer toutes ses journées à la maison avec les bébés, et son besoin de travailler pour exister d’une autre manière, malgré tout l’amour, manifeste, qu’elle porte à ses bébés. Bill, qui travaille, ne comprend pas tout à fait ce besoin, ou préférerait visiblement que Madeline réfléchisse encore avant de prendre une telle décision. La mort de l’un des jumeaux, qui survient alors que le père a dû repartir travailler après le dîner et que la mère, épuisée, s’est endormie dans sa chambre, plonge les Estes dans un drame qui va se nourrir de ces prémisses et de la mésentente esquissée.

La mort subite du nourrisson (MSN – en anglais SIDS, Sudden Infant Death Syndrome), connue mais problématique, est traitée ici sous l’angle personnel mais aussi médical. La découverte sur le bébé de marques de brutalité et la réaction irréfléchie du jeune Dr Gage sont là pour développer la partie dramatique, ainsi que la façon dont les Estes gèrent leur traumatisme, la culpabilité et la peur de perdre leur second bébé. Quincy intervient essentiellement dans cette partie dramatique, en réparant l’erreur de son jeune collègue, en l’aidant ensuite à surmonter sa culpabilité et à reprendre le travail, puis en aidant à sauver le bébé à la fin de l’épisode. L’aspect médical est donc confié au Dr Hotchkiss, qui explique aux parents le risque de mort subite de leur second bébé – risque important dans les premiers mois mais amené à disparaître si le bébé atteint l’âge d’un an – et préside aux séances de groupe. Là est évoquée la difficulté de surmonter la mort d’un nourrisson, dans ses aspects personnels et légaux : culpabilité individuelle et perte de confiance dans le conjoint, culpabilité de la mère qui se reproche de n’avoir pas su veiller sur son enfant, mais aussi regard de la société qui, par sa méconnaissance du risque réel, tend à faire porter cette culpabilité sur les parents.

 

 

5.06  Welcome to Paradise Palms  

 

NBC, 17 décembre 1980

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Scénario : David Moessinger, histoire de Jon Dalke & Ray Danton

Réalisé par Georg Fenady

 

Quincy au secours de son fils "adoptif", Chester.

Médecin et shaman, deux voies inconciliables ?

 

Quincy reçoit un appel de Roberta Wanaka, la mère du petit Chester dont il a été parent d’accueil. L’enfant est très malade. Quincy s’envole immédiatement pour Paradise Palms, petite ville à laquelle est rattachée la Réserve indienne où vivent les Wanaka, et il fait dès son arrivée transporter l’enfant à l’hôpital, où il rencontre le Dr Paul Minnara, également indien. Les premiers examens sanguins qu’ils pratiquent ensemble montrent que Chester est atteint de la peste bubonique. Un autre enfant de la Réserve est décédé peu de temps auparavant et un troisième est bientôt amené à l’hôpital. Quincy pense que la maladie a été transmise par un animal mort, qu’il faut trouver au plus vite afin d’éviter d’autres contaminations. Mais Chester, quand il va mieux, ne veut rien dire bien que Quincy le soupçonne de savoir où il a été contaminé. En attendant, Quincy tente d’alerter les notables de la ville, qui s’apprêtent à fêter en grande pompe l’ouverture d’un complexe hôtelier avec terrain de golf. Charles Curtis, le directeur, écoute Quincy mais refuse de prendre au sérieux ses mises en garde, considérant que la maladie, apparemment circonscrite à la Réserve, n’est pas un danger imminent. L’ouverture a en revanche une importance vitale pour l’économie de la ville. Le Conseil municipal réuni en urgence écoute également avec intérêt Quincy et Minnara mais sans donner suite à leurs recommandations, même lorsque les deux médecins annoncent qu’un employé indien de l’hôtel, Floyd Beck, est malade, comme l’est le shaman de la Réserve, Dwight Snow, mourant et qui refuse le secours de la médecine blanche s’il n’a pas la preuve que le mal provient bien d’un animal mort. Chester, qui a été retrouvé par Quincy et Minnara après s’être enfui de l’hôpital, va enfin mieux et Quincy essaie de lui faire comprendre l’importance de ne pas dissimuler ce qu’il sait. En voyant le shaman malade, Chester accepte de parler : l’animal mort est un écureuil, il se trouve sur une portion de terrain incluse dans le parcours de golf mais, surtout, c’est une terre sacrée et c’est la raison pour laquelle l’enfant avait peur d’avouer qu’il y était entré, en dépit de l’interdiction religieuse qui n’en autorise l’accès qu’au shaman…

 

 

 

 

L’intrigue en elle-même mêle le risque d’épidémie (allié à la peur de la Mort Noire issue du Moyen Age) et la classique réaction de déni des « décideurs » qui préfèrent préserver la bonne marche des affaires plutôt que d’ouvrir l’oreille aux mises en garde. Quincy joue son rôle de « lanceur d’alerte » sans être écouté. S’ajoute à cela le cadre de la Réserve indienne et le conflit entre croyances traditionnelles et médecine moderne. On observera l’humilité de Quincy, qui refuse de s’immiscer dans la relation entre le Dr Minnara et le shaman, et l’on retiendra la poignée de main finale entre Quincy et le shaman, qui augure d’une possible conciliation des deux médecines.

Plus original est le lien qui unit Quincy à l’enfant malade, qu’il considère comme un fils par procuration. Le médecin lui fait des confidences alors que le garçon est endormi, confiant son regret d’avoir laissé passer la chance d’avoir un enfant bien à lui. La dernière phrase de l’enfant guéri alors que Quincy s’apprête à retourner à sa vie à Los Angeles est de nature à émouvoir les cœurs : « Dr Quincy, I love you. » So cute.

 

 

5.07  By Their Faith  

 

NBC, 7 janvier 1981

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Ecrit par Erich Collier

Réalisé par Ron Satlof

 

Quincy et Sam en mission au Mexique.

Journalisme et science, deux regards sur l'événement.

 

Asten charge Quincy et Sam d’une mission très particulière à la demande de l’archevêque Vallejo : il les envoie à San Remos, au Mexique, où une jeune fille, Jacinta Gonsales, prétend pouvoir guérir les gens par la prière et l’imposition des mains, grâce aux pouvoirs qu’elle aurait reçus d’ossements découverts dans une caverne. Elle est persuadée d’avoir eu une révélation et que ces ossements seraient ceux de Fray Diego, un missionnaire légendaire. Quincy et Sam se joignent à une équipe de scientifiques afin de déterminer si ces ossements sont effectivement ceux de Fray Diego. Le Père Dominguez les accueille sur place, il croit en la foi sincère de Jacinta mais s’inquiète aussi de l’afflux de malades venus du monde entier chercher la guérison auprès de Jacinta. Il est impossible de les accueillir correctement et ils s’entassent dans des camps de fortune aux abords de la grotte. Quincy intervient pour secourir une femme âgée près de mourir étendue sous le soleil. Il en veut au reporter Mike Jensen qui a attiré tous ces gens ici en publiant dans le journal racoleur qui l’emploie un reportage accréditant la thèse des guérisons miraculeuses. Jensen bondit autour de Quincy quand celui-ci secourt la vieille femme et fait publier en gros titre une déclaration de Quincy totalement retirée de son contexte : « C’est un miracle ! », alors qu’il voulait dire en fait « C’est un miracle que cette femme soit encore en vie en étant restée sous le soleil de cette façon ». A Quincy qui le lui reproche il donne une leçon de journalisme fondé sur la mauvaise foi et le cynisme. Jensen, cependant, s’est pris d’affection pour un jeune garçon, Christopher Eddington, atteint de leucémie et que ses parents ont amené ici dans l’espoir d’un miracle. La mort brutale de l’enfant choque profondément Jensen qui prend conscience qu’il a sa part de responsabilité dans un drame qui risque de se multiplier. Quincy se montre aussi impatient avec ses collègues scientifiques, leur incapacité (qu’il partage) à apporter une réponse rapide à l’examen des ossements ne faisant qu’augmenter le risque que d’autres personnes meurent en attendant un miracle. Enfin, l’équipe parvient à une conclusion certaine : les ossements sont ceux d’un Inca, en aucune façon de Fray Diego. Quincy aide le Père Dominguez à annoncer la nouvelle à Jacinta, qui croyait vraiment en un don divin accordé par Fray Diego. Jensen, lui, présente à Quincy un article qu’il a écrit, dans lequel il choisit de dire la vérité plutôt que de jouer sur les espoirs des gens…

 

 

 

 

Quincy et Sam sont sortis de leur laboratoire mais aussi de leur environnement familier pour se joindre à une équipe de savants dans un contexte hors normes. Si Quincy trouve à employer sa ferveur de croisé en dehors de l’enquête scientifique, celle-ci le laisse sur sa faim et le place dans une situation où son expertise n’a plus guère de sens. Il se retrouve à donner l’impression qu’il est en quelque sorte le chef ou l’âme du groupe, alors que rien ne légitime cette posture, qui en devient dérangeante et invraisemblable. La question de la foi de Jacinta et de son pouvoir, qui ferait ailleurs un sujet en soi, est traitée ici à la marge et ne s’impose donc pas comme une ligne forte.

Monahan et Brill n’apparaissent pas, Astin apparaît dans une scène (avec René Enriquez).

 

 

5.13  Who Speaks for the Children  

 

NBC, 25 février 1981

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Ecrit par Michael Braverman

Réalisé par Georg Fenady

Allison Balson et Jim Antonio

Joseph Campanella et Jack Klugman

 

Une fillette de neuf ans à peine, Polly Carmody, est retrouvée morte dans une poubelle. Elle a été abusée sexuellement et tuée de plusieurs coups d’un outil pointu. Quincy et Sam pratiquent l’autopsie et parlent avec le Lt Alex Markesian, qui dirige une équipe d’enquêteurs spécialement affectés aux abus sur mineurs. Quincy est stupéfait du nombre d’enfants qui sont agressés chaque jour et plus encore de la réponse pénale qui est apportée à ces affaires, les criminels étant en général remis en liberté après une peine de trente jours pour un abus sur mineur, avec l’obligation, pour les multi-récidivistes, d’être suivis par un psychiatre dans le cadre d’un programme de réhabilitation. Markesian connaît des cas de criminels arrêtés plusieurs dizaines de fois et toujours libérés.

Lorsque Monahan arrête un homme que des témoins ont vu sur le terrain où Polly jouait avec des amies avant de s’en aller seule pour rentrer chez elle, il est persuadé que l’homme n’est pas le coupable, et son intuition se révèle exacte. Selon lui, l’auteur du meurtre de Polly Carmody est un homme qui a déjà commis ce genre d’acte et qui pourrait fort bien être le beau-père de l’enfant, Donald Thompson. Donald a rencontré la mère de Polly et de sa sœur Megan, un peu plus âgée qu’elle, deux ans plus tôt, et aux yeux de Carol Carmody c’est un homme honnête, gentil, adorable avec les filles, qu’il aime comme s’il était leur père. Elle refuse de croire qu’il puisse être le pédophile que soupçonne Markesian. Mais la fouille de la maison révèle la présence de photos pornographiques mettant en scène des enfants dans une boîte cachée au fond du grenier et Markesian découvre que Donald Thompson a changé d’identité et qu’il est un criminel sexuel traité à San Diego, où il se rend tous les mercredis afin de rencontrer le Dr Randolph Mitzubi dans le cadre du programme de réhabilitation.

De leur côté, Quincy et son équipe, y compris Astin, cherchent à identifier précisément l’arme du crime et finissent par la découvrir parmi les outils de Donald. Voyant la police près de la maison, Donald ne rentre pas chez lui. Au lieu de cela, il va chercher Megan sur le terrain où elle joue avec des amies. L’enfant est ravie de partir avec lui, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il veut de nouveau « jouer » avec elle, contre son gré. Pendant qu’Astin et Sam essaient de trouver sur le corps de Polly de nouveaux indices permettant de trouver l’endroit précis où elle a été emmenée et tuée, Quincy accompagne Markesian à San Diego puis se joint à la police dès qu’Astin lui apporte des éléments nouveaux. La police trouve Donald avant qu’il n’ait agressé Megan, et l’arrête…

 

Wendy Lynne
Michele Marsh

 

Allison Balson
J. Antonio & J. Campanella

 

Clyde Kusatsu
Alex Colon

 

« Who speaks for the children ? » est la question que pose Quincy au psychiatre, Mitzubi, quand celui-ci plaide la cause de Donald Thompson, cherchant à le défendre contre les accusations portées contre lui par Quincy et Markesian. Comme c’est souvent le cas dans la série, l’obstination de Mitzubi est sincère et il change lui-même d’attitude quand les preuves lui démontrent qu’il se trompe. En chemin, le scénario se livre à un réquisitoire contre la façon dont le système pénal répond – ou plutôt ne répond pas – à la gravité du problème. Tout en dénonçant la cruauté du crime, qui choque et indigne Quincy et toute son équipe, le scénariste évite l’écueil de la diabolisation du criminel, même si le discours de Donald quand on l’arrête – en substance : « Je ne peux pas m’en empêcher et votre mépris à mon égard n’est rien à côté du mépris que je ressens pour moi-même » - fait triste figure en regard du traitement infligé à la petite Polly Carmody.

La façon dont le Lt Markesian expose à Carol Carmody, la mère de la victime, ses soupçons sur le beau-père des enfants est étonnamment brutale. La suite du scénario confirme la culpabilité du beau-père mais, si l’on considère qu’aucune preuve n’étaye à ce moment-là les soupçons de l’inspecteur, sa façon d’agir paraît singulièrement déplacée. D’autant qu’il le fait en dégustant une deuxième part d’un délicieux cheese-cake que des voisins compatissants ont apporté à la mère éplorée, comme s’il conversait non avec la mère mais avec un collègue.

 

 

5.14  Seldom Silent, Never Heard  

 

NBC, 4 mars 1981

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Adaptation de Sam Egan, histoire de Maurice Klugman

Réalisé par Jeffrey Hayden

Paul Clemens et Michael Constantine

Paul Clemens et Jack Klugman

 

Quincy et Sam pratiquent l’autopsie d’un adolescent qui est tombé d’un immeuble en construction alors qu’un autre adolescent le poursuivait à la sortie d’un cinéma. Monahan veut la preuve que le second a frappé le premier et qu’il s’agit d’un meurtre. Mais l’autopsie révèle que la victime n’a pas été frappée. C’est un accident dont l’origine est la maladie dont souffrait la victime, le syndrome de Tourette : incapable de contrôler ses tics nerveux et les sons qui les accompagnaient, l’adolescent a excité la colère d’un autre spectateur qui a voulu lui donner une leçon. C’est la requête inhabituelle du Dr Arthur Ciotti qui attire l’attention de Quincy sur cette maladie : Ciotti a lui-même un fils atteint de ce syndrome et il voudrait pouvoir étudier le cerveau de la victime afin de faire avancer ses recherches sur la maladie, auxquelles il se consacre désormais. Quincy l’aide à obtenir l’autorisation des parents, les Rosenthal. Il s’intéresse ensuite aux recherches de Ciotti et à la difficulté dans laquelle sont tous les patients atteints de ce syndrome : comme d’autres maladies rares, celle-ci est presque impossible à soigner parce que les laboratoires pharmaceutiques ne veulent pas investir les sommes considérables nécessaires à la découverte et à la mise sur le marché d’un médicament qui ne sera pas rentable. Maladies orphelines, médicaments orphelins. Quincy fait la connaissance du fils de Ciotti, Tony, très affecté par la mort de Jeffrey Rosenthal qui était l’un de ses amis. La tension nerveuse qui en résulte empêche Tony de passer l’audition de piano au Conservatoire et elle accentue la tension avec son père. Tony a l’impression que ce dernier gâche sa vie à cause de lui en refusant de travailler sur autre chose que le syndrome de Tourette. Quincy se joint au combat d’Arthur Ciotti pour convaincre le Congrès de voter des lois facilitant la recherche sur les maladies orphelines pour les laboratoires privés. Il effectue des démarches auprès d’un directeur de laboratoire, Praeger, à la FDA (Food and Drug Administration) et auprès d’un député, Chapel, et obtient que Tony soit entendu par une commission du Congrès…

 

Robert Symonds

 

John Carter

 

Beverly Todd

 

L’un des épisodes qui ont fait bouger les lignes dans le monde réel : c’est en se servant de ce scénario que Jack Klugman a lui-même plaidé au Congrès pour l’adoption de lois offrant des avantages fiscaux aux laboratoires pharmaceutiques pour développer des médicaments orphelins (orphan drugs). Ce fut l’Orphan Drug Act de 1983.

Le scénario est particulièrement engagé et repose sur les prestations de Paul Clemens (qui joue l’adolescent atteint du syndrome de Tourette) et de Michael Constantine (son père). Sans excès et sans voyeurisme, la souffrance quotidienne des malades est illustrée par la victime du premier acte et le cas personnel de Tony Ciotti, puis explicitée devant les députés dans l’acte final. On peut regretter l’ajout, durant la prestation de Paul Clemens dans cette scène, d’une musique qui souligne inutilement l’enjeu dramatique mais c’est une appréciation subjective qui ne remet pas en cause la qualité de l’épisode.

L’auteur de l’histoire, Maurice Klugman (le frère de Jack Klugman), était lui-même atteint d’une forme rare de cancer. Il est mort le 7 mai 1981.

 

 

 

 

 

6.05  D.U.I.  

 

NBC, 2 décembre 1981

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan, Michael Braverman

Ecrit par Michael Braverman

Réalisé par Georg Fenady

James A. Watson, Jr & Charles Aidman

Chevi Colton & Randee Heller, les victimes

 

Un avocat renommé, Preston A. Claymore, renverse un piéton, Arnold Leventhal, et le tue. Il arrête sa Rolls à quelques pas de là et, après avoir vidé une bouteille d’alcool qu’il avait déjà commencé de boire avant l’accident, il sort et, titubant, se mêle aux passants attroupés autour de la victime. Transporté à l’hôpital par la police, il est soigné pour un hématome au genou ; une analyse de sang démontre qu’il est ivre.

Tandis que Quincy recommande la veuve, Marsha Leventhal, à une association dirigée par Iris Chapel, elle-même victime d’un chauffard ivre qui a tué son petit garçon et l’a condamnée à vivre dans un fauteuil roulant, Claymore assure lui-même sa défense et veut obtenir du D.A. Burns une peine légère. En suivant l’affaire, Quincy découvre que la plupart des chauffards ivres sont condamnés à des peines légères et / ou des amendes dérisoires. La loi en effet est faite de telle manière que les homicides commis sous l’influence de l’alcool sont davantage considérés comme des accidents que comme des crimes sévèrement punis, et c’est là-dessus que compte Claymore.

Prenant à cœur la détresse de Marsha Leventhal et révolté de la réalité que lui dévoilent Iris et Burns, Quincy prend l’initiative d’enquêter sur Claymore et Leventhal. Il découvre un lien entre les deux hommes. Obtenant de l’hôpital un échantillon du sang prélevé dans le genou de Claymore, il découvre aussi que l’avocat n’était en réalité pas ivre au moment où il a percuté Leventhal : il a bu ensuite une grande quantité d’alcool afin que l’analyse sanguine révèle un taux élevé d’alcoolémie, mais le sang accumulé dans l’hématome du genou juste après l’accident, ayant formé une poche, n’a pas subi l’influence de l’alcool. Claymore en vérité a délibérément tué Leventhal et comptait sur la clémence de la Justice envers les chauffards ivres pour s’en sortir avec une peine légère…

 

 

 

 

D.U.I. : Driving Under the Influence (de l’alcool).

Le coup de théâtre final peut paraître tiré par les cheveux mais il ne faut pas oublier que Quincy M.E. est une série d’investigation et qu’il est nécessaire de conserver aux scénarii une teneur dramatique – l’expression étant entendue ici comme « quelque chose qui se passe ». Chaque instant du début de l’épisode s’éclaire à la lumière de la révélation finale.

Le scénario s’attache à développer les implications de l’accident initial. Le choc d’une mort absurde qui enlève un époux à sa femme, le travail d’associations de victimes pour soulager ceux qui traversent cette épreuve mais aussi pour tenter de faire évoluer les lois pour mettre fin à une impunité de fait concernant les homicides en état d’ivresse. Iris Chapel et le D.A. Burns fournissent les informations factuelles en se partageant les points de vue : celui d’une victime, qui a constaté les carences de la loi et connu la détresse et le sentiment d’injustice, et celui d’un acteur du système judiciaire, révolté dans son humanité mais lucide dans sa pratique, qui sait qu’une peine d’un an de prison assortie d’une amende (350 dollars pour la mort d’une personne, s’indigne Quincy !) est la sanction maximale appliquée dans ce genre d’affaire et qui souligne pour Quincy un fait susceptible d’expliquer le peu d’entrain des politiciens à faire changer les choses : les distributeurs d’alcool sont parmi les premiers contributeurs aux campagnes politiques.

Une scène se passe également dans une réunion destinée aux alcooliques et met en lumière le processus du malade qui consiste à nier sa maladie et à minimiser son addiction à l’alcool.

Iris, hémiplégique, introduit un autre souci peu considéré à l’époque et qui mettra longtemps encore à « passer dans les mœurs » : invitée à partager un repas avec Quincy au Danny’s, elle attire l’attention de Danny sur l’absence de rampe facilitant l’entrée dans son restaurant des personnes en situation de handicap. Danny, personnage sympathique et concerné, promet d’y penser ; dans la réalité, les choses ne se passaient pas forcément ainsi et il faudra là encore lutter pour faire changer la législation.

Le dénouement de l’épisode réunit Quincy et ses amis au Danny’s. Scène traditionnelle mais qui connaît cette fois une variation due au sujet de l’épisode : Quincy commande des sodas pour tous et attire l’attention de l’assemblée sur le fait que chacun, en partant, prendra sa voiture…

James A. Watson Jr et Charles Aidman étaient déjà réunis dans l'épisode 5.08 : Aidman était un autre criminel et Watson était déjà District Attorney. 

 

 

6.06  For Want of a Horse  

 

NBC, 9 décembre 1981

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Sam Egan

Ecrit par Jeri Taylor

Réalisé par Ray Danton

Lonny Chapman & Brian Andrews

Ronnie Scribner, un enfant muré dans le silence

 

Jack LaFollette a établi dans les collines un ranch proposant des activités équestres pour de jeunes handicapés, l’Institute for Equestrian Therapy. Il loue pour cela un terrain appartenant au vieux Jason Randall, dont le neveu Paul Tanner travaille à l’institut. Un jour, l’un des jeunes pensionnaires du ranch, Gabe, un garçon qui a cessé de parler depuis l’âge de quatre ans, qui part souvent seul se promener à cheval en dépit des mises en garde de Jack, assiste au meurtre de Jason par son neveu. Celui-ci le voit et le menace de représailles s’il parle à qui que ce soit. Tanner, qui a fait signer à sa tante un papier le nommant administrateur de ses terres, annonce à Jack qu’il doit fermer ses portes ; il prévoit de vendre les terres à des promoteurs et d’en tirer une coquette fortune.

Quincy a fait la connaissance de Jack en venant dans les collines examiner le corps de Jason Randall retrouvé en partie dévoré par les coyotes, et a conseillé à Robert et Louise Asten de confier à Jack Andy, l’enfant hémiplégique qu’ils accueillent chez eux et qui refuse de communiquer et de sortir de sa chambre. Andy, d’abord rétif, a rapidement fait des progrès en constatant qu’il était capable de tenir sur un cheval, à la grande joie de Louise et Robert qui, désespérés, envisageaient de se séparer de l’enfant.

Apprenant le projet de Paul Tanner, Quincy fait le lien immédiatement avec des éléments curieux de l’autopsie de Jason Randall, laissant soupçonner un meurtre maquillé. Il découvre que Tanner a répandu sur le corps de son oncle un produit destiné à attirer les coyotes, laissant aux bêtes le soin de faire disparaître les traces du meurtre. Lorsqu’il arrive au ranch, Tanner, Gabe et Andy ont tous les trois disparu. Tanner a en effet emmené Gabe dans la montagne afin de le tuer dans un « malheureux accident » et Andy, les voyant, a surmonté sa peur et réussi à monter seul sur un cheval pour porter secours à Gabe. Il est parvenu à assommer Tanner avec son cheval et a provoqué un miracle longtemps espéré par Jack : Gabe a prononcé le nom d’Andy, son sauveur…

 

 

 

 

Le silence de Gabe impose à l’épisode une sorte de tranquillité troublée par le meurtrier menaçant mais qui n’en reste pas moins une impression dominante. La paix de l’enfant chevauchant seul dans les montagnes se communique au spectateur et caractérise aussi le mode de vie choisi par Jack LaFollette pour offrir aux jeunes handicapés un lieu serein. Les activités de l’institut de thérapie équestre sont montrées dans plusieurs scènes, sans commentaire au début de l’épisode puis expliquées par Jack à Asten dans le cours de l’épisode. Le cheval impose à ses cavaliers un effort de tout le corps qui produit des effets bénéfiques sur leur motricité et leur caractère mais la force et la tranquillité de l’animal jouent aussi un rôle dans la réussite de la thérapie. Les activités proposées offrent aux enfants la possibilité de réussir des gestes simples en apparence mais en réalité extrêmement compliqués pour eux. Si le silence et la placidité de Gabe font de lui un observateur impénétrable du monde qui l’entoure, interagissant avec l’animal mais refusant de communiquer avec les gens, Andy en revanche exprime sa peur et son refus, et le scénario en fait le véhicule explicite du processus de thérapie. Le drame intervient pour achever la réussite du garçon en lui offrant l’opportunité d’accomplir un acte héroïque : s’il s’agit, ici, de secourir avec bravoure son ami Gabe menacé par le méchant (« the villain », dit Quincy), l’acte héroïque premier est en fait de surmonter sa terreur et de réussir à monter seul sur un cheval. Le dénouement sert ainsi autant la nécessité dramatique du scénario que la volonté de démontrer le processus de la thérapie.

Comme souvent, Quincy n’intervient en tant que médecin légiste que de façon limitée, l’essentiel de l’épisode étant consacré aux autres personnages. Mais ce sont bien les observations de laboratoire qui permettent de confondre le meurtrier.

Luke Askew, qui interprète Paul Tanner, était déjà le violeur de l’épisode 1.17.

 

 

7.21  Suffer the Little Children  

 

NBC, 23 mars 1983

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs Sam Egan, William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Michael Braverman, Jeri Taylor

Scénario : David Karp et Neal J. Sperling, histoire de David Karp

Réalisé par William O. Cairncross

 

Le père, le fils, la mère (P. Martin, N. Katt, M. Marsh)

Emily et Quincy, les optimistes invétérés

 

Quincy se réjouit d’aller pêcher quelques jours loin des tracas du travail. Pas de problème, lui dit Asten, qui lui demande juste de faire un crochet par le comté de Bower afin de valider les résultats de l’autopsie pratiquée par le médecin légiste local, Vance Curtis, sur un petit garçon de sept ans décédé dans un centre d’accueil pour mineurs, Green Springs, appartenant à George Ward. Mais, à Bower, Quincy est sidéré par ce que lui dit Curtis de ce centre, où les enfants, dit-il, sont maltraités. La mort du petit Chris Rayano est le résultat selon lui de la négligence de Ward dans la gestion du centre. En s’y rendant, Quincy s’indigne de voir un adolescent « rétif » enfermé dans une cage grillagée, et exige qu’on l’en sorte. Le garçon, Jeff, est le frère du petit Chris. Tous deux ont été retirés à la garde de leurs parents, incapables de les élever. Le père, Ed, boit et devient violent ; la mère, Ginny, a du mal à joindre les deux bouts. En en parlant avec Emily, après avoir obtenu la fermeture de Green Springs sur la base de relevés accablants, Quincy se rend compte qu’il n’a peut-être pas arrangé le sort des enfants : Jeff a en effet été replacé dans un centre pour jeunes délinquants où il risque d’être plus mal traité encore qu’au centre d’accueil. Mais Emily connaît un programme, ambitieux et coûteux mais susceptible de donner des résultats, pour aider des familles comme les Rayano à vivre ensemble, en apprenant à s’écouter, à s’entendre, à se comprendre. Un juge accepte de laisser Emily tenter cette solution avec les Rayano : Quincy parle aux parents et Emily s’installe pratiquement chez eux pour leur apprendre à tenir compte l’un de l’autre et à gérer leurs émotions, en dépit des doutes de Ginny et du peu d’espoir de Jeff.

La partie n’est pas gagnée. Chacun fait des efforts mais Ed, ne trouvant pas de travail, rentre un jour en colère, réclamant une bière et exigeant de Jeff qu’il fasse autre chose que ses devoirs. En s’interposant, Emily reçoit un coup. Elle tient néanmoins à persévérer, bien que Jeff n’ait pas reparu à la maison après la dispute, et qu’Ed soit bientôt arrêté à la suite d’une bagarre, en état d’ivresse. La nuit passée en prison et un speech sans complaisance de Quincy incitent Ed à se reprendre ; il écume la ville à la recherche de son fils et tente de lui parler. Le garçon refuse d’écouter mais finit par revenir à la maison. Les parents et l’enfant se disent prêts alors à tenter encore l’aventure…

 

 

 

 

Quincy doit batailler de nouveau contre une bureaucratie difficile à (é)mouvoir afin de faire fermer le centre d’accueil où les enfants sont mal traités ; le scénario ne fait pas l’impasse sur une réalité en demi-teintes en montrant que Quincy, dans son souci d’aider, n’arrange pas forcément la situation du jeune Jeff Rayano. Sa conversation avec Emily permet d’évoquer des expérimentations menées dans d’autres pays, notamment en Suède, pour aider les familles à vivre ensemble plutôt que de séparer les enfants de leurs parents. De là, le programme Home Builders qu’Emily décide de mettre en œuvre avec les Rayano, ce pour quoi ils doivent encore batailler et argumenter pour obtenir qu’un juge autorise l’expérimentation. Les prestations de Pepper Martin, Michele Marsh et Nicky Katt sont convaincantes et touchantes et le scénario, de nouveau, souligne l’écart entre les belles idées et leur mise en pratique. Si l’expérience se termine sur une image optimiste, l’adolescent et ses parents acceptant de s’embrasser et d’essayer encore, les Rayano n’en restent pas moins responsables de leur avenir, qui peut être rose ou noir selon l’optimisme ou le pessimisme du spectateur.

 

7.22  An Act of Violence   

NBC, 27 avril 1983

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs Sam Egan, William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Michael Braverman, Jeri Taylor

Ecrit et réalisé par Michael Braverman

Quincy est lui-même victime...

... et affronté à sa propre colère.

 

Une femme de 72 ans est agressée et tuée chez elle. Quincy et Sam pratiquent l’autopsie qui révèle qu’elle a reçu de nombreux coups mais il est difficile de déterminer à l’aide de quoi ils ont été portés. Ce soir-là, Quincy retourne dans l’appartement de la victime pour y faire des observations. Lorsqu’il le quitte, il est à son tour agressé par les deux mêmes types qui se sont jetés sur la vieille dame. Frappé brutalement, il ne doit sans doute la vie qu’à l’intervention d’un voisin qui appelle la police. Au lieu d’être transporté à l’hôpital, Quincy demande à être conduit à la morgue où il fait réaliser des prélèvements et des examens extrêmement précis par Sam, afin de permettre à la police de retrouver les agresseurs. Ensuite seulement, il accepte d’être soigné.

Très vite, Emily s’inquiète de son état psychique. Quincy en effet a été traumatisé par l’agression, il est hanté par la peur et poursuivi par des cauchemars. En outre, lorsque Monahan annonce que les deux agresseurs ont été arrêtés, il diffère le moment d’aller les identifier, incapable d’affronter sa peur. Emily l’exhorte alors à consulter un psychiatre, le Dr Schoenbeck, qui l’aide à prendre conscience de ce dont, exactement, il a peur. Autant sinon plus que ses agresseurs, c’est sa propre colère qui le terrifie. L’entretien lui donne la force de se rendre au poste de police où Monahan accepte de le laisser seul dans une salle d’interrogatoire avec l’un des agresseurs, Hector Wing. Monahan et Emily observent la scène derrière une glace sans tain. Reconnu par l’agresseur, qui ne tarde pas à se montrer menaçant et en vient à le toucher, Quincy réagit en bousculant à son tour Wing. Il est saisi de l’envie de le battre voire de le tuer mais réussit à surmonter cette réaction, affrontant sa peur et se dressant face à l’agresseur…

 

 

 

Quincy est lui-même victime et, comme le soulignent Emily et Monahan, être témoin et être victime sont deux choses bien différentes. La façon dont Quincy réagit à son agression peut évoquer l’épisode « Let Me Light the Way » (1.17) : même traumatisme, même détermination néanmoins à recueillir le moindre indice pour permettre à la police ensuite d’arrêter les coupables. Ici, le scénario suit Quincy dans sa gestion du traumatisme et met en scène sa résolution par une confrontation avec l’agresseur, en utilisant la femme de Quincy, le Dr Hanover, psychologue, comme révélatrice du choc psychologique et de la terreur qui empêche Quincy de le surmonter. La nécessité, toutefois, d’aller vite, pour faire entrer un long processus dans le cadre restreint d’un épisode, peut rendre le résultat caricatural. On peut accepter le postulat, quoiqu’un peu forcé, qui fait de Quincy la victime des mêmes agresseurs qui ont tué une vieille femme, mais sa confrontation finale avec l’un d’eux sort du cadre réaliste : il s’agit davantage de donner corps à un fantasme que de montrer une réalité envisageable. Laisser seuls l’agresseur et sa victime dans une salle d’interrogatoire, et ne pas intervenir quand ils en viendraient aux mains, pourrait mener dans la réalité à des conséquences bien différentes de ce qui nous est montré ici. En affrontant son agresseur, c’est sa propre peur que Quincy empoigne, car il doit la vaincre s’il veut surmonter le choc qu’il a subi.

 

7.24  The Cutting Edge

NBC, 11 mai 1983

Producteur exécutif David Moessinger

Producteurs superviseurs Sam Egan, William O. Cairncross, Lester Wm. Berke

Produit par Michael Braverman, Jeri Taylor

Ecrit par Jeri Taylor

Réalisé par Georg Fenady

Quincy présente le Dr Gabe McCracken...

... qui a aussi des soucis de famille.

 

Un ouvrier, Kenny Kelso, est grièvement blessé lors d’un accident sur  un chantier. Son avant-bras gauche a été sectionné. Quincy, qui intervient sur les lieux de l’accident avec l’équipe médicale, fait recueillir le bras sectionné dans l’espoir qu’il puisse être rattaché au corps. Kenny est transporté à l’hôpital de Las Manos qui abrite une équipe expérimentale dirigée par le Dr Gabriel McCracken : baptisée « Experiment Hope », elle est composée de chirurgiens mais aussi de chercheurs en robotique qui travaillent sur des prothèses capables de remplacer un membre perdu. McCracken est entièrement dévoué à son travail, dévouement qui vient peut-être de causer sa séparation d’avec sa femme ; il essaie néanmoins de demeurer présent pour son fils adolescent, Jay, avec lequel la relation n’est pas toujours aisée. Sa relation avec le directeur de l’hôpital, Peter Muscanni, n’est pas toujours simple non plus, Muscanni étant obsédé par les règlements alors que McCracken les méprise. Il a créé cette équipe pour repousser les limites du possible et c’est dans cet esprit qu’il pousse le Dr Ted Wickett à opérer Kenny Kelso afin de rattacher l’avant-bras au membre sectionné, alors que Wickett se prononçait pour l’amputation. Il s’agit ensuite d’accompagner Kenny dans sa convalescence, ce qui implique le suivi médical mais aussi psychologique, même si l’équipe ne comporte pas encore de psychologues. L’optimisme de Kenny et sa combativité sont mis à rude épreuve lorsque, contre toute attente, alors que le bras réparé semble bien répondre, c’est l’autre bras qui semble paralysé…

 

 

 

L’épisode n’est pas réellement un Quincy : il présente les personnages pressentis pour animer une série dérivée dont le titre aurait pu être celui de cet épisode, The Cutting Edge. En conséquence, Quincy n’apparaît que très peu : il secourt l’ouvrier blessé puis joue les candides en visitant le service dirigé par le Dr McCracken en compagnie de sa femme Emily. Celle-ci, psychologue, montre son intérêt en déclarant qu’elle aimerait beaucoup intégrer l’équipe de psychologues que McCracken voudrait réunir pour aider les patients à surmonter le choc de leur blessure et de l’intervention chirurgicale subséquente. Il était prévu en effet qu’elle fasse partie de la série dérivée. Quincy refait une apparition à la fin, pour recevoir les remerciements de Kenny Kelso lorsque celui-ci quitte l’hôpital. En gros, Quincy joue « l’hôte », dont le rôle est d’introduire l’histoire et de servir de médiateur entre le public et le nouveau cadre fictionnel (l’équipe du projet « Experiment Hope »). Les acolytes de Quincy n’apparaissent pas.

Barry Newman, qui fut de 1974 à 1976 le héros avocat de Petrocelli, est ici le chirurgien à l’origine du projet Experiment Hope. Il a conservé le caractère de Petrocelli : dynamique, déterminé, exigeant dans son métier mais dilettante dans son rapport à toute forme d’autorité et de règlement, volontiers impulsif. La sincérité de son engagement et le souci réel de ses patients le rendent humain, même si son attitude à l’égard de Kenny Kelso est, dans le dernier acte, plutôt brutale. McCracken (c’est son nom) peut aussi paraître abrupt, voire antipathique, c’est l’autre face de la médaille : sa relation avec son fils adolescent illustre les deux faces, un père réellement soucieux de son fils mais aussi un homme impatient capable de heurter la sensibilité des autres dans son obsession de la perfection. Bien faire n’est pas assez, il faut pour lui atteindre au meilleur, aller au-delà de ce qui est juste « bien » : à son collègue le Dr Wickett qui se prononce pour l’amputation du bras de Kenny Kelso, il répond que s’il y a une chance, même minime, de lui rendre son bras, cette chance doit être saisie. D’où le nom de son équipe : Experiment Hope, l’Espoir, non la résignation.

Les personnages qui entourent McCracken, et qui devaient être les autres protagonistes de la série dérivée, apportent un contrepoint ou un prolongement à la figure centrale de McCracken : le Dr Wickett, plus jeune, plus réaliste, moins emporté ; Muscanni, le directeur, plus vieux, soucieux des règles (à l’excès), bonne pâte dont on sourit derrière son dos tout en acquiesçant à toutes ses demandes sans en tenir compte ensuite, se révèle capable d’explosions d’autorité et rappelle lui aussi McCracken à certaines réalités, en l’occurrence celles de l’administration d’un hôpital ; le Dr Peterson, la femme du groupe, responsable du laboratoire de recherche prosthétique, sorte de Rudy Wells (le Monsieur Bionique des séries bioniques) au féminin, charmante mais pour l’instant plus intéressée par ses recherches que par ces messieurs (un collègue lui fait des avances répétées qu’elle repousse avec dédain), ajoute la technologie à la chirurgie et repousse les limites du possible. Enfin, le Dr Hanover (la femme de Quincy) aurait apporté en sus ce qui pour l’heure fait défaut : la dimension psychologique des soins aux patients, dont les blessures graves impliquent un travail long et difficile d’acceptation et de rééducation. (Incidemment, et puisque l’on parlait des séries bioniques, cet aspect psychologique était au centre de la première partie du téléfilm pilote de L’Homme qui valait trois milliards, adaptation du roman de Martin Caidin, avant que l’aventure ne prenne le pas sur la psychologie dans la série subséquente.)

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1980s
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