Guide réalisé par Thierry Le Peut

 

Pilot : Bronk

CBS, 17 avril 1975

Créé par Carroll O’Connor et Ed Waters

Producteurs exécutifs Carroll O’Connor et Terry Becker

Directeur de la photographie Matthew F. Leonetti

Musique de Lalo Schifrin

Produit par Bruce Geller

Adaptation de Al Martinez et Ed Waters, histoire de Carroll O’Connor et Ed Waters

Réalisé par Richard Donner

 

 

Alex Bronkov est dans la police d’Ocean City depuis vingt ans. Un ami pilote, Meeker, se tourne un jour vers lui car il est à la merci de trafiquants de drogue qui l’obligent à coopérer avec eux en menaçant sa femme et son enfant. Le trafic implique des personnalités influentes jusque dans la police et Bronk ne fait confiance qu’à très peu de personnes. Il ne prévient que le maire Pete Santori, qui est un ami personnel, qu’il va enquêter sur ce trafic. Il demande ensuite le concours du Sgt Dave Nelson pour épier l’arrivée d’une livraison à l’aéroport. Ils surprennent les trafiquants et trouvent la drogue, que Bronk fait disparaître dans les toilettes. Mais ils sont surpris par un vigile qui, effrayé, tire sur Nelson. Le policier succombe à l’hôpital. Bronk est suspendu par le Capitaine Warner Sullivan, furieux de son initiative.

Sullivan est l’un des hommes impliqués dans le trafic, avec notamment une autre sommité de la ville, Eicher, proche collaborateur du maire Santori. Celui-ci reste l’un des rares soutiens de Bronk, même s’il ne peut influencer la commission qui décidera du sort du policier. Bien que suspendu, Bronk continue l’enquête. Son objectif est de remonter jusqu’aux cerveaux du réseau et de mettre au jour la corruption qui gangrène la ville. Sa maison ne tarde pas à être mise à sac et il reçoit la visite de Willie Harvey, émissaire des trafiquants qui veulent récupérer leur marchandise. Bronk ne dit à personne qu’il l’a détruite. Il exige, en échange de sa restitution, de connaître les noms des membres du « cartel » occulte.

S’attendant à ce que les trafiquants cherchent un moyen de pression sur lui, il met en sûreté son amie Shirley ainsi que sa fille Ellie. Cette dernière, paralysée à la suite d’un accident de voiture, est soignée dans une maison de convalescence où son état, hélas, ne s’améliore guère. Mais Harvey parvient à mettre la main sur Harry Mark, un ancien policier qui s’occupe aujourd’hui d’une casse automobile et qui est, comme le maire, l’un de ses amis proches. Bronk n’a d’autre choix que d’accepter la rencontre que lui propose Harvey, en lui faisant croire qu’il va lui remettre la drogue. Cette fois, cependant, il met dans la confidence le Sgt Webber, que le maire a personnellement chargé de le protéger, ainsi qu’une poignée de policiers qu’ils espèrent honnêtes…

Jack Palance
Joseph Mascolo
David Birney
Phil Bruns
Bart Burns

 

Henry Beckman
Dina Ousley
Chelsea Brown
George Brenlin
Thom Christopher

 

Tony King
Joanna Moore (à g.)
Ivor Francis
Conlan Carter
Jason Wingreen

 

Avec Jack Palance (Alex Bronkov) et Henry Beckman (Harry Mark), Tony King (Sgt Webber), Joseph Mascolo (le maire Pete Santori), Joanna Moore (Shirley). Et David Birney (Willie Harvey). Et avec Chelsea Brown (Celeste), Ivor Francis ([Vernon] Eicher), Phil Bruns ([Samuel] Gunther), George Brenlin ([Captain Warner] Sullivan), Conlan Carter (Meeker), Bart Burns (Chairman [Commissioner Jim] Ferris), Thom Christopher (Sgt [Dave] Nelson), Barbara Baldavin (Joan [Nelson]), Tony Giorgio (killer), Marcy Lafferty (Mayor’s secretary [Marci]) et Dina Ousley (Ellen [Bronkov]. Et (non crédités) Tom Palmer (doctor), Jason Wingreen (Hearing Commission member #3), Nick Pellegrino (desk sergeant), Renata Vanni (Mayor’s Mamma).

Jack Palance incarne sans esbroufe ce policier intègre qui, dans la lignée de Serpico, s’attaque à la corruption dans la police, et au-delà. Il dispose d’une brochette d’amis sûrs (le maire Santori, Webber, Harry et Celeste) qui (au contraire de Serpico) lui permettent de ne pas être seul contre tous. La relation de Bronk avec sa fille paraplégique, prostrée dans un état dépressif, souligne combien le calme apparent du policier est le résultat d’une force intérieure qui lui permet de rester debout en dépit des pressions personnelles autant que professionnelles. Le rythme, lent, épouse cette « force tranquille » qui s’incarne dans l’acteur. La série subséquente animera la fille paraplégique (un peu, avant de la faire simplement disparaître) mais donnera aussi un peu plus de rythme aux histoires, tout en conservant la solidité du personnage principal et la capacité à aborder le drame de façon adulte.

Bronk joue de l’harmonica et s’occupe du chat de sa fille, Yankee, bien que sa présence provoque chez lui une allergie.

Gunther, au sujet de Bronk qu’il juge incorruptible : « He smells like a crusader. »

A la fin de l’épisode, le maire demande à Bronk d’enquêter sur les noms figurant dans le carnet des gangsters, sous son autorité directe, avec Webber pour équipier. « Bronkov, you know what they’ll call you. – Yes. The Mayor’s pig. »

Le décor de la maison de Bronk et celui du bureau du maire seront différents dans la série.

La maison d’Eicher, visible dans une séquence, est la Paley Residence qui sera utilisée comme la demeure des Colby dans la série The Colbys.

Le nom du policier Dave Nelson sera de nouveau utilisé dans la série Vega$ (1978-1981), pour le personnage incarné par Greg Morris.

Carroll O’Connor et Ed Waters sont crédités en tant que créateurs. Ils seront ensuite distingués, O’Connor créateur, Ed Waters développeur de l’idée originale.

FICHE TECHNIQUE – Associate producer Alan Godfrey. Film editors : Jerry Taylor, Henry Berman ACE. Unit production manager / assistant director Ric Rondell. Art director Jack Senter. Set decorator Don Sullivan. Sound Vic Carpenter, Hal Watkins CAS. Script supervisor Allan Greedy. Music supervisor Harry V. Lojewski. Makeup Bob Dawn. Casting Gary Shaffer. Ford products furnished by Ford Motor Company. Filmed in Metrocolor. Titles and opticals MGM. © MCMLXXV by Metro Goldwyn Mayer Inc. Carnan Productions in association with MGM TV.

 

 

Saison 1

(1975-1976)

Avec Jack Palance (Alex Bronkov) et Henry Beckman (Harry Mark), Tony King (Sgt Webber), Joseph Mascolo (le maire Pete Santori), Dina Ousley (Ellen Bronkov - épisodes 1 à 16) 

créé par Carroll O’Connor

développé par Ed Waters

Thème musical de Lalo Schifrin

Executive Story Consultant Earl W. Wallace (1 à 15), Dan Ullman (16 à 24)

Executive Script Consultant Jimmy Sangster (17 à 20)

Jack Palance avec Tony King

 

1. Open Contract

CBS, 21 septembre 1975

Musique de Lalo Schifrin

Ecrit par Charles Sailor & Eric Kaldor

Réalisé par Richard Donner

Un homme est arrêté après avoir frappé un client dans le restaurant de son hôtel. Il se nomme Listera et, selon les dossiers de la police, c’est un tueur à gages du Syndicat. Le maire Santori rappelle aussitôt Bronk, dont c’est le jour de repos, afin de le mettre sur l’enquête. La cible du tueur semble être un certain Mitchell, que Bronk recherche donc activement. Il rencontre l’ex-femme de Mitchell, Marni, qui l’accompagne dans ses recherches ; mais, très vite, elle se sert en fait des informations qu’il recueille tout en l’envoyant sur une fausse piste. Elle-même communique ses informations à Coleman. Celui-ci a assassiné Listera, que la police avait relâché. Coleman est en réalité le vrai tueur et Marni un imposteur. Lorsque Bronk s’en rend compte, il lui faut arriver jusqu’à Mitchell avant eux, dans l’espoir de sauver sa vie et celle de son petit garçon, Tommy…

Avec Michael Parks (Coleman), Sheila Larken (Marni), Robert Yuro ([Dave] Harrison), Ben Frank (Mitchell), Michael Delano (Listera). Et avec Christopher Morley (Jackie), Robbie Rist (Tommy), Sally Kirkland (policewoman Haley), Jack O’Leary (Larry Collins), John Sylvester White (Melvin Frank) et Peggy Rea (Mrs Roy), Harvey Fisher (drinker), Nick Pellegrino (first officer).

Ellen apparaît au début de l’épisode : Bronk s’apprête à sortir avec elle quand il est rappelé par le maire.

Au cours de l’enquête, Webber est renversé par une voiture et sa vie est un moment en jeu tandis qu’il est transporté à l’hôpital et opéré.

Jack Palance et Robbie Rist

 

2. Wheels of Death

CBS, 28 septembre 1975

Musique de Robert Drasnin

Ecrit par Del Reisman

Réalisé par Sutton Roley

Bronk enquête sur la mort d’Eduardo Salgado, un public defender qui tentait de remonter la piste d’un réseau de passeurs clandestins. Ses soupçons se portent rapidement sur Richard Quillery, un motocycliste qui participe à de nombreuses compétitions qui l’amènent à traverser la frontière avec le Mexique avec son camion. Quillery est immédiatement antipathique à Bronk. Agressif, brutal, il est prêt à tout pour gagner et affiche son goût du conflit. Le Mexicain que recherche Bronk, Antonio Alvarez, est bientôt retrouvé mort dans un fourgon immergé, ainsi que douze Mexicains qui semblent être morts d’asphyxie pendant leur traversée de la frontière. Comme Salgado, Alvarez a été sauvagement battu après sa mort. Le camion de Quillery a été nettoyé de fond en comble. Ne disposant d’aucune preuve, Bronk demande l’assistance du Capitaine Ortega de la police mexicaine afin de se faire passer pour un Mexicain désireux de traverser la frontière et d’entrer en contact avec les passeurs…

Avec William Smith ([Richard] Quillery), Bill McKinney (Hank), Stack Pierce (Blake), Arch Johnson (Barclay), Jay Novello (Dr [Vincente] Salgado), Sandra Dixon (Augustina). Et avec Ellen Travolta (landlady), Andrew Massett (Eduardo Salgado), Paul Zayas (Captain Ortega), Roma Alvarez (Senora Alvarez) et Jane A. Johnston (waitress), Sandy Ward (cook), Roger Cruz (Antonio Alvarez), Dean Sothern (coroner).

Enquête en forme d’affrontement personnel entre Bronk et le méchant, qu’incarne William Smith, qui allait devenir quelques mois plus tard Falconetti dans Le Riche et le pauvre, l’un de ses rôles emblématiques. Le finale met les deux hommes face à face dans un lieu désertique où Palance est en position de victime livrée à la cruauté de Smith.

Ellie déclare à son père qu’elle veut apprendre à conduire. Il ne cache pas son inquiétude mais se résout à la laisser faire.

Ellen Travolta incarne une logeuse qui ne parle que des viols commis dans le voisinage, non de façon indignée et effrayée mais avec un franc soupçon d’envie.

William Smith dans le rôle de Quillery

 

3. The Gauntlet

CBS, 5 octobre 1975

Musique de Lalo Schifrin

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par John Peyser

Bronk et le maire Santori persuadent la petite amie du gangster Ben Capote, Kate, de témoigner contre lui. Bronk décide de la conduire lui-même jusqu’à Sacramento où elle fera sa déposition en même temps qu’un autre témoin, Arnie Davis. Ils roulent dans une voiture prêtée par Harry et nul n’est au courant de leur trajet en dehors de Bronk lui-même. Mais Kate en informe Capote par téléphone lors d’un arrêt, lui permettant d’envoyer ses tueurs sur la route et de savoir où se trouve Davis. Quand elle se rend compte qu’il veut tuer Bronk, cependant, Kate est tourmentée par le remords. Durant le voyage, en effet, le policier s’est montré avec elle d’une gentillesse qui l’a touchée et elle ne veut pas qu’il soit tué. Bronk, néanmoins, s’attendait au traquenard puisque c’était le but recherché : forcer Capote à sortir du bois et à commettre un acte permettant de l’arrêter…

Avec Ann Wedgeworth (Kate), David Sheiner (Ben Capote), Dick Butkus (Roman Manescu), Steve Sandor (Jay). Et avec Rayford Barnes (Briggs), David Man (Harrelson).

Stephen Kandel reprend ici l’idée du héros (policier ou détective) escortant une femme en train ou en voiture, au principe du film L’Enigme du Chicago Express (1952, scénario d’Earl Fenton, réalisation de Richard Fleischer) et utilisé par exemple dans Mannix, 1.13, « Le ver dans le fruit », ou Starsky & Hutch, 1.03, « La Randonnée de la mort ». L’idée et le titre, The Gauntlet, seront repris par Warner deux ans plus tard pour un film réalisé par Clint Eastwood et écrit par Michael Butler et Dennis Shryack (en VF, L’Epreuve de force).

Le rythme de l’histoire est lent, concentré sur la relation entre Bronk et Kate, jusqu’aux deux derniers actes où l’action « décolle ». La collision violente d’une voiture et d’un camion, que l’on voit dans le générique d’ouverture de la série, est extraite de l’acte final.

Bronk évoque l’accident qui a rendu Ellie paraplégique, et les moments de désespoir qui ont suivi l’accident, lorsque son état semblait ne pas devoir s’améliorer, confidence qui renvoie au téléfilm pilote. On revoit aussi le chat blanc Yankee – qui fait toujours éternuer Bronk.

 

4. Echo of Danger

CBS, 12 octobre 1975

Musique de Jack Urbont

Ecrit par Jack Turley

Réalisé par Reza Badiyi

Un faussaire du nom de Jannso est assassiné dans son atelier. Bronk trouve sur les lieux un stylo portant une inscription datant de 1944. Peu de temps après, par le plus grand des hasards, il trouve la copie conforme de ce stylo dans le bureau de la maison d’Enid Howard, mère d’un candidat au Sénat, Terry Howard. Les deux stylos furent offerts à Enid par le Général Sam Forrest, dont elle fut l’assistante, et elle ignore comment le second a disparu. Sitôt après cette conversation avec le policier, Enid se rend dans une maison qu’elle possède sur le bord de mer et où vit Alan. On ignore quelle relation exacte lie ces deux personnes mais, confronté par Enid, Alan ne nie pas avoir commis un meurtre ni avoir perdu sur place le stylo qu’il avait pris chez Enid. Il refuse en revanche de quitter la maison, comme l’y exhorte Enid. De son côté, Bronk enquête sur cette dernière et finit par mettre au jour le secret dissimulé dans son passé. Spoiler ! Elle eut du Général Forrest un fils, Alan McLean, qui fut adopté et devint Grant Tabor, également connu sous le nom d’Alan Prideman. Quand on découvre sur la jetée de Santa Monica le corps d’un certain Manheim, portant sur lui de faux papiers, et qui se révèle être en réalité un criminel nazi du nom de Hans Dietrich, Bronk reconstitue le tableau d’ensemble. Alan a fait fabriquer de faux papiers par Jannso mais celui-ci, découvrant qu’ils étaient destinés à un nazi, s’est rebellé et a été tué ; Alan a alors doublé le prix convenu avec Manheim, qui l’a menacé d’une arme en refusant ce chantage, et a été tué à son tour. Bronk devine qu’Alan, aux abois, cherchera du secours auprès de sa mère. C’est donc chez elle qu’il se précipite avec le Sgt Webber…

Avec Nancy Kelly (Enid [Howard]), Robert F. Lyons (Alan [Prideman / McLean / Grant Tabor]), John Fink (Terry [Howard]), Milton Selzer (Jannso). Et avec Curt Lowens (Manheim [Hans Dietrich]), Steve Mitchell (Lt Stacker), Beth Howland (June Kramer) et Eddie Olmos (Chico), Gwen Stokes (Iris), Brooke Tucker (policewoman), Robert Orem (Clint Rouche).

La scène opposant Alan Prideman et Manheim a lieu sur la jetée de Santa Monica.

Brooke Tucker, qui joue une policière apportant un document à Bronk, est la fille de l’acteur Forrest Tucker. Quand Bronk lui demande comment va son père, il est possible que ce soit une inside joke.

Eddie Olmos reprend le rôle de Chico dans l’épisode 9.

 

5. Terror

CBS, 19 octobre 1975

Musique de George Romanis

Ecrit par Karl & Terence Tunberg

Réalisé par Stuart Hagmann

Une jeune femme est trouvée en proie à une crise de terreur dans un cimetière. Emmenée par la police, elle demeure si terrifiée qu’il est difficile d’en tirer une explication claire de son comportement. Bronk, pour lui éviter d’être envoyée dans un centre d’accueil, l’héberge chez lui. La jeune femme, Kim Dallenbach, s’est enfuie de chez elle. Contactés, ses parents Lorna et Martin s’empressent de venir la chercher mais leur présence ne résout pas l’angoisse de Kim. Martin, qui est en réalité son beau-père, s’impatiente et saisit l’occasion de cette crise pour sommer Lorna de lui révéler enfin la vérité sur la naissance de Kim. Elle lui parle alors d’Omar Dunning, que Martin s’empresse d’aller trouver. Pour éviter que la vérité ne soit connue, Dunning se dit prêt à verser cinquante mille dollars à Martin. Au lieu de cela, il lui fixe un rendez-vous et le tue. Kim continue d’être hantée par des images qui semblent issues d’un événement traumatisant de son passé. En enquêtant sur celui-ci, Bronk découvre une vérité que Lorna a toujours cachée à sa fille. Spoiler ! Kim est en réalité le bébé Garrison, dont l’enlèvement fit grand bruit des années plus tôt et que l’on ne retrouva jamais. Complice de l’enlèvement, Lorna a secrètement sauvé l’enfant, que Dunning croyait mort. En faisant chanter Dunning, Martin a révélé à ce dernier l’existence de Kim, qu’il n’a aucun intérêt à laisser en vie…

Avec Barbara Barrie (Lorna), Brooke Palance (Kim), John Crawford (Omar) et John Colicos (Martin). Et avec Peggy Rea (Mrs Roy), Mary-Nancy Burnett (matron [Paula]), Sy Prescott (Pawnshop operator) et Teri Christopher (1st junkie), Marguerite DeLain (2nd junkie), Bill Striglos (duty officer).

Stuart Hagmann joue avec le cadre et la caméra pour donner corps aux angoisses de Kim, dont le rôle est confié à la fille de Jack Palance, Brooke. Emu par le tourment de la jeune femme, Bronk démontre sa capacité d’empathie et se fait le révélateur d’un secret longtemps enterré.

Jack Palance en compagnie de sa fille Brooke, protagoniste de cet épisode

 

6. The Fifth Victim

CBS, 26 octobre 1975

Musique de Robert Drasnin

Ecrit par Robert Holt

Réalisé par Russ Mayberry

Un tueur en série assassine des prostituées. La découverte d’une cinquième victime, Julia Carroll, exacerbe la peur que ce tueur fait régner dans la ville et un certain nombre de notables pressent le maire Santori d’arrêter le tueur. Bronk est en charge de l’enquête et, comme il le craignait, on ne tarde pas à découvrir une sixième victime. Deux femmes flics sont alors mises sur le trottoir dans l’espoir d’attirer le tueur et de l’arrêter. Le piège fonctionne et le tueur, Graski, se tue en se jetant par une fenêtre. Les journaux peuvent annoncer la mort du tueur, pourtant Bronk n’est pas satisfait. Julia Carroll en effet n’était pas une prostituée et sa mort ne cadre pas avec le mode opératoire de Graski. Un autre meurtrier est donc toujours en liberté et Bronk et Webber enquêtent sur le passé de la victime dans l’espoir de débusquer son meurtrier. Un journal déchiré retrouvé chez elle pourrait être la clé du meurtre : le morceau manquant, une fois retrouvé, désigne l’un des notables qui pressaient le maire de résoudre l’affaire du tueur en série, Steig. Bronk et Webber découvrent que ce dernier semble n’avoir aucune existence avant un moment déterminé du passé qui coïncide curieusement avec la disparition brutale du mari de Julia Carroll…

Avec Pat Renella (Steig), John Calvin (Graski), Sally Kirkland (Billie), Beverly Hope Atkinson (Merilee), Mike Road (Nimbus), Jay Robinson (Hanson). Et avec Jerry Douglas (Ritt), Michael Stearns (Detective) et Peggy Rea (Mrs Roy), Lynn Wood (Mrs Moulton), Sharyn Wynters (Julia), Virginia Hawkins (Mrs Linus), Frances Osborne (Mrs Thayer), Marcy Lafferty (Marci).

Marcy Lafferty reprend le rôle de la secrétaire du maire, qu’elle tenait déjà dans le téléfilm pilote et qu’elle reprendra dans l’épisode 12. Elle apparaît peu mais fait clairement de l’œil à Bronk, qui ne lui offre qu’un pâle sourire avant de donner son attention au maire.

A la fin de l’épisode, Bronk demande à Webber de dissimuler la vérité. Cette requête étonnante est justifiée par le souci de ne pas blesser inutilement des « victimes collatérales ».

L’idée de base du scénario sera reprise, ainsi que le titre, dans l’épisode « Fifth Victim » de Hunter, en 1989 (6.09).

 

7. Short Fuse

CBS, 2 novembre 1975

Musique de George Romanis

Ecrit par Carey Wilber

Réalisé par Corey Allen

Un avion explose quelques instants après son décollage de l’aéroport d’Ocean City. Vingt-cinq passagers et trois membres d’équipage, aucun survivant. L’origine de l’explosion : une bombe dissimulée dans l’un des bagages en soute. Alors même que les pompiers sont encore occupés à éteindre les flammes et à recueillir les corps, et que Bronk est déjà sur place, un homme parvient à subtiliser l’un des cadavres. Cet homme, Charles Bisantz, employé comme infirmier à l’hôpital d’Ocean City sous le nom de Palmer, a engagé le passager, Nathan Lewis, en se faisant passer pour un homme d’affaires qui avait besoin d’un coursier pour transporter une valise de documents. Avec la complicité de l’un des employés de l’aéroport, Leo Mason, il a fait embarquer Lewis sous le nom de Bisantz. L’avion aurait dû exploser au-dessus de l’océan et disparaître sans laisser de trace mais un retard au décollage est responsable du fait qu’il a explosé au-dessus de la piste. Bisantz place le cadavre de Lewis dans une voiture qu’il immerge, croyant le faire disparaître, mais des nageurs le découvrent et alertent la police. Bronk retrouve rapidement l’épouse de Lewis, Margareth, ce qui permet l’identification du corps, immédiatement relié à l’explosion de l’avion. Bronk et Webber cherchent donc à savoir pourquoi ce Lewis n’était pas enregistré sous son vrai nom et découvrent sans tarder que Bisantz est un criminel qui cherchait manifestement à faire croire à sa mort afin d’échapper à d’anciens complices. Margareth Lewis accepte de servir d’appât afin de pousser Bisantz à se dévoiler : on fait savoir par voie de presse qu’elle est en mesure de reconnaître l’homme qui a engagé son mari. Bisantz tombe dans le piège et essaie de la réduire au silence…

Avec Dane Clark ([Charles] Bisantz), Greg Mullavey ([Leo] Mason), Paul Mantee (Nathan [Lewis]) et Meg Foster (Margareth [Lewis]). Et avec Carmen Argenziano (controller), Carol Lawson (Laura [Mason]), Sylvia Walden (policewoman), Phillip Pine (Savage) et Bea Silvern (landlady), Dean Sothern (Dr Moran), Anne Anderson (nurse), David Steven Nash (lab technician) et (non crédité) Ray Sharkey (police officer).

Il faut une certaine dose de crédulité pour accepter l’enchaînement de circonstances qui permet à l’intrigue de suivre un développement logique. Une fois l’avion explosé, on doit accepter que Bisantz puisse subtiliser un cadavre au nez et à la barbe des pompiers, des policiers et du personnel de la FAA. On voit donc une foule de badauds se ruer sur les décombres de l’avion alors même que les pompiers sont à l’œuvre, pour récupérer un morceau de carcasse ou quelque « preuve » qu’ils étaient sur place : situation sans doute plausible mais néanmoins insolite ; Bisantz se mêle à cette foule et, dissimulé par l’épaisse fumée qui émane des débris, fait rouler le cadavre de Lewis dans un fossé. On le retrouve ensuite dans une voiture, avec le cadavre sur le siège passager ; il faut donc supposer que Bisantz a pu emporter seul le cadavre jusqu’à sa voiture, sans jamais être vu par qui que ce soit. Suspension d’incrédulité n°1. Mais il faut également accepter une autre coïncidence : Bronk est présent lorsque Margareth Lewis vient signaler au commissariat la disparition de son mari ; bien qu’il ne lui parle pas et qu’il entende seulement quelques mots de ce qu’elle dit, il fait immédiatement le lien, plus tard, avec le corps retrouvé dans une voiture immergée. Bref, le scénario prend des raccourcis gros comme… un avion ? afin de condenser une action un tantinet complexe. On pourrait ajouter une suspension d’incrédulité n°3 : dans le dénouement, la policière chargée de la surveillance de Margareth Lewis, bien qu’alertée, laisse le tueur approcher Margareth et il repart sans être inquiété, même par une infirmière. (La policière avait vu peu de temps auparavant une photo de Bisantz, certes plus jeune et pas forcément ressemblant, mais elle le croit néanmoins sur parole quand il prétend être un médecin.)

Ellie apparaît dans une scène où Webber vient parler avec Bronk chez celui-ci. Elle dit quelques mots mais on sent bien que le scénario n’a guère de place à lui donner. Harry Mark n’apparaît pas.

Bronk conduit une voiture de collection mais ce n’est pas sa Cadillac habituelle (comme dans l’épisode 9).

 

8. Line of Fire

CBS, 9 novembre 1975

Musique de Jack Urbont

Ecrit par Burton Armus

Réalisé par Don Weis

Un jeune employé de supermarché est tué par les trois auteurs d’un braquage quand, en s’enfuyant en voiture, ils le renversent. La voiture finit dans la casse de Harry Mark qui alerte Bronk. Ce dernier suit l’historique de la voiture et découvre qu’elle appartient au policier Frank Bossick ou plus précisément à son fils aîné, Ron. Ce dernier a déclaré la voiture volée six heures après le braquage du supermarché. Frank réagit mal aux questions que lui pose Bronk mais, une fois calmé, se demande si Ron a quelque chose à voir dans le braquage. Le jeune homme affirme bien sûr que non mais il ne tarde pas à faire un nouveau coup avec ses deux amis Al et Richy. Lorsque l’un des trois jeunes gens est coincé à l’intérieur du supermarché par l’arrivée de la police, Frank Bossick se rend sur place et procède à l’arrestation avec Bronk. Reconnaissant un ami de Ron, Al, il n’a plus le moindre doute sur la culpabilité de son propre fils. Ron s’enfuit de la maison mais téléphone bientôt à son jeune frère, Kevin, en lui demandant de lui apporter de l’argent. Frank surprend Kevin sur le point de partir. Plus tard, avec Bronk, il retrouve Richy et lui fait dire où se terre Ron. Ensemble, les deux policiers se rendent au Pan Beach Motel pour l’arrêter…

Avec Eugene Roche (Frank [Bossick]), Mark Hamill (Kevin [Bossick]), David Z. Hall (Ron [Bossick]), John Lisbon Wood (Al). Et avec Ann Weldon (Mrs Smally), James Evans Nichols (Richy), Stanley Clements (Fletcher), Lou Tiano (Salvatore) et William Bronder (dispatcher), Richard Narita (first cop), Laura Hippe (girl clerk), Kathy O’Dare (Joanie).

La famille Bossick occupe le centre du récit. Le père, policier en uniforme, élève seul ses deux garçons depuis la mort de leur mère, six ans plus tôt. Les règles qu’il a tenté de leur inculquer révèlent leurs limites lorsque l’aîné enfreint la loi et se rebelle contre l’autorité paternelle. L’histoire contient quelques moments d’émotion mais ne transcende pas les stéréotypes sur lesquels elle repose, jusqu’au dénouement et à l’épilogue qui paraissent mécaniques plus que vivants.

Ellie Bronkov apparaît dans une scène, chez Bronk, quand Frank Bossick vient lui rendre visite. Joseph Mascolo n’apparaît pas.

Eugene Roche, Jack Palance et James Evans Nichols

 

9. Bargain in Blood

CBS, 16 novembre 1975

Musique que Jack Urbont

Ecrit par Shimon Wincelberg

Réalisé par John Peyser

Alors qu’un poseur de bombes sème la panique en ville, Jimmy Grebo est arrêté par des policiers en uniforme avec dans sa voiture le cadavre de Chico. Il affirme connaître l’identité du poseur de bombes et veut conclure un accord avec le District Attorney Yarrow. Bronk s’y oppose et obtient le soutien du maire, qui lui donne un délai pour mener l’enquête avant que le moindre accord ne soit conclu. Supposant un lien entre le poseur de bombes et Grebo, Bronk enquête sur ce dernier, producteur de films pornographiques. En parlant à plusieurs femmes de son entourage, sa petite amie Teri, son ex-femme Luna et l’une des filles qu’il a entraînées dans le « métier », Gloria, que Grebo a défigurée en lui tailladant la joue et que Bronk empêche de se suicider, le policier apprend que Rita Skinner, la vedette du film X Hot Sunday, est morte d’une overdose après avoir annoncé son intention de ne plus travailler avec Grebo. Gloria ne doute pas que ce dernier l’ait fait assassiner par Chico et c’est pour cette raison qu’il a ensuite tué ce dernier. Quant au poseur de bombes, il s’agit du père de Rita : les endroits où il a posé des bombes ont tous un lien avec le business de Grebo. Il a déjà prévenu la police qu’une autre bombe exploserait à 18 h et Bronk obtient un ultime délai de Yarrow afin de trouver la bombe avant que Grebo n’obtienne un marché qui le dispenserait d’être condamné pour meurtre…

Avec Steven Keats (Jimmy [Grebo]), John Larch (Yarrow), Barbara Rhoades (Luna), Margo Ann Berdeshevsky (Gloria). Et avec William Lanteau (Skinner), Marki Bey (Teri), Jean Carson (Mrs Carol), Ron Feinberg (Gunner) et Dale Tarter (Sgt Frye), Bobby Hall (Sgt Hockman), Lewis Charles (Attorney), Eddie Olmos (Chico).

Hockman (Bomb Disposal Team) : « Making bombs today has become a very popular hobby. »

Bronk conduit non pas sa Cadillac bleue mais une autre voiture de collection, noire (comme dans l’épisode 7).

Eddie Olmos tenait déjà le rôle de Chico dans l’épisode 4.

Jimmy Grebo conduit une Lincoln Continental immatriculée 247 PCE.

Ellie et Harry n’apparaissent pas.

 

10. The Pickoff

CBS, 23 novembre 1975

Ecrit par Robert W. Lenski

Réalisé par Sutton Roley

Arnie Cutler, le fils du fortuné Arnold Cutler, est enlevé par deux femmes masquées et armées. La police reçoit des messages d’une certaine « Orphan Annie », qui menace de tuer l’otage si ses exigences ne sont pas satisfaites. Cutler père, cependant, refuse de céder à ces exigences et son fils Arnie tient le même discours à ses deux geôlières : l’un et l’autre ont souvent envisagé un tel scénario et se sont juré de ne jamais céder, ce qui serait un encouragement adressé à tous les criminels. Tout en répondant aux messages d’Orphan Annie, Bronk dirige l’enquête et ne tarde pas à découvrir que les deux terroristes, Rita et Beverly, sont liées à un activiste révolutionnaire, Clyde Hull, que Bronk a récemment arrêté. Pour démontrer leur détermination, elles tuent un innocent, Robert Hayes, en laissant près de lui un message sonore : « Cela aurait pu être Arnie Cutler ». Bronk persuade Cutler père de lui remettre deux millions de dollars ; il respecte le choix de Cutler de ne pas payer mais veut se servir de cet argent pour coincer les terroristes. Dans l’ombre, cependant, une autre personne tire les ficelles. Insoupçonnable aux yeux de Bronk comme de Cutler, elle est le véritable cerveau de l’enlèvement et sa rage n’a rien à envier à celle de Rita et Beverly…

Avec Sharon Farrell (Lyn [Stockwood]), Mark Stevens ([Arnold] Cutler [Sr]), Bonnie Franklin (Rita [Oliver]), Cheryl Walters (Beverly), Peter Hooten (Arnold [Cutler Jr]), Dick Davalos ([Clyde] Hull). Et avec Allen Joseph (manager), David Man (Ellison), Nick Pellegrino (dispatcher), Michael Swan ([Burt] Venneman) et (non crédité) Larry Watson (officer).

Bénéficiant comme le reste de la série de moyens conséquents qui permettent un tournage essentiellement en extérieurs dans des lieux variés et la mobilisation de nombreux figurants et véhicules, l’épisode s’appuie en outre sur un portrait brutal des terroristes, en particulier Rita et Beverly, dont le comportement hystérique et violent rend l’évolution de l’intrigue imprévisible. L’attitude des Cutler tranche également avec le traitement habituel de ce genre d’intrigue : au lieu de céder immédiatement aux exigences des terroristes, l’otage comme son père affirment au contraire leur détermination à ne rien céder, assumant la conséquence la plus radicale, qui serait la mort de l’otage. Loin de les montrer comme des personnages fiers et sûrs d’eux-mêmes, toutefois, qui affirmeraient de cette manière une forme de supériorité, Sutton Roley évite la caricature : le père est un homme très mesuré dans sa façon de s’exprimer et de se comporter tandis que le fils ne dissimule pas la terreur qu’il ressent face à ses geôlières. Aucun conflit générationnel ici : les deux hommes s’estiment et s’aiment, l’enlèvement ne sert de révélateur à aucune ambiguïté dans leur relation. Leur force morale n’en est que plus remarquable et c’est précisément elle qui contrarie les plans des terroristes. Un autre atout du scénario est la contestation de l’autorité morale de celui qui aurait pu passer pour le leader du groupe criminel : l’activiste Clyde Hull, sorte d’avatar de Charles Manson, apparaît finalement comme le jouet de ses trois complices féminines, dont la plus enragée est en définitive celle qui durant la moitié de l’épisode est montrée comme une victime. La séquence finale est à l’image du traitement adulte de l’ensemble de l’épisode : ample dans son filmage et les moyens mis en œuvre, sobre et brutale dans sa dramaturgie.

Sharon Farrell tiendra un rôle similaire (à la seconde partie de l’épisode en tout cas) l’année suivante dans l’épisode 3.10 de Police Woman (Sergent Anderson), « La fin d’un rêve ». 

La séquence d’ouverture est filmée en partie devant le Continental Hyatt House, ainsi nommé depuis 1966, ex-Gene Autry’s Hotel Continental et bientôt (en 1976) Hyatt on Sunset, situé au 8401 Sunset Boulevard. En face se dresse la Sunset Tower, où réside Frank Cannon dans Cannon (1971-1976) et qui sera aussi le lieu de résidence du héros de Lucifer (2016-2021). La photo de Robert Plant (le chanteur de Led Zeppelin), « I Am a Golden God », montre l’artiste sur l’un des balcons du Continental, face à la Sunset Tower. Le décor intérieur de la séquence, où se tient une réception organisée par le maire, est en fait le décor du bureau du maire dans les autres épisodes.

Le bateau de Cutler est le Princess Louise, un ancien paquebot devenu restaurant en 1966, amarré à Terminal Island dans le port de Los Angeles jusqu’en 1979, date à laquelle il fut déplacé à San Pedro. Le restaurant ferma en 1989 et le bateau coula en 1990, après avoir subi des dommages. Sutton Roley y avait tourné en 1972 une grande partie de l’épisode 6.14 de Mannix, « Light and Shadow ».

La voiture dans laquelle est enlevé Arnie Cutler est immatriculée 247 PCE.

Ellie Bronkov et Harry Mark n’apparaissent pas.

 

11. Crackback

CBS, 30 novembre 1975

Ecrit par Lou Morheim

Réalisé par John Peyser

Un braquage de banque tourne mal pour les deux criminels, Barrow et Cara. Le premier est abattu par un policier, la seconde arrêtée. Dans l’espoir d’alléger sa peine, elle passe un marché avec le District Attorney et révèle que Barrow conduisait la voiture responsable de l’accident de Joanna et Ellen Bronkov. Il avait été payé par un homme sur lequel enquêtait Bronk. Le maire et le D.A. informent ce dernier, réveillant une douleur enfouie depuis trois ans mais jamais apaisée. Le maire essaie de le raisonner mais il se lance dans la traque du responsable. Cara prétend ignorer le nom de l’homme qui engagea Barrow mais les soupçons de Bronk se portent bientôt sur Frank Marcott. Il s’introduit dans sa propriété pour lui parler mais est éconduit, sans ménagement, par deux gardes du corps. Pete Santori lui fournit l’occasion de parler à l’avocat de Marcott, Jonas, qui bien sûr nie toute implication de son client. Sa croisade personnelle, en attendant, détourne Bronk de l’enquête sur Ron Canaby, soupçonné d’avoir commandité le meurtre de Dave Allenberg…

Avec Charles Macaulay ([Ron] Canaby), Lezlie Dalton (Cara), Ron Thompson ([Phil] Barrow), Kevin Hagen (District Attorney [Sam]). Et avec William Mims (Jonas), Ken LeRoy (manager), John Lupton (Feeney), Natalie Core (Mrs Dunkel), Anne Newman Mantee (Joanna), Peter Brocco ([Frank] Marcott) et George Fisher (bodyguard), Louise Hoven (bank teller), Chris O’Brien (police technician), Gregory Bach (Steve) et (non créditée) Marcy Lafferty (Marci).

Le scénario s’appuie sur la souffrance de Bronk : réveillée par une révélation inattendue, elle irrigue tout l’épisode, imprimant une ambiance de douleur qui importe davantage que l’enquête policière. Bronk se mue en chasseur, maîtrisant mal sa colère et agissant en marge de la loi. Santori et Webber jouent alors le rôle d’anges gardiens, le protégeant de lui-même et assurant ses arrières. S’il est d’abord question de trouver l’homme qui causa la mort de Joanna Bronk, la question se pose rapidement de savoir si cet homme existe, ou si Bronk a été piégé. Plusieurs flashbacks montrent Ellie avant son accident et introduisent Anne Newman Mantee dans le rôle de Joanna, l’épouse perdue.

On revoit Bronk jouant de l’harmonica, et le chat blanc Yankee.

Harry Mark n’apparaît pas. Marcy Lafferty reprend le rôle de Marci, la secrétaire du maire, dans une scène où son regard en dit long, de nouveau, sur les sentiments secrets qu’elle éprouve pour Bronk (voir aussi épisode 6).

 

12. Deception

CBS, 7 décembre 1975

Ecrit par Larry Forrester

Réalisé par Corey Allen

Le riche Duke Addison est retrouvé mort dans un appartement, un couteau planté dans la poitrine. Près du corps gît Hannah, une prostituée de luxe, qui échappe de peu à une overdose. Ses empreintes sont sur le couteau et tout l’accuse du meurtre. Pourtant, un policier en uniforme, Borrison, affirme qu’elle n’a pas tué Addison : il l’a vue ailleurs au moment du crime. Bronk découvre vite que Borrison a menti, mais pourquoi ? Suspendu par le Capitaine Neilson, Borrison avoue plus tard à Bronk la raison de son mensonge : il est absolument certain que Duke Addison n’aurait pas couché avec une prostituée, ni d’ailleurs avec aucune femme. Addison était homosexuel et Borrison était son amant. Bronk poursuit l’enquête à la lumière de cette révélation. Il approche l’associé d’Addison, le Colonel Hecker, qui s’indigne du soupçon d’homosexualité et se plaint au maire des propos du policier. Borrison, cependant, mène sa propre enquête en solo et voit arriver en ville un certain Collicos, dont le témoignage à venir dans un procès fait les titres de la presse. Collicos rencontre Hecker et le presse de lui remettre les 500.000 $ qu’il lui a promis en échange de son silence. Collicos n’a aucun doute sur le fait que Hecker a fait assassiner Addison. Borrison se rend seul au motel où Collicos séjourne et entreprend de l’arrêter mais l’homme s’enfuit. Sa voiture explose lorsqu’il met le contact. Borrison se sauve avant l’arrivée de la police et contacte à son tour Hecker : il prétend l’avoir vu piéger la voiture de Collicos et exige un million de dollars pour son silence…

Avec Alan Feinstein (Borrison), John Anderson (Colonel Hecker), Kim Hamilton (Hannah [Powers]), Michael Conrad (Captain M[urray] Neilson) et Pernell Roberts ([Richard] Collicos). Et avec Virginia Gregg (Maxine), Paul Sorensen (Big Brad Wylie), Arthur David Roberts (Detective Sgt.) et David Steven Nash (Willy, Lab. Tech.), Marcy Lafferty (Marci), David Wiley (bartender), Ted Lehmann (Medical director).

L’intrigue policière elle-même est sans surprise. L’élément insolite de l’épisode est la référence à l’homosexualité. Le thème est abordé par d’autres séries de l’époque (Cannon, Starsky & Hutch, Les Rues de San Francisco, Madame Columbo) mais restait néanmoins tabou en raison des risques financiers (encore au début des années 1990, un épisode de Code Quantum abordant ce thème sera menacé de boycott par les annonceurs de la chaîne le diffusant). Le motif constitue ici le coup de théâtre de la fin de l’acte I mais est ensuite traité sobrement, comme un élément de l’enquête et sans crainte de nommer la chose (« homosexuality », « homosexual » sont prononcés plusieurs fois).

La voiture louée par Collicos est immatriculée 247 PCE.

Bronk conduit de nouveau sa voiture noire, non la bleue.

Harry Mark n’apparaît pas. Ellie Bronkov apparaît dans une scène.

 

13. Betrayal

CBS, 14 décembre 1975

Ecrit par Larry Alexander

Réalisé par Paul Krasny

Acquitté au terme d’un procès où il était accusé d’avoir piégé la voiture d’un homme qu’il avait d’abord tenté de corrompre, Callendar, causant la mort de l’épouse de ce dernier et envoyant à l’hôpital sa petite fille de six ans, Paul Tedesco reste un homme libre. Au grand dam de Callendar mais aussi de son propre frère, Victor Tedesco, qui avait tout orchestré pour faire envoyer Paul en prison, avec la complicité de son avocat Lyle Brewster. Les deux hommes décident donc d’éliminer tout simplement le gêneur, dont Victor est persuadé (il en a été persuadé en fait par Brewster) qu’il cherche à l’évincer de la direction des « affaires » familiales. Se servant de l’amitié du Sgt Webber avec Callendar, ils font enlever Webber par deux hommes de main, Jukes et Steiner, et envoient un faux Webber, muni de l’arme et de la plaque de ce dernier, quérir Paul pour interrogatoire. Paul n’arrive jamais au poste de police et lorsque son corps est retrouvé tout accuse le Sgt Webber, introuvable. Tandis que Bronk essaie de le retrouver, refusant de croire à sa culpabilité, Webber parvient à échapper à ses geôliers. Il prend contact avec Bronk qui le met au secret chez Harry le temps de débrouiller l’écheveau. De son côté, la veuve de Paul, Alma, découvre la vérité sur la mort de son mari et décide d’en informer Bronk, qu’elle contacte pour lui donner rendez-vous, avant de s’enfuir de la maison Tedesco avec son fils. Ils sont cependant interceptés par Steiner et Jukes, qui enlèvent l’adolescent, abandonnant Alma à Bronk qui s’est interposé. Les informations qu’elle livre permettent à Bronk de trouver la preuve de l’imposture de Brewster, qu’Alma porte elle-même à la connaissance de Victor…

Avec Susan Strasberg (Alma [Tedesco]), Jack Kruschen (Victor [Tedesco]), Eddie Fontaine ([Paul] Tedesco) et David Hedison ([Lyle] Brewster). Et avec Austin Stoker (Callendar), Tom Geas (Steiner), H. B. Haggerty (Jukes), Marc McClure (Tedesco, Jr) et Peggy Walton (Sara), Ursaline Bryant (Michelle), Lew Saunders (Lloyd), Tom Williams (bartender) et Ken Lynch (Captain Lockwood).

Ellie Bronkov n’apparaît pas.

 

14. There’s Gonna Be a War

CBS, 21 décembre 1975

Musique de George Romanis

Ecrit par Al Martinez

Réalisé par Paul Krasny

Tony King est le Sgt Webber

Joseph Mascolo est le maire Santori

 

Deux militants noirs des quartiers Sud (South Side), Wilbur et Nancy, sont abattus en pleine rue par deux policiers qui prennent la fuite au volant d’une voiture de patrouille. Dans un climat explosif, le maire confie l’enquête à Bronk, qui ne veut pas croire que les meurtriers soient de vrais policiers. Les deux hommes, Britt et Sedley, ont en réalité été payés par David Melbourne, qui entend orchestrer un soulèvement dans le South Side à seule fin de prendre une revanche personnelle sur le maire, qui l’a envoyé en prison alors qu’il était District Attorney, sept ans plus tôt. Melbourne se sert d’un conseiller des quartiers Sud, Mario Blasco, en offrant d’armer la population. Blasco croit à son désir sincère d’aider la population contre la police « fasciste ». Peu après le vol d’armes dans un dépôt de la garde nationale, Melbourne fait enlever Bronk par Britt et Sedley ; le policier a les yeux bandés lorsque Melbourne exige que soient livrés deux policiers en uniforme afin de venger le meurtre des deux militants, puis il fait libérer Bronk. Mario ne tarde pas à découvrir le jeu de Melbourne, qui le fait assassiner en orientant de nouveau les soupçons vers la police. Cette fois, cependant, la petite amie de Mario, Shelley, parle à Bronk des entrevues de Mario avec Melbourne, qui ne tarde pas à être localisé…

Mark Slade
Bob Hoy
Sidney Clute

 

Stephen Elliott
Carl Weathers
Karen Philipp

 

Victor Arnold
Junero Jennings (à g.)
Janaire

 

Avec Stephen Elliott (Captain [Brian] Glazier), Mark Slade (David [Melbourne]), Victor Arnold (Mario [Blasco]). Et avec Bob Hoy (Britt), Carl Weathers (Clyde), Junero Jennings (Wilbur), Sidney Clute (Sedley), Karen Philipp (Donna), Jenny Sherman (Linda) et Peggy Walton (Lancaster), Keith Walker (Randell), Brick Huston (Blake), Janaire (Shelley).

La plus grande partie de l’épisode est tournée en extérieurs, ce qui contribue à donner plus d’authenticité et d’amplitude à l’action. Bronk apparaît ici en meneur d’hommes, véritable maître d’œuvre du commissariat d’Ocean City, bénéficiant de l’autorité que lui confère le maire Santori, y compris sur le Capitaine des patrouilles, Glazier (qui joue le même rôle que Lockwood dans d’autres épisodes).

Ellie Bronkov n’apparaît pas mais sa photo est visible sur le bureau de Bronk (au premier plan, lors d’une conversation téléphonique entre Bronk – sur le terrain – et Webber au bureau).

Peggy Walton et Jack Palance

Jack Palance et Tony King

 

15. Next of Kin

CBS, 4 janvier 1976

Musique de Jack Urbont

Ecrit par Bruce Geller et Earl W. Wallace

Réalisé par Sutton Roley

Mark Lynn remet à plus tard l’invitation à l’amour de sa voisine Eva : il doit s’entraîner à la guitare. Eva l’entend ensuite jouer dans son petit appartement. En réalité, c’est un enregistrement : Mark s’est éclipsé par la fenêtre. Il enlève une étudiante qu’il abandonne, ligotée dans sa voiture, au milieu d’une voie ferrée, à l’approche d’un train surgissant d’un tunnel. Puis il rentre chez lui et ouvre à Eva quand elle vient le relancer. Cette fois, rien ne s’oppose à l’amour.

Le lendemain, Mark se rend au poste de police et s’accuse du crime afin de parler à l’inspecteur en charge de l’enquête : Bronkov. Il révèle à celui-ci qu’il est le fils du Colonel Mark Lynn, que Bronk, alors jeune officier, a tué à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’ils étaient prisonniers des Allemands. Lynn trahissait au profit des nazis et compromettait l’évasion de ses compatriotes. Cela, son fils s’en moque : il est visiblement obsédé par le désir de tirer vengeance de Bronk. Ses aveux, que ne vient corroborer aucune preuve, ne suffisent pas à le retenir en cellule, ils n’étaient qu’un  moyen d’approcher Bronk. Remis en liberté, Mark entend pousser ce dernier à un affrontement au terme duquel il compte bien le tuer. Il quitte son appartement, laissant Eva derrière sans un mot d’adieu, mais aussi une carte de visite qui conduit Bronk au centre de remise en forme dont il est le directeur. Là, il s’accuse d’autres meurtres, tous commis dans un souci de « justice », pour punir des coupables envers lesquels les tribunaux s’étaient, selon lui, montrés trop cléments. Œil pour œil. L’étudiante tuée par le train était la fille d’un homme qui avait tué un enfant de dix ans en conduisant en état d’ivresse. Innocente ? Pas aux yeux de Mark. Mais les éléments qu’il révèle à Bronk ne sont pas des preuves et, une fois encore, le policier ne peut rien en faire. Il retourne alors affronter Mark Lynn, furieux de son impuissance et sachant qu’il ne fait que répondre à la provocation d’un dangereux maniaque. L’affrontement ne tourne pas à l’avantage de Lynn mais Bronk refuse de pousser jusqu’au bout la logique meurtrière installée par son adversaire. En le laissant, il redouble sa colère.

Mark enlève alors Ellie Bronkov et la retient prisonnière dans sa salle de gymnastique, obligeant Bronk à revenir à lui. Cette fois, dans l’esprit de Lynn, il ne peut y avoir qu’une seule issue…

Avec Denny Miller (Mark [Lynn]) et Brenda Scott (Eva). Et avec Steve Mitchell (Lt Stacker), Mary Nancy Burnett (policewoman) et Patti Jerome (landlady), Kate Netter (Charity), Sue Mullen (Wrigley).

Affrontement psychologique que l’adversaire de Bronk veut mener jusqu’au duel à mort. Un coin de voile est levé sur le passé combattant de Bronk, encore très jeune officier durant la Seconde Guerre mondiale. La peur de Bronk est visible dès sa première confrontation avec son adversaire et l’on comprend peu à peu que cette peur est davantage une peur de son passé, une peur de lui-même, causée par la douleur d’affronter une culpabilité ancienne mais jamais surmontée. On peut trouver peu crédible la première victoire de Bronk sur un adversaire autrement plus entraîné et agressif que lui, même si le scénario lui donne une explication vraisemblable. Outre la folie d’un fils hanté par la mort de son père, c’est le rapport de Bronk à sa propre violence intérieure que l’histoire met en jeu.

 

16. The Deadlier Sex

CBS, 18 janvier 1976

Musique de Jack Urbont

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Alex March

Briscoe raffine lui-même sa drogue avant de la revendre. Dans l’entrepôt où il a établi son quartier général, sa petite amie Eleanor se montre très friande de sa marchandise. Elle est complètement stone lorsque, un soir, Briscoe tue un associé, Dworski, qui devenu brusquement gourmand veut le forcer à revoir les conditions de leur accord. Prise de panique, Eleanor s’enfuit ; alors que Briscoe et son acolyte Ferraro la poursuivent et tentent de la calmer, une patrouille de police les aperçoit et intervient. Les deux hommes prennent la fuite et l’officier Sara Mitchell, qui effectue sa première patrouille de nuit avec le Sgt Ben Waite, maîtrise et emmène Eleanor qui s’en est prise à la policière. Une fois calmée, au commissariat, Eleanor demande à parler à Sara, pour s’excuser auprès d’elle ; mais, une fois seule avec la policière, elle se jette sur elle, l’embrasse sur la bouche, déchire ses propres vêtements et se met à hurler en appelant à l’aide. Elle accuse Sara de lui avoir fait des avances de nature sexuelle puis de l’avoir agressée.

Cette affaire ébranle Sara, bien qu’elle reçoive le soutien de Bronk (pour qui elle a un petit béguin), et justifie une enquête interne pour la durée de laquelle Sara est suspendue par le Capitaine Miller. Eleanor, elle, entend tirer profit de ce qu’elle a vu et fait chanter Briscoe, qui ordonne à Ferraro de la tuer. Ils veulent faire accuser Sara du meurtre et se servent d’Eleanor elle-même pour attirer Sara sur les lieux du crime. C’est Bronk qui découvre Sara sans connaissance près du corps d’Eleanor. Au lieu de l’arrêter, il l’emmène et la met en sûreté dans une chambre d’hôtel tout en menant l’enquête pour remonter jusqu’aux vrais coupables. Eleanor se joint à Bronk pour l’arrestation de Briscoe et Ferraro mais une dernière surprise les attend : les deux malfrats ont en effet un complice au sein même de la police…

Avec Julie Sommars (Sara [Mitchell]), Eric Braeden (Briscoe), Jaime Lyn Bauer (Eleanor [Cooley]) et Lonny Chapman (Captain Miller) et Joby Baker (Sgt Ben Waite). Et avec Eugene Peterson (Dworski), John Dennis Johnston (Ferraro), Mary Nancy Burnett (Policewoman Barbara [March]), Rick Ferrell (Tallier) et Calvin Brown (first cop).

Le scénario de Stephen Kandel sera adapté par Sean Baine (l’un des pseudonymes de Stephen Downing dans les années 1970) pour la série Sergent Anderson, épisode 3.03, « Procès d’intention », diffusé le 12 octobre 1976. On y retrouve l’idée de la femme flic accusée d’agression à caractère sexuel par une détenue, accusation reliée à une affaire antérieure également compromettante et, comme ici, l’accusée sera retrouvée sans connaissance près du corps de l’accusatrice, dans la seconde partie de l’épisode.

Ellie Bronkov est toujours au générique mais n’apparaît pas. Dans l’épisode suivant, elle disparaît du générique. Le maire Santori n’apparaît pas non plus, ni Harry Mark qui est cependant mentionné par Bronk dans la dernière réplique de l’épisode (« My old friend Harry »).

 

17. Jackson Blue

CBS, 25 janvier 1976

Musique de George Romanis

Ecrit par Michael Mann

Réalisé par Sutton Roley

Jackson Blue gagne sa vie dans les salles de billard. Il vit avec Emma Lou Jean et le petit Lucas dans une maison dans les collines. Ce matin-là, Emma Lou prend le volant de leur voiture pour partir en courses. Mais, lorsqu’elle recule, la voiture semble s’emballer et file en marche arrière dans un précipice avant de s’enflammer. Emma ne survit pas. Jackson est dévasté et Bronk trouve une famille à qui confier le petit Lucas le temps que son père surmonte le drame. L’examen de la voiture révèle un sabotage. Mais qui pouvait vouloir tuer Emma ? A moins que Jackson n’eût été la cible.

En ville, Larry Collins, garant de caution, téléphone au Juge Early McTell à Bayou, en Louisiane, et l’informe que l’homme qu’il a engagé a manqué son coup : c’est la fille qui est morte. McTell est dévasté. Il prend aussitôt la route d’Ocean City avec son fils Roger, un homme au cerveau visiblement lent mais qui lui est tout dévoué. L’homme qui a « raté son coup » sera bientôt retrouvé mort, portant la trace de multiples coups. Collins, lui, reçoit mission de trouver deux autres types pour s’occuper de Jackson Blue. McTell téléphone à ce dernier et le prévient : l’enfant est à lui, il le reprendra.

Bronk intervient à temps pour empêcher Jackson Blue d’être battu, peut-être à mort, par les deux types. Jackson sait maintenant qui lui en veut. Il raconte à Bronk que McTell a acheté Emma alors qu’elle n’avait que quatorze ans ; il en a fait sa femme, lui a fait un enfant, tout en la battant et la terrorisant. Emma s’est enfuie avec Jackson, en emmenant l’enfant. Rien n’arrêtera McTell, il le sait. Bronk parvient à retrouver les deux agresseurs, qui sont arrêtés. Jackson, lui, attire McTell et Roger à lui…

Avec David Huddleston ([Judge Early] McTell), Lee Paul (Roger [McTell]) et Alan Vint (Jackson Blue). Et avec Jack O’Leary ([Larry] Collins), Scott Arthur Allen (Barry), Stack Pierce (Sulko) et Barbara Collentine (Mrs Hensen), Jason Pestano (Lucas), David Steven Nash (Willy), Ellane H. Elder (Emma Lou Jean).

Un épisode « d’atmosphère ». Le rythme est lent, la musique du bayou accompagne l’action en lui donnant un cachet de Louisiane, la réalisation est confiée à Sutton Roley qui sait mettre en scène des ambiances décalées, affectionnant ici les plans larges et statiques qui laissent les voix s’exprimer sans distraire l’œil du spectateur. C’est l’un des premiers scénarios de Michael Mann pour la télévision ; deux Starsky & Hutch avaient été diffusés en septembre et novembre 1975, un autre le serait en février 1976.

Dans le bureau de Larry Collins est affiché un calendrier ouvert au mois de décembre 1975.

Ellie Bronkov n’apparaît plus au générique. Le maire n’apparaît pas. Harry Mark a repris du service sous l’uniforme ; il explique à Bronk qu’il était trop tranquille dans sa casse automobile et qu’il en éprouvait de la culpabilité.

 

18. Long Time Dying

CBS, 1er février 1976

Musique de George Romanis

Ecrit par Alan S. Godfrey

Réalisé par Reza Badiyi

Le D.A. Harding est assassiné chez lui. Une voisine, Mrs Marsh, qui épie la rue à travers ses jumelles, voit distinctement une femme, la meurtrière, sortir tranquillement de la maison et s’éloigner à pied. Elle prévient la patrouille de police qui ne tarde pas à arriver. L’un des officiers se porte à la rencontre de la femme, qui ne se retourne pas à ses appels. Une voiture fonce soudain délibérément sur le policier et le renverse. Sur le miroir de la salle de bain de Harding, la meurtrière a écrit au rouge à lèvres un message destiné à Bronk : « Bronkov, rendez-vous sous l’arbre des pendus ». Message sibyllin qui suggère néanmoins que le meurtre est lié également à Bronk. Ce dernier, en charge de l’enquête, échappe de peu à la mort lorsque la meurtrière prend la place de sa masseuse Judy ; poussée à s’enfuir avant d’avoir atteint son but, la femme laisse un autre message sur un miroir : « On ne boit plus après la mort ». Les deux messages évoquent bientôt dans la mémoire de Bronk une réminiscence littéraire : ils sont issus d’une pièce de John Fletcher, The Bloody Brother, qui évoque aussi « trois joyeux compagnons ». C’est Harry Mark qui rappelle à Bronk l’affaire Johnny Sanders : ce jeune homme condamné à la prison à perpétuité pour trois meurtres a été tué lors d’une révolte en prison et sa jeune sœur Kitty, internée dans un établissement psychiatrique, en est sortie trois semaines plus tôt, son psychiatre le Dr Spear estimant qu’elle n’était plus un danger pour la société. Bronk avait arrêté Sanders, Harding l’avait poursuivi devant la cour que présidait le juge Sheehan. Les « trois joyeux compagnons » seraient-ils ces trois hommes ? Bronk arrive trop tard pour sauver le juge, abattu chez lui par Kitty Sanders, mais il sait avec certitude qu’elle s’en prendra de nouveau à lui…

Avec Britt Lind (Kitty [Sanders])), Lloyd Bochner (Dr Spear), Nancy Kovack Mehta (Mrs [Adele] Marsh). Et avec John Howard (Judge [James] Sheehan), Robin Clark ([Edward] Harding), Fred Franklyn (Yarrow*) et Lee Crawford (Judy), Laura Hippe (nurse), Lorry Goldman (Dr Hadlow), Herbert Bress (bartender) et Ken Lynch (Captain [Dave] Lockwood). * en fait Earl Stockwood dans le dialogue (Yarrow était le D.A. dans l’épisode 9)

La tueuse psychopathe, la référence littéraire et la désignation de trois « hommes à abattre » font de cette histoire un thriller façon comptine qui ne cherche pas vraiment à surprendre mais déroule méthodiquement ses péripéties. On peut regretter un dénouement improbable mais ce n’est pas le seul épisode de la série qui pèche par son finale. Il s’agit, ici, d’introduire un mystère supplémentaire en soulignant dès le début un complice qui reste dans l’ombre et qui en sort in extremis, se livrant de fait lui-même, et de façon assez incongrue, au policier.

Les messages écrits au rouge à lèvres (« under the gallows tree », « No drinking after death », « Three merry men ») s’inspirent de la pièce The Bloody Brother écrite par John Fletcher vers 1617 (titre alternatif : Rollo Duke of Normandy). Les dramaturges Ben Jonson, Philip Massinger et George Chapman ont collaboré à l’écriture de la pièce. Fletcher a souvent collaboré avec Francis Beaumont. De là, sans doute, le nom d’auteur que donne Bronk : John Fletcher Beaumont. 

Le maire Santori n’apparaît pas.

 

19. Target : Unknown

CBS, 8 février 1976

Ecrit par Robert I. Holt

Réalisé par Sutton Roley

Deux jeunes surfers sont retrouvés morts sur une plage. Des traces de pneus indiquent la présence d’une Jeep et un pêcheur a vu un avion se poser brièvement sur l’eau avant de repartir. La découverte d’un canot pneumatique semble indiquer qu’un homme en est descendu et qu’il est reparti au volant de la Jeep. Les deux victimes se sont probablement trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Bronk et Webber retrouvent le pilote de l’avion, Sedley, censé revenir plus tard chercher son passager, qui lui a laissé une valise. Celle-ci contient trois passeports de nationalités différentes, sous des noms différents, mais sans photographie. Les empreintes, cependant, permettent d’identifier un tueur international, Scorpio. L’enquête amène Bronk à soupçonner Greg Turman, un « respectable homme d’affaires » suspecté de liens avec la mafia, d’avoir engagé Scorpio pour assassiner Jacques Abriega, Ministre des Finances de Saint Lucius, en visite chez lui avec sa maîtresse, Beth. Turman a vainement cherché à convaincre Abriega de le laisser implanter un lucratif business de jeux à Saint Lucius. Une fois Abriega écarté, il espère parvenir à ses fins. Bronk informe Abriega de ses soupçons et conçoit un stratagème destiné à prendre Scorpio. Le tueur est effectivement arrêté, au moment où il s’apprêtait à tuer non pas Abriega mais Turman. Contacté, en effet, par le tueur à gages, Abriega a fait à celui-ci une meilleure offre ! Il va maintenant essayer de s’enfuir avec sa maîtresse à bord d’un hélicoptère ; à moins, bien sûr, que Bronk ne l’en empêche…

Avec Fernando Lamas ([Jacques] Abriega), Walter Brooke ([Greg] Turman) et Richard Lynch (Scorpio). Et avec Wright King (Sedley), Laurence Haddon (Speedy [Edwards]) et Melendy Britt (Beth). Et Shirley Ballard (woman drunk), Burr Middleton (attorney), Michael Swan (Detective), Paul Tuerpe (cop).

L’épisode croise enquête policière et (très classique) traque d’un tueur à gages international dont la maîtrise du déguisement complique singulièrement la tâche de la police. Le twist final prélude à un dénouement en forme de poursuite entre hélicoptères au-dessus de l’océan Pacifique. Richard Lynch assure le job dans le rôle du tueur aux déguisements, comme il le fait ailleurs (Sutton Roley le dirigera de nouveau dans un rôle similaire dans l’épisode « The Horn of Plenty » de Supercopter, 3.01). Sa façon de tuer ses victimes, d’un coup du tranchant de la main, rappelle la main tueuse de l’épisode « Quadrature » de Starsky & Hutch, où Lynch assassinait des chauffeurs de taxi en se dissimulant, aussi, sous un déguisement.

Le maire Santori n’apparaît pas.

 

20. Jailbreak

CBS, 15 février 1976

Ecrit par Carey Wilber

Réalisé par Allen Baron

La petite amie de Tony Lombardi, Mandy, est en prison. Elle a été arrêtée alors que Lombardi passait à tabac Summers, un homme terrifié qui lui devait de l’argent. Bronk, espérant la convaincre de témoigner contre Lombardi, se rend en prison pour lui parler. Il se retrouve au milieu d’une révolte de prisonniers qui prennent en otages les visiteurs et Bronk lui-même. Tout a commencé par un prisonnier qui, s’étant procuré une arme, a tiré sur le gardien qui tentait de la lui prendre ; d’autres détenus ont alors saisi l’occasion de s’évader et l’un d’eux, Luke Talbot, a pris la direction des opérations. Bronk a fort à craindre de Baldy, un détenu habité par un désir de vengeance à son égard et que Talbot parvient à raisonner, pour l’instant. Lorsque Baldy, ivre, pointe une arme sur le policier, cependant, Talbot en voulant la lui prendre provoque la mort de l’un des otages. Talbot, qui n’avait aucune intention de tuer qui que ce soit, se sert de l’incident pour démontrer aux autorités, réunies à l’extérieur autour du maire Santori et du directeur Connally, qu’il ne plaisante pas. Il affirme qu’il tuera d’autres otages si l’on ne permet pas aux prisonniers de s’enfuir à bord d’une voiture. L’une des détenues, Rose, condamnée pour détournement de fonds, feint de se ranger du côté des révoltés afin de s’emparer d’une arme, qu’elle parvient à remettre à Bronk. Il l’utilise pour renverser la situation : s’emparant de Talbot, il oblige celui-ci et ses complices à traiter avec lui. Seul Baldy persiste dans le projet d’évasion, les autres prisonniers décidant de se retirer du jeu. Bronk demande au maire de les laisser s’en aller ; ils n’emmèneront que deux otages : Bronk et Mandy. Celle-ci est, à son insu, la véritable cause de tous ces événements : il s’agissait au départ de la faire évader. En suivant Talbot et Baldy dans la voiture qui les emmène, Bronk espère encore retourner la situation…

Avec Bradford Dillman (Luke [Talbot]), K. T. Stevens (Hannah), Gene Dynarski (Baldy [Eckert]), Anne Randall Stewart (Mandy), Stan Haze (Carver), Dick O’Neill (warden Connally), Sondra Currie (Rose [Compton]). Et avec Dick DeCoit (Baby), Carmen Filpi (Louie), Charles Lyles (Jocker), Cody Palance (Compton), Beverly Powers (Jo), Gloria Stuart (Annie), Patricia Sullivan (matron Scarlatti), Ebony Wright (Ginny) et Jacqueline Carlin (Sarah), Leopoldo Mandeville (Charlie), Read Morgan (Bulger), Toni Moss (matron #2), Cliff Carnell (Tony Lombardi), David Bruce (Summers) et Michael Swan (the Detective [Venneman]).

La révolte au sein d’une prison est un thème récurrent des séries policières de l’époque. L’originalité, ici, consiste peut-être dans le fait que les détenus ne sont pas de dangereux criminels prêts à tout pour s’évader et tuer du flic, mais pour beaucoup d’entre eux des condamnés à des peines relativement courtes, saisissant une occasion de s’évader qu’ils n’ont pas provoquée. Pour plusieurs d’entre eux, la révolte n’est rien de plus qu’une opportunité de s’amuser en pillant l’infirmerie, en s’enivrant et en se payant une bonne tranche de rigolade. Au terme de l’aventure, seuls restent dangereux les deux meneurs, dont l’un veut absolument avoir la peau de Bronk.

Cody Palance, qui joue l’un des visiteurs pris en otages, est le fils de Jack Palance, qui a déjà eu sa fille Brooke pour partenaire dans l’épisode 5.

 

21. Vengeance

CBS, 22 février 1976

Ecrit par Burton Armus

Réalisé par Sutton Roley

Ramon Bieri et Jack Palance... et la Cadillac de Bronk

Le terroriste Mavros est arrêté par l’équipage d’un navire sur lequel il s’est embarqué sous une fausse identité. Informé, le Detective Patrick O’Flanagan de la police de New York prend l’avion pour Ocean City, où le navire est attendu, et, contre les instructions reçues à New York, exige qu’on lui remette Mavros. Bronk l’informe que la police irlandaise a également envoyé un inspecteur, Burke, pour emmener le terroriste. O’Flanagan intercepte Burke et, lui-même Irlandais, gagne sa sympathie avant de l’abandonner, enchaîné, dans une maison vide, loin de tout voisinage. O’Flanagan est habité par un désir de vengeance qui le dévore et le rend capable de tout car Mavros est responsable de la mort de sa femme et de son enfant, lors d’une prise d’otages. Furieux d’apprendre que Mavros s’est échappé à peine le navire arrivé à quai, il mène sa propre enquête, persuadé de l’incompétence de la police d’Ocean City. Il arrache des informations à Brandon O’Sullivan, qu’il tue lorsqu’il tente de s’échapper, et finit par retrouver Mavros à bord d’un avion en partance pour Mexico City. Là, le policier braque son arme sur le terroriste et retient en otages les passagers de l’avion. Bronk essaie de le ramener à la raison en lui montrant qu’il est en train de faire, dans sa rage de vengeance, exactement ce que Mavros a fait, autrefois, à sa famille…

Ramon Bieri
Dennis Robertson

 

George Loros
Dudley Knight

 

Albert Henderson
Russ Marin

 

Avec Ramon Bieri ([Patrick] O’Flanagan), George Loros (Mavros), Albert Henderson (Inspector Burke). Et avec Dennis Robertson (Ray Parnell), Dudley Knight ([Brandon] O’Sullivan), Doug Henderson (Fred R. Stone) et Russ Marin (Ship’s Captain), Joseph Petrullo (Ship’s Officer), Frank Baxter (Security Officer), Trenace Roley (receptionist).

L’épisode repose sur la performance de Ramon Bieri en flic de New York animé par un désir de vengeance incontrôlable. Véritable bulldozer capable de tout, y compris de tuer, O’Flanagan est dévoré par sa propre douleur et n’ouvre les yeux qu’à la fin de l’épisode, enfin touché par les mots de Bronk. Mais peut-il encore être sauvé ? Outre l’affrontement, classique, d’un policier brutal de New York et de la police « incompétente » de la côte Ouest, le scénario met en question la frontière qui sépare le policier du criminel, particulièrement ténue lorsque le premier renonce à respecter la loi et est tenté de se faire juge et bourreau, mais aussi le traumatisme des victimes du terrorisme.

On retiendra une scène originale : deux hommes se poursuivant sur un monticule de boîtes de conserve vides, assortie d’effets sonores rarement entendus.

 

22. The Ordeal

CBS, 7 mars 1976

Ecrit par Oliver Crawford

Réalisé par Ric Rondell

Prisonnier !

Enrique Gomez débarque d’un avion en provenance du Mexique. Sitôt son départ de l’aéroport, il est pris en filature par Gabriel et Raoul, qui ont reçu de leur chef l’ordre de le surveiller. Gomez est chargé de transporter des diamants mais il essaie de doubler ses employeurs en tuant l’acheteur et en prenant son argent tout en gardant les diamants. Gabriel et Raoul le pourchassent et le rattrapent mais l’intervention de Bronk et de l’officier Whyte oblige Gabriel à s’enfuir. Raoul est tué et Gomez s’éteint en essayant de parler à Bronk. Gabriel s’imagine, en les observant à distance, que Gomez a donné les diamants au policer.

Le maire Santori oblige Bronk à prendre quelques jours de congé et à l’accompagner dans une partie de pêche sur le bateau de Simms. Mais Gabriel paye ce dernier pour qu’il mène le bateau au large de la côte mexicaine, avant d’abandonner ses passagers sous le prétexte d’aller chercher à terre une pièce de rechange. Ne voyant pas revenir Simms, Bronk se rend sur la côte. Il ne tarde pas à découvrir un cadavre dans une maison isolée et est aussitôt pris « sur le fait » par un policier, Ybarra, qui l’arrête. En réalité, la victime n’est pas morte et Bronk est tombé dans un piège. Ybarra, sa complice Irene et Gabriel essaient de lui faire dire où sont les diamants, ce qu’il ignore.

Cependant, Santori, inquiet à son tour de ne pas voir Bronk revenir, suit le même parcours. Mais, lorsqu’il rencontre Mendoza, le faux mort découvert par Bronk, il avise la montre de ce dernier au poignet de l’homme et comprend qu’il y a anguille sous roche…

Don Gordon
Louise Sorel

 

Pepe Serna
Jose De Vega

 

Mike Mazurki
Michael Swan

 

Avec Don Gordon (Ybarra), Pepe Serna (Gabriel), Mike Mazurki (Simms) et Louise Sorel (Irene). Et avec James Almanzar (Mendoza), Jose De Vega (Gomez), Carl Miranda (Raoul) et Nick Pellegrino (Whyte), Candace Howerton (checker), Paula Victor (customer) et Ken Lynch (Captain Lockwood) et (non crédité) Michael Swan (Sgt Venneman).

Le premier acte est une séquence en soi qui va de l’arrivée du trafiquant Gomez à sa mort, dans laquelle intervient Bronk. La suite conte la virée en mer de Bronk et du maire Santori et suit le schéma d’un « survival » en territoire hostile, avec policiers corrompus et complice de charme (Louise Sorel), donnant l’occasion de livrer Bronk à la merci de geôliers tortionnaires mais aussi d’offrir au maire un rôle actif, en tenue de touriste-pêcheur.

Contrairement à ce qu’écrit David Martindale dans son Television Detective Shows of the 1970s, « The Ordeal » n’est pas un titre alternatif pour le téléfilm pilote mais bien un épisode à part entière de la série.

Joseph Mascolo et Jack Palance

 

23. Death with Honor

CBS, 21 mars 1976

Adaptation de Michael Mann, histoire de Dan Ullman

Réalisé par Allen Baron

Jack Palance est Bronk

Henry Beckman est Harry Mark

 

Lou Trent, un policier, est tué en s’opposant à un vol en pleine rue, pendant que son équipier Lacy demande du renfort par téléphone, la radio de leur voiture de patrouille ne fonctionnant pas. Le voleur est abattu par Lacy mais il est trop tard pour Trent. Ce dernier était un ami de Bronk, qui connaissait également sa famille. Il laisse une veuve, Jennifer, et trois enfants, dont une petite fille, Brenda. Lacy, lui, en plus de son sentiment de culpabilité, doit assumer l’hostilité d’une partie de ses collègues qui considèrent qu’il n’a pas protégé son partenaire. Jennifer demande à Bronk de se charger personnellement de l’enquête. Il découvre rapidement que Lou jouait beaucoup, y compris pendant son service, et qu’il avait des dettes énormes. Son bookmaker, Lasko, est placé sous surveillance mais il parvient à quitter son domicile à l’insu des policiers, en l’occurrence Webber et Bayliss. Il entre en contact avec Lacy qu’il veut forcer à lui rendre un « service » ; s’il refuse, Lasko s’en prendra à la famille de Trent. Ledit « service » devait être rendu par Trent, que ses dettes mettaient à la merci de Lasko. C’est pour se sortir de cette situation que Lou a organisé lui-même son « suicide » : il a saboté la radio de la voiture de patrouille et a envoyé Lacy téléphoner pour se trouver seul face au tireur, puis il a délibérément tiré à côté de celui-ci afin de se faire descendre. C’est à cette conclusion qu’en arrive Bronk, qui amène Lacy à lui avouer la situation dans laquelle il se trouve à présent. Ensemble, ils décident donc d’un plan destiné à coincer Lasko et à faire disparaître les reconnaissances de dettes de Lou Trent. Si la vérité reste ignorée, sa famille pourra toucher la pension qui lui serait refusée s’il était démontré que Lou avait prémédité sa mort…

Morgan Paull
Eloise Hardt
Jon Cedar

 

Vic Tayback
Fred Villani
Jay Rasumny

 

Bert Freed
Maidie Norman
Michael Swan

 

Avec Morgan Paull ([Mitch] Lacy), Vic Tayback (Lasko), Bert Freed ([Lou] Trent). Et avec Fred Villani (Carbonnay), Eloise Hardt (Jennifer [Trent]), Maidie Norman (Stella), Jon Cedar (Bayliss) et Jay Rasumny (Plant), Terri Lynn Wood (Brenda [Trent]), Michael Swan ([Sgt] Venneman), Jack Kutcher (Zant).

Jack Palance avec Morgan Paull : sur les quais, en attendant Lasko

 

24. The Vigilante

CBS, 28 mars 1976

Musique de Jack Urbont

Adaptation de Robert W. Lenski, histoire de Bruce Geller & Leigh Vance

Réalisé par Sutton Roley

Vic Morrow : un privé dans la brume (à gauche, Tony King)

Veronica engage le détective privé Frank Carey, ancien agent des Services Secrets, parce qu’elle est persuadée que son frère a été brutalement assassiné par le Vigilante, un tueur en série qui s’en prend aux criminels que la Justice ne condamne pas. Il aurait pris son frère pour un autre. D’abord réticent, Carey se plonge bien vite dans l’enquête, convaincu d’être en mesure d’identifier et d’arrêter le Vigilante. L’acquittement de Walter Velig faisant la une des journaux, Carey présuppose que Velig sera la prochaine victime du Vigilante. Il se trompe si peu que Velig vient tout juste d’être assassiné lorsque Carey frappe à sa porte, causant une telle terreur à la veuve qu’elle le fuit en hurlant jusqu’à l’arrivée de la police, qui l’arrête en le prenant pour le meurtrier. Le malentendu est bientôt dissipé et Bronk laisse partir Carey, qui se remet en chasse. Il remonte la piste du Vigilante jusqu’à Crucero, Texas, où il rencontre les parents d’un jeune homme plongé dans un état végétatif à la suite d’une agression, Beau Dexter. Depuis six ans, son ancien professeur d’anglais, Charles Mankowski, envoie de l’argent aux Dexter afin de les aider à subvenir aux besoins de leur fils. Carey pense que Mankowski, lui-même traumatisé par cette histoire, s’est mué depuis en justicier, tournant sa colère vers les coupables qui lui rappellent les agresseurs de Beau Dexter. Mankowski, de son côté, est informé de l’enquête que mène Frank Carey. Se voyant bientôt démasqué, il ne voit pas d’autre moyen de poursuivre sa croisade que d’éliminer Carey…

Vic Morrow
Jon Cypher
Meg Wyllie

 

Tiffany Bolling (à g.)
Carole Cook
Fred Downs

 

Cameron Mitchell
Norman Alden (à g.)
Louise Fitch (à g.)

 

Avec Vic Morrow ([Frank] Carey), Tiffany Bolling (Veronica [Deever]), Jon Cypher ([Elmo] Lundeen), Carole Cook (Beatrice), Norman Alden ([Walter] Velig) et Cameron Mitchell ([Charles] Mankowski). Et avec Meg Wyllie (Mrs Dexter), Eric Server (Chief Evans), Judith Brown (Mrs Velig) et Fred Downs (Mr Dexter), James McKenna (Beau Dexter), Louise Fitch (woman at motel), Frank Corsentino (Eddie), Jerry Ayres (cop #1), Herman Poppe (cop #2), E. A. Sirianni (manager), Charles Rowe (TV Announcer).

Jack Palance fait deux apparitions, laissant tout l’espace à Vic Morrow qui présente ici un personnage de détective privé qui aurait pu faire l’objet d’une série dérivée. Vivant au-dessus du manège de la jetée de Santa Monica, avec pour secrétaire Bea (alias Beatrice, comme deux ans plus tard Dan Tanna dans Vega$, même si les deux femmes n’ont pas grand-chose en commun) qui a sa propre affaire polyvalente (de la rencontre matrimoniale à l’écriture publique, Bea s’occupe de tout !), ayant conservé de ses années aux Services Secrets à la fois un trauma personnel (que cet épisode lui permet en partie de rejouer, mais cette fois en corrigeant l’erreur de la première expérience) et un contact privilégié (Elmo Lundeen, qui ressent envers lui un mélange d’hostilité et de sympathie – bien dissimulée), pilote (d’avion) à ses heures perdues, Frank Carey est un homme au caractère affirmé mais néanmoins capable d’écoute et de compassion, candidat idéal à sa propre série. L’essai ne sera pas transformé mais cet épisode n’en est pas moins excellent, bien écrit, doté d’une interprétation solide et d’une mise en scène inventive, l’un des meilleurs de Bronk alors même que ce n’est pas un Bronk.

Carey dit à Veronica qu’il aime voler parce que cela le tient à l’écart des gens.

Le gimmick de l’image figée, transformée et colorée à chaque fin d’acte n’est pas repris dans cet épisode.

Vic Morrow a tourné plusieurs « pilotes déguisés » restés sans suite. Voir notamment Bonanza, saison 1, « The Avenger » (1.26).

Jack Palance et Vic Morrow

Jack Palance : devant l'écran blanc d'un film noir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1970s
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