Guide réalisé par Thierry Le Peut

saison 1  -  saison 2  -  saison 3  -  saison 4  -  saison 5  -  saison 6  -  saison 7  -  saison 8

(les saisons suivantes suivront... selon l'envie et le temps du guidemaker)

Clint Eastwood, Paul Brinegar et Steve Raines posent avec deux des "nouveaux", Raymond St. Jacques (debout à l'arrière) et David Watson (accroupi au centre)

John Ireland et Raymond St. Jacques

Paul Brinegar et Raymond St. Jacques

Clint Eastwood avec Raymond St. Jacques et David Watson

 

Saison 8

(1965-1966)

 

Avec Clint Eastwood (Rowdy Yates), John Ireland (Jed Colby), Paul Brinegar (Wishbone), Steve Raines (Jim Quince), Raymond St. Jacques (Simon Blake).

 

producteur exécutif Ben Brady

produit par Robert E. Thompson

producteur associé Robert Stillman

story editor Herman Miller

 

8.01  Encounter at Boot Hill

CBS, 14 septembre 1965

Ecrit par Anthony Spinner

Réalisé par Sutton Roley

Paul Brinegar et Clint Eastwood

Deux hommes de Rowdy, Cabot et Peters, tentent d’empêcher la pendaison de deux hommes par Morgan Kane et son fils Jethroe. Peters est tué, Cabot blessé et la pendaison a quand même lieu. Ayant trouvé Cabot blessé, Rowdy et Simon Blake l’emmènent jusqu’à la ville la plus proche, Regis, pour le faire soigner et prévenir le shérif de ce qui s’est passé. Rowdy a tôt fait de constater que le shérif et la brute qui lui sert d’adjoint, Walker, ne sont guère préoccupés de rendre la justice. Morgan Kane est un homme respecté dans la communauté et le shérif justifie la pendaison des deux hommes par le meurtre de Vance, le second fils de Kane. Rowdy n’en réclame pas moins que justice soit rendue pour la mort de Peters. Devant sa menace d’alerter le marshal fédéral à Wichita, le shérif Blaine accepte de réunir une commission d’enquête mais celle-ci n’est qu’une parodie de justice. Le docteur et barbier de la ville, Jarvis, fait office de juge mais Blaine tient manifestement les rênes et le jury déclare les Kane innocents. Rowdy déclare alors à Morgan et Jethroe qu’il compte les conduire devant la justice de Wichita. Ce soir-là, il se rend avec Simon à la ferme des Kane. Blaine et Walker y sont également ; sous la menace de leurs armes, ils forcent Rowdy et Simon à jeter les leurs puis exhortent Morgan Kane à abattre les deux étrangers qui se sont introduits sur ses terres. C’est alors que Jethroe s’interpose et révèle la vérité sur la mort de son frère, qui met en cause l’histoire de la famille, de vieilles rancoeurs et les motivations occultes du shérif Blaine…

Simon Oakland
Timothy Carey

 

Jeff Corey
Malcolm Atterbury (à dr.)

 

Peter Haskell
Dal Jenkins

 

Avec Simon Oakland (Sheriff Blaine), Jeff Corey (Morgan Kane), Peter Haskell (Jethroe Kane) et pour la première fois David Watson (Ian Cabot). Et avec Malcolm Atterbury (Jarvis), Timothy Carey ([Ed] Walker) et (non crédités) Dal Jenkins (Lodie Adams), Al Wyatt Sr (Peters).

Devenu chef de convoi avec le départ de Favor, Rowdy dirige l’action dans cet épisode qui laisse le troupeau de côté pour conduire les protagonistes dans une ville en deuil, où dorment de lourds secrets. En les agitant, Rowdy force le dévoilement d’une vérité que d’aucuns auraient voulu ignorer ou dissimuler.

Première apparition de David Watson, qui débute également à l’écran. Il reprendra le rôle de Ian Cabot dans quatre épisodes de la saison.

introducing David Watson as Ian Cabot

Clint Eastwood et Raymond St. Jacques

Steve Raines

Peter Haskell

 

8.02  Ride a Crooked Mile

CBS, 21 septembre 1965

Adaptation de N. B. Stone, Jr et Herman Miller, histoire de N. B. Stone, Jr

Réalisé par Justus Addiss

John Drew Barrymore et Clint Eastwood

Jed Colby rencontre dans la prairie un homme et un cheval. Le cheval est un animal magnifique dont Jed s’entiche au premier regard, mais il appartient à l’homme, Danny Hawks, qui n’a nulle intention de s’en séparer. Jed lui propose un travail dans le convoi, forçant la main à Rowdy qui a un mauvais pressentiment. Il ne faut pas bien longtemps pour le confirmer : Nat Benson, un rancher, paraît dans le campement accompagné de deux tireurs. Il accuse Hawks de lui avoir volé le cheval ; l’animal était l’enjeu d’une partie de poker mais Benson affirme que Hawks a triché. Comme il n’a que sa parole à l’appui de cette accusation, Rowdy refuse de lui remettre Hawks sans la présence d’un représentant de la loi. Benson se retire mais empoisonne le point d’eau le plus proche et fait dire à Rowdy par Quince qu’il agira de même avec tous les points d’eau à venir jusqu’à ce qu’on lui remette Hawks. En allant seul parler à Benson, Rowdy devient son otage. Hawks se rend seul, à son tour, au devant de Benson. Il ne provoque pas ouvertement ce dernier mais fait en sorte qu’il dégaine son arme, et l’abat. Rowdy veut remettre Hawks au shérif le plus proche afin de laisser la Loi décider s’il s’agit de légitime défense ou de meurtre. Jed, qui est toujours anxieux de devenir propriétaire du cheval de Hawks, accompagne Rowdy et le prisonnier. Ce dernier parvient à défaire ses liens et à éloigner Rowdy un instant, espérant s’enfuir. Il a manifestement des choses à se reprocher qui lui font redouter la justice, et il pourrait bien être prêt à tuer de nouveau pour échapper au châtiment…

John Ireland
John Drew Barrymore

 

Steve Raines
Douglas Kennedy

 

Raymond St. Jacques
Harry Lauter

 

Avec John Drew Barrymore (Danny Hawks), Douglas Kennedy (Nat Benson), Harry Lauter (wrangler).

Nouvelle rencontre sur la piste. Deux personnages seulement viennent troubler la vie du convoi, dans une histoire qui repose sur un postulat simple et sur la personnalité de Hawks, joué par John Drew Barrymore, qui suscite a priori autant de sympathie que de méfiance.

Première apparition de Jed Colby joué par John Ireland (qui a déjà participé à la série dans trois épisodes où il jouait des rôles différents). Il bénéficie d’une présence importante à l’écran, égale à celle d’Eastwood. L’intrigue repose en partie sur le désir que suscite chez Colby un cheval magnifique, et sur la divergence d’appréciation de Colby et Rowdy. Colby étant nouveau dans la série, on ne sait pas si la divergence peut évoluer en véritable opposition et le dénouement tire parti de cette incertitude.

Clint Eastwood et John Ireland

John Ireland et Raymond St. Jacques

Clint Eastwood et Raymond St. Jacques

Steve Raines et Raymond St. Jacques

 

8.03  Six Weeks to Bent Fork

CBS, 28 septembre 1965

Ecrit par Mort R. Lewis

Réalisé par Thomas Carr

Clint Eastwood et James Gregory

Rowdy accepte de conduire le bétail de Fletcher à Bent Fork en six semaines. Fletcher lui impose son propre « segundo », Lash Whitcomb, qui a déjà fait le voyage et connaît parfaitement la piste. Lash et Rowdy n’ont pas la même manière de mener un troupeau ni de diriger les hommes et ils ont tôt fait de s’en rendre compte. Lash, néanmoins, est efficace et il a à cœur de remplir le contrat. Lorsque Rowdy est blessé en tombant de cheval alors que des Arapahos volent cinq têtes de bétail, il cède la direction du convoi à son second qui ne ménage ni les hommes ni les bêtes mais parvient à rattraper le retard accumulé pendant les premiers jours, ne perdant en outre aucune bête dans la traversée d’une rivière difficile. Il ne reste que trois miles avant Bent Fork quand le troupeau arrive dans le comté de Dawkins et la crainte de ne pas tenir les délais s’estompe. Mais le shérif du lieu, John Keeley, interdit le passage à Rowdy au prétexte que toutes les bêtes venant du Texas sont soumises à une quarantaine de… soixante jours. Il a sous ses ordres un certain nombre d’adjoints et ne tient compte d’aucun argument de Rowdy, faisant surveiller le troupeau pour l’empêcher de contourner sa ville. Il s’agit bien de sa ville, en effet : son nom s’affiche sur la plupart des commerces, son étoile lui donne le droit d’imposer ses conditions et même le juge de district lui est acquis. Rowdy comprend alors que Lash était au courant depuis le début et que c’est même la raison pour laquelle Fletcher a imposé sa présence : dans le cas où le chef de convoi refuserait de payer le droit de passage que réclame Keeley, Lash a pour mission de négocier. Mais Rowdy refuse. S’il a dû céder la direction du convoi à Lash, au risque de passer pour un tire-au-flanc aux yeux de ses propres hommes, il ne cèdera pas au chantage. Lash fait alors défection, ne croyant pas que Rowdy puisse faire fléchir Keeley. Mais Rowdy décide de mener le troupeau par la ville, mettant Keeley au défi de provoquer un stampede en tirant le moindre coup de feu…

James Gregory
Vaughn Taylor

 

R.G. Armstrong
Roy Roberts (à dr.)

 

L.Q. Jones
Roberto Contreras

 

Avec James Gregory (Lash Whitcomb), R.G. Armstrong (Sheriff John Keeley), L.Q. Jones (Pee Jay Peters), David Watson (Ian Cabot), Vaughn Taylor ([Henry] Clay Heath [Attorney]) et (non crédités) Roy Roberts (Fletcher), Roberto Contreras (Arapaho).

Rowdy Yates doit faire ses preuves en tant que chef de convoi et la présence d’un « second » expérimenté, plus âgé et moins tendre, met en exergue ses prétendues faiblesses, au point que même le spectateur acquis au personnage de Rowdy peut s’impatienter. Il faut attendre le dénouement pour vérifier si Rowdy a le cran nécessaire pour mener à bien son contrat, face à un shérif corrompu qui semble déterminé à ne rien céder. Commentaire de Wishbone : « That Rowdy Yates has begun to act like he’s grown whiskers. » (« Ce Rowdy Yates commence à agir comme un homme qui a du poil au menton. »)

Ian Cabot chante et siffle The British Grenadiers et l’ensemble des cow-boys lui emboîte le pas dans la scène finale. L’accent anglais de Cabot n’a pas encore été commenté mais il fait à un moment une remarque à Rowdy qui souligne qu’il n’est pas Américain (il ironise sur la Déclaration d’Indépendance dont les Américains font grand cas). Whitcomb le décrit comme un débutant et Rowdy en convient.

On apprend que Simon Blake a été buffalo soldier et a combattu à Cold Harbor, l’une des batailles les plus sanglantes de la guerre de Sécession, en 1864, sous les ordres du Général Grant.

Les six semaines du titre occupent la moitié de mai et la presque totalité de juin 1872, comme l’atteste le calendrier de Wishbone.

John Ireland n’apparaît pas et n’est pas crédité au générique. L.Q. Jones reprend le rôle de Peters dans l’épisode 8.08. Le cow-boy tué au début de l’épisode 8.01 s’appelait aussi Peters.

28’40’’ : un (rare) effet spécial visible, retouchant un paysage réel pour figurer un précipice.

Paul Brinegar avec Raymond St. Jacques, David Watson, Steve Raines et, au fond, L.Q. Jones

Paul Brinegar et Clint Eastwood

David Watson, Clint Eastwood et Raymond St. Jacques

Raymond St. Jacques

 

 

 

8.04  Walk Into Terror

CBS, 5 octobre 1965

Adaptation de Joanna Thompson et Jerry Adelman, histoire de Jerry Adelman

Réalisé par Thomas Carr

Clint Eastwood et Claude Akins

Quince et Simon explorent une mine abandonnée lorsque le premier est attaqué par un ours. Les coups de feu tirés par Simon pour tuer l’animal provoquent un éboulement qui piège les deux hommes dans une galerie emplie de gaz. Rowdy et Jed Colby ameutent aussitôt tous les hommes pour les secourir. Il apparaît vite dangereux d’essayer de les atteindre en creusant la partie éboulée. Jed trouve un tuyau d’air qui traverse une paroi rocheuse et communique avec la galerie où sont piégés Quince et Simon. Quince a été blessé par l’ours et est très faible. Simon parvient à communiquer avec Jed, Wishbone et Rowdy par le tuyau mais le gaz menace de les tuer. L’un des cow-boys, Ed Rankin, se souvient d’avoir vu du gel explosif dans une vieille cabane de mineurs et suggère de provoquer une explosion qui ouvrira une brèche jusqu’aux sinistrés. Rankin est un bon à rien malveillant qui exige 500 $ pour transporter le gel et le disposer au bon endroit, et son compère Jerry un colosse à l’esprit simple, qui peut devenir dangereux quand on s’en prend à son compagnon de route. Mais ils sont pour l’instant des auxiliaires indispensables pour Rowdy et Jed afin de transporter une bonbonne de gel depuis la cabane jusqu’à la mine. Rowdy doit verser cinquante dollars à un vieillard armé d’un fusil, Adams, qui prétend que le gel lui appartient. Il faut ensuite l’acheminer à l’aide d’un chariot brinquebalant et sur une longue distance. Ce n’est pas seulement le gel qui risque d’exploser au moindre choc, ce sont Rankin et Jerry qu’il faut traiter avec un certain ménagement pour qu’ils tiennent leur engagement. Rankin n’attend qu’une occasion de planter là Rowdy et Jed ou d’exiger davantage d’argent, manipulant Jerry pour tourner sa force brute, le moment venu, contre les deux autres. Pendant ce temps, Wishbone épuise son stock de « bonnes » histoires pour garder Simon et Quince éveillés à l’autre bout du tuyau…

Claude Akins

 

Bruce Dern

 

Roy Barcroft

 

Avec Claude Akins (Jerry Boggs), Bruce Dern (Ed Rankin), Roy Barcroft (Adams).

Histoire de survie dans une vieille mine couplée à un « convoi de la peur » avec gel explosif et vieux chariot que Rowdy, Jed et deux comparses doivent finalement tirer à la force de leurs bras pour porter secours à Quince et Simon pris au piège. Bruce Dern et Claude Akins incarnent un duo à l’image des George et Lennie de Des Souris et des hommes, mais un George malveillant qui ne cesse de se plaindre, de tirer au flanc et de méditer un mauvais coup en se servant de son ascendant sur son compagnon pour tirer profit de sa force physique. Cette situation ne facilite pas la mission que doivent remplir Rowdy et Jed.

Simon Blake a été marin un temps. Quince, lui, n’a qu’un seul souvenir de bateau : un bateau à aube sur le Missouri.

Jed Colby a travaillé dans une mine quand il était tout jeune.

L’ours dressé sur ses pattes arrière qui attaque Quince dans la mine est un comédien dans une peau d’ours. L’effet est assez comique, même s’il est fugace.

Clint Eastwood et John Ireland

 

 

 

8.05  Escort to Doom

CBS, 12 octobre 1965

Ecrit par Walter Black

Réalisé par Alan Crosland

Rip Torn, David Watson, Paul Brinegar et Clint Eastwood

Rowdy propose du travail à huit Chiricahuas qui ont suivi le troupeau pendant trois jours. Les convoyeurs ne partagent pas la confiance dont il fait preuve à l’égard des Indiens, même s’il reste lui-même sur ses gardes, mais il considère qu’il vaut mieux les avoir près d’eux en leur promettant quelques têtes de bétail pour salaire plutôt que d’attendre un éventuel traquenard sur la piste. Les Indiens font du bon travail mais le chef Jacob Yellow-Sun, un sang mêlé, est contesté par l’un des siens, Quadero, qui lui reproche de se soumettre aux ordres de Yates au lieu de simplement voler le troupeau en massacrant les Blancs. Les intentions de Yellow-Sun restent incertaines, probablement parce qu’il ne sait lui-même quelle attitude adopter. Bien qu’il ait toujours haï les Blancs, il est sensible à l’honnêteté des convoyeurs, à commencer par Yates, mais aussi Wishbone qui manifeste d’abord une inexplicable haine à l’égard des Indiens. Alors que le convoi s’approche de la rivière au-delà de laquelle il est prévu de se séparer, d’autres Indiens, plus nombreux, font leur apparition, visiblement prêts à attaquer. Etait-ce le plan de Yellow-Sun depuis le début ? Rowdy ne le pense pas car ces Indiens sont des Pawnees, ennemis farouches des Chiricahuas. Pourtant, Yellow-Sun refuse de mener ses hommes à la bataille pour défendre les Blancs. Il feint, devant ses hommes, de vouloir attendre la fin du combat pour s’emparer du troupeau, mais peut-il vraiment se contenter de regarder Yates et les siens se faire massacrer ?…

Clint Eastwood
Christopher Dark

 

Paul Brinegar
Tom Reese

 

Rip Torn
Cherokee Landrum

 

Avec Rip Torn (Jacob Yellow-Sun), Christopher Dark (Quadero), Tom Reese (Jennings), David Watson (Ian Cabot) et (non crédité) Cherokee Landrum (le Chiricahua voleur).

Acteurs blancs jouant les Indiens, chef de guerre pawnee portant une coiffe de plumes sortie des premiers westerns, fusillade finale assez pauvrement filmée (le même Pawnee tombe deux fois à quelques secondes d’intervalle, Cabot se livre à un jet de lance indienne plutôt ridicule, les seuls cow-boys tués sont les figurants et l’unique cowhand épisodique crédité, Jennings, les personnages réguliers n’étant pas même inquiétés par les balles et les lances pawnees), combat de boxe entre Eastwood et Torn plus ridicule que sauvage : un épisode plutôt décevant qui repose sur une improbable coopération entre les cow-boys et un groupe de Chiricahuas, prétexte à une parabole sur la confiance et l’honneur. Wishbone partage avec Jacob Yellow-Sun quelques scènes que l’on peut trouver attachantes mais qui n’échappent pas à la caricature dont souffre l’ensemble de l’histoire.

Wishbone confie qu’il a vu son petit frère se faire massacrer par des Chiricahuas, alors qu’il était lui-même enfant. La confidence n’est cependant qu’un prétexte à mettre en scène la haine initiale de Wishbone à l’égard des Chiricahuas, avant de la faire évoluer au contact de Jacob Yellow-Sun.

Cabot cite Shakespeare (Two Gentlemen of Verona, V, 4), en bonne caricature d’Anglais. (Même cow-boy, un Anglais cite évidemment Shakespeare.) Simon Blake mentionne son passage dans l’armée.

John Ireland n’apparaît pas dans cet épisode, selon le principe d’alternance entre son personnage et celui de David Watson.

Raymond St. Jacques et Clint Eastwood

Raymond St. Jacques et David Watson

Steve Raines et Clint Eastwood

Rip Torn, Paul Brinegar et Clint Eastwood

 

8.06  Hostage for Hanging

CBS, 19 octobre 1965

Ecrit par Walter Black

Réalisé par Herman Hoffman

Mercedes McCambridge en Ma Gufler, entourée de Warren Oates et Hal Baylor

Rowdy a versé 100 $ d’acompte à Ma Gufler qui, après lui avoir montré deux solides chevaux, s’est engagée à lui en procurer d’autres. Mais ces derniers sont si étiques qu’ils méritent à peine le nom de chevaux aux yeux de Rowdy, qui réclame les 100 $ versés afin de partir faire affaire ailleurs. Ma Gufler considère cela comme une rupture de contrat et retient Rowdy en otage. Ma est à la tête d’un clan constitué de ses fils Max et Jesse, du cousin Will et de Skinner, ainsi que de Billie Lou, qui n’appartient pas à la famille. C’est à eux que Jed Colby, Wishbone, Quince et Simon Blake ont affaire quand ils viennent à la ferme s’enquérir de Rowdy. Ma exige 3000 $, faute de quoi Rowdy sera pendu au coucher du soleil. Les cow-boys préfèrent ne rien tenter pour ne pas mettre en danger la vie de Rowdy et se retirent afin de réfléchir à la meilleure manière de résoudre la situation. Pendant que Wishbone essaie de trouver de l’argent aux alentours, sans succès, Jed et les cow-boys étudient les options qui s’offrent à eux, et Rowdy, pieds et poignets liés, essaie de s’échapper, sans y parvenir. Les Gufler et Billie Lou sont aussi pauvres d’esprit les uns que les autres et leur bêtise même les rend imprévisibles et dangereux…

Mercedes McCambridge
Sharon Farrell

 

Robert Blake
Hal Baylor (à g.)

 

Warren Oates
Robert Beecher

 

Avec Mercedes McCambridge (Ma Gufler), Robert Blake (Max Gufler), Warren Oates (Jesse Gufler), Sharon Farrell (Billie Lou) et (non crédités) Hal Baylor (Will Gufler), Robert Beecher (Skinner).

Second scénario de Walter Black cette saison (il en a signé un autre la saison précédente), aussi caricatural que le précédent. L’action est réduite à peu près à rien et l’unique intérêt du show, si c’en est un, est de voir Mercedes McCambridge, Robert Blake, Warren Oates et Sharon Farrell cabotiner en donnant quelque consistance à la bêtise crasse des Gufler.

John Ireland, Raymond St. Jacques, Robert Blake

John Ireland et Steve Raines

Une partie du clan Gufler

Warren Oates et Clint Eastwood

Raymond St. Jacques et Paul Brinegar

Clint Eastwood et Robert Blake

Eastwood, déjà iconique...

 

8.07  The Vasquez Woman

CBS, 26 octobre 1965

Ecrit par Boris Ingster et Louis Vittes

Réalisé par Bernard McEveety

Carol Lawrence et John Ireland

Jed Colby, Quince et Simon sont au Mexique avec deux cents têtes de bétail achetées à Sonora et qu’ils conduisent au Texas où les attend le reste du convoi. Un Colonel mexicain, Emilio Vasquez, accompagné de dix hommes en armes, les oblige à lui vendre le bétail en échange de billets tout neufs. Mais Jed n’a qu’à se rendre à la ville la plus proche, Guadalupe, pour apprendre de Matthew Baker, qui a pris le contrôle de la ville, que ces billets ne valent rien. Vasquez a tenté une révolution qu’il a échouée et il s’est sauvé de Guadalupe en y laissant son épouse Maria, une belle aristocrate que Baker retient en otage en attendant le retour du révolutionnaire. Jed décide de l’attendre lui aussi, afin de récupérer ou son bétail ou des dollars américains. Lorsque Vasquez revient, cependant, et tente de reprendre sa femme, il abat Baker et c’est Jed qui se retrouve prisonnier des Mexicains qui, Vasquez s’étant de nouveau sauvé, voient en l’étranger le parfait bouc émissaire. Jed réussit à s’échapper avec Maria Vasquez, qu’il emmène avec lui jusqu’au convoi, au Texas. Vasquez les y suit avec sa petite armée, déterminé à reprendre sa femme. Celle-ci, cependant, n’a pas envie de retourner auprès de lui et elle a commencé à tomber amoureuse de Jed, qui partage ces sentiments. Vasquez se tient prêt à faire le coup de feu, menaçant d’affoler le troupeau si on ne lui rend pas sa femme…

Cesar Romero
Don Diamond

 

Carol Lawrence
Victor French (à dr.)

 

Malachi Throne
Robert Phillips

 

Avec Cesar Romero (Colonel [Emilio] Vasquez), Carol Lawrence (Maria Vasquez), Malachi Throne ([Matthew] Baker) et (non crédités) Don Diamond (Paco), Victor French (le barman), Robert Phillips (Luis), Allen Jaffe (un révolutionnaire), William Bryant (Turner), John Quijada (le garde).

Clint Eastwood est absent de cet épisode, laissant la place de leader à John Ireland. Rowdy Yates est censé se trouver à Fort Walker pour négocier un contrat. Sur un rythme lent (peut-être l’inspiration d’une petite ville mexicaine endormie ?), le scénario croise révolution manquée et romance aux accents espagnols en offrant à Jed Colby une parenthèse amoureuse sur fond de menace pesant sur le troupeau.

Seuls trois acteurs sont crédités au générique de fin. On reconnaît dans le rôle du barman de Guadalupe Victor French et dans celui de l’un des Mexicains Don Diamond, ex-Caporal Reyes de Zorro.

Steve Raines, Raymond St. Jacques et John Ireland

Carol Lawrence et John Ireland

Raymond St. Jacques et Paul Brinegar

William Bryant et Raymond St. Jacques

Raymond St. Jacques, Paul Brinegar et John Ireland

Paul Brinegar et John Ireland

 

8.08  Clash at Broken Bluff

CBS, 2 novembre 1965

Adaptation de Lou Vittes, histoire de Lou Vittes et Ed Adamson

Réalisé par Charles Haas

Nancy Gates et Clint Eastwood

Le troupeau arrive à proximité de Broken Bluff et Rowdy essuie un refus catégorique de Cassie Webster, veuve propriétaire d’un ranch, de faire paître les bêtes sur ses terres. Le maire de la ville, cependant, Mal Thorner, ainsi que le propriétaire du saloon Applejack, Talbot, viennent offrir à Rowdy de demeurer aussi longtemps qu’il le souhaitera en bénéficiant en plus de demi-tarifs dans les magasins. Une condition, toutefois : que les cow-boys viennent voter aux élections qui doivent se tenir. La raison de cette proposition insolite est qu’un groupe de femmes, menées par Cassie Webster, fait grand bruit à Broken Bluff en réclamant le droit de vote. Thorner et Talbot veulent absolument empêcher cette hérésie et pensent que quelques voix supplémentaires ne seront pas de trop. Rowdy se retrouve pris entre deux feux : d’un côté Thorner lui fait clairement comprendre qu’il n’aura aucune marchandise si les hommes ne votent pas dans son sens, de l’autre les femmes entreprennent d’empêcher le troupeau d’avancer dans le but de faire pression, elles aussi, sur Rowdy. Pour compliquer un peu plus la situation, Thorner est amoureux de Cassie Webster tandis que Talbot est prêt, lui, à recourir à la violence pour faire taire les femmes…

Nancy Gates
L.Q. Jones
Thom Carney

 

Ron Randell
Elisabeth Fraser
Sailor Vincent (à g.)

 

Warren Stevens
Lyn Edgington
Cherokee Landrum (à dr.)

 

Avec Ron Randell (Mal Thorner), Nancy Gates (Cassie Webster), Warren Stevens (Talbot), David Watson (Ian Cabot), L.Q. Jones (Pee Jay [Peters]), Elisabeth Fraser (Belle Connelly), Lyn Edgington (Sue Henley) et (non crédités) Thom Carney (Sheriff), Sailor Vincent (bartender), Cherokee Landrum (l’employé indien de Cassie).

Wishbone prédit la fin du monde si les femmes obtiennent le droit de vote. A la fin de l’épisode, il déclare que si l’exemple des femmes de Broken Bluff se répand dans le reste du pays, dans cinquante ans celui-ci sera devenu invivable. Rowdy se montre plus circonspect, n’ayant jamais accordé beaucoup d’attention à la question. Quoi qu’il en soit, l’insurrection des femmes de Broken Bluff n’empêche pas un brin de romance et, ce qui est plus choquant, de violence : ainsi Mal Thorner, lorsque ses nerfs sont mis à rude épreuve, se soulage en administrant à Cassie Webster une gifle retentissante. Loin d’en être indignée, elle prend ensuite sa défense en s’interposant entre Rowdy et lui. Un triste exemple pour parler d’émancipation des femmes.

Feu le mari de Cassie Webster se nommait Jake Webster, comme le héros de L’Homme de Vienne, quelques années plus tard.

Ian Cabot évoque l’Angleterre dans un dialogue avec Quince. On découvre aussi que, en dépit de sa maigreur, il a un appétit vorace et n’est jamais rassasié.

Steve Raines et Clint Eastwood

Paul Brinegar, L.Q. Jones et Clint Eastwood

Nancy Gates et Clint Eastwood

David Watson, Raymond St. Jacques et Steve Raines

Clint Eastwood

Paul Brinegar as Wishbone

8.09  The Pursuit

CBS, 9 novembre 1965

Ecrit par John Dunkel

Réalisé par Justus Addiss

Ralph Bellamy et Clint Eastwood

Clint Eastwood et Jim Davis

Jed Colby essuie des coups de fusil alors qu’il s’est arrêté à un point d’eau. Le tireur, caché derrière des buissons, essaie apparemment de le tuer. Il parvient à remonter en selle et à s’enfuir mais il décide, après avoir fait un rapport à Rowdy, de repartir à la recherche de ce tireur, afin de découvrir la raison de ces coups de feu. Pendant qu’il est parti, le tireur s’approche du campement des convoyeurs. Surpris et maîtrisé par Rowdy et Wishbone, il révèle son identité : Hanson Dickson, U.S. Marshal. Il est après un nommé James Crothers, recherché pour meurtre, et il affirme que Jed Colby est Crothers. Rowdy a bien du mal à y croire. Il laisse le marshal sous la garde des cow-boys et part à la recherche de Jed. Ce dernier confirme qu’il a bien utilisé une fois le nom de James Crothers et qu’il fut en effet accusé de meurtre, mais totalement innocenté ensuite. Dickson est connu, cependant, pour de nombreux hauts faits mais aussi pour n’avoir jamais laissé échapper un criminel et pour en avoir abattu plus d’un avant même de l’avoir livré à la justice. Craignant de subir le même sort, Jed décide de ne pas rentrer au camp. Mais Dickson arrête Rowdy en l’accusant d’avoir aidé Crothers à s’enfuir. Il le conduit à Short Creek et le remet au shérif de la ville. L’apprenant, Jed décide de se livrer. Rowdy, cependant, redoute que jamais Jed ne soit livré à la justice ; il s’étonne par ailleurs que Dickson soit incapable de fournir un avis de recherche au nom de Crothers. Intrigué, le shérif télégraphie une demande d’informations au Missouri, où Crothers serait recherché. Dickson n’attend pas la réponse ; il emmène Jed et quitte la ville seul avec son prisonnier. Simon et Quince les prennent en filature. Rowdy et le shérif se lancent eux aussi sur leurs traces dès qu’ils découvrent leur disparition. Ils ont entre-temps reçu la réponse du Missouri : aucune nouvelle charge n’a été enregistrée concernant Crothers, qui n’est absolument pas recherché. Parvenu au terme de sa carrière, Dickson ne supporte simplement pas qu’un homme qu’il a traqué ait échappé à la justice, et le fait qu’il ait été innocenté ne l’empêche pas de le considérer toujours comme coupable. Il n’a aucune intention de conduire Jed au Missouri : il veut lui faire signer des aveux, puis le tuer…

Ralph Bellamy

 

Jim Davis

 

Larry Barton

 

Avec Ralph Bellamy (Marshal Hanson Dickson), Jim Davis (Sheriff) et (non crédité) Larry Barton (l’assistant du shérif).

Peu de personnages mais chacun est bien campé : le marshal à la retraite obsédé par l’unique « criminel » de sa carrière qui a échappé à la justice, Jed Colby qui met sa vie en jeu pour sortir Rowdy de prison, et le shérif incarné par Jim Davis, droit dans ses bottes quand il accorde une confiance aveugle au marshal sur la foi de sa réputation et de son insigne, mais que son honnêteté amène à entendre les doutes de Rowdy et finalement à se ranger au côté de ce dernier. Les acolytes affirment leur loyauté : Wishbone en refusant d’abandonner Rowdy en prison, Simon et Quince en ne laissant pas Jed seul entre les mains du marshal. Simple, mais bien mené.

John Ireland

Paul Brinegar et Raymond St. Jacques

Raymond St. Jacques et Steve Raines

Clint Eastwood et John Ireland

 

8.10  Duel at Daybreak

CBS, 16 novembre 1965

Adaptation de Robert Bloomfield et Herman Miller, histoire de Robert Bloomfield

Réalisé par Sutton Roley

Clint Eastwood et Larry Gates

Charles Bronson et Brendon Boone

Rowdy a passé un contrat avec l’éleveur Mason Woodruff pour convoyer du bétail. Mais la plus jeune recrue de son équipe, Roman Bedford, un homme du Sud, a maille à partir avec le premier employé de Woodruff, Del Lingman, une brute qui le provoque après l’avoir vu parler avec Vicki, la fille de Woodruff, sur laquelle Lingman a des vues. Rowdy empêche la situation de dégénérer en exécution pure et simple mais Roman ne digère pas l’humiliation et veut affronter Lingman, qui n’attend que cela. Jed Colby, persuadé que Roman n’a pas la moindre chance, cherche à provoquer Lingman mais Rowdy, de nouveau, s’interpose. Il voudrait conclure son affaire avec Woodruff aussi vite que possible afin d’éviter tout nouvel ennui mais Roman ne le lui permet pas : invité à dîner à la table de Woodruff en compagnie de Rowdy et Jed, le jeune homme défie ouvertement Lingman en duel. Mason Woodruff ne fait rien pour s’y opposer ; il a en effet découvert durant le dîner que Roman était originaire de Savannah, comme lui, mais aussi que le jeune homme l’avait reconnu. Or, Woodruff a depuis toujours menti à sa fille en prétendant avoir quitté la plantation qu’il possédait à Savannah ; en réalité, il n’était qu’employé et, à la fin de la guerre, il a profité de la confusion pour s’enfuir avec l’argent de son employeur. Lingman connaît lui aussi la vérité et échappe entièrement à l’autorité de Woodruff. Lorsque Vicki vient le trouver pour tenter de sauver la vie de Roman, il annonce son prix : qu’elle parte avec lui, afin de l’épouser, et il laissera Roman en paix. Mason, furieux, avoue la vérité à sa fille et s’oppose enfin à son employé. Lingman le blesse puis se rend au campement des convoyeurs afin de devancer l’heure prévue pour le duel. Entre-temps, Roman a pris des leçons de tir avec Jed et Simon, mais quelle chance a-t-il face à un tueur né comme Lingman ?

John Ireland
Brendon Boone

 

Charles Bronson
Larry Gates

 

Jill Haworth
Joe Di Reda

 

Avec Charles Bronson (Del Lingman), Jill Haworth (Vicki Woodruff), Larry Gates (Mason Woodruff) et Brendon Boone (Roman Bedford) et (non crédité) Joe Di Reda (Conger).

Le mélodrame familial tient une place importante dans ce scénario qui laisse Rowdy à la marge, préférant mettre en avant Jed Colby et, dans une moindre mesure, Simon Blake. Charles Bronson fait impression dans le rôle d’une brute sans état d’âme, auquel personne, pas même son employeur, n’ose s’opposer, tandis que Brendon Boone incarne un jeune homme inexpérimenté, apparemment victime idéale mais doté d’une fierté qui le pousse à affronter la brute, dût-il y laisser la vie. Ajoutez à cela un secret enfoui depuis la fin de la guerre et vous obtenez une histoire qui tire un peu en longueur mais s’appuie sur des personnages et une situation honorables.

Robert Bloomfield est un pseudonyme pour Leslie Edgley, qui a signé des scénarios sous son nom au début des années 1950 puis sous le nom de Bloomfield à partir de 1956, pour des séries telles que Lassie, Climax !, Zorro, Perry Mason, Echec et Mat, Bonanza, Voyage au fond des mers, Sur la Piste du crime, Mannix ou encore Daniel Boone et Les Mystères de l’Ouest.

 

8.11  Brush War at Buford

CBS, 23 novembre 1965

Ecrit par Mort R. Lewis

Réalisé par Thomas Carr

Clint Eastwood, Tim McIntire et John Ireland

Rowdy intervient pour empêcher un jeune cavalier, Court Buford, de traîner derrière son cheval un homme qu’il a emprisonné dans son lasso, Print. Il apparaît que Court est le fils du Major Buford, dont Rowdy doit conduire les bêtes avec son troupeau jusqu’à la Red River. Quant à Print, qui s’est enfui sans demander son reste, il travaille pour Duke Aberdeen, le plus gros éleveur de l’Association des Eleveurs, qui ne veut pas laisser le bétail de Buford quitter le territoire. Aberdeen fait la loi dans le comté et les inspecteurs qui exigent d’examiner le troupeau de Rowdy travaillent pour lui. Leur chef, Wichita Kid, prétend que certaines bêtes appartiennent à l’Association et entend empêcher le troupeau de repartir. La situation manque dégénérer entre Wichita et Jed Colby, l’éclaireur de Rowdy, qui a la tête aussi dure que sa main est vive. Aberdeen est visiblement habité par une rage héritée de la guerre de Sécession et tournée en particulier contre Buford, une rage qu’il partage curieusement avec Court Buford, encore enfant lors de la guerre mais tourmenté par la haine des Yankees qui ont tué sa famille, et d’une impulsivité imprévisible. L’irrationalité de ces sentiments rend la situation plus explosive encore. Rowdy s’inquiète des ennuis que peut lui faire Aberdeen, même au-delà de la Red River. Aussi le Major Buford propose-t-il de mener le bétail vers l’Arkansas plutôt que vers les territoires indiens ; là, des représentants accrédités de la loi pourront empêcher Aberdeen de faire ce qu’il veut. Avant d’accepter son plan, Rowdy doit s’assurer qu’il est honnête avec lui ; il le soupçonne en effet d’avoir volé du bétail, comme l’en accuse Aberdeen. Drago Santee, l’un des employés de Buford, est pendu par Wichita Kid qui l’a surpris en flagrant délit de vol. Mais il apparaît que Santee travaillait en fait pour Aberdeen, à l’insu de Wichita. Rowdy et ses hommes conçoivent une diversion pour détourner l’attention d’Aberdeen pendant que le troupeau est mené de l’autre côté de la Red River, en Arkansas. Ce sera l’occasion des ultimes confrontations…

John Ireland
Skip Homeier
Mort Mills

 

Richard Carlson
Tim McIntire
Harry Lauter

 

Robert Middleton
Robert Sorrells
S. Homeier & M. Vandever (à dr.)

 

Avec Robert Middleton (Duke Aberdeen), Richard Carlson (Major Buford), Skip Homeier (the Wichita Kid), Tim McIntire (Court Buford), Robert Sorrells (Mint Shawcross), Harry Lauter (Yank McCabe) et (non crédités) Mort Mills (Drago Santee), Michael Vandever (Print Wecker, Kid’s brother).

Le scénario met le troupeau au centre des enjeux et situe l’action en décors naturels. Guerre du bétail et rivalités issues de la guerre de Sécession, qui irrigue les dialogues (Jeb Stuart, Phil Sheridan, la prison de Libby sont notamment évoqués), donnent de l’épaisseur à l’histoire en constituant une solide toile de fond pour les conflits de personnes. La haine d’Aberdeen et celle du jeune Court entrent en résonance dans le dénouement et contribuent à enrichir les émotions mises en jeu.

 

Clint Eastwood et John Ireland...

... Who exactly is the boss here ?

 

La façon dont est introduit le personnage de Jed Colby et la manière dont il est ensuite systématiquement allié ou opposé à Rowdy pourraient marquer un repositionnement du personnage (si l’on pouvait déterminer l’ordre dans lequel les épisodes ont été écrits). Ireland est à la limite de voler le premier plan à Eastwood, dont la désinvolture contraste avec l’assurance d’Ireland. La désinvolture du jeune chef de piste masque cependant une force qui se révèle capable d’en imposer. La prééminence de Jed Colby, même atténuée, demeure dans les autres épisodes où il apparaît, au point de lui donner le premier rôle dans un épisode sans Rowdy Yates (8.07). L’épisode suivant reprend le même positionnement, en partageant le premier plan entre Colby et Rowdy.

Jed déclare à Rowdy qu’il est devenu cow-boy parce qu’il pensait que c’était le dernier métier qui offrait à un homme la liberté de décider des combats qu’il menait.

John Ireland et Richard Carlson

Paul Brinegar

Clint Eastwood et Tim McIntire

Richard Carlson et Clint Eastwood

 

8.12  The Testing Post

CBS, 30 novembre 1965

Ecrit par John Hawkins et Ward Hawkins

Réalisé par Gerd Oswald

John Ireland et Clint Eastwood font le coup de feu ensemble

Le jeune lieutenant Walker exige une centaine de têtes du troupeau de Rowdy Yates, qui refuse de les lui céder sans la garantie d’un or bien solide ou d’un document officiel. Lorsque Walker sort son arme, Rowdy dégaine lui aussi et blesse le jeune soldat au bras, le forçant à repartir avec ses deux compères. Jed Colby, comme Wishbone et une partie des hommes, désapprouve le comportement de Rowdy, qui les met sous la menace de représailles tandis qu’ils poursuivent leur route vers le nord. De fait, le détachement du Capitaine Jacob Masters, auquel Walker a rapporté l’incident, les suivent et ont tôt fait de les rejoindre. Rowdy se porte seul à leur rencontre, espérant parler avec Masters, mais Walker dégaine à nouveau et tire sur lui sans provocation. Rowdy, blessé à la tête, est ramené au campement par les soldats et Jed accepte de céder à Masters cent bêtes en échange d’un bon de réquisition. Lorsqu’il reprend ses esprits, Rowdy refuse de s’en tenir là. Il part en avant du troupeau afin de se rendre seul au Camp Broxton afin de vérifier la validité du document. Le Major Taggert lui apprend qu’il n’a pas d’or à lui donner et qu’il ne peut honorer le bon de réquisition. Persuadé d’avoir été victime d’une escroquerie, Rowdy fait alors marche arrière afin de retrouver Masters. Ce faisant, il tombe entre les mains de ce qui apparaît clairement à présent comme une bande d’imposteurs : Masters et Walker sont en réalité Joseph Denner et son frère Karl, des bandits qui ne comptent pas se contenter des cent têtes déjà « réquisitionnées » ; c’est l’ensemble du troupeau qu’ils s’apprêtent à prendre, et ils ont un argument de poids : un canon ! Dans la tente où il est ligoté, Rowdy a la surprise de retrouver Jed Colby, qui a quitté lui aussi le convoi, donnant sa démission après le départ de Rowdy, mais plus vraisemblablement pour suivre les traces de Masters. Les deux hommes s’échappent ensemble et se portent au secours du convoi. Les frères Denner ont posté le canon en surplomb du campement et exigent la cession du troupeau…

Rory Calhoun
Lew Brown

 

Burt Brinckerhoff
James Jeter (à dr.)

 

Dick Foran
K. L. Smith

 

Avec Rory Calhoun (Joseph Denner [Captain Jacob Masters]) et Burt Brinckerhoff (Karl Denner [Lt Walker]), Dick Foran (Major Taggert), Eddie Firestone (Smitty), Robert Donner (adjutant) et (non crédités) K.L. Smith (Jackson), Lew Brown (sentry [sentinelle du Camp Broxton]), James Jeter (sergeant [sergent du Camp Broxton]).

Une bonne histoire, qui se déroule entièrement en décors naturels et oppose Rowdy Yates (seul, dans une grande partie de l’épisode) à un détachement de l’armée, du moins jusqu’au retournement des deux derniers actes.

Comme dans l’épisode précédent, Jed Colby s’oppose à Rowdy Yates avant de former avec lui un tandem efficace. La personnalité de Rowdy s’affirme davantage ici, cependant, et il fait figure de solitaire, imposant sa manière de voir et d’agir à ses hommes et suivant ensuite son idée sans jamais se laisser freiner par les divergences d’opinion exprimées ou par Colby ou par Wishbone. Le duo qu’il forme avec Colby dans la dernière partie de l’épisode met les deux hommes à égalité, Rowdy n’ayant plus à pâtir du caractère affirmé de son acolyte.

L’épisode s’ouvre sur un Rowdy Yates marchant seul dans le désert en portant sa selle sur le dos et ses sacoches de selle au bras. Il expliquera plus tard comment il a perdu son cheval mais l’image de Yates retrouvant le campement des convoyeurs, en prélude à une histoire où il se comporte comme une forte tête solitaire et obstinée, donnerait presque l’impression qu’Eastwood revient de la lointaine Europe où il a tourné Pour une poignée de dollars et qu’il reprend sa place dans le show, fort d’une personnalité plus trempée.

On reconnaît des accents de Morton Stevens dans la musique, spécialement dans le score qui accompagne la dernière chevauchée des frères Denner, à la fin de l’épisode, un morceau qui évoque le score de Hawaii Police d’Etat trois ans plus tard (la musique entendue dans les premiers épisodes et éditée à l’époque).

Raymond St. Jacques et Paul Brinegar

 

8.13  Crossing at White Feather

CBS, 7 décembre 1965

Ecrit par Robert Bloomfield

Réalisé par Richard Whorf

Clint Eastwood entre Johnny Crawford et Albert Dekker

Johnny Crawford et Albert Dekker

Rowdy a engagé Jonas Bolt pour le guider jusqu’à une rivière et au-delà. Bolt connaît très bien la région mais son goût pour l’alcool compromet ses capacités à faire son travail. Quand il s’en rend compte, Rowdy le renvoie. Le fils de Bolt, Aaron, un garçon de quinze ans, déchiré entre le désir d’admirer son père et le mépris qu’il lui inspire, voudrait montrer qu’il est capable de remplacer son père mais il s’embourbe dans des sables mouvants et doit être secouru par Rowdy, qui ne peut plus s’offrir le luxe de faire confiance au père comme au fils. Jonas Bolt, cependant, n’a pas fini de créer des ennuis : parti se soûler en ville, il a signé à Sam Clayton la cession de mille têtes de bétail portant la marque J.B., en prétendant que ces bêtes lui appartiennent et qu’il a engagé Yates pour les convoyer ! J.B. est en réalité la marque des Jeremy Brothers mais le shérif que Clayton emmène avec lui pour réclamer ses bêtes n’a aucun élément pour le déterminer et Rowdy n’a d’autre choix que de s’en remettre à la Loi. Jonas Bolt affirme devant le shérif qu’il est bien le propriétaire du bétail. Il ne peut toutefois obtenir qu’Aaron mente pour lui et la vérité est bientôt rétablie, mais elle a coûté à Rowdy du temps et de l’argent, car il paye pour éviter que Jonas ne soit poursuivi. Aaron est en rage contre son père, qui rappelle à Rowdy le souvenir de son propre père. C’est en partie pour cette raison qu’il décide d’offrir malgré tout une nouvelle chance à Bolt, en lui demandant de faire traverser la rivière au troupeau, comme il s’y était engagé…

Albert Dekker
G.B. Atwater

 

Johnny Crawford
David Watson

 

Paul Brinegar
Russell Thorson

 

Avec Albert Dekker (Jonas Bolt), Johnny Crawford (Aaron Bolt), G.B. Atwater (Sam Clayton), David Watson (Ian Cabot) et (non crédité) Russell Thorson (Sheriff).

Un très bon épisode, où Rowdy trouve sa place dans le conflit familial qui déchire Jonas Bolt et son fils Aaron. Dans la première séquence, ce dernier, pour sauver son père et Rowdy, choisit de lancer une corde à celui-ci plutôt qu’à son père. Est-ce parce qu’il préfère sauver Rowdy que son propre père, ou parce qu’il fait plus confiance à Rowdy pour les sauver tous les deux qu’il ne se fie à son père ? Rowdy lui pose la question à la fin de l’épisode et la réponse est entendue par Jonas, caché à quelques pas. Le scénario trouve le bon équilibre entre l’action et le mélodrame familial, offrant l’une des rares confidences de Rowdy lui-même, qui réveille le souvenir de son père. Albert Dekker et Johnny Crawford sont tous deux convaincants et touchants dans les rôles du père et du fils, du début à la fin de l’épisode. Une autre raison de la qualité de cette histoire est la place centrale du troupeau, constamment présent, jusqu’à la traversée de la rivière qui est un véritable moment de cinéma et qui donne l’occasion à Rowdy, mais aussi Blake et (à travers une variante) Quince, de prononcer la formule rituelle des fins d’épisode de Rawhide : « Move’em out ! » Bref, une excellente manière de saluer la série, interrompue cette saison après seulement 13 épisodes.

Le saloon de l’acte 3 est le Long Branch de Gunsmoke. Le nom n’est pas repris mais le décor est bien le même.

John Ireland est absent de l’épisode, et non crédité au générique. David Watson le remplace en quelque sorte, son jeune âge faisant de lui le partenaire adéquat pour Johnny Crawford dans plusieurs scènes.

Rowdy sur son père, en parlant à Aaron : « There’s something I’ve been keeping tight inside of me for a long time, too. My pa. He never went to school a day in his life. Never carried more than he could throw on his back and never stayed in one place longer than he could help it. (…) Then one day I told him I hated him. Ran off. Just like you’re doing today. »

Dialogue Rowdy-Aaron à la fin de l’épisode : « Mr Yates, where’s your pa now ? – I don’t know that, Aaron. – Well, whatever happened to him ? – Don’t know that either. – You ever think about him ? – Think about him ? Yeah. Yeah, I think about him. Try to forget the past, but once in a while you find yourself wondering where he is, what’s he doing. You know, I d’on’t even know if he’s alive ? That’s when you know you’re alone. »

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1960s
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