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Un guide réalisé par Thierry Le Peut

 

 

 

 

La série de romans prenant pour cadre la ville imaginaire d’Isola et contant les enquêtes et la vie des policiers du 87th Precinct a été initiée par Ed McBain en 1956 (l’écrivain utilisait déjà trois pseudonymes différents, celui de McBain étant le quatrième, créé pour le 87th Precinct). Il la poursuivra jusqu’à sa mort en 2005, à travers 55 titres. Ces romans s’inscrivent dans la veine du police procedural en voulant peindre le travail policier avec précision et réalisme. L’Isola imaginaire de McBain est très proche de New York mais son caractère fictionnel permet à l’écrivain de prendre certaines libertés avec la réalité pour mieux servir la cohérence de son univers.

 

McBain voulait à l’origine se passer d’un héros clairement établi et il a voulu tuer le Detective Steve Carella, son meilleur candidat au titre de héros récurrent. Sur le conseil de son éditeur, il l’a laissé vivre et Carella s’est imposé en effet comme le personnage-phare de la série. Autour de lui, cependant, l’écrivain a développé une galerie de personnages qui permet à Carella de ne pas attirer à lui toute la lumière et sert la variété de la série. On retiendra ceux que la série télévisée a elle-même retenus : Bert Kling, policier en uniforme puis detective, Meyer Meyer, le Juif volontiers cynique et d’une patience à toute épreuve, Roger Havilland, dur, efficace et corrompu. Tous sont mis en scène dans leur travail mais également dans leur vie privée.

 

Une caractéristique de la série du 87th Precinct est de traiter en parallèle plusieurs enquêtes dans chaque roman, de façon à refléter la réalité où les policiers doivent mener de front plusieurs investigations. Parfois les différentes intrigues se rejoignent, parfois non.

 

Ces caractéristiques – la ville imaginaire ressemblant à New York, la galerie de protagonistes occupant tour à tour le devant de la scène, le mélange de vie privée et de travail policier, la pluralité des intrigues – seront reprises en 1981 par Steven Bochco et Michael Kozoll dans la série Hill Street Blues (Capitaine Furillo).

 

Meyer Meyer, Roger Havilland et Bert Kling entourent Steve Carella

 

La série 87th Precinct est produite par Hubbell Robinson Productions pour NBC durant la saison 1961-1962. Elle comporte trente épisodes dont certains sont des adaptations des romans d’Ed McBain (qui ont par ailleurs nourri de nombreuses adaptations ne se réclamant pas toujours d’une grande fidélité au matériau originel, dont deux épisodes de Columbo), d'autres des histoires originales. Elle abandonne la ville imaginaire d’Isola pour placer ses policiers explicitement dans New York (mais la série est essentiellement tournée en studio à Los Angeles, ce qui la distingue, par exemple, de Naked City tournée à la même époque dans les vraies rues de New York). Steve Carella en est clairement le héros, assisté des detectives Bert Kling, Meyer Meyer et Roger Havilland – ce dernier étant un flic honnête, au contraire du personnage des romans.

 

La première histoire adaptée par la série sous le titre « The Floater » est l’intrigue principale du quatrième roman de la série d’Ed McBain, The Con Man. Bien que McBain ait signé plusieurs scénarii pour la série, le premier est l’œuvre de Winston Miller, l’un des producteurs. Le choix du titre n’est pas indifférent : les trois premiers romans venaient d’être adaptés au cinéma entre 1958 et 1960 et le troisième film mettait déjà en scène Robert Lansing dans le rôle de Steve Carella (The Pusher, 1960, réalisation Gene Milford, adaptation Harold Robbins). La série s’inscrit donc dans la continuité de ces adaptations. Deux épisodes de l’anthologie Kraft Television Theatre, en 1958, avaient proposé avant cela des adaptations des romans de McBain : « Killer’s Choice » (11 juin 1958) et « The Eighty-Seventh Precinct » (25 juin 1958), toutes deux réalisées par Paul Bogart sur des scénarii d’Alvin Boretz puis Larry Cohen. Dans au moins l’un d’entre eux, Carella a les traits de Robert Bray et sa femme, prénommée Louise, ceux de Joan Copeland.

 

Dans le premier épisode, l’équipe du 87th Precinct est déjà en place et réunie dans le décor du bureau de la Detective Division (salle 201). Près de la porte, le tableau de service mentionne les noms des detectives Meyer, Havilland, Kling, Carella, Ambrose et Bartholdi (les deux derniers étant séparés des quatre précédents par un espace) ainsi que celui du chef de la division, le Lt Burns, dont la porte est visible au fond, derrière le bureau de Kling. Dès le deuxième épisode, cependant, le nom du Lieutenant disparaît de la porte au profit d'une inscription dépersonnalisée : "Lieutenant - Private". Ce Lieutenant n'apparaîtra que dans cinq épisodes, sans mention de son nom (parfois un prénom, Jim). Chaque semaine, en revanche, le nom du Lt Burns continuera d'apparaître sur la porte, dans le générique. 

 

 

Dans le premier épisode, Meyer et Kling interagissent avec Carella tandis que Havilland s’occupe de ses propres « clients », un jeune homme puis une femme qu’il a arrêtés et qu’il interroge à son bureau. Meyer montre un intérêt critique pour les conversations téléphoniques de Kling avec son amie Claire, conversations qui ponctuent la journée de Kling et éclairent son visage d’un radieux sourire – sur lequel ironise volontiers Meyer, plus âgé et visiblement plus blasé, mais bienveillant.

 

Le relatif isolement de Havilland est déjà théorisé par le générique : Carella, Kling et Meyer se passent un memo et le nom de chaque acteur s’inscrit sur l’image du personnage lisant le papier, mais Havilland, lui, est occupé de son côté. Dans les deux premiers épisodes, on le verra arriver dans la salle des Detectives avec un homme ou une femme qu’il a arrêté et qu’il se charge d’interroger, en s’occupant, une fois n’est pas coutume, du ventilateur posé derrière son bureau. A partir du troisième épisode, cependant, il intègre le travail d’équipe du reste de la brigade, à part entière.

 

Carella se distingue des autres puisque c’est à lui que le Lt Burns confie l’enquête de l’épisode. Meyer puis Kling lui apportent leur concours, et ce sont eux qui l’accompagnent lors du dénouement, mais il est l’enquêteur en charge. C’est donc lui qui se rend sur les quais pour faire les premières constatations, puis auprès du médecin légiste pour recueillir les résultats de l’examen de la victime. Lui aussi qui doit, l’identification faite, annoncer au père le décès de sa fille, et partager sa peine. Carella se montre alors ferme (il parle vivement à l’homme, qui s’obstine à nier que la victime puisse être sa fille) mais compatissant (il se lève et pose ses mains sur les épaules du père quand celui-ci accepte l’évidence et fond en larmes).

 

Mais Carella est aussi le seul que l’on accompagne au dehors du Precinct, dans sa vie privée. Kling a certes son amie Claire – que l’on découvre dans le dernier acte, où elle vient le chercher pour sortir et se retrouve face à une salle vide, Kling étant sorti précipitamment avec Meyer pour retrouver Carella sur les quais – mais il ne bénéficie d’aucune scène dédiée à sa vie privée uniquement. De Carella en revanche on découvre l’appartement et l’épouse, Teddy, avec laquelle il partage plusieurs scènes.

 

Steve Carella et sa femme Teddy (Gena Rowlands)

 

Celles-ci nous montrent un couple amoureux et tendre, dans lequel on devine un certain paternalisme de la part du detective : Gena Rowlands, 31 ans à l’époque, paraît toute jeune jusque dans sa fantaisie (le tatouage et un plaisir visible à taquiner son mari), elle écoute avec patience les réflexions de son mari sur sa journée de travail et s’efforce d’y participer, quant à Carella il se montre un protecteur viril et efficace dans une scène de bar-restaurant où il boxe avec calme et méthode un malappris venu importuner Madame puis dans le dénouement où il secourt son épouse en détresse menacée par le tueur en série, qu’il boxe également. La scène qu’ils partagent chez le tatoueur Charlie montre Carella portant un regard tendre et indulgent sur sa jeune épouse qui voudrait prendre le temps d’examiner les dessins exposés par le tatoueur.

 

Cet aspect protecteur s’explique par la virilité voulue pour le personnage de Carella et par son amour pour sa femme, mais aussi par le handicap de Teddy Carella : quand on dit qu’elle « écoute » son mari lui parler de son travail, le terme est à prendre dans un sens figuré car Teddy est sourde et muette. Elle lit sur les lèvres et s’exprime par signes. La protection que représente pour elle son mari policier peut être vue comme une métaphore de la fonction du policier en général, à l’égard de tous. Elle est visualisée ici par la carte que transporte avec elle Teddy et qu’elle montre pour se faire comprendre : il y est écrit qu’elle est sourde et muette et qu’en cas d’urgence il faut appeler le detective Steve Carella au 87th Precinct. La recommandation est prise au pied de la lettre par le scénario qui crée deux situations d’urgence, dans le bar et sur les quais, afin de faire de Teddy le véhicule idéal pour établir dès le premier épisode les qualités héroïques de Steve Carella.

 

Les épisodes ultérieurs donnent l'occasion de suivre aussi les autres inspecteurs dans leur vie privée : on revoit plusieurs fois Claire, la fiancée de Kling, parfois dans une seule scène ("New Man in the Precinct"), parfois plus longuement (dans "Line of Duty", un scénario original écrit par Ed McBain, où la vie personnelle de Kling est mise en avant) ; on entre chez les Meyer, où l'on rencontre la femme, Sarah, une petite femme bienveillante et volontiers bavarde ("The Guilt" et "New Man in the Precinct"), et les deux enfants, un garçon et une fille ("New Man in the Precinct"), dans des situations banales de la vie quotidienne d'une famille (la salle de bain au matin, la table du dîner le soir) ; il arrivera aussi qu'on entre chez Havilland, le célibataire de la brigade, à la suite d'un gamin qui s'attache au policier ("Ramon"), et que l'on voie ce grand célibataire à la carrure de footballeur (il l'était d'ailleurs avant de devenir policier, comme il le raconte à Cheryl Anderson dans "Girl in the Case") fondre pour une femme rencontrée à la faveur d'une enquête (Cheryl, justement, dans "Girl in the Case", ou la danseuse Nancy Johnson dans "Killer's Payoff". Même le Lieutenant, lors de l'une de ses rares apparitions, nous ouvrira la porte de son foyer (dans "New Man in the Precinct", où il prend son repas sur un plateau devant la télévision, avec Madame). 

 

 

Les épisodes

 

Certains épisodes ont été diffusés en France sur la chaîne RTL en 1970, sous le titre 87e Brigade ou 87e Brigade criminelle, mais aussi sur d'autres chaînes en version francophone (TMC, TSR). Quand nous les connaissons, nous indiquons les titres français.

 

Avec Robert Lansing (Steve Carella), Ron Harper (Bert Kling), Norman Fell (Meyer Meyer), Gregory Walcott (Roger Havilland). 

 

 

1.01  The Floater

 

NBC, 25 septembre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Winston Miller d’après un roman et des personnages créés par Ed McBain (The Con Man, 1957, Faites-moi confiance, 1957)

Réalisé par Herschel Daugherty

Avec Gena Rowlands (Teddy Carella), Robert Culp (Curt Donaldson), Natalie Norwick (Priscilla Ames), Paul Bryar (Det. Bartholdi), Wally Brown (Det. Ambrose), Andy Albin (Mr Proschek), Victor Sen Yung (Charlie), Dal McKennon (Dr Blaney, M.E.), Ralph Manza (Dan, taxi driver), Kim Hamilton (first sunbather), Jim Hayward (2nd tattoo parlor owner), Bob Morgan (Dave), Marya Stevens (Miss Taylor), Helen Mayon (Carella’s neighbor), Carlo Tricoli (Cafe owner), Heather Ames (Claire)

 

Un corps de femme est retrouvé au fond de la baie et le Lt Burns confie l’enquête à Steve Carella. L’examen du médecin légiste établit que la jeune femme a été empoisonnée à l’arsenic avant d’être jetée dans la baie. L’un des signes distinctifs de la victime est le tatouage de trois lettres, MAC, dans un petit cœur entre le pouce et l’index, ce qui conduit Carella chez le tatoueur Charlie. Il n’y recueille aucune information utile à son enquête, en revanche sa femme Teddy, qui l’accompagne, est intéressée par les tatouages. Elle revient donc seule à la boutique peu de temps après et se fait tatouer un petit papillon sur l’épaule. Alors qu’elle se trouve là, un client se présente avec sa petite amie, à laquelle il veut faire tatouer des initiales entre le pouce et l’index. La coïncidence attire évidemment l’attention du tatoueur. Lorsque l’homme et la femme quittent la boutique, Teddy décide de les suivre. Elle saute dans un taxi et suit la voiture de l’homme, Curt, jusque sur les quais, où il transporte sa compagne, Priscilla, qui ressent les douleurs dues à l’arsenic qu’il lui a déjà fait absorber. Mais Curt remarque rapidement Teddy et décide de la tuer également. Entre-temps, le chauffeur de taxi a pu, à la demande de Teddy, joindre le 87th Precinct où il a parlé à Kling. Ce dernier, Meyer et Carella se rendent très vite sur les quais…

 

Du roman d’Ed McBain qui contient plusieurs intrigues, le scénario retient la principale, celle de la noyée, dont le traitement est très fidèle au texte du romancier (scène de la découverte du corps, participation de Teddy Carella, bagarre dans le restaurant, etc.).

 

Le médecin légiste

 

Mr Proschek

 

Charlie le tatoueur

 

 

1.02  Lady In Waiting

 

NBC, 2 octobre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Ed McBain d’après son roman Killer’s Wedge (Soupe aux poulets, 1959)

Réalisé par Alan Crosland, Jr

Avec Gena Rowlands (Teddy Carella), Constance Ford (Virginia Colt), Miguel Landa (Alf Miscolo), Rusty Lane (Sgt Dave Murchison), Emile Meyer (Capt. Howard), Helen Mayon (Mrs Donovan), Mike Flatley (Chuck), Jackie Russo (Danny) et Margarita Cordova (Angelica Galindo)

 

Une femme entre dans la salle des Detectives du 87th Precinct alors que Meyer et Kling sont seuls à y travailler. Elle demande à voir Steve Carella mais celui-ci ne prend son service qu’en fin d’après-midi. Elle sort alors une arme et en menace les deux detectives présents : elle attendra la venue de Carella. Ce dernier a fait emprisonner son mari, Frank Colt, mort le jour même en prison. Elle veut donc tuer Carella. Très vite, elle sort un flacon contenant, dit-elle, de la nitroglycérine, qu’elle pose sur le bureau près d’elle.

Il fait une chaleur étouffante dans le 87th Precinct et l’attente promet d’être longue. Bientôt arrive Havilland, accompagné de la bouillante Angelica qui vient de trancher la gorge d’un homme qui l’importunait. Virginia Colt détient donc maintenant quatre otages. Havilland procède à l’interrogatoire d’Angelica comme si de rien n’était – il faut bien s’occuper – mais prend soin aussi de couper le ventilateur et de mettre la climatisation sur la chaleur maximale dans l’espoir de créer une atmosphère qui poussera Virginia Colt à l’erreur. Meyer, de son côté, réussit à taper sur sa machine à écrire un appel au secours qu’il jette par la fenêtre. Le papier sera trouvé par deux gamins qui appelleront un autre commissariat, dont le sergent de service appellera Meyer : hélas, Virginia écoute tous les appels et il est impossible de confirmer l’alerte. Meyer n’a pas davantage de chance avec le Captain Howard qui ne comprend pas ses paroles à double sens au téléphone, ni avec le Sgt Murchison qui, lui, comprend qu’il y a anguille sous roche mais se contente de l’explication embarrassée que lui fait Meyer écouté par Virginia Colt, lorsqu’il l’appelle. Un jeune officier qui vient porter des documents découvre, lui, ce qui se passe, mais Virginia tire sur lui et, blessé, il est entre la vie et la mort.

Et voilà qu’arrive Teddy Carella, venue trouver son mari après une dispute conjugale. Elle se retrouve prise au piège à son tour et Virginia découvre bientôt qui elle est. Les detectives parviennent cependant, enfin, à la maîtriser. Et lorsque Carella arrive au bureau, déjà fatigué des incidents qui l’ont retardé, il trouve une salle bien calme. « Quelle journée ! » s’écrie-t-il en pensant à sa journée à lui…

 

Huis clos étouffant remarquablement joué, avec mention spéciale à Constance Ford qui tient l’histoire sur ses épaules et fournit une composition glaçante.

Comme Mme Carella est capricieuse ! Elle fait une scène à son mari parce qu’il doit partir travailler alors qu’il avait promis de la sortir et qu’elle avait déjà préparé sa jolie robe ! On retiendra la façon dont elle fait claquer la porte de la chambre après le départ de son mari !

L’inscription LT. BURNS a disparu de la porte derrière le bureau de Kling, remplacée par LIEUTENANT – PRIVATE.

 

Constance Ford
Rusty Lane as Murchison

 

Gena Rowlands
Chuck & Danny

 

Margarita Cordova
Constance Ford

 

 

1.03  Lady Killer (Je tuerai la dame) 

 

NBC, 2 octobre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par John Hawkins d’après le roman d’Ed McBain (Lady Killer, 1958, Souffler n’est pas tuer, 1959)

Réalisé par Dick Moder

Avec Peter Leeds (George Laddona), Marian Collier (Felicia Pannet), Lee Krieger (Jo), Michael Fox (Sam Grossman), Harlan Warde (Dr Ben Daniels), Dennis McCarthy (Richards, lab technician), Roger Mobley (Danny), Vito Scotti (Donner), Ralph Smiley (George Angelo), Bill Halop (Samalson), Penny Santon (Mrs Annuci), Brian Hutton (Gallagher), Sid Clute (the bartender), Barbara Parkins (Mary), Laurie Mitchell (Marcia Polenski), Billy Hughes (Frankie Annuci), Doris Kemper (Harriet Horn) et Patricia Donahue (‘Lady’ Belle)

 

Peter Leeds et Marian Collier (à droite)

 

Un enfant dépose sur le bureau de Kling une lettre anonyme dont le message, constitué de lettres découpées dans des journaux et des publicités, annonce le meurtre de « the lady » le soir même à 8 heures, à moins que la police ne l’empêche. Les detectives ont onze heures pour ce faire. Ils commencent par rechercher le gamin, qui est reparti avant que Kling ne découvre le message. Il s’agit du petit Frankie, dont le concours permet de dresser un portrait-robot que les detectives peuvent ensuite présenter au fil de leurs visites. Dès le début de l’enquête, ils se rendent compte qu’ils sont observés dans leur bureau par un homme muni de jumelles et posté sur un toit voisin ; Kling essaie de le surprendre mais il s’enfuit en laissant derrière lui ses jumelles. On y retrouve des empreintes, comme sur le message adressé à Kling. Tout en cherchant à identifier la « lady » du message – Marcia Polenski, qui a reçu des menaces de mort ? « Lady » Belle, une artiste qui se produit le soir même à 8 heures ? -, les detectives parviennent à mettre un nom sur les empreintes des jumelles : un homme prénommé Jo, associé de George Ladonna dans un restaurant. Mais Ladonna ne reconnaît pas le portrait-robot. Du moins devant les inspecteurs : il a bien reconnu son partenaire mais n’en a rien dit, de peur de lui attirer des ennuis. C’est en discutant avec ses équipiers que Carella a une illumination : Ladonna, en italien, signifie « the lady » ! Les detectives se rendent donc au 708 Club où Ladonna emmène dîner la jolie Felicia Panett, que Jo a tenté de séduire sans succès. Là, ils empêchent le meurtre in extremis…

 

La première enquête menée conjointement par les quatre protagonistes de la série, Havilland trouvant sa place dans le groupe formé par Carella, Meyer et Kling, dont il paraissait exclu dans les deux premiers épisodes. On peut trouver à Kling et Havilland l’atout du charme incarné à deux époques de la vie (Kling le jeune, Havilland l’homme mûr), à Meyer celui de la réflexion et à Carella la qualité de leader, mais chacun se montre assidu au travail et aussi compétent que les autres.

Enfants et dames composent deux groupes associés à l’enquête : les dames à travers la galerie de femmes qu’approchent les detectives dans leur quête de la « lady » du message, les enfants avec la bande de coursiers qu’ils convoquent au commissariat pour tenter de retrouver celui qui a déposé la lettre au début de l’épisode. Penny Santon, qui jouera très souvent les Mammas italiennes (celle du Lt Novelli dans la saison 1 de Matt Houston, notamment), entre parfaitement dans ce rôle, énergique et sympathique, en incarnant la mère du petit Frankie : d’abord inquiète de trouver son garçon chez la police, elle s’en félicite quand elle apprend qu’il est là pour aider les policiers… puis le prive des deux dollars que lui a donnés l’auteur de la lettre anonyme en décidant de le donner à l’église parce que… c’est l’argent d’un criminel !

Un autre gamin se détache du lot : le petit Danny, accompagné de son chien, est interprété par Roger Mobley. L’enfant, âgé de douze ans, avait déjà de nombreux rôles à son actif (dans les séries Fury et Wagon Train entre autres) et était déjà l’ami de chiens dans les films A dog’s Best Friend (Edward L. Cahn, 1959) et The Silent Call (John A. Bushelman, mai 1961). De 1965 à 1968, il incarnera l’apprenti journaliste détective Gallegher dans plusieurs téléfilms Walt Disney.

On notera la petite poursuite sur les toits entre Kling et Jo mais, au contraire de Naked City à la même époque, 87th Precinct est tournée en studio en Californie et non sur les vrais toits de New York.

 

Lee Krieger
Michael Fox
Patricia Donahue

 

Peter Leeds & Marian Collier
Harlan Warde
Sid Clute (à droite)

 

Billy Hughes
Roger Mobley (à gauche)
Penny Santon & Ron Harper

 

 

1.04  The Modus Man

 

NBC, 16 octobre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Finlay McDermid

Réalisé par James Wong Howe

Avec John Anderson (Bill Brewster), Eddie Quillan (Blinky), Dennis McCarthy (the lab technician), Jean Engstrom (Mrs Renfrew), Sheila Bromley (Mrs Hofman), Joe Higgins (Jovial George), James Jannett (the bartender), June Ellis (the landlady), Herbert C. Lytton (the drugstore owner), Kate Murtah (Mrs O’Connel)

 

Jean Engstrom et Robert Lansing

 

Les detectives du 87 enquêtent sur une série de cambriolages. En étudiant les modes opératoires, ils identifient plusieurs suspects ; mais l’un d’eux est en prison, un autre est mort quelques jours plus tôt et le troisième, Blinky Smith, a un alibi qui tient la route. Les detectives ne comprennent pas comment ils ont pu se tromper à ce point, d’autant que certains modes opératoires de ces hommes sont si particuliers que la probabilité d’un autre cambrioleur agissant exactement comme eux est peu crédible. Il semble pourtant qu’ils aient à faire à un imitateur. L’improbabilité de cette hypothèse est qu’un même homme puisse imiter les façons de faire de plusieurs cambrioleurs, qui ne sont connues dans le détail que de la police. Cette réflexion conduit les detectives à une hypothèse difficile à croire : que l’imitateur soit un de leurs amis, un ancien detective à la retraite, Bill Brewster, qui continue de passer au bureau quasiment tous les jours pour discuter. Insensiblement, il a très bien pu tirer d’eux suffisamment d’informations pour adapter sa façon d’opérer et la fréquence de ses forfaits. Fait étrange : le dernier cambriolage a été commis avec la voiture de Brewster, dont il venait juste de déclarer le vol, par un homme ressemblant à Jimmy The Gent mais portant une fausse moustache. Un homme qui a commis une erreur : surpris par sa victime, il lui a ordonné de se taire. Or, Jimmy The Gent est muet. Brewster, censé être chez lui au moment des faits, privé de voiture, n’a pourtant pas répondu au téléphone quand Meyer l’a appelé.

Carella approche donc Brewster avec prudence. Il trouve dans sa salle de bain un produit pouvant servir à fixer une fausse moustache. Se voyant près d’être démasqué, Brewster sort une arme. L’intervention de Kling et Havilland sauve Carella et Brewtser est arrêté…

 

John Anderson

 

Dennis McCarthy

 

Jean Engstrom

 

L’épisode se focalise sur la démarche d’investigation. Peu d’action, beaucoup de scènes de bureau, de discussions, de digressions aussi – qui se révèlent essentielles puisqu’il s’agit des conversations apparemment anodines avec Brewster.

 

John Anderson et Robert Lansing

 

 

1.05  Line of Duty (Le devoir)

 

NBC, 23 octobre 1961

Produit par Winston Miller

Ecrit par Ed McBain

Réalisé par Don Weis

Avec Richard LePore (Karl Harrod), Walter Burke (Danny Gimp), Barbara Turner (Carol Rodale), Margie Regan (Claire Townsend), Anita Sands (Terry), King Calder (Monoghan), Ben Hammer (Brecht), Alan Dexter (Artie), Stephanie Hill (Helen), Dennis McCarthy (the lab technician), Dal McKennon (Blaney) et Vivi Janiss (Mrs Mattfield)

 

En quittant le 87th Precinct ce soir-là, Bert Kling retrouve Claire pour passer la soirée avec elle. Mais, en passant devant un cinéma, son attention est attirée par deux hommes qui semblent menacer le gérant et l’employée. Il descend de voiture et se dirige vers le cinéma. Les deux hommes, qui étaient bien en train de dévaliser la caisse, prennent la fuite mais l’un d’eux se retourne et tire en direction de Bert, qui riposte et l’abat. L’homme est tué sur le coup. En lui retirant le bas qui dissimule son visage, Bert découvre qu’il ne s’agit que d’un gosse.

Son nom est Bobby Mattfield, il avait 18 ans et Bert est bouleversé par sa mort. Carella préfère ne pas le laisser voir la mère du gamin, qui est en colère et refuse d’entendre que son fils ait pu commettre ce dont on l’accuse. Il envoie donc Bert questionner une femme dont Bobby avait le numéro de téléphone sur lui, Carol Rodale. La femme, âgée de 29 ans, est très affectée par la nouvelle de la mort de Bobby, qui était commis dans une société avec laquelle elle travaille, faisant de la couture à domicile ; elle n’est pas jolie, n’a guère de succès auprès des hommes et Bobby était gentil avec elle, il lui apportait de petits présents. Elle ne peut croire qu’il ait commis un hold-up et tiré sur un policier. Le patron de Bobby n’y croit pas davantage ; pour lui, Bobby était un gamin qui en voulait, un brave garçon. Tout cela n’aide pas Bert à accepter la situation, en dépit de Claire qui s’attriste de le voir se morfondre et de Carella qui l’exhorte à reprendre le dessus, faute de quoi il risque de se faire tuer la prochaine fois qu’il sera affronté à quelqu’un qui fera feu sur lui.

La petite amie de Bobby, Terry, déclare que Bobby était censé aller au cinéma avec un certain Karl, qu’il voyait souvent. Danny, un informateur de Carella, apporte à ce dernier un nom, Karl Harrod, un homme déjà arrêté, connu pour des cambriolages. Carella et Kling parviennent à le retrouver mais l’homme met Carella au sol et fait face à Kling qui, pétrifié, n’ose pas tirer ; c’est Harrod qui tire alors, le blessant à l’épaule, avant d’être lui-même blessé par Carella. L’homme est transporté à l’hôpital ; il ne fait pas mystère de sa culpabilité ni de son mépris des policiers. L’affaire peut être classée et Bert aller de l’avant…

 

L’attention est portée sur la réaction des différents personnages au drame initial. La culpabilité de Kling et sa difficulté à la surmonter occupent le premier plan mais la colère de la mère, la tristesse de l’amie, l’incrédulité des proches sont également dessinées avec sensibilité et mesure, à travers des dialogues simples et directs qui portent juste. Carella apparaît humain jusque dans sa dureté, portant un regard lucide sur une situation qu’il a lui-même eu à gérer ; à la petite amie de son collègue, qui plaide pour un retrait de quelques jours, il répond par un refus, estimant au contraire que faire face tout de suite à la culpabilité et aux conséquences est le seul moyen de les surmonter. Parallèlement à cette exploration des sentiments, le scénario déroule une procédure policière standard, faite d’examens en laboratoire, de recueil de témoignages et de travail sur le terrain. La confrontation finale à la mère et à la petite amie de l’adolescent tué est traitée avec sobriété, les mots le cédant aux silences, aux regards, aux visages : celui, fermé mais moins vindicatif qu’auparavant, de la mère et celui, gêné et compréhensif, de la petite amie qui esquisse un sourire de compassion envers Kling. A celui-ci revient le mot de la fin, encourageant, adressé à Carella : « Allons travailler… »

 

Walter Burke as Danny Gimp
Vivi Janiss

 

Margie Regan as Claire
Anita Sands (à gauche)

 

Barbara Turner
Richard LePore

 

 

1.06  Occupation, Citizen

 

NBC, 30 octobre 1961

Ecrit et produit par Winston Miller

Réalisé par Alan Crosland, Jr

Avec Gena Rowlands (Teddy Carella), Ross Martin (Joe Czepreghi), Stanley L. Kahn (Walters), John Dennis (Johnny Boy), Jonathan Hole (Mr Higgens), Bill Giorgio (Singing Willie), John Day (plainclothesman) et Caren Lenay (Rose Czepreghi)

 

Robert Lansing et Caren Lenay

 

Joe Czepreghi, un serrurier hongrois, s’inquiète en entendant la radio d’avoir peut-être fabriqué pour deux truands la clé qui leur a permis d’entrer dans un appartement dont ils ont battu presque à mort l’occupant. Pour en avoir le cœur net, il fabrique une autre clé identique et va la glisser dans la serrure de l’appartement ; il est alors appréhendé par la police. Il raconte son histoire à Carella et déclare qu’il serait capable de reconnaître les deux hommes en les revoyant. Mais sa femme Rose, enceinte, lui reproche de s’être mêlé de cela et, quand Carella le convoque pour identifier les truands au 87th Precinct, il prétend n’être plus sûr de rien.

La vie normale reprend pour Joe et Rose. Jusqu’au jour où la radio rapporte un nouveau passage à tabac, à mort cette fois. Joe, tourmenté, retourne alors voir Carella à l’insu de Rose et lui propose d’aller cette fois jusqu’au bout. Hélas, lui explique le detective, il ignore ce que sont devenus les deux hommes après qu’il a dû les relâcher. Carella n’est pas tendre avec ce citoyen qui s’engage, se dédit et revient ensuite avec tant de naïveté ; mais il comprend, aussi, la peur de Joe et son inquiétude pour sa femme. Il lui propose d’aider la police d’une autre manière, non sans danger : s’il fait courir le bruit qu’un témoin peut identifier les deux hommes, ceux-ci tenteront sans doute de le faire taire et la police, aux aguets, les cueillera. Joe accepte. Une souricière est tendue.

Mais l’attente se révèle insupportable pour Joe, qui ne sait pas quand surgira le danger, ni où. Ses nerfs sont à vif, au point qu’il perd le sommeil et se montre rude avec sa femme. De nouveau, il se rétracte et veut se retirer, mais ce n’est plus possible. Il assomme le policier qui le suit, le prenant pour un criminel, et se réfugie dans un bar d’où il téléphone à Rose pour lui ordonner de boucler sa valise et de venir le rejoindre pour qu’ils s’enfuient de la ville. Carella espère obtenir de Rose l’endroit où se terre Joe ; mais le patron du bar a déjà téléphoné aux truands pour les prévenir…

 

Ross Martin dans le rôle de Joe Czepreghi

 

Le scénario accorde la plus grande part aux Czepreghi et Ross Martin campe avec conviction l’immigré hongrois qui s’emploie à construire pour sa famille une vie honnête et sûre, mais que son honnêteté, précisément, met en situation d’exposer toute cette famille à un danger et une violence qu’il préférerait ignorer. Joe étudie le droit le soir, convaincu qu’il faut connaître ses droits pour être apte à se défendre, mais le droit, ici, ne lui est d’aucun secours. Il pensait, naïvement, que la police suffisait à protéger tout citoyen dans la belle Amérique, et se rend compte que les choses ne sont pas si simples. Face à lui, un Carella acclimaté, lui, aux réalités de la ville, qui lui explique que la police fait de son mieux mais qu’elle a besoin, parfois, que les citoyens l’aident et qu’ils aient le courage de s’impliquer. La réalité se fait plus complexe quand le policier propose à Joe une implication qui le met en danger, renversant le paradigme sur lequel l’honnête serrurier fondait sa vision du monde : non seulement la police ne peut pas tout mais elle expose sa famille à la violence. On retient aussi l’argumentaire de Carella à Rose : elle a fui son pays pour trouver un endroit plus sûr, où la police protègerait les citoyens en arrêtant les criminels ; mais ce ne sera possible que si elle accepte, elle-même, de collaborer avec cette police.

Gena Rowlands apparaît de nouveau (le générique de l’épisode est la première version et la porte du Lt porte l’inscription LIEUTENANT – PRIVATE). Teddy est ici non la femme capricieuse mais la femme aimante, femme-enfant encore cependant par son ingénuité et une gentillesse qui étonne Rose Czepreghi : après que Steve lui a parlé du serrurier hongrois et de sa jeune épouse enceinte, en effet, elle achète des chaussons de bébé et va les porter à Rose, non pour l’influencer (assure-t-elle) mais simplement parce que cela lui fait plaisir.

 

 

1.07  Killer’s Payoff (Les gages du tueur) 

 

NBC, 6 novembre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Norman Katkov d’après le roman d’Ed McBain (Killer’s Payoff, 1958, Crédit illimité, 1959)

Réalisé par John Brahm

Avec Beverly Garland (Nancy Johnson), Paul Richards (Marty Torr), John Archer (James Mencken), Terry Burnham (Jane Mencken), Jack Albertson (Edward Schlesser), William Fawcett (Ackie Glotter) et Jeanne Cooper (Lucy Mencken)

 

Gregory Walcott et Beverly Garland

 

Hank Richards, un maître-chanteur, est assassiné. La police enquête auprès de son entourage et Havilland questionne Nancy Johnson, une danseuse qui habite un appartement dont Richards payait le loyer. Elle prétend ne rien savoir – mais son naturel et sa vulnérabilité touchent le cœur du detective. Elle lui remet finalement une boîte ayant appartenu à Richards, contenant les noms de plusieurs de ses victimes. Les inspecteurs interrogent chacune d’elles : Lucy Mencken, à qui sa charmante petite fille Jane fournit un alibi ; Edward Schlesser et Ackie Glotter, qui peuvent eux aussi justifier de leur emploi du temps. Un ami de Richards, Marty Torr, vient jusqu’au 87e pour s’informer des résultats de l’enquête. Marty s’intéresse beaucoup à Nancy, qui ne lui rend pas les sentiments qu’il a pour elle. L’affaire rebondit lorsqu’un nouveau maître-chanteur prend la « relève » et contacte Lucy Mencken ; en suivant celle-ci, Havilland est assommé par derrière, par un homme qu’il n’a pas l’opportunité de voir. C’est Nancy qui parle à Havilland de Marty, qui se fait de plus en plus pressant auprès d’elle ; ce faisant, elle provoque la colère de Marty, qui la menace. Havilland surgit chez la jeune femme à ce moment…

 

Même si la relation Havilland-Nancy reste platonique, de l’ordre de l’attirance réciproque non concrétisée, le detective n’en a pas moins l’occasion ici d’une implication plus personnelle qui le met au premier plan tandis que ses collègues inspecteurs s’effacent.

 

Paul Richards

 

Jeanne Cooper

 

William Fawcett

 

 

1.08  The Guilt

 

NBC, 13 novembre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par David Lang

Réalisé par William Dario Faralla

Avec Mike Kellin (Artie Sanford), Norma Crane (Estelle Vernola), Ruth Storey (Sarah Meyer), Eve McVeagh (Mrs Como), John McLiam (Menlo), Joseph Downing (Clem Peterson), Sandra Gould (Mrs Stradling), Pat Goldin (Joe), Billy Curtis (Willy), Kathryn Card (Mrs Coons), Stafford Repp (Harry), Dal McKennon (Blaney), Adam Stewart (the patrolman), Ralph Gary (Harris)

 

Norma Crane et Norman Fell

 

Meyer Meyer se sent coupable d’avoir laissé échapper un petit escroc, Artie Sanford, qui est aussi un homme qu’il connaît depuis l’enfance – au point qu’il se demande si, au fond, il n’a pas plus ou moins consciemment offert à Artie une occasion de lui fausser compagnie. Artie est bientôt localisé chez un marchand de voitures d’occasion qui a prévenu la police ; mais, le temps que les detectives arrivent, il a assommé le patron et s’est enfui, non sans avoir été mordu par le berger allemand du commerçant. Il apparaît bientôt que ce chien a la rage et Artie, s’il n’est pas soigné, risque d’en mourir. La nouvelle est diffusée à la radio mais Artie croit à une ruse de la police et lorsque son amie Estelle, chez qui il a trouvé refuge un moment, l’exhorte à se rendre à l’hôpital il refuse.

Meyer rend visite à Estelle, dont il connaît l’histoire compliquée avec Artie. En lui parlant plusieurs fois et en lui faisant rencontrer le médecin légiste qui lui explique le développement de la maladie, il finit par la convaincre qu’Artie est réellement en danger et elle accepte de l’amener jusqu’à un hôpital où Meyer attendra. Artie, quand il s’en rend compte, résiste mais finit par se rendre…

 

C’est cette fois Meyer Meyer qui profite du premier plan, l’occasion pour le scénariste de nous faire entrer dans l’appartement où il vit avec sa femme Sarah (aux petits soins pour lui, ce qui l’agace mais au fond lui plaît bien) et leurs deux enfants (évoqués mais invisibles).

 

Mike Kellin

 

Norma Crane

 

Ruth Storey & Norman Fell

 

 

1.09  Empty Hours

 

NBC, 20 novembre 1961

Produit par Winston Miller

Ecrit par Richard Collins d’après le roman d’Ed McBain (Empty Hours, 1962, Les heures creuses, 1965)

Réalisé par Sidney Lanfield

Avec Patricia Crowley (Josie Thompson), William Schallert (Eric Blau), Henry Brandt (George), Grandon Rhodes (Mr McClintock), Frances Robinson (Mrs Miller), Tom Fadden (Sidney Courtney), Pitt Herbert (Mr Paul), Stanley Adams (Oblinsky), John Zaremba (Mr Anderson), Hank Patterson (Si), Gail Bonney (Mrs Courtney), Tiny ‘Bill’ Brauer (butcher), Lewis Charles (Baduek) et Malcolm Atterbury (Lake Triangle Sheriff – non crédité)

 

William Schallert

 

Malcolm Atterbury

 

Grandon Rhodes

 

A Lake Triangle, un homme tire avec un fusil muni d’un silencieux sur un canoë dans lequel se trouve une femme brune. Le canoë commence à s’emplir d’eau ; son occupante, effrayée, tombe à l’eau et crie à l’aide. Une autre femme, blonde, qui se détend sur la berge, se précipite à l’eau et nage pour lui porter secours ; en vain : la première femme a disparu sous la surface.

Les detectives du 87e reçoivent un avis de disparition : une femme, Claudia Davis. Carella et Kling se rendent chez elle où les reçoit Mrs Miller, agente immobilière, qui a déclaré la disparition de la locataire. Claudia est une femme qui ne travaille pas et bénéficie d’une rente à vie. Les inspecteurs découvrent qu’elle a continué de signer des chèques après sa disparition et ils essaient de reconstituer son emploi du temps à partir de ces chèques.

Pendant ce temps, Claudia Davis fait teindre en brun ses cheveux blonds. Elle voit ensuite son fiancé George, qui s’étonne de ce changement. C’est que la femme qui se tient devant lui n’est pas Claudia Davis mais Josie Thompson, l’amie de Claudia, qui s’était installée dans son appartement : c’est elle qui a tenté de sauver Claudia alors qu’elle se noyait. La mort soudaine de son amie l’a bouleversée mais lui a aussi donné l’idée de changer d’identité : à Lake Triangle, personne ne les connaissant, on a cru sans difficulté que la morte était Josie Thompson et que son amie était Claudia Davis. C’est donc sous l’identité de cette dernière que Josie est revenue à New York. Elle a appris à imiter la signature de Claudia et a entrepris de prendre sa place. Quand l’exécuteur testamentaire qui gère sa fortune, McClintock, passe en ville et demande à la voir, il ne se doute de rien : il n’a pas vu Claudia depuis qu’elle avait douze ans et Josie connaissait suffisamment son amie pour faire illusion.

Le problème est que l’homme qui a tiré sur le canoë avait été engagé par McClintock pour tuer Claudia Davis en faisant passer sa mort pour un accident. Voyant la jeune femme bien vivante, alors qu’il espérait s’emparer de sa fortune, il fait venir son tueur, Eric Blau, afin de terminer le travail.

De son côté, Carella a découvert en se rendant à Lake Triangle le drame survenu quelque temps plus tôt. L’observation du canoë a révélé les trous créés par des tirs. De retour à New York, il a pu voir Claudia, subitement réapparue, qui s’est montrée choquée par cette révélation, se refusant à croire qu’on ait pu chercher à assassiner son amie Josie. Les detectives, en poursuivant leur enquête, ont fini par en arriver à comprendre l’usurpation d’identité. C’est en revenant voir Claudia / Josie qu’ils la sauvent du tueur et arrêtent celui-ci…

 

Henry Brandt, Patricia Crowley et Robert Lansing

 

Carella et Kling sont à la manœuvre, Meyer et Havilland apparaissent au commissariat, occupés à leurs affaires. En ouverture (après le générique), les detectives discutent du plaisir que ressent Meyer à se trouver au bureau : « the squadroom is your home », lui dit Carella. Meyer utilise deux fois l’expression 87th squad plutôt que 87th precinct.

17’ : durant l’entretien entre Kling et Anderson, le banquier, l’arrière-plan devant lequel est assis Anderson, représentant les clients de la banque aux guichets, est une scène projetée sur un écran. L’effet n’est pas du meilleur goût.

Dans la dernière scène, George et Josie sortent du bureau du Lieutenant et George résume ce qu’a dit le Lieutenant, mais le Lieutenant lui-même n’apparaît pas.

Compassion et compréhension de Carella : à Josie qui s’excuse de ce qu’elle a fait, il répond « On a vu bien pire ».

Plusieurs scènes montrent le tueur dans son intimité : il élève, seul semble-t-il, un garçon à qui il apprend à tirer et qu’il semble éduquer avec sévérité. Pour lui transmettre le goût d’un travail bien fait ?

 

 

1.10  My Friend, My Enemy (Mon ami, mon ennemi) 

 

NBC, 27 novembre 1961

Produit par Winston Miller

Ecrit par Anne Howard Bailey

Réalisé par Don Weis

Avec Dennis Hopper (Andrew Mason), Jocelyn Brando (Mrs Mason), Carol Rossen (Nancy), Gary Clarke (Jerry Fisher), Anne Whitfield (Joy), Stephen Mines (Mike Rainey), Harlan Warde (Dr Ben Daniels), Mitzi McCall (the sailor’s girl), Joseph Corey (the sailor), Delores Wells (the clerk), Nicky Blair (the young man)

 

Norman Fell et Dennis Hopper

 

Une jeune étudiante est retrouvée morte dans un parc, non loin de la fête qu’elle venait de quitter, seule, chez son petit ami Jerry Fisher. Les detectives interrogent ce dernier mais également Andrew Mason, un autre étudiant, qui a quitté la fête plus tôt pour rentrer chez lui, juste en face de l’immeuble de Fisher. Andrew vit seul avec sa mère, c’est un garçon qui trouve difficilement sa place auprès des autres étudiants, dont il se sent méprisé. Sa mère sait qu’il était ressorti à l’heure du meurtre mais elle prétend le contraire à Carella, qui n’en garde pas moins des soupçons. Plus jeune que ses collègues du 87e, Kling s’arrange pour rencontrer Andrew chez un disquaire et sympathiser avec lui par le truchement de la musique. Andrew, qui n’a pas d’amis, le revoit avec plaisir et Kling lui présente une amie de son amie, Nancy : les deux femmes sont en fait de la police. Andrew, méfiant, soupçonne d’abord Nancy de feindre l’intérêt qu’elle montre à son égard, mais elle parvient à le détromper. Malheureusement, la mère d’Andrew découvre par un concours de circonstances la véritable identité de Kling, précisément un soir où ils doivent se retrouver chez ce dernier. Andrew s’y rend alors avec l’intention de demander des comptes au detective, qu’il menace avec son arme de service…

 

D. Hopper & J. Brando

 

Carol Rossen

 

Gary Clarke

 

 

1.11  The Very Hard Sell

 

NBC, 4 décembre 1961

Produit par Winston Miller

Ecrit par Helen Nielsen d’après sa propre nouvelle (The Very Hard Sell, 1959, Mort d’un vendeur de voitures *)

Réalisé par Paul Stewart

Avec Leonard Nimoy (Barrow), Alice Frost (Mrs Cornell), Peter Helm (Andy Cornell), Charlene Whitman (Stella), Arte Johnson (the hotel clerk), Bill Zuckert (Donnegan), Jack Searl (Anton), Tom Greenway (Glenn Cornell), Michael St Angel (1st policeman), Jack Collins (Mr Garcy), Michael Fox (Sam Grossman), Chester Stratton (Hamilton), Lillian Powell (the woman) et George O. Petrie (mechanic – non crédité)

 

Leonard Nimoy et Charlene Whitman

 

Un homme, Cornell, est retrouvé mort dans une voiture d’occasion, son propre revolver dans la main. Pour le coroner, il n’y a aucune raison de remettre en cause le suicide. Mais la veuve affirme que son mari n’était pas homme à se suicider et ses paroles marquent Carella, autant que celles de son jeune fils Andy : il pense, lui, que son père a pu se suicider, peut-être sous la pression du travail car, dit-il, c’était une « poule mouillée ». Qui était donc vraiment ce Cornell ? Carella questionne son patron, Garcy, vendeur de voitures, et essaie de retrouver le dernier client vu par Cornell ce soir-là, un nommé Barrow selon sa femme. Les indices que collecte Carella confirment l’existence de ce Barrow, dont Garcy semble douter. Dans les toilettes du garage Donnegan, où Cornell avait rendez-vous avec cet homme, Carella trouve un fil de fer enroulé autour des tuyaux. Ce fil de fer tenait-il un objet en lien avec la mort de Cornell ? Carella se donne du mal pour reconstituer les déplacements du vendeur, jusqu’à ce que Donnegan apporte un indice décisif : il a trouvé dans ses toilettes, fixée à la tuyauterie par un fil de fer, une boîte contenant un flacon d’héroïne pure. Puis un autre vendeur de voitures, Hamilton, se présente à Carella pour déclarer qu’il a été contacté par un acheteur, Barton, qui semble suivre le même mode opératoire que le mystérieux Barrow, signalé par la police : Barton lui a donné rendez-vous chez Donnegan pour essayer une voiture qu’il se dit prêt à acheter. Carella se substitue alors à Hamilton pour rencontrer cet homme, qui prétend devoir retrouver son futur beau-père ailleurs pour recevoir l’argent de l’achat. Barton utilise en fait la voiture et son vendeur pour transporter la drogue et la livrer à ses contacts ; Cornell avait découvert probablement son jeu et tenté de l’arrêter lui-même…

 

Police procedural au pied de la lettre, qui ne comporte pas de moments d’éclat mais suit l’enquête minutieuse et pointilleuse de Carella pour reconstituer une vérité qui échappe aux premières constatations. L’enjeu : rassurer une veuve qui n’accepte pas l’idée du suicide de son mari et démontrer à un adolescent de seize ans que son père n’était pas la « poule mouillée » qu’il croyait.

 

* Wikipedia indique que la nouvelle de Helen Nielsen se trouve dans l’Alfred Hitchcock Magazine n°22 de février 1963, ce qui est faux (on y trouve une autre nouvelle de Helen Nielsen, Au bord du crime). En revanche, on la trouve dans le recueil Histoires à lire avec précaution (USA 1979, Pocket France 1983).

 

Leonard Nimoy
Jack Collins

 

Peter Helm & Alice Frost
Arte Johnson

 

Bill Zuckert
George O. petrie

 

 

1.12  ’Til Death (Jusqu'à la mort)

 

NBC, 11 décembre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Norman Katkov d’après le roman d’Ed McBain (’Til Death, 1959, Pas d’avenir pour le futur, 1960)

Réalisé par Alan Crosland, Jr

Avec Darryl Hickman (Tommy Palmer), Judi Meredith (Angela Pavilic), Corey Allen (Ben Darcy), Johnny Seven (Marty Kellogg), Steven Geray (Anton Pavilic), Margie Regan (Claire Townsend), Naomi Stevens (Louisa Pavilic), Richard Collier (Hubert), Austin Green (Reverend Lombard)

 

Judi Meredith et Darryl Hickman

 

Steve vient chercher chez lui son ami Tommy Palmer pour le conduire à son mariage. Il sursaute en découvrant le « petit cadeau » qu’un garçon lui a livré : à l’intérieur d’un écrin destiné à un bijou a été épinglée… une veuve noire ! Un mot, « pour le marié », accompagne le présent. Les deux hommes ne s’en rendent pas moins chez les Pavilic, où Steve doit bientôt traiter un autre souci : la promise, Angela, a des doutes et craint de se tromper en épousant Tommy. Steve s’efforce de la rassurer en puisant dans sa propre expérience. Et voilà qu’elle aussi reçoit un cadeau inopiné : une carte de condoléances, « pour la mariée ». Questionné sur l’auteur possible de ces mauvaises plaisanteries, Tommy ne songe guère qu’à un seul homme, Marty Kellogg, un frère d’armes qui, en Corée, l’a accusé d’être responsable de la mort d’un ami. Marty est censé être dans un hôpital pour vétérans mais, en appelant cet établissement, Steve apprend que l’homme en est sorti une semaine plus tôt. Aussi, quand il se présente, tout souriant, avec un cadeau pour les mariés, Steve et Bert le traitent-ils sans ménagements, craignant qu’il n’ait apporté une bombe ! Ce n’est pas le cas, et l’écriture de Kellogg ne coïncide pas avec celles des cartes envoyées aux mariés, aussi est-il finalement autorisé à assister à la cérémonie, qui a déjà pris du retard.

Tout se déroule bien ensuite, à l’exception de la perte de l’anneau solennel par le témoin du marié, Ben Darcy, heureusement résolue par le prêt de la bague de fiançailles de Claire, venue avec Bert. L’attitude de Darcy attire cependant l’attention de Steve : il embrasse la jeune mariée sur la bouche puis, en dansant avec elle, lui dit sans ambages qu’il sera là « s’il arrive quoi que ce soit à Tommy ». Interrogeant Darcy pour comprendre son attitude, Steve apprend que le jeune homme est amoureux d’Angela et par conséquent furieux de la voir épouser Tommy. C’est lui qui a envoyé les cartes, mais il assure que ce n’était qu’une plaisanterie, même si elle est de fort mauvais goût. Et c’est volontairement qu’il a égaré ensuite la bague.

Au même moment, Bert est assommé par… Marty Kellogg, qui n’a certes pas envoyé de cadeau empoisonné mais est bel et bien décidé à tuer Tommy pour venger la mort de son ami en Corée. Les deux hommes se battent, seuls dans la maison, jusqu’à ce que Steve et Bert interviennent pour les séparer. Après quoi les mariés peuvent, enfin !, partir en voyage de noces…

 

Une histoire atypique, hors du cadre urbain habituel et des heures de travail, mais non sans énigme. Jusqu’à la séquence finale, on est tout de même davantage dans le drame que dans l’intrigue policière. L’occasion en tout cas de revoir Claire, qui s’apprêtait à passer un dimanche à la maison avec Bert quand Steve Carella a recruté ce dernier pour assurer avec lui la protection des futurs mariés. Ce mariage un peu particulier donne à Bert l’occasion de faire observer à sa fiancée qu’un grand mariage est une source de complications !

Teddy n’est pas présente, retenue par d’autres obligations, mais elle est mentionnée dans les dialogues. Meyer et Havilland n’apparaissent pas.

 

 

1.13  The Heckler

 

NBC, 18 décembre 1961

Produit par Winston Miller

Ecrit par Richard Collins d’après le roman d’Ed McBain (The Heckler, 1960, A la bonne heure, 1961)

Réalisé par Dick Moder

Avec Robert Vaughn (Sordo), Mary La Roche (Lotte Constantine), Ruth Storey (Sarah Meyer), Frank Albertson (Pop Smith), Wally Cassell (Rafe), Michael Fox (Sam Grossman), Dennis McCarthy (the assistant), Joe Perry (Chuck), James Lydon (Roger Pitt), Dal McKennon (Dr Blaney), Sam Edwards (the clerk), Ben Erway (Mr Ganley), Larry Adare (Bucky Meyer), Andrea Margolis (Norma Meyer), Allen Jung (Mr Chen) et Robert H. Harris (Dave Praskin)

 

Sordo est un homme de précision. Il a planifié le moindre détail du casse de la New Mercantile State Bank. Depuis l’immeuble voisin, il a d’ores et déjà creusé un tunnel menant droit sous le coffre de la banque, avec l’aide de ses complices Rafe et Chuck. Il s’emploie aussi depuis des jours à terroriser plusieurs commerçants du quartier en leur adressant des appels menaçants au téléphone, si bien que le 87e enregistre plusieurs plaintes sur lesquelles il faut enquêter. Il s’est aussi assuré la complicité de Pop Smith, un vigile, pour poser de fausses bombes qui occuperont également la police au moment opportun. Son idée est de donner suffisamment à faire aux policiers pour qu’ils ne soient plus disponibles au moment du casse.

Mais les meilleurs plans sont soumis à des imprévus. Quand Sordo découvre que Smith a une fiancée, il le soupçonne d’avoir déjà trop parlé et peut-être compromis le casse ; c’est pourquoi il le tue. En conséquence de quoi Carella et Kling interrogent la dame, Lotte Constantine, dont les réponses les laissent si perplexes que Carella demande à Kling de la suivre. Il se trouve ainsi avec elle dans l’appartement de Smith, où elle est allée rechercher les lettres qu’elle lui a écrites, ne voulant pas que la police les lise, lorsque Sordo fait irruption, venu rechercher, lui, une copie du plan qu’il avait donné à Smith ; en tentant de le désarmer, Kling est atteint par une balle. Sordo emmène Lotte avec lui et la garde en otage : non qu’il ait besoin d’un otage, mais la dame lui plaît et il ne voit pas pourquoi elle refuserait de remplacer son fiancé mort par un homme plus jeune, plein d’assurance, bientôt riche et bien vivant ! Peu lui importe que Rafe et Chuck regardent la chose avec perplexité.

Mais le grain de sable le plus embêtant est encore à venir : alors que le casse a parfaitement réussi et que Sordo suit dans sa voiture, avec Lotte, le camion dans lequel Rafe et Chuck transportent le butin, un véhicule maquillé en camion de vendeur de glaces, voilà que toute la famille Meyer passe par là, de retour d’un week-end de vacances, et que les enfants Meyer… ont envie d’une glace ! L’attitude bien peu commerçante et résolument agressive de l’un des vendeurs attire l’attention de Meyer, qui constate que la plaque d’immatriculation n’est pas réglementaire et demande à voir les papiers du véhicule. Sordo a beau tenter de résoudre la situation, comme il sait le faire avec tant d’assurance, c’est compter sans Lotte, qui lance un avertissement au policier dès que Sordo s’est éloigné d’elle : Meyer désarme Sordo, blesse Chuck et tient le trio en respect en attendant la police…

 

The Heckler marque dans la série de romans la première apparition du Sourdingue (Deaf Man), qui sera un adversaire récurrent du 87e. Il utilise le pseudonyme L. Sordo, à lire El Sordo, c’est-à-dire « le sourd » en espagnol. Ici, Robert Vaughn, baptisé Sordo, porte un appareil auditif mais sa surdité n’est pas explicitée. L’adaptation prend de grandes libertés avec le roman : dans le détail d’abord, le Sourdingue est blond, non brun comme Robert Vaughn ; Lotte Constantine apparaît bien sous la plume d’Ed McBain mais elle ne devient pas la « petite amie malgré elle » de Sordo ; quant au dénouement, il met en scène un policier qui n’est pas du tout Meyer Meyer, dont la famille n’apparaît pas (et qui ne prend pas un week-end de vacances). La fin du roman, surtout, laisse échapper le Sourdingue, dont le corps n’est pas retrouvé après qu’il a plongé dans la rivière ; dans la série, Sordo est arrêté. L’une des péripéties importantes du roman est le sort de Carella, de nouveau abattu (par le Sourdingue) et laissé un moment entre la vie et la mort (comme dans le troisième roman, The Pusher). Pas de Carella blessé dans la série : c’est sur Kling que tire le Sourd et le policier n’est pas grièvement blessé, même s’il finit à l’hôpital.

Sordo mentionne les seize inspecteurs travaillant au 87e, une douzaine en vérité si l’on tient compte des départs en vacances et du roulement entre les inspecteurs. C’est bien le chiffre indiqué dès le premier roman de la série d’Ed McBain, Cop Hater, en 1956.

Le médecin légiste aime lire des romans policiers ; quand il conseille la même lecture à Carella, celui-ci répond qu’il n’aime pas lire les romans policiers : « Je me sens toujours frustré : je soupçonne le mauvais type ! »

On retrouve Mme Meyer et l’on fait la connaissance des deux enfants, Bucky et Norma, dans une scène familiale cocasse qui se révèle essentielle à l’intrigue policière : en la croisant, elle en provoque la résolution d’une façon inattendue ! L’ensemble de l’épisode possède en fait un charme très second degré qui en fait une forme de comédie policière, la personnalité extrêmement rigoureuse et sérieuse de Sordo étant appelée à être mise en échec par une série d’impondérables qui démontrent que l’excès de confiance en soi n’est pas toujours une qualité ! Les deux scientifiques du 87e, le légiste Blaney et le technicien de labo Grossman, s’y mettent aussi : le premier en laissant traîner un roman policier sur son bureau, le second en improvisant à Carella et Kling un rapport d’autopsie complètement fantaisiste qui provoque une bonne humeur générale. Le rapport fantaisiste est une idée empruntée au roman, le roman policier y apparaît aussi mais n’est pas lié au médecin légiste et ne fait l’objet que d’une rapide remarque dans le dialogue.

 

Robert Vaughn

 

Mary La Roche

 

Wally Cassell & Joe Perry

 

 

1.14  Run, Rabbit, Run

 

NBC, 25 décembre 1961

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par Donn Mullally

Réalisé par Tay Garnett

Avec Alfred Ryder (Toots Brendan), Barbara Stuart (Yvonne English), Alvy Moore (Mr Giddon), Joe di Reda (Mr Smith), Paul Genge (Lieutenant), Paul Keast (Trent Morgan), Dave Barry (Doug Quinn), Art Lewis (desk clerk), Chris Alcaide (Sgt Briggs), Marjorie Bennett (Mrs Turner), Ken Lynch (Red Chambers), Charles Wagenheim (Harry), Dennis McCarthy (Lab Man), Charles Macaulay (brother Jeffry), Frank Sully (garage man)

 

L’heure fatale est arrivée pour Doug Quinn, ancien patron du crime organisé, qui a attendu sept ans dans le couloir de la mort. Mais, devant une poignée de journalistes venus le questionner en prison, il déclare au directeur qui lui annonce que cette fois ça y est : l’heure de sa mort sera aussi celle des trois témoins qui ont déposé contre lui. Et, de fait, deux des trois hommes sont bientôt assassinés. La police recherche donc le troisième, Toots Brendan, dont on signale l’arrivée en ville. Brendan a disparu depuis sa déposition ; il vit sous le nom de Porter à Cleveland, avec femme et enfant. S’il sort aujourd’hui de sa retraite, c’est pour venir trouver Trent Morgan, avec lequel il a passé un marché jadis : il témoignait contre Quinn pour écarter celui-ci et permettre à Morgan de prendre sa place, et en échange il pouvait prétendre à empocher une petite fortune dès que Quinn serait effectivement et définitivement écarté. L’attente a été longue mais elle est enfin terminée : avec l’exécution de Quinn, Brendan peut réclamer son dû. Et comme il est pressé de l’empocher et d’en faire bénéficier sa femme, conscient que lui-même ne vivra peut-être pas assez longtemps pour en jouir en propre, il est prêt à revoir ses prétentions et à accepter une somme bien inférieure à celle à laquelle il pourrait prétendre. Morgan, cependant, fait traîner les choses : s’il peut ne rien payer et attendre tranquillement que Brendan soit éliminé comme les deux autres, ce sera tout bénéfice pour lui.

En attendant, Toots prend une chambre dans un hôtel de seconde zone ; le gérant, qui le reconnaît, prévient aussitôt le 87e Precinct et Toots est cueilli à l’hôtel. Il accepte alors la protection de la police, ce qui n’arrange pas ses affaires puisqu’il ne peut plus contacter Morgan. Ce dernier envoie alors sa secrétaire, Yvonne, qui se fait passer pour la femme de Toots arrivée de Cleveland et obtient l’autorisation de voir son mari. Morgan met cependant une condition au versement de l’argent que Toots attend : il doit venir le chercher lui-même ! Toots trouve donc le moyen de tromper la vigilance de Meyer chargé de la garde de nuit dans la chambre d’hôtel où on le cache. Aussitôt les deux tueurs sont sur sa trace ; il les trompe eux aussi et réussit à se présenter chez Morgan, bien surpris de le voir : c’est lui-même en effet qui a lancé les tueurs à ses trousses, et ils ne tardent pas à débarquer à leur tour. Entre-temps, Carella a cueilli la fausse épouse qu’il a soupçonnée d’emblée et il la cuisine au commissariat ; quand il lui fait croire que Toots a été abattu et qu’elle sera considérée comme complice de meurtre, elle lâche le nom de son patron, chez qui les inspecteurs se rendent aussitôt…

 

Alfred Ryder et Paul Keast

 

 

1.15  Main Event (Le clou de la soirée)

 

NBC, 1er janvier 1962

Produit par Boris D. Kaplan

Ecrit par William Fay

Réalisé par Herman Hoffman

 

 

 

 

la suite : 2nde partie

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1960s
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