work in progress

Sélection opérée par TLP

James Arness et Marc Alaimo reproduisent la scène iconique de la série dans l'épisode 20.07

 

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon).

Et avec Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Miss Kitty), Ken Curtis (Festus Haggen), Buck Taylor (Newly).

 

 

La période 30 minutes : saison 1  -  saisons 2 à 6

La période 50 minutes noir et blanc : saisons 7 à 11

La période 50 minutes couleur : saisons 12 à 15  -  saisons 16 à 19  -  saison 20

 

 

Saison 20

(1974-1975)

 

20.01  Matt Dillon Must Die

 

CBS, 9 septembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Ray Goldrup

Réalisé par Victor French

 

Morgan Woodward et Joseph Hindy sous l'oeil d'Elaine Fulkerson

 

Matt Dillon a poursuivi Laban Wakefield jusque dans les montagnes. Le jeune homme a dévalisé la banque de Dodge City et tué ou blessé plusieurs personnes. Quand il ouvre le feu sur le marshal, celui-ci réplique et le tue, juste devant la cabane du clan Wakefield. Arrivent Abraham Wakefield et ses quatre autres fils, Jacob, Esau, Isaac et Abel. Le clan est connu pour de nombreux massacres perpétrés du Dakota au Kansas et Abraham n’a pas l’intention de laisser la mort de son fils impunie. Dans un long monologue, il raconte au marshal comment sa femme Annabel a été tuée par une foule de gens « honnêtes » protégés par la loi. Tous les crimes qu’il a commis depuis sont la vengeance d’un mari inconsolable et Matt Dillon, en raison de l’étoile qu’il porte, est aussi coupable que tous les autres. C’est pourquoi il doit mourir et Abraham a choisi le fils qui le tuera : le plus jeune, Jacob, qui n’a encore jamais tué et qui est le seul de la fratrie à ne pas avoir le goût du sang, une « tare » aux yeux de son père.

Le lendemain matin, Esau oblige Matt à l’affronter en un bras de fer que le frère Wakefield est convaincu de gagner. Mais c’est Matt qui a raison de son adversaire, qui lui en tient évidemment rigueur. Abraham frappe son fils qui ne reconnaît pas une victoire remportée selon les règles mais il conçoit une manière plus longue et plus « équitable » à ses yeux de tuer le marshal en mettant sa force à l’épreuve. Ils le traqueront dans la montagne enneigée avec leur chien Shilo. Abraham accorde du temps au marshal avant de se lancer après lui mais il lui ordonne de retirer son manteau et bien sûr ne lui laisse aucune arme.

Matt affrontera Esau, que sa rage à son égard a poussé à se séparer du clan pour le poursuivre seul. L’homme fait une chute mortelle en se battant. Abraham lance alors Shilo après le marshal. Isaac et Abel retrouveront le chien mort et se lanceront à leur tour après Dillon sans attendre leur père. Jacob reste avec Abraham qui, comme souvent, entre en catatonie durant des heures, s’enfermant en lui-même pour surmonter le choc de la mort d’un second fils et parlant à Annabel comme si elle était encore là, en vie. Quand il sort de cet état, le patriarche est furieux que deux de ses fils soient partis sans lui. Il jure de les battre au sang, et c’est ce qu’il entreprend de faire, le fouet à la main, quand il les rejoint, alors qu’ils viennent eux-mêmes de rattraper le marshal Dillon. Le vieil homme, tout à sa colère, ne voit même pas le marshal. Voyant l’un de ses fils, effrayé, lever son fils contre lui, il saisit lui-même son revolver et le tue, avant d’abattre l’autre qui s’enfuit. Alors seulement il réalise ce qu’il a fait, devant les cris de Jacob qui l’exhorte à le tuer lui aussi, comme ses frères.

Matt emmènera avec lui le vieil homme retombé dans un état de passivité profonde, laissant seul dans la cabane de la montagne le dernier des Wakefield…

 

Bill Lucking

 

Henry Olek

 

Douglas Dirkson

 

Avec Morgan Woodward (Abraham Wakefield), Joseph Hindy (Jacob Wakefield), Bill Lucking (Esau Wakefield), Henry Olek (Osaac Wakefield), Douglas Dirkson (Abel Wakefield), Frederick Herrick (Laban Wakefield), Elaine Fulkerson (Annabel Wakefield).

 

L’histoire du clan familial meurtrier n’est pas nouvelle mais c’est le jeu des acteurs qui fait la réussite de cet épisode où Morgan Woodward campe un patriarche illuminé, plein de feu et de fureur, entraînant ses fils dans sa folie meurtrière jusqu’au point de non retour. La présence d’une « brebis galeuse » au sein du groupe, c’est-à-dire d’un fils qui se distingue des autres en refusant la loi du crime, est également un élément classique (et l’on peut ranger aussi le chien féroce dans cette catégorie) mais l’unité de temps, de lieu et d’action confère à l’histoire le caractère implacable et poignant qu’elle recherche. Le cadre naturel ajoute au plaisir de l’aventure, relevée en outre par la partition musicale de Jerrold Immel qui épouse l’alternance de latence et de violence du scénario.

James Arness apparaît seul, loin du « personnel » de Dodge City. L’épisode se déroule entièrement dans la montagne.

 

Morgan Woodward

Joseph Hindy

Morgan Woodward halluciné

 

 

20.02  Town In Chains

 

CBS, 16 septembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Ron Bishop

Réalisé par Bernard McEveety

 

Le marshal est sous les barreaux : James Arness, Don Stroud et Med Flory

 

Cinq hommes, tous d’anciens soldats confédérés évadés de prison, ont attaqué la banque de Dodge City et sont en route vers leur prochain coup. L’un d’eux, Pryor, un tireur d’élite, qui s’est retrouvé embarqué dans l’histoire sans avoir prévu de devenir le complice de braqueurs de banques, est persuadé que le marshal Dillon ne renoncera pas à les traquer, même si les autres lui répètent qu’il a tort de s’en faire car aucun représentant de la loi ne les poursuivrait aussi loin. Pryor voudrait partir de son côté mais les autres s’y opposent, ils veulent garder un si bon tireur avec eux et préfèreraient le tuer que de laisser se défiler. La découverte dans le désert d’un chariot contenant des uniformes yankees leur donne une idée : ils endossent les uniformes, coupent les fils du télégraphe et se présentent dans la ville de Burry en prétendant que les Kiowas sont sur le point d’attaquer et qu’ils sont là pour les protéger. L’endroit le plus sûr de la ville étant sans conteste le coffre-fort de la banque, ils ordonnent au shérif Van Werkle de faire porter les objets de valeur des habitants à la banque. L’absence du directeur de la banque, Burry (la ville porte son nom), les oblige à attendre son retour pour ouvrir le coffre mais ce n’est qu’un contre-temps.

L’arrivée de Matt Dillon en est un autre. Anticipant l’imposture des bandits en découvrant le chariot qui transportait les uniformes, Matt a envoyé Newly vers l’une des villes proches pour mettre en garde le shérif tandis que lui-même se rendait à Burry. Il est malheureusement tombé sur Pryor, qui l’a mis en joue et fait prévenir ses complices. Le marshal se retrouve en cellule, accusé par les « soldats » de faire des affaires avec les Indiens, et le shérif Van Werkle renonce à réfléchir à la version que lui donne Matt. Il ne reste qu’à attendre le retour de Burry. Moins naïf que le shérif, celui-ci voit vite clair dans le jeu des imposteurs mais sa vivacité d’esprit ne lui est pas d’un grand secours quand ils sortent leurs armes et le poussent vers le coffre-fort.

Matt reçoit l’aide inattendue d’Arlene, l’une des filles du Red Moose, le bordel de la ville. Arlene a eu une sorte de coup de foudre pour Pryor, le plus jeune des faux soldats, même s’il n’a pas l’air d’être bien futé. Elle réussit à le convaincre de libérer le marshal, qu’il aide ensuite à arrêter ses propres complices. Un avenir avec Arlene est assurément plus rayonnant que la perspective d’une vie de hors-la-loi qui pourrait bien s’achever dès la sortie de la ville.

 

Lance LeGault & Ramon Bieri
John Crawford

 

Gretchen Corbett
Ron Soble

 

Russell Wiggins
Paul C. Thomas

 

Avec Ramon Bieri (Big Thicket), Gretchen Corbett (Arlene), Lance LeGault (Oregon), Ron Soble (Clatch), Don Stroud (Foss), Russell Wiggins (Pryor), Med Flory (Sheriff Van Werkle), John Crawford ([Wayne] Muller), Thad Hall (Shields), Lloyd Nelson (Welch), Neil Summers (townsman), Paul C. Thomas (Mr Burry), Francesca Jarvis (Martha), Bernice Smith (Helen), Mari Martin (Dorothy), Margaret L. Kingman (Mary).

 

On parle beaucoup dans cet épisode, qui se passe dans sa plus grande partie en compagnie des cinq braqueurs de banque. Mais on parle bien, même si l’on parle à tort et à travers car ces cinq gaillards qui ne sont pas finauds ont un point de vue sur l’existence et ils ne se privent pas d’en faire part ! Le plus jeune est un peu là par hasard et c’est par lui que viendra le happy end, ainsi que par une fille de bordel qui ne s’en laisse pas conter et qui aspire à autre chose que son occupation actuelle. Faisons une place au pianiste du bordel, Wayne, alcoolique peut-être mais observateur et fin connaisseur de l’âme humaine, qui fait la paire avec Arlene, la fille. La petite ville de Burry n’est pas peuplée non plus de lumières, à commencer par le shérif qui, sorti de sa sieste, est prêt à avaler toutes les couleuvres. Le banquier, homme d’affaires avant tout, a plus de perspicacité mais elle n’est guère utile face au canon d’un revolver. C’est dans cette galerie de personnages que réside l’intérêt de ce scénario où le marshal Dillon reste cantonné, lui, dans son être monolithique de défenseur de la loi, redresseur de la situation.

James Arness et Buck Taylor sont présents, les autres Dodgiens sont absents. L’ensemble est tourné dans la Coronado National Forest qui prête ses superbes décors à l’aventure.

 

 

20.03  The Guns of Cibola Blanca, Part I

 

CBS, 23 septembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Paul Savage

Réalisé par Gunnar Hellstrom

 

Dorothy Tristan et Milburn Stone

 

Cibola Blanca, entre Santa Fe et le Mexique. L’un des Comancheros réunis autour de l’ancien Colonel Shindrow, Evans, profite de la nuit pour voler des bijoux dans la maison du Colonel. Surpris par le fils de ce dernier, Ben, il le poignarde avant de s’enfuir. Le Major Coltraine envoie aussitôt des hommes à sa poursuite. Deux d’entre eux, Ivers et Badger, suivent sa piste jusqu’à Santa Fe. Il tente de leur échapper en prenant la diligence pour le Nord mais ils s’en rendent compte et l’interceptent au relais. Badger lui tire dessus quand il essaie de résister et Ivers décide de le ramener à Cibola Blanca en utilisant la diligence et en emmenant les deux autres passagers : Doc Adams et son amie Lyla, qui l’a accompagné à un séminaire de médecine à Santa Fe et rentrait avec lui à Dodge City.

Evans n’arrive pas vivant à Cibola Blanca, ce qui provoque la colère du Colonel. Le médecin des lieux, le Dr Rhodes, soigne Ben en lui faisant boire beaucoup de laudanum mais Rhodes n’est plus très vaillant, utilisant lui-même la drogue pour s’évader de la vie de misère qu’il mène avec les Comancheros, au sein d’une communauté formée par Shindrow au lendemain de la guerre, après qu’il eut refusé de se soumettre à la reddition décidée par le Général Lee. Doc est traité sans ménagement, couchant avec les chevaux dont il s’occupe. Lyla n’est guère mieux traitée : obligée de travailler avec les autres femmes, elle suscite la jalousie violente de Mady, qui règne sur cette petite cour et voit d’un très mauvais œil l’arrivée d’une « dame », d’autant qu’Ivers convoite cette étrangère, à qui il promet qu’elle lui cèdera finalement, qu’elle le veuille ou non.

Un jour, le Major demande à Doc d’examiner Ben. Doc constate vite que le laudanum n’arrange rien à l’état du jeune homme, paralysé. Rhodes lui déconseille de dire cette vérité au Colonel, qui n’est pas homme à l’entendre, mais Doc passe outre son conseil. Mal lui en prend car le Colonel, furieux, lui prédit que sa propre vie et celle de son amie ne tiennent plus qu’à un fil. La nuit suivante, Coltraine réveille Doc pour le conduire auprès de Lyla. Elle a été battue par Ivers et gît, prostrée, au pied d’un lit miteux. Doc, bouleversé, jure qu’il tuera l’homme qui a fait cela…

Pendant ce temps, averti de la disparition de la diligence, le Marshal Dillon s’est mis en route avec Festus et Newly. Les informations qu’il recueille à Santa Fe le mettent en garde contre le danger que représentent les Comancheros mais il élabore un plan pour arriver jusqu’à Doc, s’il se trouve avec eux. Il réquisitionne un stock de fusils réservés à l’Armée ainsi qu’un chariot de l’Armée et s’aventure dans le territoire apache avec Festus et Newly. Bientôt, un petit groupe d’hommes, avec Ivers à leur tête, tentent de leur voler le chargement. Ils en abattent plusieurs et font mine de régler le compte des trois derniers, dont Ivers. Celui-ci leur propose alors un marché : s’ils le suivent jusqu’à sa troupe, les fusils leur seront payés rubis sur l’ongle. Ils acceptent…

 

James Luisi & Rex Holman
Richard Anderson
Kurt Grayson

 

Dorothy Tristan
Henry Beckman (à droite)
Shug Fisher

 

Harold Gould
Michael Cristofer
Jackie Coogan

 

Avec Harold Gould (Lucius Shindrow), Dorothy Tristan (Lyla), Richard Anderson ([Major] Coltraine [aka Johnny Reb aka The Butcher of Bartonsville]), James Luisi (Ivers), Henry Beckman (Dr Rhodes), Gloria Le Roy (Mady), Jackie Coogan ([City Marshal D. M.] Stoudenaire), Shug Fisher (Mule Skinner), Michael Cristofer (Ben), Kurt Grayson (Evans), Rex Holman (Badger), Lloyd Nelson (Dundee), Gilbert Escandon (Hatajo), Walter Roy Smith II (freight clerk), Richard Lundin (stagecoach driver).

 

Cette première partie prend le temps de poser les éléments de l’histoire, commençant au milieu des Comancheros pour croiser ensuite la route de Doc et Lyla, embarquant ceux-ci dans l’intrigue des Comancheros et lançant parallèlement Dillon et ses deux acolytes sur la piste du Doc. L’épisode se termine lorsque les protagonistes sont en voie d’être réunis.

Lyla est un personnage inventé pour remplacer Kitty après le départ d’Amanda Blake. Celle-ci avait refusé de tourner cette histoire, dans laquelle Kitty était brutalisée et violée (le mot n’est pudiquement jamais prononcé). Le scénario, écrit pour la saison précédente, fut repoussé à la saison 1974-1975 et le rôle confié à Dorothy Tristan et rebaptisé. Une courte conversation entre cette dernière et le Doc établit que Lyla a travaillé au Long Branch avant d’aller établir son propre saloon à Kansas City, jouissant aujourd’hui d’un train de vie confortable. Elle a rencontré Doc à Santa Fe ou l’a accompagné au séminaire de médecine et s’en retourne avec lui vers Dodge City. Le traitement infligé au personnage est brutal et sans concession puisqu’elle est livrée sans défense à la violence d’un bandit. Doc, relégué au milieu des chevaux, ne peut rien pour l’aider mais on voit mal ce qu’un vieil homme (le bandit l’a appelé « Gramps » plus tôt et l’a écarté d’un revers de main) désarmé aurait pu faire pour secourir Lyla.

 

 

20.04  The Guns of Cibola Blanca, Part II

 

CBS, 30 septembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Paul Savage

Réalisé par Gunnar Hellstrom

 

Milburn Stone et James Arness avec Ken Curtis et Buck Taylor

 

A leur arrivée à Cibola Blanca, Matt, Festus et Newly continuent de bluffer dans l’espoir qu’on les laissera en vie. La tactique s’avère payante puisque Coltraine et Shindrow sont suffisamment impressionnés par leur sang-froid pour accepter de négocier avec eux l’achat des fusils, ou pour les enrôler de force. Ivers, qui comptait sur leur mort, est désappointé. Il l’est encore plus quand Matt, qui se fait appeler Smith (ou Jones, dit-il au Major et au Colonel, selon leurs préférences), jette son dévolu sur Lyla après l’avoir remarquée au dîner, où elle fait le service. Comme Doc, qui s’est tu en voyant ses trois amis, Lyla comprend qu’elle a tout intérêt à jouer leur jeu mais elle y ajoute une comédie destinée à Ivers seul. Ce soir-là, quand il vient la trouver, « Smith » déclare qu’elle est désormais avec lui et impressionne suffisamment Ivers pour qu’il abandonne le terrain. Ivers n’est pas homme, cependant, à avaler l’humiliation. Il provoque Matt mais ce dernier a le dessus encore une fois. Alors qu’Ivers s’apprête à lui tirer dans le dos après leur combat, il est brusquement abattu par le Doc. « J’avais dit que je le tuerais » est son seul commentaire.

Le Dr Rhodes ayant fini par tomber dans le coma à force de fumer de l’opium, le Colonel confie le soin de son fils à Doc. Ben, cependant, au contraire de son père, ne se fait pas d’illusions sur son état et avoue sans détour qu’il souhaite mourir. Entendant Doc discuter avec Matt, Festus et Newly d’un plan d’évasion, il menace le Doc de révéler leurs projets s’il ne lui permet pas de mourir en lui faisant boire assez de laudanum pour qu’il ne se réveille plus. Doc ne peut s’y résoudre. Pendant qu’il attend le milieu de la nuit, selon la consigne donnée par Matt, le Colonel est en proie lui-même à de tristes pensées. Il résout finalement de se soumettre à la volonté de Ben et demande à Doc de les laisser seuls.

Matt, Festus et Newly, profitant de la nuit, font exploser l’armurerie de Cibola Blanca pour couvrir leur fuite. Ils s’évadent avec Doc et Lyla en profitant de la confusion, abattant Badger et Coltraine qui s’interposent. Le Colonel meurt lui aussi dans la série d’explosions qui détruit Cibola Blanca…

 

Dorothy Tristan
James Luisi

 

Richard Anderson
Gloria Le Roy

 

Harold Gould
Rex Holman

 

Avec Harold Gould (Lucius Shindrow), Dorothy Tristan (Lyla), Richard Anderson (Coltraine), James Luisi (Ivers), Henry Beckman (Dr Rhodes), Gloria Le Roy (Mady), Michael Cristofer (Ben), Rex Holman (Badger), Shug Fisher (Mule Skinner), Kurt Grayson (Evans), Richard Lundin (stagecoach driver), Gilbert Escandon (Hatajo).

 

Cette seconde partie (présentée avec le sous-titre « Conclusion ») commence par dix minutes reprenant des scènes de la première partie. Restent quarante minutes pour conclure l’histoire sans surprise. La tension tient davantage au personnage d’Ivers qu’aux Comancheros proprement dits. Une fois Ivers écarté, le dernier acte met en scène un plan d’évasion plutôt invraisemblable. La relation du Colonel et de son fils mourant constitue une ligne parallèle qui parvient à sa conclusion en même temps que le projet d’évasion.

Richard Anderson, dont la première scène au début de la première partie laissait attendre une énergie farouche, se révèle plutôt apathique dans cette conclusion. En tant que chef des Comancheros, il se révèle peu combatif et l’on devine qu’il rêve en réalité de s’évader, lui aussi, portant un regard amer et envieux sur les vers que lisait Rhodes avant de sombrer dans le coma. Le personnage du Colonel est lui aussi teinté de mélancolie à mesure qu’il doit admettre la mort inéluctable de son seul fils, et l’échec de la vie qu’il a tenté de construire à Cibola Blanca après avoir renoncé à la vie qui l’attendait chez lui, au pays.

Les deux noms que propose Matt au Major et au Colonel, Smith et Jones, les laissant libres de choisir celui par lequel ils veulent l’appeler, outre qu’ils sont effectivement très communs l’un et l’autre, sont aussi une référence à la série Alias Smith and Jones que produisit Glen Larson de 1971 à 1973 et dans laquelle les deux hors-la-loi choisissaient eux-mêmes ces pseudonymes. 

 

Milburn Stone et Dorothy Tristan

 

 

20.05  Thirty a Month and Found 

 

CBS, 7 octobre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

 

Nicholas Hammond, Gene Evans, Van Williams

 

1873. Will Parmalee, Quincy et le jeune Doak viennent de toucher chacun cent dollars pour avoir conduit un troupeau jusqu’à Dodge. Ils dépensent leur argent au saloon et cherchent à s’amuser et à se détendre après des mois de convoyage. Et quoi de mieux que de déclencher une bonne bagarre avec des gars du chemin de fer, ces types qui mettent les convoyeurs de bétail au chômage en transportant le bétail sur les rails ? Les trois cow-boys finissent donc la nuit dans une cellule du marshal Dillon, qui connaît Will depuis vingt ans pour l’avoir hébergé maintes fois de cette façon. Au matin, libérés, les trois hommes se rendent compte qu’ils n’ont plus d’argent sur eux. Trois cents dollars ! Le barman, Bull, jure qu’ils ont jeté l’argent à tout va sans même s’en rendre compte mais Will b’avale pas une absurdité pareille et il exige au moins deux cents dollars, cédant le reste pour payer les consommations et les dommages qu’ils ont causés. Bull refuse, ils s’emparent de sa caisse, il saisit son fusil et tire dans leur direction, ils répliquent et blessent le barman puis s’enfuient au galop. Bull n’est que légèrement blessé mais il porte plainte pour vol et tentative de meurtre. Dillon, qui a du mal à croire que Parmalee soit allé jusque là, n’a d’autre choix que de le poursuivre et il part avec Festus.

Will, Quincy et Doak, après avoir pris ce que contenait la caisse, douze malheureux dollars, décident d’aller jusqu’au Texas, où ils trouveront bien du travail. En chemin, ils s’arrêtent chez un rancher, Tait Cavanaugh, dans l’espoir qu’il a peut-être quelque chose pour eux. Mais Tait profite maintenant d’une retraite paisible, il n’a même plus un seul employé et plus guère de travail. Il est heureux de bavarder avec des amis et de leur offrir un bon repas mais ensuite ils reprennent la route. Au marshal et à Festus qui se présenteront peu de temps après, Tait n’a guère mieux à dire que de laisser courir, offrant même de payer au barman ce qu’il demande. Mais Dillon sait que le barman n’acceptera pas, hélas.

Les trois cow-boys s’arrêtent à North Folk, une petite ville au cœur du désert, parce que Doak y a une fiancée, Katherine, qui l’attend pour l’épouser. Elle est bien triste d’entendre que Doak a l’intention de repartir et elle lui demande de choisir entre la piste et elle. Cette fois, elle ne l’attendra pas durant des mois s’il repart. Pendant ce temps, Will et Quincy se querellent avec le commerçant du magasin de la ville, qui les traite comme des vagabonds et refuse de leur donner ce qu’ils demandent. Ils sortent d’abord sans faire d’histoire mais Will, en y réfléchissant, ne voit pas ce qu’ils peuvent faire d’autre que de servir et de filer. Qu’ont-ils à perdre ? Ils prennent donc ce dont ils ont besoin, mettent leurs douze dollars dans la poche du marchand et l’enferment dans sa remise avant de monter à cheval pour filer. Leur opinion, c’est que Doak ferait bien de rester et d’épouser sa fiancée plutôt que de les suivre dans leur cavale ; mais le garçon saute à cheval dès qu’il les voit filer. C’est le moment, hélas, où le marchand se libère et crie au vol en ouvrant le feu, alertant le shérif qui dégaine à son tour. Fusillade, le marchand et Doak sont tués, le shérif blessé, Will et Quincy prennent la fuite mais le second a une méchante blessure. C’est le bilan qui s’offre à Matt et Festus quand ils arrivent à North Folk à leur tour.

Will et Quincy savent quelle logique ils ont choisi de suivre : sans avenir dans un monde qui change et qui n’a plus besoin d’eux, ils continuent d’aller de l’avant mais rien ne les attend et leur cavale est celle du désespoir, de gens qui n’ont plsu rien à perdre. Sans surprise, Quincy meurt de sa blessure alors que les deux hommes sont enfin arrivés au Texas et ont devant eux une vaste plaine et un troupeau. Leur élément, enfin. Will enterre son ami et voit venir à lui le marshal Dillon et Festus. Ils savent, eux aussi, qu’il ne les suivra pas. Il a toujours rêvé de mourir en selle, comme un vrai cow-boy. Et c’est ce qu’il fait, en affolant le troupeau pour se jeter sous ses sabots. Matt et Festus le mettront en terre près de Quincy avant de s’en retourner à Dodge City…

 

Gene Evans
Victor Izay
Ford Rainey

 

Nicholas Hammond
Dave Cass & Hal Baylor
Kim O'Brien

 

Van Williams
David Brian
Bonnie Jedell (à droite)

 

Avec Gene Evans (Will Parmalee), Nicholas Hammond (Doak [Noonan]), Van Williams (Quincy), Ford Rainey (storekeeper [George Newton]), Kim O’Brien (Katherine) et David Brian (Tait Cavanaugh), Victor Izay (Bull), Hal Baylor (railroader), Bonnie Jedell (Delilah), Henry Max Kendrick (Sheriff [Lem Hawkins]).

 

L’épisode reçut le Spur Award du Meilleur Scénario de Western pour la Télévision, à juste titre. Jim Byrnes raconte l’odyssée ultime d’un trio de cow-boys qui constate que l’évolution du monde les laisse sur le côté et qu’ils n’ont plus rien à gagner, et plus rien à perdre. Will Parmalee a la rudesse de langage et de manières d’un homme qui a passé sa vie sur la piste, travaillant dur, s’amusant ensuite et repartant en selle. Un homme certainement peu commode, prompt à la bagarre mais pas mauvais bougre, emporté par les conséquences d’un acte impulsif et qui emmène avec lui deux compagnons d’infortune. Le titre de l’épisode désigne le salaire du convoyeur : trente dollars par mois tout compris (au sens de « logé et nourri »). L’ombre de Red River (La Rivière rouge) plane sur l’histoire : tout commence par un enterrement, celui d’un cow-boy piétiné par le troupeau, et une scène entre Doak et Katherine bénéficie d’un effet (peut-être involontaire mais heureux) qui traverse aussi le film de Howard Hawks, l’altération de la lumière par le passage d’un nuage qui fait passer les deux acteurs de la pleine lumière à l’ombre avant de ramener la pleine lumière. Le scénario déroule une succession d’événements à la fois banals et implacables qui constituent la « machine infernale » de la tragédie, dont les personnages ont eux-mêmes conscience, faisant le choix d’aller de l’avant en devinant l’inévitable dénouement. Dillon et Festus se contentent d’en être spectateurs et de suivre, pour prendre acte de ce dénouement au terme du voyage.

 

 

 

 

Will et Matt dans la cellule, au lendemain d’une bagarre avec des types du chemin de fer :

Will – I guess we sure rousted them gandy dancers. 

Dillon – Yeah. How is it you started out with the railroad men ?

Will – Them railroads have come to stick in my craw, Matt. They’re taking jobs that cowhands oughta be doin’. Herdin’ cows into box cars instead of across green grass just don’t make sense.

Dillon – Country changes, Will.

Will – Yeah.

 

Tait Cavanaugh, l’éleveur qui constate l’évolution du monde, à Will :

« A man won’t go along with the railroads, he’s finished. In a few short years there won’t be no such things as a trail drive. We gotta face that. (…) I don’t know what’s wrong with the world. Everything’s changin’ ! There was a time when neihbor helped neighbor, a man’s word meant something. There were cows and men and not much else. Now it seems that everybody is out to get as much as he can and who cares. Glory days are gone. And Will, I’m afraid they ain’t never comin’ back. »

Puis, à Dillon, au sujet de Will, Quincy et Doak :

« Marshal, there’s nothing left for those men. They’re running outta world, least the world they knew. »

 

Will Parmalee, au terme de son odyssée, à Dillon :

« Y’ know, Matt, I always figured I’d die a cow hand. Struck by lightning or under the hooves. But sittin’ on leather. Not dangling at the end of a rope like some side of beef. » Et il ajoute, avant de se lancer : « So long, Matt. Vaya con dios ! »

 

Conclusion (voix off) : « Their names do not roll with the thunder of Jefferson or Paine, but between 1866 and 1882, for $30 a month and found, these hard and lonely men pushed five million cattle into the heartland of a growing nation. They were the builders of this land. »

 

 

 

20.06  The Wiving

CBS, 14 octobre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Earl W. Wallace

Réalisé par Victor French

Fran Ryan et Harry Morgan : comment se défaire d'un vieux grigou libidineux ?

Jed Hockett s’est installé avec ses trois fils Ike, Luke et Shep, et tous quatre travaillent dur pour faire fructifier leur ferme. Mais il manque quelque chose à ce tableau, et ce quelque chose n’est pas rien : aussi Jed commande-t-il à ses enfants d’aller jusqu’à la ville la plus proche et d’en ramener… une femme. Pas seulement une, mais une pour chacun ! Et voilà les trois frères débarquant à Dodge City et dans le Long Branch Saloon, où trois filles les abordent. Il n’en faut pas plus pour déclencher, de fil en aiguille, une bagarre générale. Le marshal Dillon y met bon ordre et prie les trois frères de quitter la ville, non sans avoir versé à Hannah une compensation pour les dommages causés. Mais comment rentrer sans avoir obéi à l’ordre de Pa ? Impensable pour Luke et Shep, qui ont une idée : ils enlèvent les trois filles durant la nuit et, Hannah s’interposant, ils l’emmènent aussi, en se disant qu’elle sera pour Pa !

Les fils Hockett rentrent donc avec quatre femmes et Pa est ravi. Un peu moins lorsqu’il apprend que les dames ne sont pas venues de leur plein gré, ce qui signifie des problèmes à venir, quand le marshal les aura retrouvées. Mais chaque chose en son temps. Pour l’instant, et même si Hannah met les filles au travail pour donner une figure présentable à la maison dans l’attente du marshal Dillon, il faut bien s’accommoder les uns des autres. A dire le vrai, Emily ne tarde pas à être séduite par Luke, tandis que Sarah finit par succomber au charme de Shep. C’est plus délicat pour Ike et Fran car leur relation part d’un mauvais pied. Pourtant, lorsque le marshal arrive enfin, Hannah est bien forcée de constater qu’elle n’a jamais vu autant de romance en un seul lieu et en si peu de temps ! Personne ne portant plainte, le marshal n’arrêtera personne et il reprend la route de Dodge City avec Hannah et Fran. Mais Fran est bien triste car, au fond, elle n’aurait pas refusé une proposition de mariage d’Ike, qui s’est révélé plus sensible et attachant qu’elle n’avait cru. Et Ike, Hannah en est sûre, n’a laissé repartir Fran que par orgueil et dépit. Peuvent-ils en rester là ?…

John Reilly
Karen Grassle
Fran Ryan

 

Herman Poppe
Linda Sublette
Harry Morgan

 

Dennis Redfield
Michele Marsh
Robert Brubaker

 

Avec Harry Morgan (Jed Hockett), Karen Grassle (Fran), John Reilly (Ike), Linda Sublette (Emily), Herman Poppe (Luke), Michele Marsh (Sarah), Dennis Redfield (Shep) et Fran Ryan (Hannah). Et avec Robert Brubaker (Floyd), Rod McGaughy (Cowboy #1), Bobby E. Clark (Cowboy #2).

Un postulat de comédie qu’il n’était pas aisé de développer sur cinquante minutes. Le thème ferait sans doute bondir les mentalités d’aujourd’hui, et on le comprend, mais le but ici est bien de proposer une comédie bon enfant qui s’oriente patiemment vers une conclusion fleur bleue et consensuelle sur le modèle Ecole des fans : tout le monde doit gagner !

Karen Grassle devenait, à l’époque, Caroline Ingalls dans La Petite maison dans la prairie, le rôle qui allait la rendre populaire, quoique discète. La voir ici passer de la fille de saloon querelleuse à la femme amoureuse et tendre est déjà tout un programme.

John Reilly et Karen Grassle

Fran Ryan et Karen Grassle

 

20.07  The Iron Men

CBS, 21 octobre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par John Mantley

Réalisé par Gunnar Hellstrom

James Arness avec Cameron Mitchell et William Bryant : trois lawmen à Brimstone

Matt Dillon enquête (sous couverture : Matt Kimball) à Brimstone à la demande du Gouverneur. Carl Ryker, qui a déjà sévi au Texas, est en train de renouveler ses méfaits en intimidant les éleveurs de la région. Au saloon, Matt rencontre d’ailleurs un homme qui vient de tenir tête à quelques-uns des hommes de Ryker venus casser quelques têtes et quelques tables ; l’homme, jusqu’alors ivrogne pathétique, n’est autre que Chauncey Demon, avec qui Matt maintenait l’ordre il y a bien longtemps à Laredo. Matt accepte de boire avec lui en souvenir du bon vieux temps et de leur ancien partenaire Billy Carter. Le lendemain, Chauncey se réveille avec la tête de bois dans une maison où une femme attentionnée lui raconte la nuit mémorable qu’il a passée avec Matt et dont tou Brimstone se souviendra. Cette femme, c’est Kathy Carver, la veuve de Billy, mère d’un petit Johnny, Johnny Chauncer Carter. A son retour, Matt abat ses cartes : il annonce à Chauncey que, le shérif étant malade, le conseil municipal l’a nomme, lui, Chauncey, shérif intérimaire. En conséquence de quoi il doit cesser de boire s’il veut être à la hauteur de cette tâche, que Dillon lui demande d’accepter comme une faveur personnelle. Chauncey rechigne, peste, essaie de tromper la vigilance de tous les instants que Dillon exerce sur lui dès cet instant mais rien n’y fait. Il finit même par ressentir moins fortement le besoin d’alcool. Jusqu’à ce qu’une poignée d’hommes de Ryker viennent le trouver alors qu’il est seul à la ferme de Kathy, et le forcent, avec force coups, à ingurgiter la moitié d’une bouteille de whisky. Le petit Johnny le trouve là, l’aide à se relever et, en lui montrant de l’affection, l’empêche peut-être de sombrer dans la mélancolie. L’alcool ingurgité fait malgré tout son effet et Chauncey ne peut s’empêcher d’aller en ville et d’en ramener une bouteille. Matt le laisse alors face à sa dignité, et Kathy également. Seul avec la bouteille, Chauncey mène un combat intime dont il finit par sortir vainqueur. Il est prêt, alors, à accompagner Matt et le shérif (rétabli entre-temps, et qui finalement n’avait pas besoin de remplaçant puisque Chauncey n’a quasiment pas mis les pieds à Brimstone) pour tenir tête à Ryker et ses tueurs, dans la rue principale…

Cameron Mitchell
John Russell
Paul Gehrman

 

Barbara Colby
George Murdock
Alec Murdock

 

Eric Olson
William Bryant
Marc Alaimo

 

Avec Cameron Mitchell (Chauncey Demon), Barbara Colby (Kathy Carter), Eric Olson (Johnny Carter), George Murdock (Luke), William Bryant (Sheriff), Marc Alaimo (Kane), Paul Gehrman (Dubbins), Alec Murdock (Mace) et John Russell (Carl Ryker).

John Mantley signe un scénario qui s’intéresse exclusivement à l’épreuve personnelle d’un « héros », une ancienne légende (Chauncey Demon mit de l’ordre à Laredo avec Matt Dillon et Billy Carter quand ils étaient tous jeunes) devenue un alcoolique réduit à échanger ses armes et son cheval contre une ou deux bouteilles de whisky. Cameron Mitchell, bon vivant dans Le Grand Chaparral où il ne dédaignait pas la bouteille, loin de là, incarne Chauncey Demon et est présent dans presque toutes les scènes. Dillon, loin de Dodge City, en mission pour le Gouverneur dans la ville (elle-même légendaire) de Brimstone, et donc sans aucun de ses acolytes habituels, est lui aussi présent dans l’ensemble de l’épisode. L’histoire a été dite ailleurs et l’intérêt de cette halte loin de Dodge réside principalement dans l’interaction entre les deux personnages, à condition de n’en attendre aucune surprise, pas plus que dans la conclusion de l’aventure. John Russell, présent dans deux scènes, complète la dimension « héroïque » de l’ensemble : même s’il joue ici le méchant, il fut durant quatre saisons le marshal Dan Troop de la série Lawman, sise à Laramie, Wyoming (avec son acolyte Peter Brown qui serait ensuite, entre 1965 et 1967, l’un des protagonistes de Laredo : la boucle est bouclée !). 

Le décor de Brimstone sera aussi celui de Ludlow dans l’épisode 2.09, avec le Ramrod Saloon devant lequel se déroule (dans les deux cas) le gunfight final.

 

20.08  The Fourth Victim

 

CBS, 4 novembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

 

James Arness avec Ken Curtis et Milburn Stone

 

Il est une heure du matin à Dodge City. Howie s’est endormi derrière le comptoir du Dodge House. Un homme portant un sac long y entre, consulte le registre sans bruit, va prendre une clé derrière le comptoir et monte ouvrir la chambre 204, puis il redescend, replace la clé et remonte. Jeb Nelson sort du Long Branch Saloon. Il traverse la rue, réveille Howie qui lui donne sa clé et monte se coucher. Un homme l’attend dans la chambre, pointant sur lui un fusil au bout duquel il a placé un dispositif permettant d’étouffer le bruit de la détonation.

Le corps de Jeb Nelson est trouvé au matin. Personne n’a rien vu ni entendu. Le soir suivant, à onze heures, un autre homme est tué : Haines, qui venait de quitter le Long Branch et rentrait chez lui, est abattu sur son cheval par un tireur placé sur un toit. La balle extraite par Doc Adams est de calibre .30, comme celle qui a tué Nelson. S’agit-il donc du même tueur ? Et y avait-il un lien entre les deux hommes ? La ville en tout cas est en émoi et Matt recrute plusieurs habitants pour effectuer des rondes le soir suivant, au cas où le tueur voudrait encore frapper. En vain : Henry Meeker, l’employé du télégraphe, est abattu à son tour.

Matt cherche un lien entre les trois victimes. Avec Newly, il épluche les comptes rendus des procès pour découvrir qu’ils ont tous les trois siégé dans le jury du même procès, en 1859, celui d’un certain Willis Connors condamné à vingt ans de prison. Il ne reste qu’un habitant de Dodge City ayant siégé dans le jury : Doc. Comme celui-ci n’a pas l’intention de se terrer pour échapper au tueur, un piège est tendu dans lequel Doc est l’appât. Il s’affaire dans son cabinet comme d’habitude et, à onze heures, s’assied dans son fauteuil, le dos à la fenêtre, pour lire. Un coup de feu, droit dans le dossier du fauteuil. Doc s’effondre. Matt et ses adjoints, postés dans la rue, voient d’où est parti le coup de feu et tirent. Matt ne trouve pas le tireur mais des gouttes de sang.

Grâce à la plaque d’acier placée dans le dossier du fauteuil par le maréchal-ferrant, Doc n’a rien. Hélas, le tueur est toujours en liberté. Le lendemain, Matt reçoit par le télégraphe les informations qu’il a demandées sur Willis Connors : l’homme est mort en prison trois ans plus tôt. Le tueur n’est donc pas Connors. Retour à la case départ. Ce soir-là, Homer Jones est abattu. Doc se souvient d’avoir siégé dans un autre jury avec Homer quelques années auparavant. Mais l’accusé a été acquitté, il n’a donc aucune raison de vouloir se venger. Matt suit néanmoins cette piste. Les informations trouvées dans les comptes rendus lui permettent de comprendre, et de remonter jusqu’au tueur. Mais celui-ci a laissé un mot pour lui : il veut le voir ce soir-là, à onze heures, dans la rue, seul, sans quoi il continuera de tuer.

Ce soir-là, Matt est dans la rue. Seul ? Pas tout à fait. Un autre homme, habillé comme lui, de grande taille et à la voix rauque, surgit soudain et affirme qu’il est le marshal Dillon. Puis un autre agit de même. Sur le balcon au-dessus du Kisskaden Warehouse, le tueur ne sait plus lequel il doit abattre, ce qui permet à Matt de le voir et de l’atteindre. Ce n’est pas l’accusé du procès qui était la clé mais la victime : tous ces hommes ont été tués pour avoir acquitté l’homme que l’on accusait d’avoir agressé une jeune fille de quinze ans qui n’a plus eu ensuite une vie normale et qui est morte, le dimanche précédent, poussant son père à chercher vengeance…

 

Biff McGuire
Ben Bates & Alex Sharp

 

Ted Jordan
Paul Sorensen

 

Leonard Stone
Lloyd Perryman

 

Avec Biff McGuire (Potter), Leonard Stone (Ray Price), Ted Jordan (Burke), Paul Sorensen (Bill Saxbe), Howard Culver (Howie), Woodrow Chambliss (Lathrop), Victor Killian (Homer Jones), Lloyd Perryman (Henry Meeker), Frank K. Janson (Jeb Nelson), Al Wyatt (Earl * Haines), Ben Bates (Second Matt), Alex Sharp (Third Matt).  * Earl au générique, Luke dans l’épisode.

 

Le scénario épouse une trame policière où Matt Dillon est le détective. Pour chaque meurtre, la caméra suit le tireur et se place à son côté, sans montrer son visage.

Timeline : Parmi les jurés du procès de Willis Connors en avril 1859, dont Newly énumère les noms, figuraient Quint Asper (« Il était maréchal-ferrant ici. Il est parti en Californie il y a peut-être dix ans », dit Matt), Chester Goode (« Il travaillait avec moi. C’était avant ton époque. Il a dû quitter la ville juste après le procès. »). Newly nomme aussi Donald Walsh (mort dans un incendie en 1868) et Gordon Smith (mort depuis longtemps). Ce procès a eu lieu « il y a quinze ans », dira plus tard Matt au Doc, ce qui place l’épisode en 1874. (25’)

Doc à Festus : « Having to live in the same town with you is bad enough but having to look at you 24 hours a day, I can’t take that ! » Festus l’appelle « old scudder ».

A la fin de l’épisode, Festus remercie les deux hommes qui ont joué le rôle de Dillon : « Ben, Alex, you done her just right » (« Ben, Alex, vous l’avez jouée comme il fallait »). Ben et Alex sont les prénoms des deux acteurs tenant les rôles. La phrase vaut donc pour les personnages comme pour les acteurs.

 

 

20.09  The Tarnished Badge

 

CBS, 11 novembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Robert Vincent Wright

Réalisé par Michael O’Herlihy

 

James Arness et Victor French

 

Matt Dillon remet au shérif Bo Harker de Ludlow le jeune Lonnie Weeks, qui n’a pas commis de grand crime mais que le shérif entend punir comme n’importe quel criminel. Matt est heureux de revoir Harker auquel le lie un passé de longue date mais il constate bientôt que la ville entière semble terrorisée par lui. Si Harker montre fièrement le fusil que lui a offert la ville pour le remercier d’avoir ramené la loi et l’ordre à une époque où le crime semblait incontrôlable, les langues qui se délient devant Dillon tiennent un autre discours : certes, on lui fut reconnaissant de ce qu’il avait réalisé, mais dès lors qu’il fut fêté en héros Bo Harker entra si bien dans le rôle qu’il se considère aujourd’hui comme le maître de Ludlow, l’unique garant de l’ordre, au prix de la soumission et de la terreur de ses propres administrés. Les criminels trouvent en effet à qui parler mais les habitants eux-mêmes doivent respecter les règles édictées par le shérif, et elles sont implacables : Gramma Boggs, qui a parlé contre lui derrière son dos (croyait-elle, mais l’oreille du shérif est partout), a la main meurtrie par la poigne du shérif ; un vieil homme qui s’est soûlé au saloon pour noyer le chagrin de la mort de sa femme la veille seulement a été poussé sans ménagement en prison ; un gamin qui en jouant a brisé une fenêtre du shérif a été battu par ce dernier. Matt le constate lui-même avec regret en parlant à Harker : il ne supporte aucune critique et n’admet pas qu’on pense simplement du mal de lui. Trouvant en Dillon un homme ouvert à leurs doléances et qui, par son statut de marshal, a le pouvoir de retirer son étoile au shérif, les membres du conseil municipal démettent Harker de ses fonctions. Harker réagit en quittant la ville plein d’amertume et de fureur, jurant qu’il prendra sa revanche sur tous ceux qui l’ont trahi, à commencer par Dillon.

Il attend le départ de ce dernier pour revenir en ville. Terrorisant les gens dans le saloon, il tue le nouveau shérif, son propre adjoint Barney Austin, qu’il aimait, dit-il, comme un fils, et qu’il abat sans provocation quand il se dresse face à lui. Il récupère « son » étoile sur le corps de Barney et nul ne tente de l’en empêcher. Jenny Blair, la fiancée de Barney, pleure sa mort en déplorant la lâcheté d’une ville entière. Harker s’empresse, lui, de terroriser le télégraphiste pour l’empêcher d’envoyer un message à Dodge City. C’est Lonnie Weeks, libéré par Austin, qui se rend à Dodge et prévient le marshal Dillon.

Quand Dillon arrive à Ludlow, Harker se terre dans une chambre de l’hôtel qui surplombe la rue principale. Il est convaincu d’être plus rapide que Dillon, pourtant il est prudent. Dillon le sait. Aussi patiente-t-il au saloon durant deux longues heures, attendant que Harker perde patience et vienne le provoquer. Si les habitants espèrent, nul au fond ne croit que Dillon sera plus rapide que le shérif. Lorsque les deux hommes se retrouvent face à face dans la rue principale, la ville entière suspend sa respiration…

 

Victor French
Garry Walberg
Eddie Firestone
Eddie Quillan

 

Pamela McMyler
James Lydon
Ross Elliott et Sam Edwards
Jimmy McNichol

 

Nick Nolte
Ruth McDevitt
William Katt
and James Arness as Matt Dillon

 

Avec Victor French (Sheriff Bo Harker), Pamela McMyler (Jenny Blair), Nick Nolte (Barney Austin), Garry Walberg (Toby), James Lydon (Charlie Boggs), Eddie Firestone (hotel clerk), Ross Elliott (Conway) et Ruth McDevitt (Gramma Boggs), Sam Edwards (Travis), William Katt (Lonnie Weeks), Hank Worden (Claude), Eddie Quillan (telegrapher [Davy]), Steve Raines (Pete), Jon Locke (Abe), Robert Swan (Slim), Jimmy McNichol (Willie).

 

Deux versions de l’autorité s’affrontent en Dillon et Harker. L’histoire de ce dernier est un peu ce que l’on ne veut pas raconter en général après la conclusion heureuse d’un conte de fées : ils vécurent heureux certes… mais combien de temps cela dura-t-il ? Une fois mariés et pourvus d’enfants, comment le prince et la princesse (ou le paysan et la paysanne, le berger et la bergère…) gèrent-ils le plus grand des dangers, celui du quotidien, du temps long, des lendemains qui s’étendent au-delà du moment héroïque ? Le shérif Harker fut un héros mais l’admiration et les récompenses lui sont montées à la tête et il a besoin aujourd’hui d’un respect éternel et inconditionnel qui s’est mué en terreur. Celle qu’il inspire à ceux qu’il protège. La performance de Victor French en homme dur, implacable, soupçonneux, paranoïaque est la clef de voûte de l’épisode, qu’il occupe tout entier. Face à lui, Matt Dillon est fidèle au monolithe qu’il doit rester tout au long de la série ; le dévoiement de Harker n’est pas permis à Dillon, qui est et demeure le Héros, représentation incarnée de la Loi, le Juste par excellence. Dénué des états d’âme qui ont déformé Harker et le tourmentent autant que les gens qu’il terrorise, Dillon est le rempart auquel doit se heurter un personnage comme Harker. Aussi ce dernier est-il habillé de noir, car il est le symbole du mal qui ne rongera jamais Matt Dillon. D’où, aussi, l’égalité de force entre les deux hommes et son corollaire : le sentiment qu’aucun des deux ne peut l’emporter sur l’autre. Harker, certes, se sent plus fort, mais sa nervosité lors du dénouement ressemble à de la peur. Dillon, en déclarant que durant des années il a toujours laissé Harker être plus rapide que lui par jeu, sans jamais l’affronter sérieusement, affirme sa propre force, celle qui ne s’impose pas, dont il ne cherche pas à tirer fierté. Elle est là, simplement, comme Dillon depuis plusieurs décennies. L’affrontement final n’en est que plus intéressant. A vous d’aller voir comment il est résolu.

Un épisode sans Doc, Festus et Newly.

 

Nick Nolte et Pamela McMyler

Face à face dans la rue principale : le duel canonique

 

 

20.10  In Performance of Duty

 

CBS, 18 novembre 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par William Keys

Réalisé par Gunnar Hellstrom

 

Les Cassinger : David Huddleston entouré de Martin Kove, Michael Mac Rae et Paul Koslo

 

Le vieux juge Kendall arrive à Dodge City. Il a perdu son épouse Mary quelques mois plus tôt et, avec elle, ce qui faisait la moitié de sa vie. L’autre moitié est la Justice, qu’il vient rendre en ville. En attendant, il est heureux de retrouver son ami Doc Adams. Matt, lui, s’inquiète de l’arrivée en ville d’Emmett Cassinger et de ses trois fils, des crapules soupçonnées de plusieurs crimes dans d’autres Etats mais qu’on n’a jamais pu condamner. Sans attendre leurs méfaits, il les jette hors de la ville. Mais ils ont déjà remarqué l’éleveur Frank Benton qui s’est montré au Long Branch avec une liasse de billets, fruit de la vente de son bétail, promesse d’une nouvelle vie pour sa femme Agnes et lui. Ce soir-là, ils se rendent chez les Benton, volent leur argent et les abattent froidement avant de mettre le feu à la maison. Newly, qui en passant près de là a entendu les coups de feu, voit quatre hommes s’enfuir et en blesse un, mais il ne pourrait jurer qu’il s’agissait des Cassinger. Matt procède quand même à leur arrestation avec Festus et Newly mais sans preuve il sera contraint de les relâcher. Agnes Benton ayant survécu, il espère qu’elle pourra les reconnaître mais elle est trop faible pour cela et finit par succomber à ses blessures. Le marshal est obligé de remettre les Cassinger en liberté, à l’exception de l’un des fils, Cory, qu’il peut garder pour le vol d’un cheval dans une autre ville.

Emmett Cassinger, furieux, menace le juge Kendall de s’en prendre à lui s’il ne libère pas son fils. Le juge, qui a conscience que ses problèmes de cœur ne le laisseront plus vivre longtemps, décide de forcer l’application de la justice en se sacrifiant lui-même. Au terme du procès, il condamne Cory à la pendaison, puis il éloigne Festus de la prison afin de l’en faire sortir pour le conduire lui-même à Hays, où il doit être pendu. Il sait fort bien que les Cassinger n’attendent que cela pour libérer Cory. Quand ils interceptent le juge et son prisonnier sur la route, ils abattent le vieux juge sous les yeux de Dillon, Festus et Newly, partis à la poursuite du juge. Cette fois, aucun alibi ne pourra les sauver…

 

Eduard Franz
Paul Koslo

 

David Huddleston
Martin Kove

 

B. Bartlett & R. Howard
Michael Mac Rae

 

Avec Eduard Franz (Judge [John] Kendall), Paul Koslo (Cory [Cassinger]), Bonnie Bartlett (Agnes Benton), Rance Howard (Frank Benton), Martin Kove (Gutherie [Cassinger]), Michael Mac Rae (Alf [Cassinger]) et David Huddleston (Emmett [Cassinger]), Ted Jordan (Burke), Robert Brubaker (Floyd), Bill Erwin (Snood), Ted Lehman (jury foreman).

 

Moins saisissant que l’épisode précédent, ce scénario repose néanmoins sur des prestations solides et des personnages bien campés. Eduard Franz est touchant en vieux veuf qui se sait proche de la mort et qui a déjà perdu, avec la mort de sa femme, une grande partie de ce qui définissait sa vie. Agnes et Frank Benton, les fermiers, sont d’honnêtes gens victimes d’assassins sans foi ni loi et la brutalité de leur exécution est soulignée par le contraste avec leur amour et leur bonté exposés dans la scène qui précède le meurtre. Les coups de feu se confondent avec le tonnerre qui déchire le ciel à l’extérieur, durant cette nuit d’orage. L’épisode est aussi une réflexion sur la justice, dont l’impératif est aussi une limite : s’il est permis aux justes de tordre la loi pour punir ceux qu’ils considèrent comme mauvais, alors les mauvais pourront aussi tordre la loi à leur profit, dit en substance le juge Kendall à Matt Dillon. En l’occurrence, le juge, comme le marshal, aimerait pouvoir punir les Cassinger à la mesure de leurs crimes mais il doit s’en tenir à la loi et ne peut se prononcer que sur la base de preuves incontestables. Au terme de sa vie, pourtant, le juge tord lui-même la loi mais il le fait en sacrifiant sa propre vie et en s’arrangeant pour que le marshal soit témoin de ce crime-là, donnant à la Justice la preuve qui lui manquait.

Kendall appelle Adams par son prénom, Galen.

 

Eduard Franz et Milburn Stone

Le décor de Dodge City et son ciel incrusté en effet spécial

 

 

20.17  The Fires of Ignorance

 

CBS, 27 janvier 1975

Producteur exécutif John Mantley

Produit par John G. Stephens

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Victor French

 

Allen Garfield et John Vernon : l'instituteur et le fermier

 

Ce soir-là, le renard tue deux poulets et en emporte un troisième après être entré dans le poulailler du fermier Oliver Harker. Son fils Tommy était censé surveiller les bêtes mais il était plongé dans la lecture de L’Iliade, un livre que lui a prêté son professeur. Oliver administre une correction à son fils et, le lendemain, le retient à la ferme pour l’aider, chargeant la sœur de Tommy de rendre au professeur les livres de Tommy et de lui dire qu’il n’ira plus à l’école.

Le professeur, Henry Decory, dont Tommy est l’élève le plus brillant, se rend à la ferme des Harker et tente de parler au père mais celui-ci n’a cure de son plaidoyer et le chasse de sa propriété. Tommy trouve plus tard l’occasion de se rendre à l’école et demande à M. Decory de lui prêter un livre. L’enseignant hésite, en raison de l’opposition du père, mais devant l’insistance du garçon il lui prête L’Odyssée. Quand Oliver Harker trouve son fils en train de lire de nouveau, il lui demande de jeter le livre dans le feu. Tommy refuse, indigné que l’on puisse brûler un livre. Oliver jette alors lui-même le livre dans les flammes, provoquant la colère de Tommy, qui s’enfuit. Il va chercher asile chez son professeur, qui le garde jusqu’au lendemain.

M. Decory a la surprise de voir Tommy revenir à l’école et s’asseoir à sa table. Le père ne tarde pas à arriver à son tour et ordonne à son fils de se lever et de le suivre. L’enfant refuse. Son père, alors, le force à se lever et l’emmène, frappant l’enseignant qui tente de le raisonner. Decory ne trouve pas de secours auprès du marshal, qui ne se sent pas autorisé à s’interposer entre un père et son fils. Aussi porte-t-il plainte contre Oliver Harker pour l’avoir frappé, espérant faire du procès un plaidoyer pour le droit à l’éducation. L’avocat de Harker, Bruce, s’oppose à cette démarche mais il est houspillé en plein tribunal par Doc, appelé à témoigner, qui reçoit le soutien du juge Brooker, houspillé lui aussi. Doc partage le point de vue de Decory sur l’éducation et l’affirme haut et fort devant un jury et un public constitué de fermiers qui donnent raison à Oliver Harker et n’ont aucune envie d’entendre les discours de l’enseignant.

Seul contre presque tous, moqué pour son ignorance du « vrai » travail, ridiculisé par Bruce et vilipendé par Oliver Harker qui revendique le droit d’élever son fils comme il l’entend, Decory persiste et tente de démontrer au fermier que les livres contiennent aussi des conseils utiles aux fermiers et que l’éducation et le travail de la ferme ne sont pas antinomiques. Un soir, après une nouvelle séance au tribunal, Doc voit le professeur s’écrouler sur son seuil, battu par quatre hommes qui l’ont pris à partie dans la rue en le menaçant de recommencer s’il se présentait de nouveau au tribunal.

Le lendemain, pourtant, il se présente à nouveau, continuant d’assurer lui-même sa défense. Il fait venir Tommy à la barre des témoins et démontre à tous les capacités de l’enfant en calcul mental, étonnant la salle en montrant que Tommy calcule plus vite de tête que le Doc sur un calepin. Cela ne change rien cependant au verdict du jury et à l’issue du procès. C’est un Decory en proie au doute et au découragement que Doc trouve ce soir-là dans la salle de classe, et à qui il explique qu’aucun changement d’importance ne peut se faire sans se heurter à l’ignorance et susciter méfiance, rejet et parfois violence. Seule la force de la conviction permet à de rares hommes de changer malgré tout les choses, le temps aidant. Mais Henry Decory n’est pas sûr d’en avoir encore l’envie.

Le lendemain, lorsque la classe rouvre, Oliver Harker dépose lui-même ses enfants devant l’école. Il y a de la fierté sur son visage lorsqu’il regarde son fils monter les marches de l’école et se retourner pour lui sourire…

 

John Vernon
George Di Cenzo

 

Allen Garfield
Lance Kerwin

 

Herb Vigran
Ted Jordan

 

Avec Allen Garfield (Henry Decory), John Vernon (Oliver Harker), Lance Kerwin (Tommy Harker), Diane Shalet (Ami Harker), George Di Cenzo (Mr Bruce), Karen Obediear (Sallie), Herb Vigran (Judge [Caleb] Brooker), John Pickard (Bud), Ted Jordan (Burke), Charles Wagenheim (Halligan), Robert Brubaker (Floyd [the bartender]), Janet Nichols (Lucy).

 

L’épisode fut récompensé par un National Education Award.

L’épisode s’ouvre sur le visage de Tommy Harker absorbé par la lecture de L’Iliade et se ferme sur le sourire de l’enfant retournant à l’école. Si, entre les deux, le combat est mené par les adultes, l’enfant est bien le cœur de l’épisode et le véritable enjeu du scénario est l’éducation à laquelle il a droit. Le dénouement évite l’écueil du happy end invraisemblable où le discours vibrant du professeur toucherait le cœur des fermiers et serait récompensé par un verdict favorable. Au contraire, jusqu’au bout l’enseignant est presque seul face au mépris, à l’hostilité et à la violence qui caractérisent le mur de l’ignorance auquel il se heurte. Ses seuls alliés sont le médecin et le juge, deux hommes dont la profession repose sur l’étude et la lecture. Aux yeux des autres, fermiers pour la plupart, les livres n’ont guère de valeur et sont broutille à côté de la réalité du travail de la ferme, dur, honorable, nécessaire. Burke, l’un des citoyens de Dodge que l’on voit dans d’autres épisodes, se fait leur porte-parole en plaidant pour le droit d’un père à attendre l’aide de son fils pour travailler sa terre, ce que l’école à coup sûr ne fera pas.

Oliver Harker, rude à la tâche, fier et dur, rappelle à sa femme, plus indulgente, que la ferme qu’ils travaillent doit un jour revenir à leur fils, que c’est le sens de leur travail et de leur vie et que c’est là ce qu’un père doit transmettre à son fils. Celui-ci a appris à lire et à compter, c’est assez, la lecture en fait maintenant un rêveur et l’éloigne du goût de la terre. Si le père bat l’enfant pour s’en faire obéir et s’il s’oppose frontalement à l’enseignant, jamais cependant il n’est montré comme un homme cruel. C’est un honnête travailleur, comme le rappelle le marshal Dillon, qui refuse de lui contester le droit d’élever son fils comme il l’entend. Il est sincèrement convaincu de son bon droit, comme le sont les fermiers qui l’écoutent dans le tribunal. L’enfant, d’ailleurs, bien qu’il se rebelle contre son autorité par goût de la lecture et respect des livres, l’aime à l’évidence et ce n’est pas son autorité en elle-même qu’il rejette mais le droit à s’instruire qu’il revendique.

Festus ne fait qu’une apparition dans l’épisode et sert, à son corps défendant, la cause que plaide Doc face à Burke. En reconnaissant qu’il n’est pas allé à l’école mais qu’il aurait peut-être eu l’esprit moins confus s’il y était allé, il fait la joie de Doc qui demande au barman de lui servir toute la bière qu’il voudra !

C’est l’honnêteté du scénario qui en fait le prix. Chaque spectateur est libre du camp qu’il choisit, même si l’existence même d’un tel scénario suppose que son auteur ait tranché pour sa part et qu’il présente, par la voix de l’enseignant et de l’enfant, sa propre conviction. La mention de Berlin par le professeur devant sa classe, après qu’il a été frappé par le père brûleur de livre, convoque le spectre de l’autodafé sans qu’il soit besoin de l’expliciter. L’indignation de l’enfant devant le livre jeté au feu par son père fait écho à celle de tous les lecteurs et de tous les défenseurs de la culture face à l’obscurantisme mais les arguments du fermier, tout rudimentaires qu’ils soient, n’en sont pas moins légitimes et tout à fait réalistes dans le contexte.

 

Lance Kerwin

 

Conversation au Delmonico’s :

Decory – I don’t know, you’d think he’d be proud and he’d do anything to see the boy develop.

Doc – How’s Tommy feel about it ?

Decory – Oh ! He loves school ! You know, in all my time of teaching I’ve never run into a boy with his intellect. When you realize when I first came here he couldn’t even read. Marshal, maybe if you talk to Mr Harker.

Dillon – Mr Decory, you haven’t been around Dodge all that long, but most of the people here abouts are farmers and that’s all they’re really interested in.

Decory – Don’t they understand there’s more in the world than just turnips and squash ? Marshal, isn’t there something you can do ?

Dillon – The best thing either of us can do is to mind our own business. Now, when you start telling a man how to raise his own son, that’s buttin’ in, and I don’t think he’s gonna like it very well.

Decory – I mean, it’s just so frustrating. Once in a lifetime of a teacher, a boy like Tommy comes along. And when he does, to deny him an education, it’s an appalling waste.

Doc – Well, Mr Decory, you see back East where you come from you have compulsory education laws. And we just haven’t quite got that far yet here.

Decory – Maybe it’s time you did. Good day, gentlemen. (Il se lève et s’en va.)

Doc – Well… I think I know how he feels, Matt. Kind of like I do when I lose a patient, you know ? Somebody special. Why in thunder is it that some people regard an education as a waste of time or even a threat ? Now why is that ?

Dillon – I don’t know, Doc. But I’ll tell you one thing, being educated does have some advantages.

Doc – What’s that supposed to mean ?

Dillon (montrant les couverts que Decory a laissés sur la table) – The teacher here forgot to pay his bill. But I’m sur he’ll thank you for it next time he sees ya. I’ll see you later. (Et il s’en va à son tour sans payer.)

 

Toujours au Delmonico’s, mêmes personnes :

Decory – Last night Tommy Harker ran away and came to my place.

Dillon – Where is he now ?

Decory – Reluctantly, I sent him home this morning. But I’d wish you’d take a look at him, Marshal. You too, Doc. Boy’s been whipped by his father. The marks are still on his back.

Dillon – Mr Decory, you’re from Massachusetts. Don’t fathers discipline their boys there ?

Decory – Perhaps, bu that doesn’t make it right.

Doc – Oh, Matt, just a minute. There are folks that, you know, still deplore this kind of treatment, and I’m one of them. Now, you can punish a child, you don’t have to beat him, you know ?

Dillon – Let me tell you something. I’ve known Oliver Harker a good many years.

Doc – Well I have, too.

Dillon – All right, he’s a good man, isn’t he ?

Doc – Well, yes.

Dillon – Maybe he’s a little old fashioned, or maybe he’s stubborn, but that man has a right to discipline his son any way he wants to. And I’m not gonna interfere with it, not until ther’s a law that says so.

Decory – I don’t buy that, Marshal, not one iota. That boy isn’t an ox pulling a plow and there must be somebody who can do something about it. (Il se lève et s’en va.)

Dillon – Doc, I’ll tell you something. He’s just gonna make things worse for that boy.

Doc – Well, he cares, there’s something to be said for that.

Dillon – Well, sure, Doc, but I still don’t believe that a man’s got a right to come between a father and his own boy, Doc. Not unless that boy’s being badly abused or something. That’s not the case here.

Doc – You can abuse a mind too, Matt, as well as a body. Matt, for twenty years you and I have seen eye-to-eye on just about everything. But on this, I’m afraid we’re gonna cross swords. (Et il s’en va, non sans ajouter : ) This time, you can pay the check.

 

Matt Dillon persiste et signe après que le fermier a frappé l’enseignant :

Dillon – I don’t blame you for being upset, Mr Decory. But as I told you before, you’re interfering between a father and his son. Now a schoolhouse is community property. A parent has a right to go in there any time.

Decory – And strike the teacher ?

Dillon – If you wanna file assault charges, I’ll carry ‘em out. But I can’t guarantee you what’ll happen after that.

 

Au saloon :

Man 1 – Nobody’s gonna tell me how to treat my boy !

Man 2 – That Decory’s got no right to interfere ! They’re gonna take over when I’m gone ?

Man 3 – Oliver should have hit him harder !

Man 4 – Nobody’s gonna tell me how to raise my kids.

Burke – He’s got no right. He’s only a schoolteacher. Decory doesn’t know anything about this part of the country. This isn’t the East, this is Kansas !

Man 4 – That’s right.

Burke – Folks out here depend upon their crops and they depend upon their kids to help ‘em.

Man – You tell ‘em, Burke !

Doc – How many kids you got, Burke ?

Burke – Now that’s got nothing to do with it.

Doc – I think it does. Burke, you know you’re always sticking your nose into something that doesn’t concern you.

Burke – Now, you listen to me, Doc.

Doc – Frankly, Burke, I’m tired of listening to you.

Burke – Well, I… I didn’t get up on the stand and defend him like you did.

Doc – Burke, I said what I said on the stand because I was under oath. Now, in case you don’t know what that means, that means I had to tell the truth.

Burke – A man don’t need all that schoolin’ to be somethin’. I didn’t have much.

Doc – Shows, too.

(Burke perd son sourire narquois. Festus entre.)

Festus – Here, Floyd ! (Voyant le Doc : ) Doc ?

Doc – No thanks. Let’s go, Festus.

Festus – Well, I just now got here !

Burke – Festus, you never went to school, did you ?

Festus (méfiant) – No.

Burke – Well, you feel the sorrier for it ?

Festus – No… exceptin’ some once in a while, I get to thinkin’ a whole mess of things could have been made a whole heap simpler if I had.

Doc – Floyd, give Festus a beer on me. Matter of fact, give him all the beer he can drink.

(Festus, qui ne comprend pas ce qui se passe, le regarde s’en aller, se frotte l’oreille puis s’adresse à l’assemblée : )

Festus – Old Scutter’s went plumb crazy.

 

 

20.22  The Busters

 

CBS, 10 mars 1975

Producteur exécutif John Mantley

Produit par John G. Stephens

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

 

Gary Busey et John Beck

 

Harve Daley et Mitch Hansen sont copains depuis des années et ils gagnent leur vie en domptant des chevaux sauvages ou rétifs. Ils viennent d’en briser huit pour Simeon Reed quand le neuvième, un étalon blanc, les tient en échec tous les deux. Désarçonné, frappé à la tête par l’un des sabots et traîné sur quelques mètres, Harve est mal en point. Les deux hommes se rendent au Long Branch Saloon pour réclamer à Reed les 40 $ qu’il ne leur a pas payés, ne versant que la moitié de la somme à laquelle il s’était engagé. Reed veut les faire jeter à la rue par ses acolytes, ce qui entame une bagarre. Harve cependant s’effondre vite, terrassé par sa douleur à la tête, et Doc insiste pour l’examiner. Il détecte un hématome sous-dural qui, selon lui, ne laisse guère plus de quelques jours à vivre à Harve. Mitch lui demande de n’en rien dire à ce dernier. Il veut lui offrir une fin dénuée de soucis. Le marshal ayant forcé Reed à payer le reste de l’argent qui leur était dû, ils ont en poche de quoi s’offrir un bon repas au Delmonico’s, quelques verres au Long Branch et la compagnie d’une fille. Mitch paye donc Zoe, l’une des filles d’Hannah, pour qu’elle tienne compagnie à Harve. Tous deux passent des heures à parler et décident de se revoir, en amis, dès le lendemain. Harve s’éprend rapidement de Zoe et va jusqu’à lui proposer de l’épouser et de les accompagner, Mitch et lui, jusqu’au Montana où il veut s’acheter un lopin de terre et fonder un foyer. Embarrassé, Mitch essaie d’en dissuader Zoe et finit par lui avouer la vérité. Elle décline alors l’offre de Harve, à contre-cœur, pensant que c’est la meilleure chose à faire. Harve, lui, commence à se douter qu’on lui cache quelque chose. Mitch, entre-temps, s’est inscrit à un rodéo dont le prix est 100 $ : il s’agira de dompter le cheval qui a blessé Harve. Mitch décide cependant de ne pas attendre le rodéo et de prendre le premier train pour quitter Dodge City, direction le Montana, avec Harve. Ce soir-là, alors qu’ils se dirigent vers la gare, ils passent devant l’étalon. Harve, qui se fait maintenant une idée précise de ce que Mitch refuse de lui dire, veut tenter une nouvelle fois de monter l’animal. Une revanche et une dernière chevauchée. Il parvient à mater la bête sous le regard des habitants attirés par le bruit de l’étalon ruant dans la rue principale. Ce sera sa dernière joie, avant de s’éteindre dans les bras de son ami, sous les yeux de Doc et de Zoe…

 

Lynn Benesch

 

Gregg Palmer

 

Ken Curtis

 

Avec Gary Busey (Harve Daley), John Beck (Mitch Hansen), Lynn Benesch (Zoe), Gregg Palmer (Simeon Reed), Randy Boone (Hub Miller) et Fran Ryan (Hannah).

 

Un scénario touchant et plein de compassion pour les deux ‘busters’ (dompteurs de chevaux) dont on suit les dernières heures ensemble. Leur amitié, leur humanité, leur tendresse, l’amour de Harve pour Zoe caractérisent cette odyssée microscopique qui se referme sur un baisser de rideau annoncé.

Deux scènes courtes pour James Arness, quelques apparitions de Ken Curtis et d’Hannah, le plus présent est Doc.

 

 

20.23  Manolo

 

CBS, 17 mars 1975

Producteur exécutif John Mantley

Produit par John G. Stephens

Scénario : Earl W. Wallace, histoire de Harriet Charles et Earl W. Wallace

Réalisé par Gunnar Hellstrom

 

Robert Urich et Mark Shera en bergers basques

 

Le rude Alejo Etchayoun dirige son clan, une communauté basque établie près de Dodge City, d’une main de fer, selon les coutumes ancestrales que chacun dans le clan veut voir conservées. Il traite ses deux fils, Manolo et Joachim, sans aucun ménagement. Lorsque Joachim, le plus jeune, se rebelle et frappe son père, il n’y a rien là qui dérange l’ordre du clan, au contraire : quand le garçon réclame qu’on le traite comme un homme, il doit affronter son père et le battre. Alors, la communauté entière le reconnaît comme un homme et son père est fier de lui. Joachim affronte donc le « vieil homme » devant le clan rassemblé et quand il le bat il est fêté par tous. Le dernier coup, cependant, a si bien estourbi Alejo que sa femme Engrace a fait appeler un docteur de Dodge City, et c’est ainsi que Doc fait un passage par la communauté afin d’examiner la blessure d’Alejo, lequel est déjà sur pied et heureux comme un coq d’avoir un homme pour fils.

L’aîné, Manolo, refuse en revanche de se battre. Non par faiblesse mais parce qu’il craint sa propre force. Enfant, il lui est arrivé de se battre avec une telle rage qu’il se croit capable de tuer et il réagit en refusant la coutume du clan. Cette obstination peine son père et fait de Manolo un enfant aux yeux de la communauté. Artola Larralde refuse de lui donner sa fille Kattalin, amoureuse de lui, parce qu’il refuse de respecter les règles de tous. Manolo en conçoit de l’amertume et une colère d’autant plus sourde qu’il cherche à la contenir.

Un soir, après s’être enivré au saloon d’Hannah, il brise la vitrine du barbier parce qu’il n’aime pas y voir son reflet. Comme il n’a pas d’argent pour rembourser les dégâts, Matt craint de devoir le mettre en prison ; il le raccompagne jusqu’au camp basque où Engrace pousse Alejo à accepter de payer. Manolo n’ira pas en prison mais il subit une nouvelle humiliation, et Alejo lui-même se sent humilié. Cette nuit-là, alors qu’il garde le troupeau de moutons, Kattalin vient lui parler ; un loup attaque le troupeau et tue le chien qui tente de l’en empêcher. Nouvelle humiliation pour Manolo et pour son père. Le clan décide une punition indulgente mais l’humiliation demeure et Manolo décide de quitter la communauté.

Ne trouvant pas de travail à Dodge City, il en accepte un qu’il conçoit comme dégradant, en effectuant les besognes du saloon. C’est un balai à la main que le trouve Joachim, venu le chercher sur l’ordre de leur mère. Il en rit de façon si insultante que Manolo, n’y tenant plus, se bat avec lui. Le combat est rude et Hannah s’oppose à ce que Festus y mette fin ; elle sait que c’est une épreuve dont Manolo a besoin. Les deux frères se battent avec une énergie féroce et Manolo domine finalement son jeune frère. Epreuve décisive en effet : il retourne au camp avec lui débarrassé de sa peur du combat et défie son père, à qui il fait le plus beau des cadeaux. Ce soir-là, devant le clan, Alejo affronte son fils aîné, qui prouve à tous qu’il est un homme…

 

Robert Urich
Mark Shera

 

Nehemiah Persoff
Alma Beltran

 

Jess Walton
James Almanzar

 

Avec Nehemiah Persoff (Alejo Etchayoun), Robert Urich (Manolo Etchayoun), Mark Shera (Joachim Etchayoun), Alma Leonor Beltran (Engrace [Etchayoun]), Fran Ryan (Hannah), Jess Walton (Kattalin Larralde), Brion James (Joe Barnes), Michael Gregory (Sabatino), Claudio Martinez (Vitorio), James Almanzar (Artola Larralde), Ted Jordan (Burke), Mike Howden (Tom).

 

La communauté basque fournit à l’épisode son cadre principal, qui est celui d’une histoire de clan et de famille. Nehemiah Persoff joue le rôle du père dur, véritable pilier de la famille, comme il le fait ailleurs (par exemple dans l’épisode « Le vin est tiré » de Les Rues de San Francisco, 1.12). Robert Urich et Mark Shera, tous les deux au début de leur carrière, allaient se retrouver peu après dans la série SWAT (Section 4), en qualité de protagonistes.

La bagarre de Manolo avec Joachim dans le saloon d’Hannah est sans doute l’une des pires du genre : non seulement la caméra filme la doublure de Robert Urich à visage découvert, affichant sans complexe la différence entre les deux hommes, mais Urich change carrément de vêtement dans un plan. On peut évidemment penser qu’un écran de 1975 maquillait davantage la doublure qu’un écran d’aujourd’hui… Il n’empêche que la doublure de Nehemiah Persoff apparaît elle aussi un peu trop visiblement.

James Arness a deux scènes, Milburn Stone quatre, Ken Curtis deux (enchaînées). C’est Fran Ryan qui assure la plus grande présence à l’écran côté Dodge City.

 

Nehemiah Persoff sous le regard d'Alma Beltran

 

 

20.24  The Sharecroppers

 

CBS, 31 mars 1975

Producteur exécutif John Mantley

Ecrit par Earl W. Wallace

Produit et réalisé par Leonard Katzman

 

Ken Curtis et Victor French

 

Linder Hogue n’en peut plus d’avoir pour voisins les Pugh, à qui il loue un lopin de terre depuis trois ans. Dibble Pugh, le père, est un paresseux comme on n’en fait pas et il laisse sa ferme tomber en ruines sans bouger le petit doigt. Quand il s’agit de parler, Dibble est intarissable ; quand il s’agit de travailler, il préfère occuper sa place favorite, allongé sous un arbre à laisser le temps couler. Quant à son fils, Abel, il ne fait rien d’autre, du matin au soir et du soir au matin, que de jouer de la guitare et chanter, l’unique activité qui l’intéresse. Aussi Linder Hogue ne veut-il pas entendre parler de mariage entre son fils Toby et la plus grande fille de Dibble, Av Marie, même s’ils flirtent depuis quelque temps déjà.

Av Marie, cependant, a fait des économies et elle veut que les choses changent enfin. Elle confie donc ses douze dollars à Abel et l’envoie en ville acheter une mule. Une mule à douze dollars, qui permettra de labourer la terre et d’y semer de quoi vivre. Voilà Abel parti à Dodge City avec ses douze dollars. Et que fait-il à peine arrivé ? Il s’installe dans la rue et il chante, attirant une petite troupe de badauds mais aussi l’attention de Rupert, un escroc qui vient de se faire vider du Long Branch Saloon parce qu’il n’a pas le sou. Rupert est séduit par le chant du jeune homme mais surtout par ses douze dollars – du moins les onze qu’il a l’intention de dépenser pour acheter une mule, son père lui ayant suggéré de garder un dollar pour lui ramener une bouteille de whisky. Avisant la mule de Festus devant le saloon, Rupert prétend en être le propriétaire et la vend à Abel, empochant les onze dollars avant de quitter la ville.

Quand Festus découvre Abel sur sa mule, il veut évidemment le retenir. Malencontreusement, il blesse légèrement le garçon avec son revolver. Il se sent alors redevable et décide de raccompagner le garçon chez lui, sa mule attelée à un chariot. Dibble Pugh voit très vite comment tirer parti du souci de Festus de se racheter ; en un tournemain, Festus se voit embauché pour labourer le champ des Pugh. L’affaire de quelques jours, durant lesquels il sera logé et nourri. La présence de Festus à la ferme durant ces quelques jours suscite la jalousie de Toby Hogue, d’autant que Av Marie sait y faire pour tourner la tête à son prétendant. Festus y gagnera une bosse à la tête, en plus de ses jours de labeur.

Mais les choses se terminent au mieux pour tout le monde, au moins pour un temps : Toby obtient finalement la main de Av Marie en versant à Dibble vingt dollars qu’Abel emporte avec lui pour s’associer avec Rupert, de nouveau en veine et revenu lui rendre ses onze dollars, et qui lui a proposé de chanter pour attirer les foules auxquelles il vendra certaine potion-miracle. Dibble sera-t-il le dindon de la farce ? Que non ! car voici le jeune Hargis qui vient demander la main de la plus jeune fille, Lailee. Et quelle jolie mule il monte ! Assurément, de quoi remettre Dibble Pugh sur ses pieds. C’est ce que le père explique au jeune homme tandis que Festus, enfin, reprend sa liberté…

 

Susanne Benton
Terry Williams

 

Victor French
Graham Jarvis

 

Bruce Boxleitner
Lisa Eilbacher

 

Avec Susanne Benton (Av Marie), Victor French (Dibble Pugh), Terry Williams (Abel), Jacques Aubuchon (Linder Hogue), Bruce Boxleitner (Toby Hogue), Lisa Eilbacher (Lailee), Graham Jarvis (Rupert), Ted Jordan (Burke), Robert Brubaker (Floyd), Danil Torppe (Hargis), Chanin Hale (woman).

 

Un épisode quasiment sans Matt Dillon, qui n’apparaît que dans une scène, chez le Doc. C’est Festus qui fait le lien entre l’histoire des Pugh et des Hogue et Gunsmoke, les deux familles n’ayant pas grand-chose à voir avec le reste de la série ! Le scénario prend la forme d’un divertissement, une fable tranquille et humoristique sur un vieux fermier paresseux qui finalement ne s’en sort pas si mal en parvenant toujours à retomber sur ses pieds sans jamais lever le petit doigt. Dormir, boire et parler suffisent à son bonheur et il y aura toujours quelqu’un pour s’occuper du reste. Comme il s’agit d’une fable, tout le monde s’en sort bien au final, y compris le fils artiste à qui l’on propose de gagner sa vie en faisant la seule chose qu’il aime : chanter et jouer de la guitare.

C’est l’unique participation de Bruce Boxleitner à Gunsmoke mais dès l’année suivante il allait suivre James Arness (avec lequel il n’a ici aucune scène) dans l’aventure de La Conquête de l’Ouest, où il serait Luke Macahan. Puis ce serait le rôle de Billy Montana dans un premier téléfilm mettant en vedette Kenny Rogers dans le rôle du Joueur (the Gambler), la mini-série A l’Est d’Eden, Frank chasseur de fauves et Les deux font la paire. Il était, en 1975, au tout début de sa carrière, à vingt-cinq ans.

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1970s
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