work in progress

Sélection opérée par Thierry Le Peut

Avec James Arness (Marshal Matt Dillon).

Et avec Milburn Stone (Doc Adams), Amanda Blake (Miss Kitty), Ken Curtis (Festus Haggen), Buck Taylor (Newly).

 

La période 30 minutes : saison 1  -  saisons 2 à 6

La période 50 minutes noir et blanc : saisons 7 à 11

La période 50 minutes couleur : saison 12  -  saisons 13 à 15  -  saisons 16 à 19  -  saison 20

 

Saison 16

(1970-1971)

 

16.03  Stark

CBS, 28 septembre 1970

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Joseph Dackow

Ecrit par Donald S. Sanford

Réalisé par Robert Totten

Richard Kiley face à Shelly Novack

Adam Bramley rentre au pays. Mais alors qu’il fait une halte dans un point d’eau, au milieu d’un troupeau, il essuie le feu d’un homme posté en hauteur, qui lui ordonne de jeter son arme et de descendre de cheval. L’homme, Lewis Stark, lui ordonne ensuite de se mettre des fers aux pieds. Adam s’est évadé d’une prison du Texas où il avait encore deux ans à faire. Stark empochera les 200 $ offerts pour sa capture. Adam lui promet alors 1000 $, une broutille pour son père qui possède un ranch à Dodge City. Stark se laisse tenter et accompagne le jeune homme. L’accueil qui lui est fait est si froid qu’il n’est pas difficile de voir que le jeune homme n’est pas le bienvenu. Le vieux John Bramley, un homme dur à la tâche, est très malade mais il a encore suffisamment de force et de colère en lui pour se dresser face à son fils et refuser les 1000 $ qu’il lui demande. Stark reste alors au ranch, près d’Adam, attendant son argent, ou plus encore. Car lorsque Glory, la sœur d’Adam, lui remet un chèque de 1000 $ il en réclame davantage. Elle le fait alors rosser durement par une poignée de cow-boys puis le fait accompagner hors du ranch, avec son chèque. Stark prend une chambre en ville et attend en pansant ses blessures. Adam vient bientôt le voir. La présence de Stark reste une menace pour lui et Stark le sait. Aussi exige-t-il 5000 $ de plus pour quitter le pays en le laissant tranquille. Rendez-vous est pris aux abords du ranch. Mais ce sont les employés du ranch qui se présentent à Stark : le vieux Bramley veut lui parler. Il lui remet 7000 $ pour qu’il s’en aille. John Bramley n’ignore rien de ce qu’a fait son fils depuis qu’il a quitté le ranch trois ans plus tôt. Il éprouve une vive déception à l’égard de son fils mais il ne souhaite pas pour autant le renvoyer en prison.

Tout semble s’arranger pour le mieux. Arrive Adam, qui s’oppose à ce que Stark s’en aille tranquillement avec l’argent. Lui-même n’a pu se résoudre à voler l’argent que lui demandait Stark. Au lieu de cela, il a informé le marshal Dillon de la vérité. Il fera son temps au Texas. Il n’a plus alors aucune raison de craindre Stark, qu’il prend violemment à parti, sous le regard fier de son père. Dillon intervient pour les séparer et Stark est invité, lui aussi, à se mettre les fers. Avant de suivre le marshal, Adam monte sur la colline parler à son père. Pour la première fois, il confesse ses erreurs et avoue son amour à son père. John Bramley l’entend et son cœur est touché. Mais ce sera sa dernière joie. Il s’éteint à cet instant…

Richard Kiley

Suzanne Pleshette

Shelly Novack

Henry Wilcoxon

 

Avec Richard Kiley (Lewis Stark), Shelly Novack (Adam Bramley), Henry Wilcoxon (John Bramley), Suzanne Pleshette (Glory Bramley), Rusty Lane (Bo), Bob Burrows (Charlie)

Les protagonistes de l’épisode sont la famille Bramley : le père, rude et fier travailleur qui a bâti sa fortune de ses mains, la fille, fière aussi et libre, assez forte pour se dresser face au père, enfin le fils, un garçon dans un corps d’homme, incapable de marcher dans les traces de son père mais trop fier pour l’admettre, incapable aussi de gérer lui-même ses affaires, jusqu’au dénouement, où il prend enfin sa vie en main.

Les « Dodgiens » apparaissent peu, simples spectateurs, et Dillon reste sur la touche, attendant que la Loi soit appelée pour remettre de l’ordre dans les choses.

 

16.12  McCabe

CBS, 30 novembre 1970

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Joseph Dackow

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

Dan Kemp et Mitch Vogel : l'amour a-t-il une chance ?

Dillon retrouve un fugitif, McCabe, dans un train. McCabe prend une passagère en otage, Abigail Hartly, et négocie sa reddition : il suivra le marshal si celui-ci lui accorde deux jours. Dillon accepte et accompagne son prisonnier jusqu’à une petite ferme à proximité de Bowie Flat. Ils y arrivent quelques minutes seulement après la mort de la mère, Ami, qui laisse un garçon, Dobie. Ce dernier est en fait le fils de McCabe, qui les a abandonnés alors que l’enfant avait quatre ans. Plein de rancœur à son égard, Dobie essaie de le tuer avec un fusil puis jure qu’il veut le voir pendu. Il se précipite à Bowie Flat et prévient le shérif Shackwood de la présence du fugitif, recherché ici pour le meurtre de deux employés du ranch Bar-K lors d’une guerre des barbelés. Shackwood, apprenant que McCabe est le prisonnier du marshal, décide de ne pas interférer mais Clay White, l’ancien patron des deux victimes, se rend aussitôt à la ferme avec trois hommes, Hicks, Kipp et Weaver. Les voyant arriver, McCabe assomme Dillon pour tenter de fuir, sachant qu’ils ne lui laisseront aucune chance. Il est capturé par les quatre hommes qui le remettent au shérif Shackwood en affirmant qu’ils l’ont pris alors qu’il s’évadait. Lorsque Dillon arrive à Bowie Flat, le juge Clairborne est déjà en train de présider le procès de McCabe. Celui-ci déclare avoir tué les frères Scott en état de légitime défense mais sa parole ne vaut pas grand-chose face à celles de White et d’une foule de gens en colère qui crient vengeance. Il est donc condamné à être pendu le lendemain, à midi. Dillon envoie un télégramme au Gouverneur, lui demandant d’intercéder. S’il est rendu à la garde du marshal, c’est à Dodge que McCabe sera jugé, pour vol, encourant une peine de cinq ans au maximum. En attendant, McCabe attend son exécution en prison et White et ses gars ne quittent pas le saloon, en face. Dobie, qui est venu avec le marshal, est tourmenté par la situation. Il a agi dans un élan de colère et de haine mais, en parlant avec son père, il réalise que ce dernier n’est revenu que pour lui. Bien qu’il prétende ne s’être jamais soucié de personne, McCabe n’a pu se résoudre à laisser son garçon seul, après avoir reçu une lettre d’Ami se disant malade. Pris de remords, Dobie vole un revolver au saloon et le porte à son père en prison. Mais Clay White l’a vu faire. Au lieu de prévenir le shérif, il se poste avec ses hommes en face de la prison, attendant que McCabe en sorte…

Dan Kemp
David Brian
Mills Watson
Marie Cheatham

 

Jim Davis
Jon Lormer
Dan Kemp & Lew Brown
Tom Sutton

 

Mitch Vogel
Robert Sorrells
Tani Phelps
Pete Kellett

 

Avec Dan Kemp (McCabe), Jim Davis (Sheriff Shackwood), David Brian (Clay White) et Mitch Vogel (Dobie), Jon Lormer (Judge Clairborne), Robert Sorrells (J.W. Hicks), Mills Watson (Kipp), Lew Brown (Weaver), Tani Phelps (Ami), Marie Cheatham (Abigail Hartly), Trevor Bardette (conductor), Tom Sutton (Lennie), Pete Kellett (bartender [Pete]).

La relation compliquée entre un père, gunslinger recherché, et son fils, rempli de haine et de colère, constitue le cœur de ce scénario excellent qui suscite rapidement la sympathie pour le hors-la-loi. McCabe est déchiré entre la vie qu’il a menée, solitaire et violente, et la responsabilité qu’il ressent envers son garçon, qu’il a abandonné une dizaine d’années plus tôt. Il a beau prétendre ne se soucier de personne, on sent qu’il cherche à s’en convaincre lui-même, n’osant pas avouer ce qui apparaît pourtant dans son attitude : un amour sincère pour son enfant. Il lui manque les mots pour l’exprimer et, face à lui, l’enfant se débat lui-même avec des sentiments contradictoires. La beauté du scénario est de mettre en scène avec une clarté sobre la communication maladroite entre le père et le fils, aussi perdus l’un que l’autre. L’enjeu de l’histoire est alors de savoir s’il existe une chance pour que tous deux apprennent un jour à se connaître, en vivant ensemble.

Dans le rôle d’un shérif honnête, Jim Davis offre une composition tout en retenue et, tout en restant à la marge de l’action, s’affirme comme un allié sûr et solide pour le marshal Dillon.

Aucune scène à Dodge, les acolytes n’apparaissent donc pas.

David Brian avec Robert Sorrells, Lew Brown et Mills Watson : les "méchants"

James Arness et Mitch Vogel

David Brian et Jim Davis

 

Saison 17

(1971-1972)

 

17.07  Trafton

CBS, 25 octobre 1971

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Ron Bishop

Réalisé par Bernard McEveety

Victor French et Sharon Acker

Quatre hommes attaquent la banque de Cascabel, au Mexique. L’un d’eux, Trafton, abat le shérif et pénètre ensuite dans l’église pour voler la croix et des objets du culte en or, abattant le prêtre qui proteste. Avant de mourir, le prêtre trace le signe de la croix avec son sang sur le front de Trafton et déclare : « Je vous pardonne. » Ce geste hante le meurtrier qui ne sait comment se débarrasser d’un sentiment qu’il ne parvient pas à s’expliquer. Tandis que le marshal Dillon fait route vers le sud pour traquer le meurtrier, celui-ci remonte vers le nord, laissant derrière lui une piste que Dillon n’a aucun mal à suivre, au point qu’il se demande si l’homme ne cherche pas, délibérément, à être arrêté. C’est à Dodge City que Trafton s’arrête. Il y rend visite à la couturière Tereese Farrell et fait la connaissance de la fille de celle-ci, Maria, âgée de onze ans. C’est le nombre d’années qui s’est écoulé depuis que Trafton ivre a entraîné Tereese dans une allée. Bouleversée par sa venue, elle déclare qu’elle ne pourra jamais lui pardonner et lui demande de s’en aller. Trafton entre dans la Première Eglise de Dodge et remet au Révérend English les objets qu’il a volés à Cascabel. Mais le prêtre n’en veut pas car il sait de quelle manière ils sont parvenus entre ses mains. Trafton, furieux et tourmenté, finit par les lui jeter à la figure. Le Révérend, après un moment d’indécision, va trouver le marshal pour lui raconter l’incident. Pendant ce temps, Trafton parle à la petite Maria ; il invente, pour elle, des choses qu’il aurait entendu dire de son père, qu’elle croit mort dans un stampede alors qu’il convoyait du bétail, peignant l’homme comme un grand, vigoureux et honnête gaillard. Puis il retourne chez Tereese, qui a fait ses bagages pour s’enfuir à Kansas City. Il la supplie de n’en rien faire et jure qu’il va s’en aller et ne jamais plus l’ennuyer. Il tente de lui expliquer ce qui lui est arrivé depuis que ce prêtre lui a pardonné alors qu’il venait de l’abattre. Emue, elle est incapable de pardonner ce qu’il a fait jadis mais elle ajoute qu’elle a aujourd’hui Maria, qu’elle aime. Sur ces mots, Trafton s’en va. Dans la rue, il est interpellé par Dillon. Il songe d’abord à résister, l’arme au poing. Puis il tire, sans toucher personne, afin d’être abattu. Avant de mourir, il tend sa main ensanglantée vers le marshal et déclare : « Je pardonne »…

Victor French
Philip Carey
Patti Cohoon
Fred Stromsoe & Bill Catching

 

Sharon Acker
Marie Windsor
Manuel Padilla, Jr
Ted Jordan

 

Paul Stevens
Mike Mazurki
Clay Tanner
John Dullaghan

 

Avec Victor French (Trafton), Sharon Acker (Tereese Farrell), Paul Stevens (Reverend English), Philip Carey (Bannion), Marie Windsor (Mary K.), Mike Mazurki (Whale), Patti Cohoon (Maria Farrell), Manuel Padilla, Jr (Manuel), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke), Clay Tanner (Capps), Fred Stromsoe (Prew), Bill Catching (Brant) et (non crédité) John Dullaghan (le prêtre de Cascabel).

Victor French porte entièrement cette histoire de culpabilité et de tourment religieux qui poursuit le meurtrier d’un prêtre. Ce n’est pas le meurtre en lui-même qui bouleverse Trafton que le dernier geste du prêtre. Le pardon du mourant remet en cause la vision du monde du meurtrier. Les objets du culte qu’il a volés et dont il cherche à se débarrasser sont le symbole du tourment qui le hante. La couturière et son enfant sont, elles, le symbole d’une vie de crime que Trafton ne sait comment racheter. Dillon n’est que l’instrument du châtiment, au devant duquel se jette Trafton à la fin de l’épisode, seul moyen pour lui de résoudre son tourment. Au fil du parcours que suit le scénario, French passe de la dureté au doute et à la tendresse, touchant par sa difficulté à trouver les mots et les gestes qui pourraient le soulager.

Manuel Padilla Jr partage une scène avec Victor French. Il y est un jeune berger orphelin qui vit seul dans une petite maison, élevant ses brebis, et qui ouvre sa porte à l’étranger pour lui offrir du lait et de la nourriture. Une croix orne le mur, derrière Trafton. Celui-ci questionne l’enfant, lui demandant s’il lui est arrivé de commettre une action si mauvaise qu’elle le poursuivait ensuite. L’œil sur la croix, le jeune berger conte un incident qui paraît bien dérisoire au meurtrier mais qui illustre néanmoins le tourment de la culpabilité.

Une hiérarchie apparaît dans les personnages qui réagissent au meurtre du prêtre. Mary K, tenancière de saloon, est choquée. Bannion, homme d’affaires, tient la chose pour négligeable, moins grave en tout cas que le meurtre du shérif : celui-ci était le garant des affaires, alors que le prêtre n’avait aucune utilité pour Bannion. En entendant cela, Dillon se lève et prend congé sèchement de Bannion.

Newly assiste à la messe avec Festus, Burke et Sam. Doc n’apparaît pas. Festus essaie à deux reprises de raconter une blague à Miss Kitty et Dillon mais il se perd dans tant de détails confus qu’ils sont bien incapables de le suivre. Burke, la première fois, déclare à Festus, qui explique qu’il est en train de raconter une blague : « Certains en sont capables, d’autres non. »

Victor French marqué par John Dullaghan

Amanda Blake, James Arness, Ken Curtis : l'art difficile de raconter une blague

Mike Mazurki, Victor French et Marie Windsor

 

17.12  The Bullet Part I (aka Gold Train Part I)

CBS, 27 novembre 1971

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

Matt Dillon est à terre et ses trois plus fidèles amis veillent sur lui

Festus a la surprise de découvrir Doc Adams chez lui : le vieux filou est revenu en cachette ! Festus le traîne au Long Branch avec la promesse de lui offrir une bière mais, pendant que les clients réservent un accueil chaleureux à leur médecin, Matt Dillon est abattu d’une balle dans le dos par un tanneur de peaux qu’il a chassé de la ville quelques minutes plus tôt. L’homme, Amos Potter, est poursuivi et abattu par Festus. L’état du marshal est très sérieux : la balle est logée dans la colonne vertébrale et Doc se sent incapable de l’extraire. Il prévient un spécialiste à Denver et entreprend d’y conduire le marshal par le train. Le train, hélas, doit faire un arrêt imprévu pour décharger l’or que l’armée y fait transporter, sous la garde du Capitaine Darnell et de trois soldats. Or, parmi les passagers se trouvent plusieurs hommes qui ont planifié l’attaque du train et le vol de l’or. Le train est bientôt stoppé par leurs complices, les soldats sont tenus en respect et l’ensemble des passagers se retrouve otage. La présence à bord de Dillon, Doc et Festus, dans un autre compartiment, est d’abord ignorée des bandits, mais la tentative de Festus de voler un cheval pour aller chercher du secours au Fort Carson échoue et conduit à la découverte des passagers secrets. Or, il existe un passif entre Dillon et le chef du gang, Jack Sinclair : l’homme a perdu une main et c’est Dillon qui en est responsable…

Norman Alden
Eric Braeden
Walter Sande & Katherine Justice
Robert Hogan

 

Glenn Strange
Sam Melville
Alejandro Rey
Harry Carey, Jr

 

Warren Kemmerling
Sian Barbara Allen
Pepe Callahan
Dan Ferrone

 

Avec Eric Braeden (Jack Sinclair) et Katherine Justice (Beth Tilton), Robert Hogan (Capt. Darnell), Warren Kemmerling (conductor), Sam Melville (Nebo), John Crawford (Blanchard), Harry Carey, Jr (Kelliher), Jonathan Lippe (Roper), Pepe Callahan (Secos), Walter Sande (Caldwell), Mills Watson (Pony), Robert Sorrells (Concho), Eddie Firestone (Orely), Dan Ferrone (Private [Hopper]) et Sian Barbara Allen (Allie Dawson) et Alejandro Rey (Father Sanchez). Et avec Norman Alden (Amos Potter), Harry Harvey, Sr (Drummer), Pete Kellett (sergeant), Jon Kowal (Dunn), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke), Denny Arnold (fireman).

Dans cet unique épisode en trois parties de la série, l’opus 1 ne sert qu’à mettre en place les personnages et la situation sur laquelle repose l’histoire. Le plus intéressant est le premier acte, qui voit le retour de Doc Adams et l’accueil enthousiaste que lui font ses amis et les clients du Long Branch, en forme de célébration adressée à l’acteur Milburn Stone. La déclaration d’amitié que lui fait Festus en le découvrant dans son cabinet, où il est arrivé sans se faire voir (pour éviter, dit-il, les effusions du genre de celle que lui inflige Festus en l’embrassant sans retenue), puis celle que formule Miss Kitty quelques instants plus tard en présence des acteurs réunis autour de lui, sont adressées à l’acteur autant qu’au personnage et l’émotion lisible sur son visage vaut pour la fiction comme pour la réalité. Vient ensuite le coup de feu dans le dos qui met Dillon à terre et qui impose de le transporter, en train, jusqu’à Denver où un spécialiste, le Dr Harrington, l’opérera afin d’extraire la balle logée dans la colonne vertébrale, que Doc se sent incapable de retirer lui-même, s’estimant trop vieux pour mener à bien une opération aussi délicate (en dépit des protestations que lui adresseront Festus et Dillon lui-même plus tard, dans le train, estimant qu’il est le meilleur espoir de réussite). La suite est une longue exposition qui reprend la formule convenue du train transportant une brochette de personnages, avec chacun son histoire que l’on s’attend à voir révélée au fur et à mesure de l’action, et une poignée de bandits qui ont comploté l’attaque du train afin de voler le chargement d’or que l’armée y convoie. L’ensemble est lent et sans surprise. Cette première partie s’achève sur le moment où la présence de Dillon dans le train est révélée, précédé d’une annonce qui exacerbe le danger encouru par le marshal immobilisé sur une civière : c’est lui-même qui a logé une balle dans la main que le chef des bandits, Jack Sinclair, n’a plus.

 

17.13  The Bullet Part II (aka Gold Train Part II)

CBS, 6 décembre 1971

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

Milburn Stone et Amanda Blake

Doc parvient à faire passer Dillon pour mort, comptant sur la répulsion inspirée par les cadavres pour dissuader Nebo et Concho de toucher le corps. Il donne à celui-ci un faux nom, Walters. L’une des passagères, cependant, Beth Tipton, qu’un détective de l’agence Pinkerton, Caldwell, a arrêtée sur l’ordre du mari, à qui il la ramène, à Denver, a assisté à l’embarquement du marshal et elle n’est pas dupe du mensonge de Doc. Elle se tait mais, comptant sur Jack Sinclair pour l’emmener avec elle quand il quittera le train avec l’or, elle fait comprendre à Kitty, en aparté, qu’elle pourrait bien éventer le secret. Kitty la met au défi de le faire. Sinclair, lui, n’a aucune intention de s’encombrer d’une femme et les minauderies de Beth Tipton n’ont guère d’effet sur lui. Il réquisitionne les passagers valides pour aider ses hommes à transvaser l’or dans un chariot. Mais Festus et Newly parviennent à s’échapper avec le chariot, l’or et les chevaux des bandits. Ils attirent dans leur sillage Sinclair et cinq de ses hommes, déterminés à les rattraper, même à pied, en comptant sur la difficulté du terrain pour les stopper. Pendant ce temps, à bord du train où les passagers sont tenus en respect par Blanchard et Concho, Beth Tipton essaie ses charmes sur Blanchard et lui révèle que le mort est en réalité le marshal Dillon, bien vivant. Alors que Dillon fait un effort surhumain pour tenter d’attraper son revolver pendu à la paroi de son compartiment, Concho s’apprête à entrer pour vérifier les dires de Beth et, le cas échéant, achever le marshal…

Eric Braeden
John Crawford

 

Katherine Justice
Robert Sorrells

 

Eddie Firestone
Jonathan Lippe

 

Avec Eric Braeden (Jack Sinclair) et Katherine Justice (Beth Tilton), Robert Hogan (Capt. Darnell), Warren Kemmerling (conductor), Sam Melville (Nebo), John Crawford (Blanchard), Harry Carey, Jr (Kelliher), Jonathan Lippe (Roper), Pepe Callahan (Secos), Walter Sande (Caldwell), Mills Watson (Pony), Robert Sorrells (Concho), Eddie Firestone (Orely), Dan Ferrone (Private [Hopper]) et Sian Barbara Allen (Allie Dawson) et Alejandro Rey (Father Sanchez). Et avec Norman Alden (Amos Potter), Harry Harvey, Sr (Drummer), Pete Kellett (sergeant), Jon Kowal (Dunn), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke).

Générique et extraits de la première partie occupent neuf minutes au début de cet épisode. La distribution est identique à celle de la 1e partie moins Denny Arnold, tué dans l’épisode précédent et qui n’apparaît pas dans les extraits de la 1e partie (au contraire de Norman Alden, tué aussi la semaine précédente mais présent dans les extraits).

Cette deuxième partie comporte plus d’action que la première. Doc recueille les confidences du Père Sanchez, un prêtre que son expérience au village mexicain de Galindo a profondément affecté, au point de le convaincre de l’inutilité de sa foi, tandis que Beth Tipton intrigue en se servant de la présence de Dillon comme d’un moyen de pression. Festus et Newly, en emportant l’or, offrent un décrochage bienvenu qui éloigne une partie des personnages du train immobilisé sur les rails et permet une escapade en décors naturels. Dillon, lui, bien qu’immobile, réussit tout de même l’exploit d’un coup d’éclat. Quant à Kitty, elle sort les griffes en montrant sa détermination à sauver « son homme », dût-elle tuer pour cela, et Doc confesse au blessé son refus de l’opérer car il n’a pas confiance en ses capacités, s’estimant trop vieux, et surtout il ne veut pas être celui qui fera du marshal un invalide. Bref, l’immobilité reste un facteur important du scénario mais celui-ci ménage tout de même son lot de tractations, d’émotions et d’action.

Kitty à Beth Tipton, au sujet de Dillon : « He is my man and I’ll do anything to keep him alive. Even to killing the likes of you. »

Dans la scène qu’il partage avec Katherine Justice au milieu de l’épisode, on voit la main de Braeden bouger à l’intérieur du fourreau en cuir qui la recouvre.

Le nom du Burlington Northern R.R. (RailRoad) est inscrit sur la locomotive et l’un des wagons du train, qui porte le n°8. Dans son entrée en gare de Dodge, dans la première partie, on lisait South Western R.R. et le n°22 ; c’était une scène d’archives.

Doc garde une Bible dans la sacoche où il range ses instruments. 

 

17.14  The Bullet Part III or Conclusion (aka Gold Train Part III)

CBS, 13 décembre 1971

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Jim Byrnes

Réalisé par Bernard McEveety

Peut-on sauver le marshal Dillon ?

Les otages reprennent le contrôle du train et entreprennent de couper assez de bois pour relancer la locomotive, les hors-la-loi ayant brûlé le combustible afin de les en empêcher tandis que Sinclair pistait le chariot d’or. Le Capitaine Darnell veut repartir aussi tôt que possible, dût-il compromettre l’opération que Doc a finalement résolu de pratiquer sur Dillon. Le Père Sanchez, en effet, l’en a persuadé, affirmant que lui-même renonçait à quitter les ordres et souhaitait au contraire retourner au Mexique. Kitty, la jeune Allie Dawson et le Père Sanchez assistent Doc durant l’opération. Pendant ce temps, dans la prairie, Festus et Newly abandonnent le chariot et reviennent au train en montant les mules qu’ils ont dételées. Sinclair persuade ses hommes de pousser eux-mêmes le chariot jusqu’au train : c’est le seul moyen de pouvoir emporter l’or, en récupérant les mules. Ils y parviennent, au prix d’un effort surhumain, et font le siège du train qui est prêt à repartir. Les coups de fusil retentissent à l’extérieur tandis que Doc parvient enfin à extraire la balle du dos de Dillon. Le marshal est sauvé mais encore très faible. Darnell réussit à relancer le train mais Sinclair et Secos parviennent, eux, à y monter. Tentant une dernière fois de s’attirer les bonnes grâces de Sinclair, Beth Tipton lui révèle la présence du marshal Dillon à bord…

Alejandro Rey
Walter Sande

 

Robert Hogan
Katherine Justice

 

Warren Kemmerling
S. Barbara Allen & H. Harvey, Sr

 

Avec Eric Braeden (Jack Sinclair) et Katherine Justice (Beth Tilton), Robert Hogan (Capt. Darnell), Warren Kemmerling (conductor [Duncan]), Sam Melville (Nebo), John Crawford (Blanchard), Harry Carey, Jr (Kelliher), Jonathan Lippe (Roper), Pepe Callahan (Secos), Walter Sande (Caldwell), Mills Watson (Pony), Robert Sorrells (Concho), Eddie Firestone (Orely), Dan Ferrone (Private [Hopper]) et Sian Barbara Allen (Allie Dawson) et Alejandro Rey (Father Sanchez). Et avec Harry Harvey, Sr (Drummer), Pete Kellett (sergeant), Jon Kowal (Dunn), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke).

Générique et extraits occupent cette fois plus de neuf minutes. Bout à bout, les trois parties composeraient donc un téléfilm de deux heures dix.

La dernière partie est le temps des revirements. L’escapade en prairie forme une boucle qui ramène tout le monde au train pour un finale qui parvient à ménager une forme de duel entre Dillon et son ennemi Sinclair. Entre-temps, Doc reçoit l’aide du Père Sanchez pour surmonter sa peur d’opérer. Le moment le plus célèbre de l’épisode se situe entre les minutes 12 et 16 : c’est durant près de quatre minutes en effet qu’Amanda Blake prononce ce qui est sans doute sa plus longue tirade de toute la série. Elle se remémore, en plan rapproché, son arrivée à Dodge City dix-sept ans plus tôt et la première fois qu’elle vit Matt Dillon, offrant au public sa vision de la relation si particulière qui l’unit au marshal depuis tout ce temps. Voici le monologue :

« Seventeen years. Seventeen years ago this month. I’ll never forget that first day as long as I live. It was raining. I was cold and hungry and miserable. When I stepped off that stagecoach and saw those ugly buildings and all those muddy streets, I hated Dodge City. I was down to my last $40 and it couldn’t have taken me much further. But you couldn’t have paid me to stay in Dodge. I waded over to the cafe and… was hurrying through breakfast so I could get back on the stage, and… a man came in. And he sat down across the room from me. He was the biggest man I have ever seen in my life. And he also ate the bigger breakfast I’d ever seen in my life. He was so busy polishing off all of his eggs and ham and biscuits that he didn’t even notice me. But I noticed him. I noticed him so much… that I decided to stay for a while. And stay I did. In spite of the fact that, um, I found out that the big man wore a big badge and he didn’t think he had any, um, right to get involved in any kind of permanent relationship. Oh, we really fought some battles about that. Seems to me that, um, I left three or four times. Just swearing up and down that under any circumstances was I gonna see him or his damn badge again. But… I always came back. And once, he even came to get me. Now, here we are. After seventeen years. And that’s got to be… the longest non-permanent relationship in history. But I wouldn’t change one day of it. Not one day. » « Dix-sept ans. Cela fait dix-sept ans ce mois-ci. Je n’oublierai jamais ce tout premier jour, aussi longtemps que je vivrai. Il pleuvait. J’étais frigorifiée, affamée, pitoyable. Quand je suis descendue de cette diligence et que j’ai vu ces bâtiments affreux et toutes ces rues pleines de boue, j’ai détesté Dodge City. Je n’avais plus que $40 en poche et ils ne m’auraient pas menée beaucoup plus loin. Mais à aucun prix je ne serais restée à Dodge ! J’ai pataugé jusqu’au café et… je me dépêchais d’avaler un petit déjeuner pour pouvoir reprendre la diligence, et… un homme est entré. Et il s’est assis de l’autre côté de la pièce. C’était l’homme le plus grand que j’aie jamais vu. Et il a aussi avalé le plus grand petit déjeuner que j’aie vu de toute ma vie. Il était tellement occupé à triturer tous ses œufs, son jambon et ses toasts qu’il ne m’a même pas remarquée. Mais moi, je l’ai remarqué. Je l’ai si bien remarqué… que j’ai décidé de rester quelque temps. Et pour rester, je suis restée ! En dépit du fait que… j’ai découvert que le grand homme portait un gros insigne et qu’il pensait n’avoir aucun… droit de s’engager dans aucune relation permanente. Oh, on en a mené, des batailles, autour de ça ! Je crois bien que… je suis partie trois ou quatre fois. En jurant mes grands dieux que sous aucun prétexte je ne le reverrais, lui ou son foutu insigne. Mais… je suis toujours revenue. Une fois même, il est revenu me chercher. Maintenant, nous voilà. Après dix-sept ans. Et c’est sans aucun doute… la plus longue relation non-permanente de l’histoire. Mais je n’y changerais pas un seul jour. Pas un seul. »

Durant cette tirade, Dillon est allongé sur le ventre, sur la civière où il passe l’essentiel des trois épisodes, et on ne sait pas s’il est conscient ou non. Ce n’est qu’à la fin qu’il ouvre les yeux, trouve la force de tourner la tête vers Kitty et déclare : « I noticed that day, Kitty. I noticed. » C’est ce que Gunsmoke a de plus proche d’une déclaration d’amour.

 

Saison 18

(1972-1973)

 

18.12  The Brothers (aka Incident at Sayville Junction)

CBS, 27 novembre 1972

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Calvin Clements

Réalisé par Gunnar Hellstrom

Amanda Blake et Steve Forrest

Au relais de diligence de Sayville (Sayville Junction), Jay Wrecken est tué de deux balles : l’une, dans le dos, tirée par Beal Brown ; l’autre, dans la poitrine, par Miss Kitty. L’homme s’était montré pressant durant tout le voyage en diligence et menaçait de devenir dangereux au relais, où il s’était retrouvé seul avec Kitty et un autre passager, Beal Brown. Ce dernier, l’ayant reconnu comme le hors-la-loi recherché dans plusieurs Etats, l’a abattu dans le dos, au moment précis où Kitty, pour se défendre, lui tirait dans la poitrine avec son Derringer.

Kitty retourne à Dodge en disant au shérif de Sayville qu’elle ne veut rien toucher de la prime, préférant oublier au plus vite cet incident. Brown n’est que trop heureux de pouvoir encaisser la totalité de la prime, qui s’élève à plusieurs milliers de dollars, mais il devra attendre pour cela qu’elle soit virée à Dodge City, sous la responsabilité du marshal.

Or, Jay Wrecken a un frère, Cord, plus dangereux encore que lui. Se faisant passer pour un journaliste, Jules Hawkins, du Tulsa Dispatch, il prétend recueillir des informations sur la mort de Jay. Mais il assassine ceux qui y ont été mêlés : le shérif Crane, puis le croquemort qui s’est réjoui de sa mort. Il arrive à Dodge City au moment où le marshal quitte la ville et il se met en quête de gens détenant des informations. Après avoir écouté une conversation au Long Branch, il pense en trouver auprès de Nathan Burke, qu’il laisse pour mort après l’avoir questionné en vain. Retrouvé par Festus et Newly, il sera sauvé par Doc. Puis Cord remarque Beal Brown qui, terrifié, ne met pas longtemps à lui raconter ce qui s’est passé, en prenant soin d’acxcuser Kitty de l’avoir forcé à tuer Jay. Un mensonge qui ne le sauve pas. Cord s’introduit alors dans la chambre de Kitty et terrifie une fille qui s’y trouve, Flo, avant de se sauver par la fenêtre. Dillon, revenu en ville après avoir fait son enquête à Sayville, décrète un couvre-feu et nomme des adjoints pour quadriller la ville. Ils arrêtent un homme, un voyageur descendu au Dodge House, et l’emmènent devant le marshal qui le présente à Burke : au moment où celui-ci affirme que ce n’est pas l’homme qui l’a attaqué, Miss Kitty se retrouve seule au Long Branch, où Cord s’est introduit

Steve Forrest
Richard O'Brien
Jon Kowal & Al Berry
Glenn Strange

 

Joe Silver
Eddie Ryder
John Harper
Howard Culver

 

Angus Duncan
Regis J. Cordic & Joe Silver
Ted Jordan
Reid Cruickshanks

 

Avec Steve Forrest (Cord Wrecken), Joe Silver (Beal Brown), Richard O’Brien (Carter), Angus Duncan (Jay Wrecken), Regis J. Cordic (Sheriff Crane), Eddie Ryder (the undertaker [in Sayville]), Edward Faulkner (drummer), Reid Cruickshanks (Mr Denton), Terry Wilson (liveryman), Danil Torpe (Alf), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke), Howard Culver (Howie), John Harper (Percy Crump), Nancy Fisher (Flo), Jon Kowal (barfly Joe), Al Berry (barfly Bob), Daniel M. White (oldtimer), Phil Chambers (shotgun).

Troisième participation de Steve Forrest à la série, troisième scénario bâti sur une formule analogue : l’essentiel se passe dans le décor réduit de Dodge City, repose sur la nature froide et meurtrière de Forrest et conduit à une confrontation entre ce dernier et Amanda Blake. Le fusil caché sous le comptoir y joue un rôle, pour la troisième fois, et Dillon surgit in extremis pour affronter Forrest.

Festus et Doc ont une conversation savoureuse au sujet d’un torticolis sur lequel Festus voudrait un avis médical sans dire qu’il s’agit de son propre cou et sans avoir à payer le prix d’une consultation. Doc a tôt fait de comprendre la démarche et il finit par asséner à Festus un avis médical catégorique : « Tu es hypocondriaque ! » Ce qui laisse Festus non sans voix (c’est impossible) mais réduit à baragouiner une insulte : « You’re an old quack, quack, quack ! » (Un peu avant, il a aussi utilisé son expression habituelle, « old scutter », ici étendue à « blamed old scutter ».) Doc entre ensuite au Long Branch en riant et dit à Miss Kitty qu’il vient de gâcher la journée de Festus ; à Kitty qui dit « quel dommage » il répond « au contraire, je ne me suis levé que pour ça ce matin ».

Buck Taylor, James Arness et Ken Curtis

Amanda Blake et James Arness : dans mes bras, Miss Kitty

 

Saison 19

(1973-1974)

 

19.05  The Widowmaker

CBS, 8 octobre 1973

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Paul F. Edwards

Réalisé par Bernard McEveety

Barra Grant et Steve Forrest

L’arrivée de trois cavaliers est remarquée à Dodge City. Les trois hommes, sombres, tendus, descendent de leur cheval et se postent en ligne à quelque distance de la diligence qui dépose ses passagers. Ils interpellent l’un d’entre eux, qui leur fait face sans plaisir, la lassitude inscrite sur son visage autant que la détermination. Quand ils dégainent, il est plus rapide qu’eux : les trois hommes mordent bientôt la poussière.

Le marshal Dillon a tôt fait de mettre un nom sur l’étranger qui, sitôt les trois hommes refroidis, a quitté la ville avec sa jeune femme. Ils se sont installés dans une ferme qu’ils ont achetée à l’extérieur de la ville. L’homme a pour nom Scott Coltrane. Il fut l’un des plus célèbres gunslingers de l’Ouest avant de partir vers le Mexique. Là, il a tenté de se faire oublier et d’échapper à tous les as de la gâchette anxieux de prouver leur virilité en se mesurant à lui. Hélas, il n’a pas été oublié, l’incident de Dodge City le prouve. Les trois hommes étaient eux-mêmes des tireurs renommés, Deak Towler, Buck Lennart, Sundog Wheeler. Matt est convaincu de la sincérité de Coltrane mais le prévient que, si sa présence fait venir les ennuis à Dodge, il devra lui demander de partir. Et les problèmes ne tardent pas car une autre légende de la gâchette, le jeune Kid Chama, arrive bientôt à Dodge avec Dad Goodpastor. Ce dernier n’a jamais été une fine gâchette lui-même mais il a pris le Kid sous son aile et il veut le mesurer à Scott Coltrane pour parfaire sa légende. Il n’a de cesse d’avoir trouvé Coltrane, qui se terre dans sa ferme en y cherchant la paix. Quand il y parvient, il lui fixe un rendez-vous, laissant clairement entendre que la vie de sa jeune épouse ne sera pas tranquille s’il ne l’honore pas. Coltrane y va donc. Red Oak Springs, lever du soleil. Kid Chama n’a aucun doute sur l’issue du duel. Il n’aura guère le temps de déchanter tant la balle de Coltrane le tuera vite.

Dillon convoque alors Coltrane dans son bureau. Devant les habitants réunis dans la rue, les deux hommes ont une vive discussion et en viennent aux mains. Dillon confisque son arme à Coltrane et le jette hors de la ville. Coltrane, humilié, jure qu’il n’en restera pas là et qu’il reviendra pour lui en demander raison. Ce qu’il fait bientôt. De nouveau, la ville se masse autour des deux hommes qui se font face dans la rue principale…

Steve Forrest
Randolph Roberts
Glenn Strange & Amanda Blake

 

David Huddleston
Don Carter
Ted Jordan & Ken Curtis

 

Barra Grant
Rand Bridges
J.R. Clark & Jerry Gatlin

 

Avec Steve Forrest (Scott Coltrane), David Huddleston (Dad Goodpastor), Randolph Roberts (Kid Chama) et Barra Grant (Teresa), Glenn Strange (Sam), Ted Jordan (Burke), Hank Patterson (Hank), Jerry Gatlin (Buck Lennart), James Chandler (preacher), Don Carter (boy), Rand Bridges (Deak Towler), J.R. Clark (Sundog Wheeler).

Enfin un rôle plus sympathique pour Steve Forrest, qui lors de ses trois précédentes apparitions (14.17, 15.23, 18.12) avait en gros repris le même rôle d’un épisode à l’autre, celui du tueur froid et sadique. Ici, il est toujours un tireur redoutable et redouté, l’une des légendes de l’Ouest (on cite quelques autres, McCallister, Jobson, Dillon lui-même et Kid Chama), mais il n’aspire qu’à la paix d’une vie de fermier avec sa jeune épouse, loin de la violence dont il se dit écœuré jusqu’au tréfonds. Un rôle de pure convention dans l’univers du western, et il ne faut pas attendre ici autre chose que ce que l’on a déjà vu ailleurs. Mais Forrest y trouve l’occasion d’un registre plus tendre et, surtout, d’un véritable échange avec Arness qui, dans les trois segments antérieurs, n’avait joué que l’antagoniste ultime, absent de la plus grande partie de l’épisode. Ici, les deux acteurs partagent plusieurs scènes, la meilleure étant la première parce qu’elle met en présence deux hommes, deux personnalités, sans les dresser l’un contre l’autre. Le dernier acte n’est certainement pas à l’honneur du marshal Dillon et ne peut que mettre le spectateur mal à l’aise : la façon dont Dillon traite le « problème Coltrane » est tout simplement indigne. Il faut attendre l’épilogue pour l’éclairer d’une autre façon…

 

 

 

19.21  Trail of Bloodshed

CBS, 4 mars 1974

Producteur exécutif John Mantley

Produit par Leonard Katzman

Ecrit par Earl W. Wallace

Réalisé par Bernard McEveety

Kurt Russell

Festus traque Rance Woolfe, qui a rudement battu son ami Boney Lathrop pour lui voler moins de deux dollars. Il arrive à la ferme de John Woolfe, le frère de Rance, et le trouve étendu mort sur le sol. Près de lui, son fils de dix-huit ans, Buck Henry, lui-même blessé à la tête. Le jeune homme raconte que son oncle Rance a tué son père avant de lui tirer dessus à son tour et de s’enfuir en emportant les économies de John. Festus aide Buck Henry à enterrer son père. Mais le jeune homme est déterminé à passer outre les ordres de l’adjoint du marshal et à traquer le meurtrier de son père. Il assomme Festus avec une poêle et le ligote sur un lit pour pouvoir partir seul. Il passe voir son voisin Brodie pour lui demander de passer à la ferme durant son absence et dire au revoir à la fille du fermier, Joanie, qu’il a l’intention d’épouser un jour. C’est Brodie qui trouvera et libèrera Festus.

L’adjoint, suivant la piste de Buck Henry, trouvera sur sa route la jeune Joanie montée sur une mule et aussi obstinée que Buck Henry : car elle refuse de rebrousser chemin, décidée à retrouver Buck Henry. Tous deux arrivent dans une ville où ils rencontrent, au saloon, un joueur qui leur apprend que Rance et le garçon sont déjà passés : Buck Henry a été blessé à la jambe après avoir tiré sur Rance, qui est parti à cheval pendant que le joueur, deux filles et le barman pansaient la blessure du jeune homme, reparti aussitôt ç la poursuite de son oncle. Cette fois, Festus ordonne à Joanie de rester là, sous la garde du joueur, tandis qu’il reprend son cheval.

Festus rattrapera les deux hommes alors qu’ils seront en train de régler leurs comptes. Le seul coup de feu tiré par Festus sera pour abattre Rance Woolfe avant qu’il ne tue son neveu. Festus aide ensuite Buck Henry à panser de nouveau sa blessure puis le laisse retrouver Joanie au saloon pour reprendre lui-même la route de Dodge City…

Kurt Russell
Craig Stevens

 

Tom Simcox
Harry Carey, Jr

 

Janit Baldwin
Larry Pennell

 

Avec Kurt Russell (Buck Henry), Tom Simcox (Rance Woolfe), Harry Carey, Jr (Amos Brodie), Janit Baldwin (Joanie [Brodie]), Larry Pennell (John Woolfe), Craig Stevens (The Gambler), Woodrow Chambliss ([Boney] Lathrop), Nina Roman (Rita), Read Morgan (bartender), Gloria Dixon (lady card dealer).

Kurt Russell, qui était apparu neuf ans plus tôt dans la série (10.01), incarne cette fois le fils d’un fermier déterminé à retrouver le meurtrier de son père. Le personnage est d’emblée sympathique : simple, honnête, fils aimant d’un père aimant, aussi décidé que son père était obstiné, il montre une légèreté malicieuse avec sa petite amie et une opiniâtreté sans faille quand il lui faut suivre la piste du meurtrier, sans jamais se départir de son honnêteté. A l’opposé, le meurtrier apparaît comme un homme dénué de sentiments positifs, animé par la jalousie, la colère, le goût de l’argent facile (celui qu’on vole à un vieil homme ou à son propre frère, dût-on l’abattre froidement). Un homme sans principes face à un garçon foncièrement droit. Festus assure le lien avec Gunsmoke en promenant sa gouaille mais aussi sa propre détermination à la rencontre des différents personnages qui composent l’histoire. Craig Stevens apparaît dans le rôle d’un joueur dont les quelques scènes suggèrent la complexité, entre cynisme et droiture.

Milburn Stone apparaît dans la première et la dernière scènes, James Arness uniquement dans la dernière, Amanda Blake et Buck Taylor pas du tout.

 

 

Kurt Russell
Craig Stevens

 

Tom Simcox
Harry Carey, Jr

 

Janit Baldwin
Larry Pennell

 

 

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1970s
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