Guide réalisé par Thierry Le Peut

en attente d'images, pour donner des couleurs à tout ça !

Les saisons en ligne (à compléter au fil des ans) :

saison 1  -  saison 2  -  saison 5  -  saison 6  -  saison 8

Mike Connors et Gail Fisher

 

NB : Je n'indique pas les distributions, que le lecteur curieux trouvera sur Imdb (en attendant que je les ajoute, quand j'aurai atteint ma retraite). Quand il y a (malgré tout) une indication, c'est en général qu'elle complète ou corrige Imdb.

 

Saison 5

(1971-1972)

 

5.01 (99) Dark So Early, Dark So Long (Longue sera la nuit)

CBS, 15 septembre 1971

Ecrit par Robert W. Lenski

Réalisé par John Llewellyn Moxey

Mannix reçoit à son bureau la visite de Mildred Oliver, dont la délicieuse cuisine rendit plus agréables ses années de College. Mildred est inquiète pour sa fille Leslie, qui s’enfonce dans l’alcoolisme. Leslie, que Mannix a connue par le passé, a épousé un professeur de tennis, Glen Fielding, qui semble veiller sur elle mais ne la protège pourtant pas de l’alcool. Mannix accepte l’invitation de Mildred et assiste à une réception chez les Fielding, ce qui lui donne l’opportunité de parler avec Leslie. Au cours de l’après-midi, le Lt Tobias vient interroger cette dernière sur un homme retrouvé mort et qui avait sur lui un chèque signé de la main de la jeune femme. Glen fournit une explication à ce chèque qui ne satisfait que partiellement Tobias. Mannix mène sa propre enquête dans l’entourage de Leslie. Il apparaît que la victime, un trompettiste, a été marié à Leslie, et qu’ils n’ont en fait jamais divorcé. Glen finit par avouer que c’est Leslie qui, sous l’effet de l’alcool et ayant surpris l’homme qui s’introduisait dans la maison, l’a abattu. Pour la protéger, il s’est ensuite débarrassé du corps. Ces aveux conduisent Leslie en prison et pour le Lt Tobias l’affaire est close. Pas pour Mannix, qui pense que Leslie a été manipulée. Il continue donc d’enquêter sur Glen et sur l’un de ses associés, John Ogilvy…

 

5.02 (100) Cold Trail (Piste froide)

CBS, 22 septembre 1971

Adaptation : Ed Waters, histoire de Boris Sobelman et Ed Waters

Réalisé par Barry Crane

Parti skier dans les montagnes, Mannix y a fait la connaissance de deux jeunes femmes, Marie et Barbara. La veille de leur départ, la seconde est retrouvée morte dans la neige. En apprenant que les deux jeunes femmes avaient, justement la veille, changé leurs tenues, et chacune adopté la couleur qu’avait portée l’autre durant tout le séjour, Mannix se prend à se demander si Barbara n’a pas été attaquée par erreur. Son hypothèse se vérifie lorsque, sur la route du départ, une voiture les prend en chasse, pour quitter finalement la route. La voiture de Mannix étant inutilisable, ils montent tous deux dans celle de Gilbert Douglas, un jeune homme avec qui Marie a sympathisé en montagne. Mais, une fois dans la maison de Gilbert, Marie et Joe sont drogués. Quand il revient à lui, Joe essaie de s’enfuir en portant Marie mais ils sont surpris par Gilbert, Mrs Corot et le docteur Niles qui s’apprêtent à emmener Marie. Niles charge Gilbert de tuer Mannix, ce que le jeune homme, visiblement embarqué dans l’affaire sans en connaître les tenants et les aboutissants, feint seulement de faire – avant d’être lui-même abattu par Niles. De retour à son bureau, Mannix entreprend de démêler les fils de cette histoire ; les informations recueillies par Peggy sur Gilbert le conduisent à la maison de repos de Casa Cava, au cœur d’un nid d’espions : Niles et Mrs Corot en effet travaillent pour le KGB, et c’est par hasard qu’ils ont découvert que le père de Marie, Brooks Fenlon, un professeur, est en réalité Anton Brukov, un dissident russe passé à l’Ouest vingt ans plus tôt. C’est pour s’en assurer qu’ils ont enlevé Marie, mise sous hypnose par Niles pour faire surgir la vérité qu’elle-même ignore, mais qui est enfouie dans ses souvenirs d’enfance…

 

5.03 (101) A Step In Time (Trois pas dans le temps)

CBS, 29 septembre 1971

Ecrit par Mann Rubin

Réalisé par Sutton Roley

Mannix fait son jogging quotidien en bord de mer, à Sharkhead Point, lorsqu’il entend un cri et voit une femme molestée par deux hommes dans l’une des villas proches. Il se précipite vers la maison, manque être renversé par une voiture qui s’enfuit, crie à la voisine, Charlotte Benson, d’appeler la police et enjambe la grille. La maison est fermée, les meubles recouverts de draps et Mannix n’aperçoit personne à l’intérieur. Quand arrive le shérif Bowden, il lui raconte ce qu’il a vu ; le shérif comme Charlotte Benson sont troublés et perplexes : ce qu’il raconte s’est bien produit… un an plus tôt. La propriétaire des lieux, Karen Townsend, a été assassinée chez elle par deux hommes que l’on n’a jamais retrouvés et son mari, depuis, est dans un état catatonique, dans un sanitarium. L’expérience étrange de Mannix interpelle la sœur de Chris Townsend, Gwen, qui veut l’engager : Chris en effet sort enfin du sanitarium et retourne vivre dans sa maison, mais elle craint que, l’apprenant, les assassins de Karen ne cherchent à lui faire du mal. Le jour du meurtre, en effet, il était présent et les a vus avant qu’ils ne l’assomment. Prenant l’initiative de faire des recherches en l’absence de son patron, Peggy pense bientôt avoir retrouvé l’un des hommes, Moe Mingo, mais celui-ci meurt d’une overdose le soir même ; quant au second homme, Stan Gillan, c’est Mannix lui-même qui le tue, en état de légitime défense, après l’avoir surpris à rôder autour de la maison des Townsend. L’affaire semble bel et bien close. Pourtant, Mannix n’est pas tranquille ; pourquoi la mise en scène à la maison Townsend, qui a attiré son attention en premier lieu ? C’est une parole innocente de Gwen qui crée un déclic, lorsqu’elle se souvient que Chris avait un talent insolite pour prendre l’apparence d’une statue, aussi longtemps qu’il le décidait…

Avec Neil Russell (Sheriff Bowden).

La réalisation souvent insolite de Sutton Roley fait merveille, dans le premier acte surtout, notamment dans la mise en scène du flashback par lequel Charlotte Benson se replonge dans les événements de l’année passée et dans les plans qui soulignent la vulnérabilité psychologique de Chris Townsend à son retour chez lui. On est plus réservé en revanche sur la séquence du Freak Out, repaire de drogués hippies où Peggy est allée s’égarer juste, semble-t-il, pour permettre une péripétie « weird ». (D’autant que la séquence est tournée dans une partie des studios que l’on connaît si bien…)

 

5.04 (102) Wine From These Grapes (Les raisins amers)

CBS, 6 octobre 1971

Ecrit par David H. Vowell

Réalisé par Paul Krasny

Mannix retourne dans sa ville natale de Summer Grove à la demande de l’avocat Leon Kolligian, qui défend Juan Esparza, un ouvrier du vignoble de Charlie Apellini accusé du meurtre d’un autre employé, George Nelson. Celui-ci a été poignardé et tenait dans sa main un médaillon appartenant à Esparza. Les deux hommes ayant déjà eu maille à partir, et Juan ne se défendant pas, la tâche de Kolligian n’est guère facile. Dès son arrivée, Mannix est pris à partie par Harry Nelson, le frère de la victime, qui tire sur sa voiture et dans la fenêtre de la maison de son père Stefan, puis tente, avec la complicité d’un autre ouvrier, de le prendre en tenaille entre deux engins de chantier. Le petit José, un gamin de quatorze ans que Stefan a pris en affection et qu’il fait travailler dans ses vignes, est très perturbé par l’arrestation de Juan, et s’enfuit lorsque ce dernier est tué dans une explosion criminelle au sein même de la prison. Quant à Charlie Apellini, il a des soucis personnels avec sa jeune épouse Helen, qui le trompe allègrement, et ne goûte guère l’intrusion de Mannix et du shérif Madeiros dans ses affaires. Mannix n’en poursuit pas moins ses investigations qui le conduisent dans la maison de Maria, la sœur de José, qu’il trouve prostrée et effrayée. La jeune femme a été battue et violée par George Nelson le soir du meurtre…

 

5.05 (103) Woman in the Shadows (Femme dans l’ombre)

CBS, 13 octobre 1971

Ecrit par Karl Tunberg

Réalisé par Paul Krasny

Mannix reçoit la visite à son bureau, un soir, d’une femme se présentant comme Lisa Ralph et disant avoir été suivie par un homme. Elle lui a échappé en abandonnant sa voiture non loin de l’Observatoire Griffith et en montant dans un bus de touristes. Mannix la laisse pour aller chercher la voiture et le taxi qu’il emprunte est aussitôt suivi par une autre voiture. Lorsqu’il est de retour, cependant, Lisa a disparu. Elle l’appelle pour lui expliquer qu’au moment où il partait elle a reconnu, par la fenêtre, l’homme qui l’avait suivi ; elle s’est donc enfuie. Mannix la retrouve dans un bar où elle lui conte la suite de son histoire : fille d’un universitaire qui fut un adversaire d’Adolf Hitler, récemment décédé, elle est venue à Los Angeles pour gérer son héritage, et a en sa possession les premiers chapitres originaux du Capital de Karl Marx, qu’elle souhaite vendre aux Russes. Elle demande donc à Mannix de la représenter en portant trois pages autographes à Viktor Grunyev afin qu’il les fasse authentifier, condition préalable à la vente. Peu de temps après, Mannix reçoit à son bureau une autre visite : celle du Lt Tobias accompagné de Dan Ralph, à la recherche de sa femme ; Lisa ayant explicitement mentionné qu’elle ne voulait pas que son mari sache où elle est, Mannix se garde bien de le lui dire. Mais il est bientôt rappelé par Tobias et invité à jeter un œil sur un cadavre : celui de Lisa Ralph, retrouvée morte dans l’appartement qu’elle partageait avec une amie, Julia Stefan. Un coup d’œil suffit, effectivement, pour constater que cette femme n’est pas celle que Mannix a rencontrée, dont la photo en revanche occupe un cadre posé sur un meuble : celle de Julia Stefan. Celle-ci confie plus tard à Mannix les raisons de son mensonge : elle a trouvé Lisa morte et a voulu conclure la vente du manuscrit pour obtenir des Russes la libération de son mari Eric, prisonnier politique. Mannix, en acceptant de la croire, se retrouve avec une double mission : conclure la vente selon le souhait de Julia, mais aussi découvrir qui a tué Lisa Ralph…

Intrigue policière sur fond de guerre froide avec message de réconciliation : Mannix et Grunyev collaborent, avec méfiance d’abord, confiance ensuite, pour assurer la libération d’un prisonnier politique et son transport aux Etats-Unis.

 

5.06 (104) Days Beyond Recall (Au-delà du souvenir)

CBS, 20 octobre 1971

Ecrit par Robert Pirosh

Réalisé par Jud Taylor

Une Miss Hailey engage Mannix pour retrouver son frère Frank, un alcoolique, qui a disparu dans Skid Row. Mannix le retrouve dans un bar, le Blue Mirror, mais Haley, qui dit n’avoir pas de sœur, s’éclipse par la porte de derrière. Deux hommes essaient de s’emparer de lui et assomment Mannix quand il cherche à l’aider. Le verre auquel buvait Haley, prélevé par le détective, révèle que Frank Haley est en fait Eric Latimer, un écrivain, auteur d’articles dénonçant les crimes cachés de riches citoyens, censé être mort en mer. Mannix découvre ensuite que sa prétendue sœur est en fait une photographe, ‘Westy’ Westcott, qui a souvent travaillé avec lui et souhaite l’aider à se désintoxiquer. C’est grâce à son ami Kony, un ancien catcheur, et aux sans-abri de Skid Row que Mannix parvient à trouver une nouvelle fois Latimer, en proie à une crise sévère de delirium tremens. Il le fait admettre au Brendan Sanitarium. En parallèle, il enquête sur Latimer, qui lui raconte bientôt pourquoi il a disparu : il avait accepté un pot de vin d’un industriel, Ollie Packer, avant de changer d’avis et de lui rapporter l’argent ; quand il est arrivé, il a trouvé Packer mort et Crane, l’un de ses associés en affaires, en train de s’enfuir. Une voiture a ensuite cherché à lui faire quitter la route. Il a alors simulé sa mort pour échapper aux tueurs de Crane, mais ceux-ci ont fini par le retrouver. Mannix veut coincer Crane, qui a tout intérêt à tenter de nouveau de réduire Latimer au silence…

Avec Mark Russell (infirmier – non crédité).

Un épisode dominé par le jeu de Vic Morrow en alcoolique.

34’58’’ et 35’02’’ : l’ombre de la perche traverse un miroir puis se déplace très visiblement sur le mur, à gauche de Vic Morrow.

714 AQU : la plaque d’immatriculation de la voiture de Mannix.

649 AQI et 644 AQI : les plaques d’immatriculation de la voiture d’Ernest (acte I) et de celle de Latimer (acte III).

Le décor de la maison de Packer est aussi celui de la maison de Lou Reynolds en 7.04.

Skid Row, ici, est figuré par les (éternels) studios où sont filmés tant d’épisodes de Mannix.

Mannix a semble-t-il lutté autrefois avec Kony, mais, dit-il, c’était avant que « les acteurs » ne s’emparent de ce sport.

 

5.07 (105) Run Till Dark (La course dans la nuit)

CBS, 27 octobre 1971

Ecrit par Dan Ullman

Réalisé par Murray Golden

Mannix est engagé par une équipe de baseball constituée d’enfants, inquiets de la disparition de leur entraîneur Lee Thomas quelques jours avant le championnat auquel ils se préparent assidûment. Dans le vestiaire, Mannix remarque des traces de sang sur le sol, puis il trouve un jeu de clés qui le conduit tout droit à Harry Osborn, un homme à tout faire du Syndicat : c’est son sang qui décorait le vestiaire, où Lee Thomas l’a assommé alors qu’il cherchait à lui mettre la main dessus. En empruntant un outil dans le garage du vieux Bryant où travaille Lee, et en faisant examiner les empreintes par la police, Mannix découvre que Lee Thomas est en réalité Robert Warren, un détenu libéré sur parole et qui a disparu sans jamais se présenter à son officier de probation. Incarcéré pour possession de drogue, il occupait le même bloc que Charlie Larrabee, un trafiquant notoire. Mannix rend aussi visite à la petite amie de Lee Thomas, Barbara Joyce, qu’il arrache des griffes de Mel Cooley, un homme de main de Larrabee. Un informateur, Willie Small, apprend bientôt à Mannix que Warren aurait voulu doubler Larrabee avec la complicité d’un autre détenu, Tiger Banks, mort d’une overdose juste avant la sortie de prison de Warren. C’est pourquoi les hommes de Larrabee le recherchent, et pourquoi il a disparu. Le concours de Barbara, sauvée à nouveau par Mannix, permet à celui-ci de retrouver enfin Lee, dans le parc de Flowerland. Mais les malfrats y sont aussi…

Peggy, sous la menace de deux truands, alerte Mannix par téléphone en l’appelant « Mister Mannix » et non Joe, comme à l’accoutumée, pour lui faire comprendre que quelque chose d’anormal se passe.

Bien qu’elles ne partagent aucune scène, on s’amusera (si l’on veut) de la présence dans le même épisode de Scottie McGregor (alias Katherine McGregor, future interprète de Harriet Oleson) et Charlotte Stewart (alias Mlle Biddle, l’institutrice).

 

5.08 (106) The Glass Trap (Piège de verre)

CBS, 3 novembre 1971

Ecrit par Edward J. Lakso

Réalisé par Reza S. Badiyi

Mannix et Peggy sortent un soir au Cable Club pour entendre jouer un guitariste de leur connaissance. Soudain, Peggy reconnaît parmi les clients le criminel Eric Brastow. Celui-ci se précipite vers la sortie et Mannix le suit dans l’immeuble en face, où il réussit à le maîtriser jusqu’à l’arrivée de la police. Brastow, qui s’est sorti d’un procès un an plus tôt alors que Mannix l’avait fait arrêter après la mort d’une jeune fille, Jonnie Frank, victime d’une overdose, est recherché pour le meurtre d’un policier à New York. Un vieil ami policier de Joe, Ross Santini, arrive de New York pour y emmener le prisonnier, avec son partenaire Tom Wall. Ross est également accompagné de sa jeune épouse, Mary, dont les parents habitent Simi Valley, près de Los Angeles. Très vite, le comportement nerveux de Ross intrigue Mannix ; Wall met cette nervosité sur le compte d’une promotion que Ross espère obtenir s’il assure avec succès le transfert de Brastow. Pourtant, Mannix continue de soupçonner une raison cachée. Victime de deux tentatives d’assassinat consécutives, il découvre bientôt que la femme qu’il a vue avec Ross n’est pas sa véritable épouse. Il demande des comptes à Ross, qui le menace d’une arme. Ross finit par lui avouer que Brastow détient sa femme et que Wall est un imposteur travaillant pour le criminel. Ross doit permettre à Brastow de s’évader s’il veut revoir Mary. Mannix réussit à le convaincre d’accepter son aide pour sauver Mary et empêcher Brastow d’échapper à la justice…

Le scénario fait une grande place aux relations de Mannix avec Santini pour révéler peu à peu le complot et s’achever sur deux séquences d’action, une tournée dans le centre de Los Angeles et l’autre dans la vallée, avec avion.

 

5.09 (107) A Choice of Evils (Le choix du diable)

CBS, 10 novembre 1971

Ecrit par James Schmerer

Réalisé par Paul Krasny

Peggy est seule au bureau lorsque deux hommes y entrent, un jour de pluie. L’un d’eux, Max, insiste pour qu’elle tape à la machine un message pour Mannix, lui demandant d’appeler Lawrence Powers pour une question de vie ou de mort, puis il lui demande d’ajouter au crayon qu’elle est sortie faire des courses, et de laisser le mot bien en évidence sur son bureau. Pour l’y encourager, l’autre homme, Sam Thomas, montre qu’il a une arme. Max et Sam emmènent ensuite Peggy avec eux.

Trouvant le mot, Mannix appelle Powers puis se rend à son bureau. L’homme est connu pour ses activités criminelles, même si la police n’a pas encore pu le coincer. Il veut engager Mannix et, pour ne lui laisser aucun choix, il lui fait entendre Peggy au téléphone : Mannix a trois jours pour trouver celui des trois collaborateurs de Powers lequel est un agent fédéral infiltré, faute de quoi il ne reverra jamais Peggy.

Mannix commence à enquêter sur les trois hommes, Greer, Riggs et Phillips. Il attire vite l’attention d’Art Malcolm que ses supérieurs pressent d’écarter Mannix de Powers, mais qui accepte de lui laisser du temps, même si le détective ne lui en donne pas les raisons. Les trois collaborateurs de Powers, eux, tentent d’intimider Mannix en lui donnant un rendez-vous secret et en le passant à tabac. Les deux « innocents » sont aussi inquiets que l’agent infiltré. Malcolm veut alors arrêter Mannix, pour sa protection autant que pour répondre à la pression de ses supérieurs, et Mannix doit le mettre KO pour rester libre de ses mouvements. Il doit alors échapper à la police aussi bien qu’aux truands. En repassant à son bureau, cependant, il y trouve Phillips ; celui-ci admet être l’agent infiltré. Pour ne pas avoir à le dénoncer, Mannix exige de Powers de voir Peggy en vie avant de lui livrer le nom qu’il attend, mais Powers ne veut plus de ce nom : il veut que Mannix tue l’espion !

Mannix monte donc une fausse exécution en présence de Greer et Riggs pour que ceux-ci puissent témoigner auprès de Powers de la mort de Phillips. Mais Powers ne sera satisfait que si le corps est retrouvé : or, Phillips, abattu par Mannix, a plongé dans l’océan et disparu. Mannix est désormais coincé. C’est un indice livré par Peggy elle-même qui lui ouvre enfin une piste pour la retrouver : avant de travailler pour Powers, Mannix a exigé de recevoir chaque jour une photo de Peggy tenant le journal du jour ; or, sur les trois photos qu’il a reçues, Peggy a disposé ses doigts d’une manière très particulière de part et d’autre du journal, indiquant en fait à Mannix le numéro figurant sur la boîte aux lettres de la maison sur la plage de Malibu où elle est gardée par Max et Sam…

15’43’’ : Le journal que tient Peggy est daté du mardi 16 novembre 1971… alors que l’épisode a été diffusé le 10. Preuve que Mannix est un détective en avance sur son temps. (D’ailleurs, Lawrence Powers vient de lui dire que « Le temps file » !)

Peggy dit à Thomas que son fils a onze ans. En son absence, il est gardé par Mrs Frost.

L’épisode 8.04 reprendra quelques éléments de ce scénario : Peggy y sera de nouveau détenue par un homme, noir comme elle, qui rechignera à l’exécuter bien qu’il en ait reçu l’ordre. Ici, Sam Thomas est visiblement touché par Peggy et, au moment de la tuer, il hésite longuement ; il prétendra cependant, au moment de mourir dans ses bras, qu’il l’aurait fait, parce qu’il est un professionnel et qu’il pense ne pas avoir le choix. Plus tôt, face au regard accusateur de Peggy, il levait un coin de voile sur sa vie (un père mort quand il avait douze ans, une mère usée à nettoyer les sols), expliquant que, sans talent pour se faire une carrière dans le spectacle ou le sport, il n’avait pas de grande latitude dans le choix d’un métier.

 

5.10 (108) A Button for General D (Un bouton pour le général)

CBS, 17 novembre 1971

Ecrit par Ernest Frankel

Réalisé par Reza S. Badiyi

Mannix se rend sur les lieux d’une prise d’otages : son ami Monty Dawes retient une femme dans une maison, il est armé et exige une voiture. Mannix essaie de le raisonner mais ne peut éviter d’en venir aux mains avec lui ; la femme, Cindy Warren, s’empare du revolver que Monty a laissé tomber et, quand il essaie de le lui reprendre, un coup part. Avant de mourir, Monty murmure quelques mots au sujet d’un « bouton » pour sa mère et d’un « Général D ». Cindy Warren, une chanteuse, dit n’avoir jamais rencontré Monty avant ce soir ; elle est arrivée dans la maison avec un ami, Victor Drury, Monty s’y trouvait déjà, il a tué Victor mais elle ignore pourquoi.

Le lendemain, Cindy vient trouver Mannix à son bureau et lui apprend qu’elle a reçu un appel téléphonique d’un homme, menaçant. Il croit manifestement qu’elle sait quelque chose au sujet de ce que Monty avait et que cet homme veut récupérer. Pour la protéger, Mannix la confie à la mère de Monty, Sara, qui possède une ferme en dehors de la ville. Lui-même se met en quête de la vérité au sujet de Monty. Passionné d’Histoire, ce dernier aurait pu être enseignant, historien ou conservateur de musée mais il a décliné toutes les offres qui se sont présentées à lui et continuait d’habiter avec sa mère. Dans son bureau, Mannix trouve une clé portant le numéro 195 et qui le conduit jusqu’à un vestiaire dans lequel a été laissée une mallette ; il n’a pas le temps de l’emporter qu’un homme pointe sur lui un revolver en exigeant la mallette. Mannix réussit à lui fausser compagnie mais il est poursuivi en voiture par un autre homme, dont la course se termine au fond d’un ravin.

La mallette ne contient que des livres d’Histoire et même s’il devine que ces livres contiennent une partie de la vérité qu’il cherche Mannix est pour l’instant bien en peine de la découvrir. Tout comme ceux qui mettent son bureau à sac, négligeant les livres et cherchant quelque chose qu’ils ne trouvent pas. Mannix comprend cependant que ceux qui le suivent sont au courant de tous ses déplacements et il trouve bientôt le micro-espion placé dans son bureau. L’homme des vestiaires, Krebs, et son patron Sanford se présentent bientôt chez le détective et lui offrent 10.000 $ s’il leur remet les 100.000 que Monty leur a volés. Il devait les rapporter de Reno mais a prétendu qu’on l’avait attaqué pour les lui voler. Mannix l’ignore encore mais Cindy, avec laquelle il a commencé une idylle, est impliquée et c’est elle qui a caché le micro dans son bureau.

Mannix fait donc croire à Sanford et Krebs qu’il a trouvé l’argent, puis il contacte Cindy pour lui donner rendez-vous chez elle. Les deux hommes y sont, mais la police également. Durant la bagarre, malheureusement, une balle atteint Cindy. Après l’arrestation de Sanford et Krebs, Mannix apprend à Malcolm ce qu’il a découvert : Monty a utilisé les 100.000 $ pour acheter une lettre authentique portant la signature de Button Gwinnett, le second signataire de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, qu’il a cachée dans l’un des livres de la mallette, si bien cachée qu’elle est impossible à retrouver en feuilletant seulement le livre. Il voulait que cette lettre revienne à sa mère. Cindy, elle, ne survit pas à sa blessure…

Le scénario laisse de l’espace à la sensibilité des personnages : fragilité de Cindy Warren en jeune artiste peu sûre d’elle, idylle avec Mannix, jeu tout en sobriété d’Irene Tedrow en mère affligée, personnalité touchante de Monty Dawes. L’épisode se referme sur la douleur de Mannix apprenant la mort de Cindy.

Mannix invite Malcolm à déjeuner avec Peggy et lui au Paseo Café, près de son bureau. La serveuse porte le prénom de la comédienne qui l’interprète, Jean. Malcolm prétend vouloir perdre quelques kilos mais ses efforts ne paraissent pas très sincères.

Mannix déclare n’avoir pas fumé depuis juillet.

La banlieue résidentielle où Dawes est tué ressemble beaucoup au quartier qu’habiteront dans la décennie suivante les jeunes héros de Les Petits Génies, avec toits de tuiles rouges et gamins à vélo.

Le décor du premier acte (prise d’otage) est le vestibule aux murs blancs, sol carrelé rouge et escalier que l’on retrouve dans nombre d’épisodes (voir 7.04 ou 5.12).

 

5.11 (109) The Man Outside (L’homme d’ailleurs)

CBS, 24 novembre 1971

Ecrit par Arthur Weiss, histoire de Tibor Zada

Réalisé par Harry Harvey, Jr

L’ex-Général Alec Holt, sous les ordres duquel Mannix a servi en Corée, demande son aide au détective : il a commis un écart avec une jeune femme, Carol Barr, qui a pris des photos compromettantes et exige maintenant 10.000 $ en échange de la pellicule. Mannix se rend chez la dame, remet l’argent et s’en va avec un rouleau de pellicule. Il est à peine sorti que deux hommes l’assomment et l’emmènent dans leur voiture pour se débarrasser de lui dans les collines ; il parvient à leur fausser compagnie mais, le lendemain, le Général déclare que deux hommes sont venus le trouver pour lui revendre la pellicule qu’ils qavaient prise au détective. Problème : Mannix retrouve ses deux ravisseurs dans son propre bureau et… ils réclament la vraie pellicule. Celle qu’ils ont prise à Mannix ne contenait pas les photos attendues. Il s’en faut de peu qu’ils ne tuent le détective, dont ils ont peine à avaler l’histoire.

Mannix se rend chez le Général et lui demande pourquoi il lui a menti en prétendant que ces deux types lui avaient revendu la pellicule. Il lui apprend aussi que les véritables clichés sont toujours en circulation. Le Général est visiblement très embarrassé par le poids du scandale qui le menace mais il demande à mannix de ne plus s’en mêler. Le détective revoit malgré tout Carol Barr, qui est prête à lui vendre la pellicule une nouvelle fois : 100.000 $ est son nouveau prix ! Carol parle ensuite avec Paul Glydor, son complice, qui la met en garde contre son projet insensé de faire monter les enchères : Glydor et Carol ont en fait été payés par les deux hommes qui ont enlevé Mannix et ils attendent qu’on leur livre ce qu’ils ont acheté. Carol, sûre d’elle, est convaincue qu’ils paieront le prix demandé, faute de quoi elle vendra au Général.

Quand Mannix se rend de nouveau chez Carol Barr pour acheter la pellicule, il entend un bruit de dispute puis trouve Carol morte. Art Malcolm demande des explications au détective, qui ne veut pas impliquer le Général. Il réussit à retrouver la pellicule si convoitée et l’apporte au Général, dont il exige la vérité. La pellicule, en effet, que Mannix a vérifiée, ne contient pas des photos compromettantes pour lui mais des plans secret défense volés à la société que dirige le Général, Coronet Electronics. C’est alors la femme du Général, Liz, qui raconte à Mannix la vérité : Holt n’a pas du tout trompé sa femme, c’est elle au contraire qui a eu une liaison avec Paul Glydor, mais il s’est servi d’elle pour avoir accès aux documents que Carol a photographiés. C’est elle que protégeait le silence du Général. Glydor et ses « clients » ne tardent pas à se montrer : solidement armés, ils exigent la pellicule…

La maison du Général Holt est Gull’s Way. Le dernier acte fait un bel usage du site (en envoyant Mannix jusque sur le toit, point de vue original par rapport à l’utilisation de Gull’s Way dans d’autres séries – Harry O, Cannon, L’Incroyable Hulk etc.).

Mannix fait traiter la pellicule chez Barney, le photographe qui tient boutique en face de son carport.

Ron Nyman est le camionneur qui s’arrête après que Mannix a sauté de la voiture qui l’emmenait vers la mort (non crédité au générique).

 

5.12 (110) Murder Times Three (Le temps d’un meurtre)

CBS, 1er décembre 1971

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Leonard J. Horn

Mannix se dirige vers une maison dans les collines, dans le cadre d’une enquête, lorsque deux motards le poursuivent en le heurtant, visiblement animés d’intentions très agressives, au point qu’il est contraint de se jeter au bas d’une colline, où il perd connaissance. Dès le lendemain, il se plonge dans les dossiers de ses trois enquêtes en cours afin de trouver à laquelle cet incident se rattache. Juste avant que Peggy ne lui apprenne que pendant qu’il était sorti la veille, les trois clients ont appelé… pour se passer de ses services. Il commence par rendre visite aux Barden, qui l’avaient engagé pour retrouver leur fille Joyce mais ont finalement reçu un coup de fil d’un homme qui se prétendait son petit ami ; le père est furieux, persuadé que l’homme s’intéresse à l’argent de sa fille, mais la mère refuse de tourner le dos à leur enfant et tous deux acceptent en fin de compte que Mannix continue son enquête. C’est Peggy qui réussit à trouver pour lui l’adresse de Joyce. Pour l’instant, Mannix rend visite à Dan Brockway, un autre détective privé, qui l’avait engagé pour trouver des preuves de détournement de fonds contre un certain Wayne Jensen ; Brockway, qui sort de l’hôpital le lendemain, a décidé de reprendre lui-même l’enquête. Mannix découvre bientôt que la femme de Dan, Barbara, a eu une liaison avec Jensen et qu’elle souhaite à présent se séparer et de son amant et de son mari. Décision sur laquelle elle accepte pourtant de revenir après une discussion avec Dan, au cours de laquelle Mannix s’éclipse élégamment. Et de deux. La troisième affaire concerne un appel anonyme qui a effrayé Lisa Stabler ; mais son mari Tom lui a demandé de renvoyer Mannix parce qu’il pense qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie. Intuition confirmée lorsque, à l’occasion d’un nouvel appel, Mannix prend le plaisantin sur le fait : il s’appelle Alan Boone et jure qu’il voulait seulement plaisanter. Les Stabler ne porteront pas plainte. Et de trois. Mais toujours rien sur les motards. Jusqu’à ce que le Lt Malcolm en présente un à Mannix, qu’il vient d’arrêter ; bien qu’il s’agisse effectivement de l’un des deux hommes, Mannix prétend ne l’avoir jamais vu. Il veut en fait traiter directement avec lui, sans l’intervention de la police. L’homme, Teal, le conduit jusqu’à son partenaire, Grove, avec lequel Mannix finit par trouver un terrain d’entente. Grove lui révèle alors qu’ils ont été engagés par… Alan Boone. Il se trouve que l’appel entendu par Lisa était destiné à son mari et les menaces de mort proférées étaient en fait l’évocation d’un contrat pour lequel Boone payait Stabler : le meurtre du prince Jaffa en visite aux Etats-Unis. C’est maintenant à Mannix d’empêcher que le crime n’ait lieu…

Pré-générique sans dialogue, de la rencontre avec les motards jusqu’à l’évanouissement de Mannix.

Toujours le même décor, chez les Barden cette fois, avec l’escalier Reynolds (voir 7.04).

Les 500 $ versés à Mannix représentent une semaine de travail, dit-il ; son tarif est donc toujours de 100 dollars par jour (en excluant le week-end).

Peggy : « Joe, vous cherchez les ennuis. » Mannix : « Oh, ça a été plutôt calme, ces deux dernières heures. »

 

5.13 (111) Catspaw (La griffe)

CBS, 8 décembre 1971

Ecrit par Frank Telford

Réalisé par Leonard J. Horn

Tip Ellis, un ami détective privé de Mannix, est assassiné à Fresno où il enquêtait sur de l’espionnage industriel au sein des entreprises Stonehurst. A Fresno, Mannix rencontre Frankie West, un gangster qu’il soupçonne de n’être pas étranger à la mort de Tip, bien qu’il s’en défende. Alors qu’il parle avec l’un des responsables de Stonehurst de l’enquête de Tip, Peggy lui apprend par téléphone qu’une lettre de Fresno est arrivée pour lui, qu’il lui demande d’enfermer dans le coffre du bureau avant de rentrer chez elle et de soigner le coup de froid qu’elle a pris. Ce soir-là, ce n’est pas un docteur qui passe voir Peggy chez elle mais un imposteur qui la drogue et lui fait dire la combinaison du coffre. Le lendemain, Peggy n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé avec le faux médecin ; la lettre, en revanche, a disparu du coffre. Au pied de celui-ci, Mannix trouve une lentille de contact qu’il fait examiner. Peggy prend l’initiative de se renseigner sur le médecin dont elle est incapable de se rappeler le visage et finit par le retrouver : il s’agit en fait d’un hypnotiseur, Edwin Mansfield, à qui Mannix n’a pas le temps de parler puisqu’il est assassiné. La lentille de contact en revanche produit une piste plus prometteuse : elle conduit Mannix à Eddie Fixus, avec qui Mansfield a fait de la prison. Les événements commencent à s’éclaircir : la lettre écrite par Tip et envoyée à Mannix juste avant qu’il ne soit tué contenait probablement un indice sur son meurtrier, lequel a chargé Mansfield de la récupérer, mais Mansfield a été doublé par son complice Fixus. C’est finalement Frankie West qui met la main sur la lettre… et l’apporte au Lt Malcolm avec d’autant plus de plaisir qu’elle l’innocente, comme il l’a dit depuis le début à Mannix. La lettre en effet désigne un certain Vic Elder, un escroc que Tip avait démasqué sous l’identité du directeur de Stonehurst, celui-là même qui l’a engagé et avec qui se trouvait Mannix quand Peggy l’a appelé…

On peut trouver alambiquée l’idée de faire droguer Peggy par un hypnotiseur pour obtenir la combinaison du coffre de Mannix… et un tantinet hystérique la réaction de Peggy lorsqu’elle est soupçonnée de complicité.

Mannix connaît assez de latin pour traduire « Oculus sinister » (œil gauche).

Pas de griffe (titre français) dans cet épisode : catspaw désigne en fait le cambrioleur qui a ouvert le coffre-fort de Mannix. (Coffre-fort, au passage, dissimulé derrière un panneau coulissant dans le bureau du détective.)

Le tampon de la poste sur la lettre de Tip à Mannix indique 19 novembre 1971.

 

5.14 (112) To Save a Dead Man (Sauvez le mort)

CBS, 15 décembre 1971

Ecrit par Donn Mullally

Réalisé par Paul Krasny

Al Murphy a un accident de voiture en état d’ivresse. Il se traîne jusque dans l’église St Augustine où il meurt dans les bras de Sœur Meg Costello en confessant avoir envoyé un innocent en prison. Tourmentée, la religieuse, par l’intermédiaire du Père Vale, demande à Mannix d’enquêter sur les dernières paroles du mort, qui semblait rechercher le pardon. Le passé de Murphy indique au détective une connexion avec le lieu d’un meurtre resté fameux, commis quelques années plus tôt, celui d’Alyce Taggart, la jeune épouse du richissime C.W. Taggart, un excentrique qui a cessé depuis des années de paraître en public. En prison, Mannix parle avec Ted Kilgore, qui purge une peine pour ce meurtre et a passé à l’époque des aveux complets. Kilgore assume ces aveux et demande au détective de ne pas réveiller le passé. Il espère obtenir une libération sur parole dans deux ans et semble satisfait de son sort. Mais quel est alors le sens des paroles d’Al Murphy ? Ce dernier a bien témoigné au procès mais, selon l’avocat de Kilgore, Lyle Grandt, ses déclarations n’ont pas été décisives dans la condamnation de son client. Mannix s’étonne, peu de temps après sa visite à Grandt, de recevoir celle d’Adrianne Linholm, une femme d’affaires qui lui propose un joli chèque pour l’accompagner à Hawaii et y mener une enquête. Sœur Meg, de son côté, reçoit la visite de Kay Kilgore, la femme de Ted, qui plaide, comme son mari, pour que l’on ne remue plus le passé.

Mais voilà que deux hommes suivent Mannix en voiture et tirent sur lui, l’obligeant à quitter la route. Quant à Mrs Kilgore, lorsque Mannix et Sœur Meg se rendent à domicile pour lui parler à nouveau, ils découvrent qu’il ne s’agit pas de la femme qui a rendu visite à la religieuse. Le détective retourne voir Ted Kilgore, convaincu désormais que ce dernier a menti en endossant le meurtre d’Alyce Taggart, probablement en échange d’une compensation financière valant plusieurs années de sa vie et garantissant la sécurité de sa famille. Se rendant aux arguments du détective qui pense que le véritable meurtrier ne laissera pas les Kilgore en vie bien longtemps, Ted avoue le marché qu’il a passé avec Ed Noble, le vice-président de Taggart Enterprises, en endossant la responsabilité du meurtre commis par C.W. Taggart lui-même. Pourtant, Mannix ne croit pas en la culpabilité de Taggart et pense qu’Ed Noble a tout manigancé, et sans doute commis le crime. Reste à le prouver…

Avec Ron Nyman (Officer Mike).

Mannix à Sœur Meg après qu’on lui a tiré dessus : « Dans mon travail, si vous n’avez pas neuf vies vous ne pouvez pas obtenir une licence ! »

Mannix joue au golf avec le Père Vale. Les clubs sont posés ensuite dans son bureau.

 

5.15 (113) Nightshade (La nuit)

CBS, 29 décembre 1971

Ecrit par Martin Roth

Réalisé par Reza S. Badiyi

Charlie Frome, un détective privé, ami de Mannix, est renversé par une voiture qui prend la fuite, devant un entrepôt abandonné où il a suivi une femme après que celle-ci a récupéré une mallette déposée, ailleurs, par un homme. En se rendant à l’appartement de Charlie, Mannix y trouve une voisine, Ceil Porter, choquée d’apprendre sa mort ; dans le frigo, il découvre une cassette audio que Charlie a manifestement voulu mettre à l’abri des regards. Elle contient l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Stan et Ella Holland. Mannix se rend chez cette dernière et apprend que Stan est porté disparu au Vietnam depuis cinq mois. Elle est persuadée qu’il est mort et ne voit pas comment il aurait pu l’appeler. En sortant de chez elle, Mannix est victime d’une tentative d’assassinat au fusil, par un homme posté sur le toit d’un immeuble ; c’est là qu’il trouve un fusil dont Art Malcolm lui apprend un peu plus tard qu’il est celui que Stan Holland utilisait au Vietnam. Questionnée à nouveau, et confrontée à l’enregistrement trouvé chez Frome, Ella Holland avoue qu’elle a bien été contactée par Stan ; elle a ensuite reçu une lettre d’instructions lui demandant d’aller récupérer une mallette déposée quelque part en ville et de la déplacer dans un entrepôt abandonné. En quittant cet entrepôt, elle a vu le corps de Charlie mais s’est sauvée sans prévenir la police, de peur d’être interrogée sur la raison de sa présence à cet endroit.

Tout porte donc à croire que Stan Holland est bien vivant, qu’il a tué Charlie et tenté de tuer Mannix. Or, lorsqu’il est mort, Charlie n’avait qu’un client : l’humoriste de la télé Danny Brite, dont le fils Joey vient de rentrer du Vietnam avec son ami Greg qui est le fils de l’assistant de Danny, Sam Westlake. Mannix a constaté que ce dernier le suivait depuis sa première visite à Danny Brite. Il le surprend, aussi, chez Charlie, cherchant manifestement quelque chose qu’il n’a pas trouvé mais que Mannix, lui, découvre, caché dans un magnétophone : une photographie prise au Vietnam sur les lieux d’un fragging (terme d’argot militaire qui, comme l’explique Mannix, désigne le fait de tuer quelqu’un avec une grenade à fragmentation). On y voit un soldat à terre, peut-être Stan Holland, et un autre penché sur lui. Mannix pense que Danny est victime d’un chantage parce que son fils Joey est l’auteur du fragging. Danny nie tout en bloc mais Joey vient trouver Mannix à son bureau ; il avoue son crime et le chantage et ajoute que son père est allé remettre une nouvelle mallette d’argent à Stan, dans une usine de bois. Mannix s’y rend avec Joey, qui empêche son père de tuer le maître-chanteur. Celui-ci tente de tuer Mannix qui tire en retour. Mais l’homme qui s’effondre, presque mort, n’est pas Stan Holland : c’est Greg Westlake, qui a filmé le fragging à l’insu de Joey, et qui avoue avant de mourir que Stan Holland est toujours en vie, aveugle, gardé par un ami de Greg à Phen Trang, au Vietnam. Greg a enregistré sa voix et s’en est servi pour diriger vers lui les soupçons…

La séquence prégénérique, où Charles Picerni est renversé par une voiture, sera reprise dans l’épisode 8.03 : ce sera le programme regardé à la télé par un personnage.

Peggy, sarcastique : « Bien sûr, vous avez besoin de cette information immédiatement ? » Mannix : « Je ne peux pas attendre aussi longtemps ! »

Ron Nyman, qui joue ici un policier, apparaît dans ce rôle, crédité ou non, dans beaucoup d’épisodes ; on le retrouve aussi parmi les bad guys muets de certains épisodes.

L’entrepôt devant lequel Charlie Frome est renversé par une voiture sera aussi celui où se rend Mannix au début de l’épisode 5.19, également réalisé par Reza S. Badiyi.

Le récit que fait Joey Brite à Mannix des événements survenus à Phen Trang met en avant l’absurdité de la guerre : Joey, pris de panique, a lancé une grenade sur un sergent qui ne voulait pas entendre parler de repli alors que les soldats étaient en train de se faire tuer sans but et sans espoir, parmi eux Stan Holland sur lequel était penché le sergent.

Le fragging est évoqué en 1973 dans l’épisode « Hounds of Hell » de Cannon (3.03) et plus tard dans la série L’enfer du devoir (épisodes 2.11 et 3.21).

 

5.16 (114) Babe in the Woods (Dans le bois)

CBS, 5 janvier 1972

Ecrit par Robert W. Lenski

Réalisé par Leonard J. Horn

Bobby Quinn, ingénieur en informatique, est abattu par un tireur posté à distance alors qu’il fait un parcours de golf avec Larry Martin, patron d’Intertronics. Martin engage Mannix pour retrouver les plans d’un ordinateur miniaturisé, de la taille d’une mallette, dessinés par Quinn qui en demandait un prix exorbitant. Mannix ne dispose pas d’indices précis mais il réussit à suivre la trace de Quinn jusqu’à Indian Lake, où il possédait une maison au bord de l’eau. Là, il apprend que Quinn utilisait un nom d’emprunt, Jason Riddle, et qu’il entretenait une petite amie. C’est le surnom qu’il donnait à celle-ci, « babe in the woods », qui lui permet de trouver la maison, devant laquelle est amarré un bateau précisé baptisé Babe in the Woods. Le « bébé » accueille Mannix dans la maison : Sharon Carter est choquée d’apprendre la mort de Jason, qu’elle attendait depuis plusieurs jours. Elle ne sait rien, en revanche, des plans disparus. Elle accepte cependant de servir de guide au détective en l’accompagnant dans différents lieux où Jason / Bobby aurait pu laisser les fameux plans. Mannix constate vite qu’ils sont suivis par un homme conduisant une voiture de sport rouge. Il appâte celui-ci en le laissant croire qu’il a trouvé les plans. S’ensuit une poursuite en voiture sur les routes de montagne, interrompue par un shérif qui fait la leçon à Mannix sur sa conduite. L’autre homme, lui, prend la poudre d’escampette. Mannix fait un rapport à Larry Martin et découvre l’identité de son poursuivant, Carl Loder, que Martin affirme ne pas connaître. Le nom, toutefois, semble rendre nerveuse sa femme Nancy, que Mannix soupçonnait déjà d’être plus proche de Bobby Quinn qu’il n’eût été convenable. Retour à Indian Lake ; toujours accompagné de Sharon, Mannix trouve enfin, réellement cette fois, les plans de Quinn. Ils sont assortis d’une lettre « à n’ouvrir qu’après ma mort ». Une sorte d’assurance-vie qui n’a pas joué son rôle : elle révèle que Larry Martin a détourné des millions au sein d’Intertronics. Quinn s’en servait pour amener Martin à augmenter le prix d’achat de ses plans, son ordinateur miniaturisé constituant une manne pour Intertronics, dont Martin ne peut se passer. Mannix veut donc à présent tendre un piège à Martin et à son tueur, Loder. Mais ce ne sont pas ces deux hommes qui arrivent les premiers dans la maison d’Indian Lake…

Quelques remarques délicieusement ironiques agrémentent le scénario, dont l’intrigue est sans surprise mais bien menée. Une poursuite en voiture et une autre, à pieds, dans les bois achève de rendre l’ensemble attrayant. On retiendra aussi la relation tendre et chaste de Mannix avec Sharon Carter.

 

Malcolm – Why should I tell you anything, Joe ? Answer me that.

Mannix – Friendship !

Malcolm – Oh, yes ! That is the one-way street you live on, isn’t it ?

 

Malcolm – If the case you’re working on has something to do with the Quinn killing, I’d like to know about it. Before I’m a lot older.

Mannix – I hope I’ll live long enough to tell you, Art.

 

5.17 (115) The Sound of Murder (Meurtre sur bande magnétique)

CBS, 12 janvier 1972

Ecrit par Leigh Vance

Réalisé par Leslie H. Martinson

Un homme, dans une pièce, dirige un micro relié à un magnétophone vers l’immeuble d’en face, enregistrant les conversations captées par l’appareil. Il enregistre une dispute entre deux hommes qui dégénère en affrontement physique et se termine par un meurtre. L’homme sourit.

Marcia Inman se présente au bureau de Mannix de bon matin. Elle est inquiète de la disparition de son mari Darrel Inman, directeur d’une société. Elle remet à Mannix la photo d’une femme avec laquelle, pense-t-elle, Darrel avait une liaison, qui n’était pas la première. Elle n’a pas de photo de son mari mais en donne une description au détective. Mannix commence l’enquête avec les quelques éléments qu’elle lui a donnés. Il retrouve la femme, Clarissa Colburn, ancienne mannequin devenue propriétaire d’une boutique. Une femme séduisante, de caractère. Mais qui ne connaît pas Darrel Inman. Prudent, le détective surveille quand même sa porte après avoir quitté l’appartement et en voit sortir un homme – celui-là même qui manipulait le micro. Il le suit… et le retrouve mort, après l’avoir quitté des yeux seulement quelques minutes. Il prévient le Lt Dan Ives ainsi que Marcia Inman. Surprise : le mort n’est pas Darrel Inman. Il s’agit d’un nommé Barry Gates, ancien détective privé devenu maître-chanteur. Alors qu’il continue de rechercher Inman, Mannix est victime d’une sortie de route provoquée, à dessein, par un camion. Il soupçonne Marcia Inman mais également l’associé de Darrel, Philip Lomax, mais les deux ont un alibi. Qui, alors, a tenté de tuer le détective ?

Clarissa Colburn, de toute évidence, n’est pas toute blanche. Pour expliquer la présence de Gates dans son appartement, elle raconte à Mannix qu’il la faisait chanter pour l’obliger à le laisser installer son équipement dans une pièce de son appartement, d’où il surveillait l’immeuble en face, où se trouve le siège de la Westland Bank. Une bande magnétique retrouvée dans l’appartement de Gates laisse penser que quelque chose doit se passer le 1er juillet : est-ce en rapport avec la banque ? Le directeur, Alfred Price, n’a rien de particulier à signaler pour le 1er juillet. Et voilà que l’on retrouve le corps de Darrel Inman, mort dans sa voiture, au fond d’un ravin. Il a été tué, cependant, avant l’accident. Mannix découvre que deux affaires différentes se sont en réalité retrouvées mêlées au grand désarroi des assassins d’Inman, qui ont mis le détective sur la piste de Gates mais ne l’ont pas tué. Gates, en effet, les faisait chanter après avoir enregistré le meurtre d’Inman. Mais, les coupables arrêtés, il reste encore à Mannix à trouver le meurtrier de Gates et ce qui doit se passer le 1er juillet, qui touche déjà à sa fin. La réponse se trouve chez Clarissa Colburn et conduit Mannix dans les bureaux d’un bijoutier qui attend une importante mais secrète livraison…

Clarissa Colburn à Mannix, en l’examinant à travers ses lunettes – Sweetie, a marvelous animal like you ought to be able to find a better way to earn a living than peeping through keyholes.

Mannix – I’ll think about it.

Clarissa (le rappelant alors qu’il passe la porte) – Joe Mannix. Blunder back any time when you’re off duty.

 

Clarissa (en le revoyant) – The sexy sleuth himself !

 

Mannix – Scotch on the rocks.

Clarissa – I thought private eyes lived on bourbon and blondes.

Mannix – Maybe that’s because you never met one before.

Un instant plus tard, quand il continue de la questionner alors qu’elle l’embrasse :

Clarissa – You’re just about as romantic as King Kong !

 

Mannix – If that’s true, then who tried to kill me ?

Lt Dan Ives – I’m in homicide, Joe. I can’t investigate that until they succeed.

 

La voiture de Mannix est au garage durant les actes 1 et 2 ; de cette manière, c’est une voiture d’emprunt qu’il conduit quand un camion lui fait quitter la route.

L’action se déroule autour du 1er juillet.

 

5.18 (116) Moving Target (Cible vivante)

CBS, 19 janvier 1972

Ecrit par Karl Tunberg

Réalisé par Richard Benedict

Ken Mitchell rentre aux bureaux de sa société de jouets, Mitchell Toys, en compagnie de sa collaboratrice Althea Blake. Il est brutalement attaqué par un homme au visage couvert d’un masque, que l’arrivée du vigile met en fuite. Althea, inquiète, supplie Ken de faire quelque chose. Bien que réticent, il engage Mannix pour découvrir qui l’a agressé ; ce n’est en fait pas la première fois, un autre incident s’étant produit en mars dernier, qu’il n’a pas davantage signalé à la police. Il refuse d’ailleurs que celle-ci soit impliquée, craignant une mauvaise publicité. Très vite, Mannix a le sentiment que Mitchell ne souhaite pas vraiment le voir enquêter. Il s’oppose par exemple à ce que le détective inquiète son associé Paul Anders, un homme bien mystérieux qui semble toujours absent, du bureau comme de sa maison à Moon Lake, où Mannix ne rencontre que la gouvernante, Ida, qui n’a jamais vu le bonhomme. Et voilà ,que Mitchell lui-même disparaît ; c’est Althea Blake qui alerte Mannix en lui donnant une clé de la maison de Ken, dans laquelle il est lui-même attaqué par l’homme au masque. L’agresseur est de nouveau mis en fuite, cette fois grâce à l’arrivée d’un certain Harvey Nelson, qui cherche à parler à Mitchell qu’il accuse de lui avoir volé une idée de jouet. Puis Ken Mitchell réapparaît, en prétendant s’être rendu à Moon Lake pour voir Paul Anders. Lequel Paul Anders semble s’être tué en précipitant sa voiture du haut d’une falaise. C’est en tout cas ce que pense le Lt Gordon de San Diego, bien que l’on n’ait pas retrouvé de corps. Ce détail n’empêche pas le Lt Malcolm d’arrêter Ken Mitchell pour le meurtre de son associé. Il semble cependant que ce soit Mitchell lui-même qui se soit enregistré dans un hôtel de San Diego sous le nom d’Anders. Etrange mic-mac qui intrigue fort Mannix, a fortiori quand l’homme au masque ressurgit et tente de tuer le détective en voiture. Ken Mitchell, lui, paraît toujours très modérément inquiet, en dépit de son arrestation. Il s’en explique en avouant à Mannix que… Paul Anders n’a jamais existé. Il a inventé le personnage pour escroquer le fisc, avec la complicité d’Althea Blake. Cette dernière, pourtant, contredit sa version : non seulement Paul Anders existait bien mais… elle a été son épouse. Information vérifiée par Mannix et qui surprend fort Mitchell. Elle révèle surtout qu’il a été manipulé par Althea : c’est elle qui a proposé le nom d’Anders, dans l’idée certainement de se débarrasser de Mitchell et de s’emparer de sa société. Et Mannix, en comprenant la vérité, devient plus gênant que jamais…

Avec Mark Russell (policier en civil – non crédité).

Un épisode sans intérêt, que l’on devine écrit pour compléter la saison à moindres frais. Absence de décors originaux, peu de scènes en extérieurs – la poursuite en voiture est la principale, les autres se déroulent de nuit donc sans montrer grand chose – et une prépondérance du dialogue avec une tendance à la répétition et à la banalité. Bref, l’intrigue est étirée pour occuper la durée réglementaire et on parle bien plus qu’on n’agit, agrémentant le bavardage des coups habituels et d’une petite poursuite en voiture (au contraire de l’épisode précédent, Mannix conduit bien sa propre voiture, dont l’avant est embouti). L’arrestation de Ken Mitchell est uen péripétie incompréhensible : le Lt Malcolm répète à l’envi qu’il a « des preuves », mais l’énoncé de celles-ci révèle simplement l’inconsistance de l’accusation. Mannix tente de la couvrir en affirmant à Mitchell qu’il peut être condamné même si le corps de la victime n’est jamais retrouvé. Le tout filmé en champs-contrechamps constitués presque uniquement de gros plans, qui ne font qu’ajouter au lymphatisme général de l’épisode. On notera aussi que la fléchette d’anesthésiant « à effet immédiat » tirée sur Mannix à la fin de l’épisode met bien du temps à agir et n’enlève rien de sa combativité… jusqu’à ce qu’il s’endorme finalement comme un nourrisson sur le bras du Lt Malcolm, qui trouve cela « cool ». On s’étonnera aussi de voir Malcolm et deux policiers tirer sur Anders en pleine nuit, alors qu’il empoigne encore Mannix. Bref, à l’ennui s’ajoute l’incohérence mais on aura compris que le scénario n’affiche aucune prétention à se montrer captivant. Il s’agit juste de passer le temps.

 

5.19 (117) Cry Pigeon (L’appât)

CBS, 26 janvier 1972

Ecrit par Donn Mullally

Réalisé par Reza S. Badiyi

Mannix se rend un soir dans l’entrepôt de Mina Winery pour une rencontre secrète avec un client mystérieux. Il n’est pas enchanté de constater que le client est Tom Fortune, le fils de Victor Fortune, l’un des patrons du crime. Fortune lui demande de découvrir où sa femme et son amant se rencontrent. Alors que Mannix décline la proposition, Fortune est abattu par un tireur dissimulé qui s’enfuit aussitôt. Le détective se retrouve obligé d’appeler la police et de parler avec Victor Fortune que son récit laisse perplexe. Tandis que Fortune déçoit son autre fils, Mark, en confiant la place de Tom à Lee Martisse, considérant que Mark, hémiplégique, ne peut remplir la fonction, Mannix, lui, reçoit la visite de la veuve, Maria Fortune. Elle lui apprend que sa prétendue liaison avec Duke Benedict, le principal rival des Fortune, est une invention de Benedict pour pousser Tom à la faute, et a probablement servi à l’attirer dans le piège. Mannix se trouve bien malgré lui embarqué dans la guerre qui couve : Fortune le croit complice de Benedict et charge Martisse de l’éliminer, mais le bras droit de Benedict, Braden, le sauve pour le conduire à Benedict qui lui demande d’organiser une rencontre secrète avec Victor Fortune afin qu’ils puissent s’expliquer. Benedict en effet affirme n’être pour rien dans le traquenard et souhaite éviter que la guerre n’éclate alors qu’il n’est pas prêt à la mener. Mannix n’a guère le choix ; il organise donc la rencontre, qui pousse les comploteurs à sortir de l’ombre : Braden a trahi Benedict avec la complicité de Mark Fortune, fatigué d’attendre le contrôle que son père et son frère lui refusaient…

 

5.20 (118) A Walk in the Shadows (Un pas dans l’ombre)

CBS, 9 février 1972

Ecrit par Edward J. Lakso

Réalisé par Paul Krasny

Faut-il croire Tom Farnon ? Ce chef d’entreprise est arrêté par le Lt Malcolm dans le bureau de Mannix, à qui il est venu conter son embarrassante histoire : alors qu’il cherchait à surprendre son épouse Linda en compagnie d’un amant sur leur bateau ancré dans la marina, il a découvert Linda morte, abattue par un homme qui a laissé tomber son arme avant de s’enfuir. Tom, ayant ramassé l’arme, s’était à peine lancé à sa poursuite que le bateau explosait. L’autre homme a fui dans une voiture de sport jaune. Malheureusement, si Tom a bien été vu sur les lieux, s’enfuyant avec une arme à la main, personne n’a vu un autre homme, pas plus qu’une voiture jaune. L’arme retrouvée dans la voiture de Farnon est bien celle qui a tué sa femme et… elle est enregistrée à son nom. Farnon affirme qu’il n’en savait rien, croyant son arme enfermée chez lui. Les faits intriguent Mannix qui décide d’enquêter. Rendant visite à l’associé de Farnon, Carl Blake, qui ne croit pas un instant Farnon capable de tuer sa femme, ni même d’utiliser une arme – au contraire de Blake lui-même qui les collectionne et sait fort bien s’en servir -, il voit Blake lui sauver la vie en abattant un tireur embusqué dans le jardin, prêt semble-t-il à tirer dans le dos du détective. Cet homme, Edward Cole, est celui qui a tué Linda Farnon, selon Tom. Et alors qu’il était tué par Blake, une voiture de sport jaune quittait brusquement les lieux.

Mannix rend visite à Phil Rand, un ami détective privé, que Farnon avait engagé pour suivre sa femme et qui, après l’avoir laissé penser qu’elle avait effectivement un amant, a finalement certifié que non. C’est ce que Phil confirme à Mannix. Mais, bientôt, ce dernier retrouve Phil mort dans son bureau, que vient de quitter une ravissante brunette se prétendant sa secrétaire. Mannix pense que la brunette est repartie avec les photos contenues dans le dossier Farnon. Grâce à Emma, la veuve de Phil, Mannix retrouve cependant ces photos, que Phil avait placées dans un coffre en banque. Celles qui ont été développées montrent Linda Farnon en compagnie d’un homme dont on ne voit jamais le visage ; trois négatifs non développés, en revanche, pourraient fort bien le révéler, aussi Mannix les confie-t-il à Peggy pour qu’elle les fasse développer par leur voisin photographe, Barney. Lui-même s’occupe de retrouver une maison que l’on aperçoit sur l’une des photos, dans le quartier de Los Cruces. Là, il rencontre Carl Blake, qui prétend avoir rendez-vous avec Tom Farnon, entre-temps libéré sous caution. Mais Blake pointe rapidement une arme sur le détective. Se devinant bientôt démasqué, il n’a plus de raison de dissimuler son vrai visage : il a détourné un quart de million des caisses de l’entreprise et a séduit Linda Farnon pour qu’elle l’aide à tendre un piège à Tom, avant d’engager Ed Cole pour les tuer tous les deux. Quand les choses ont mal tourné, il s’est débarrassé de Cole en lui tendant un piège à son tour, avec la complicité d’Ellen Jeffers – la fausse secrétaire de Phil, aussi blonde à présent qu’elle était brune en croisant la route de Mannix. A présent, il demande à Mannix de faire venir Peggy avec les photos développées par Barney et les négatifs. Ellen Jeffers amène bientôt Farnon, libéré sous caution, qui apprend brutalement la vérité. Et Peggy est en route…

Avec Ron Nyman (Officer Ryan, ou Ron – non crédité).

Tom Farnon est une sorte de nouveau Richard Kimble injustement accusé du meurtre de sa femme et clamant qu’il y avait un autre homme que personne n’a vu. Le scénario ne contient pas de surprises mais déroule méthodiquement une intrigue fondée sur un maître ès trahison (Carl Blake), en donnant à Peggy un rôle dans le dénouement. Pas de fin d’acte montrant Mannix brutalement assommé, ni de poursuite en voiture. Et Malcolm a droit au dernier plan (une fois n’est pas coutume).

384 IDR : la petite Dodge bleue de Peggy.

 

5.21 (119) Lifeline (Le chanteur)

CBS, 16 février 1972 (©1972)

Ecrit par Dan Ullman

Réalisé par Leslie H. Martinson

Vance Logan, un ami de Peggy et Mannix, chanteur dans un club, s’enfuit et pointe une arme sur un policier alors qu’on voulait juste le questionner sur une collision sans gravité avec un véhicule à l’arrêt. Il se retranche dans un bâtiment désert très vite cerné par la police, dont Mannix échoue à le persuader de sortir. Un policier lui tire dessus et le blesse lorsqu’il tente à nouveau de s’enfuir. Transporté à l’hôpital, il est sauvé grâce à une transfusion du sang de Mannix. Mais il parvient bientôt à s’échapper malgré sa blessure. Mannix apprend par le Lt Dan Ives la raison secrète de l’attitude surprenante de Vance, qu’il n’a jamais vu aussi irrationnel : il avait peur que la police ne relève ses empreintes et ne fasse le lien avec une empreinte relevée sur le tisonnier avec lequel fut tué Buddy Alexander, un trafiquant de drogue, et jusqu’à présent non identifiée. En parlant à la femme de Vance, Juanita, et surtout à sa fille Gloria, Mannix retrouve Vance. Alors qu’ils parlent, quelqu’un essaie d’arriver jusqu’à Vance dans l’intention manifeste de le tuer. Joe cache son ami chez lui et entreprend de faire la lumière sur l’assassinat de Buddy Alexander. Vance a découvert le corps de ce dernier à côté de Gloria sans connaissance, sous l’effet d’une forte dose de drogue. Il a touché le tisonnier en le remettant en place avant d’emmener sa fille qui, pense-t-il, pourrait fort bien avoir tué le revendeur. Le fait que quelqu’un ait tenté de tuer Vance fait penser à Mannix, cependant, qu’il y a davantage à découvrir. Il soupçonne l’ancien associé d’Alexander, Bolo, qui a repris ses affaires. De fait, Bolo est le véritable meurtrier d’Alexander et il préfère réduire Vance au silence plutôt que de le laisser entre les mains de la police, au risque que la vérité n’éclate. Il réussit à faire sortir Vance de sa cachette en enlevant sa fille qu’il retient prisonnière dans l’ancienne maison d’Alexander…

Quand Mannix essaie de le persuader de se rendre à la police, Vance Logan prétend que sa seule raison de fuir est sa couleur de peau, car il prétend qu’une fois que les flics l’auront mis en cellule ils ne voudront plus l’en faire sortir.

Bolo, le lanceur de bolas, n’apparaît que dans le dernier acte.

Le groupe sanguin de Mannix est AB positif. Le médecin désespère de pouvoir faire une transfusion de ce type, rare, à Vance Logan, lorsque Mannix déclare qu’il est lui-même de ce type. Comme le remarque Martin Hafer dans son commentaire de l’épisode sur Imdb, cependant… les personnes étant du groupe AB+ peuvent en fait recevoir une transfusion d’un autre groupe. Il n’y a donc en réalité aucune difficulté dans ce cas précis, n’en déplaise au scénariste.

L’intérieur de la maison d’Alexander est (encore) le décor aux escaliers Reynolds (voir 7.04), même si on ne voit pas (cette fois) les fameux escaliers.

 

5.22 (120) To Draw the Lightning (La cible)

CBS, 23 février 1972 (©1972)

Ecrit par Ed Adamson

Réalisé par Don McDougall

Mannix accepte de travailler pour le Lt Larry Gifford, bien qu’il ne compte pas au nombre de ses policiers préférés. Gifford est soupçonné d’avoir tué de sang froid Danny Constantine, qui venait d’être libéré à cause d’un vice de forme après avoir abattu l’équipier de Gifford, Kevin Grady. Le sort de Gifford doit être fixé par ses pairs mais il ne veut pas se contenter d’attendre leur décision. Il a été attiré dans un entrepôt par un coup de téléphone d’Archie Preston, un indic, qui prétendait qu’un « coup » allait y être commis. Il y a trouvé un homme qui, face à lui, a sorti une arme et tiré ; Gifford a répliqué et tué l’homme, qui s’est révélé être Constantine, dont il était notoire que Gifford ne digérait pas la remise en liberté. Mannix se procure la liste des appels téléphoniques passés par Constantine et se rend au sein de Condor Aviation, dont Constantine a appelé plusieurs fois une ligne privée reliée au bureau d’Alan Deedrich, qui dirige cette compagnie avec Robert C. Greer. Deedrich affirme n’avoir aucun lien avec Constantine mais sa nervosité n’échappe pas au détective. Mannix retrouve aussi Archie Preston, qui dit avoir été payé pour appeler Gifford, sans savoir ce qui allait se produire ensuite. Mannix n’est pas sûr que Preston lui ait tout dit mais il est abattu avant de pouvoir en dire davantage. Et voilà que Gifford, qui n’était pas chez lui au moment de la mort de Preston, annonce à Mannix qu’il se passera désormais de ses services. Le détective pense que quelqu’un a réussi, d’une manière ou d’une autre, à faire pression sur Gifford, bien qu’il s’en défende. L’affaire se complique quand il devient évident que le Syndicat est impliqué dans toute cette histoire. C’est sans doute un tueur du Syndicat qui a fait taire Archie, et le barman Lou Weldman chez qui se terrait Preston est visiblement terrifié lui aussi. Quant à Deedrich, qui paraît aux abois quand Mannix retourne le voir, il n’aura pas l’occasion d’éclairer l’enquête puisqu’il est bientôt retrouvé mort lui aussi. Suicide, apparemment, mais Mannix n’en est pas convaincu. Sa secrétaire Ellen Frazier, qui avait une aventure avec le patron, raconte à Mannix que Deedrich était victime d’un chantage de la part de Constantine. La mort de ce dernier arrangeait bien ses affaires et il craignait que l’enquête de Mannix ne lui apporte de nouveaux ennuis. Mais ce n’est pas Deedrich qui a piégé Constantine. Ellen, en revanche, cherche à piéger Mannix en l’attirant au siège de Condor Aviation en prétendant avoir retrouvé une lettre de Deedrich. Le détective y essuie le feu du meurtrier d’Archie et se trouve face à l’homme qui depuis le début tire les ficelles : Bob Greer, le véritable amant d’Ellen Frazier, partenaire du Syndicat dont il utilise ses avions pour transporter la marchandise…

Mannix n’a pas que des supporters dans la police, cet épisode le rappelle. S’il n’est pas foncièrement sympathique, le Lt Gifford est néanmoins un flic honnête et c’est la raison pour laquelle Mannix accepte de travailler pour lui – comme il s’en explique à Peggy quand elle s’en étonne. La relation du détective et du policier est intéressante parce qu’elle tranche avec l’habituelle entente de Mannix avec ses « partenaires » policiers – quand bien même ceux-ci lui font remarquer à l’occasion qu’il se sert de la police pour mener ses enquêtes. Cette fois, il cherche plutôt à s’en faire oublier et évite de partager ses informations avec le Lt Mendez, qui enquête sur le meurtre d’Archie Preston. Lorsque la tension devient forte entre Mannix et Gifford, le détective continue d’enquêter pour son propre compte. 

On revoit la Dodge de Peggy garée à côté de la voiture de Mannix sous le carport de Paseo Verde.

La règle est en général de ne pas créditer les comédiens qui ne prononcent aucune ligne, c’est pourquoi Charles Picerni est rarement crédité alors qu’il tient régulièrement des rôles de gangster. Cette fois, cependant, bien qu’il ne parle pas, son nom figure au générique.

A noter : la participation d’Harry le chien, que le barman Lou fait passer pour un animal savant en lui soumettant des calculs de plus en plus compliqués. C’est surtout Lou qui est doué : il captive à ce point ses clients qu’aucun d’eux ne se rend compte que le résultat de tous ces calculs est toujours le même, trois aboiements.

 

5.23 (121) Scapegoat (Le bouc émissaire)

CBS, 1er mars 1972 (©1972)

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Leslie H. Martinson

Mannix a un rendez-vous avec James Dexter, directeur de la société Cargo Air Inc qui veut l’engager pour enquêter sur des disparitions de marchandises, après les trois ou quatre jours nécessaires au détective pour boucler un dossier en cours. Derrière une glace sans tain, une femme termine de grimer un homme qui, bientôt, se révèle le parfait sosie de Mannix. Le sosie, peu de temps après, s’introduit dans l’aéroport où il est reconnu par un garde, Harvey Grant, qui connaît Mannix. Le sosie, alors, s’enfuit, poursuivi par un Harvey Grant qui n’y comprend mais et qui finit assommé. Le vrai Mannix, de retour à son bureau, s’apprête à prendre l’avion pour Londres où il est attendu par son client, Simonson. Et voici que le Lt Malcolm vient lui apprendre qu’Harvey Grant a été assommé à l’aéroport par… Joe Mannix, qu’il a identifié sans l’ombre d’un doute. Intrigué mais tenu par son engagement, Mannix promet à Art de faire le point sur cette histoire dès son retour de Londres. Il pousse ensuite Peggy vers la sortie en lui donnant trois jours de congés. Mais il ne prendra jamais l’avion de Londres : Dexter et un homme de main, Angel, l’attendent dans son appartement. Assommé, Mannix est aussitôt remplacé par son sosie.

Pendant que le sosie se rend à Londres et accompagne Simonson chez le Duc de Wallingford (« Please call me Alec »), dont Simonson a acheté pour huit millions de dollars la précieuse collection de joyaux, Mannix reprend conscience les mains liées derrière le dos, dans une ville fantôme. Dexter lui souhaite la bienvenue à Silvertown, fondée en 1891. Une ville totalement abandonnée, quelque part dans les Paiutes Mountains, à une centaine de kilomètres de la ville habitée la plus proche. Mannix n’a qu’à réfléchir aux étranges circonstances des dernières heures pour comprendre que son sosie est parti à Londres afin de voler les joyeux Wallingford ; il doit les apporter à Dexter et Angel à Silvertown. En attendant, les deux hommes garderont Mannix en vie, dans le cas où il y aurait des complications, puis ils le tueront et le laisseront pour le véritable auteur du vol des joyaux.

Le plan de Dexter est cependant légèrement altéré par la venue d’un vieux prospecteur et de sa petite-fille, Johnny et Karin Gundersen. Dexter ne peut les laisser repartir, aussi les retient-il prisonniers en attendant de se débarrasser des trois témoins dans un trou de mine. Bientôt, le faux Mannix retrouve ses complices, porteur des joyaux Wallingford…

Avec Ron Nyman (Airport guard – non crédité).

Nul mystère dans l’intrigue, puisque le sosie de Mannix est révélé dès le pré-générique. Les deux hommes évoluent ensuite en parallèle, le sosie étant caractérisé par un visage sévère et un tic de l’œil droit – gimmick inutile, puisque personne n’aura finalement à choisir entre le vrai et le faux Mannix, mais qui permet de donner au sosie un côté, peut-être, plus « bande dessinée ». Les deux Mannix se retrouvent dans le décor de la ville fantôme pour le dernier acte, vêtus des mêmes vêtements, mais jamais véritablement face à face. Art Malcolm joue les sauveurs providentiels en débarquant à la toute fin avec deux voitures de police – mais, là encore, le scénario pouvait s’en passer puisque les méchants sont déjà neutralisés quand il arrive. Mannix étant détenu durant deux actes entiers, voire trois si l’on inclut le dénouement où il se libère, l’épisode est forcément plus statique qu’à l’accoutumée. Les décors de western sont des gimmicks fréquents dans les séries policières ou d’aventure des années 1970-1980, et Mannix y a déjà planté ses caméras. Genre en déshérence à cette époque, le western connaît ses dernières « grandes » années avec Bonanza et Gunsmoke, qui s’achèveront bientôt et refermeront – au moins pour un temps – l’âge d’or des années 1950 à 1970 à la télévision. Le vieux prospecteur et sa petite-fille, insérés dans le scénario pour justifier de menues péripéties, sont des personnages out of time mais le scénariste parvient à leur donner un peu d’intérêt en s’attardant sur la relation tendre qui les unit. Une tendresse un peu crépusculaire, comme le décor de western.

 

5.24 (122) Death is the Fifth Gear (Meurtre en cinquième vitesse)

CBS, 8 mars 1972 (©1971)

Ecrit par Chester Krumholz

Réalisé par Paul Krasny

Mannix a un accident durant une course sur circuit. Il a soudain eu des hallucinations, voyant une boule de feu se jeter sur lui. Transporté au Kenbrook Institute que dirige l’un de ses amis, pilote lui aussi, le Dr Mel Kenbrook, il est en proie à un délire de persécution qui effraie et attriste Peggy et Art Malcolm. Il s’imagine que ses propres amis – Kenbrook, Josh Martin, Mike Fisher, qui couraient avec lui sur le circuit – se sont ligués pour le tuer, et soupçonne Peggy et Art eux-mêmes. Alors qu’il tente de s’échapper, il entre dans la chambre 207 où il voit une vieille dame, puis il se jette par la fenêtre. Peggy, choquée par cette scène, accepte de signer une décharge pour le Dr Kenbrook, autorisant les soins que celui-ci jugera nécessaires. Cette nuit-là, l’infirmière Cara Guild entre dans la chambre de Mannix et le libère de sa camisole avant de lui permettre de s’enfuir ; elle affirme qu’il ne s’est pas trompé, que Kenbrook cherche bel et bien à le tuer, et elle l’emmène chez elle où elle le cache. Mannix rend visite à Josh Martin, qui est l’avocat de Kenbrook, espérant obtenir de lui des informations sur son client, susceptibles de l’aider à comprendre pourquoi il lui en veut. Mais le comportement de Joe n’incite pas Josh à la confiance et il refuse de trahir celle de son client. De retour chez Cara, Mannix, toujours en proie à des hallucinations, se souvient d’avoir bu juste avant la course un café qui était en fait destiné à Kenbrook. Il comprend alors que ce n’était pas lui en réalité qui était visé, et que Kenbrook n’est pas le coupable mais la victime. Il se rend chez lui pour le mettre en garde mais le trouve mort. Assommé par un homme qu’il ne voit pas, Mannix se réveille près du corps de Kenbrook et saisit l’arme laissée près de lui : c’est celle du détective. Surpris par l’employé de maison, Freddy, il s’enfuit et trouve refuge à nouveau chez Cara. Il téléphone cependant à Art Malcolm et lui fixe un rendez-vous ; il lui fait part de ce qu’il a découvert et lui raconte ce qui s’est passé chez Kenbrook mais il refuse de se rendre au policier.

Il réalise cependant bien vite que Cara Guild continue de le droguer. Au milieu de nouvelles hallucinations, il l’entend parler à un homme dont il ne distingue pas le visage. L’homme s’en prend à l’infirmière et la jette du balcon de son appartement. Une fois encore, tout désigne Mannix comme le meurtrier et la police le recherche activement. Il supplie Peggy de ne pas le dénoncer mais de l’aider au contraire. Bien que taraudée par le doute, elle choisit la loyauté envers lui. Mannix veut retourner au Kenbrook Institute et entrer de nouveau dans la chambre 207 car il pense que la vieille dame qu’il a vue est liée à cette affaire. Peggy l’aide à s’y introduire et il retrouve la patiente. Celle-ci, Edna Barrington, veuve d’un homme fortuné, est maintenue dans un état de grande vulnérabilité par les drogues que lui fait boire Cara Guild et elle parle au détective des procurations qu’elle signe à son avocat pour des œuvres de charité. L’avocat n’est autre que Josh Martin. Voilà donc la raison pour laquelle il a assassiné Mel Kenbrook, qui sans doute menaçait de dénoncer cette pratique. Mannix se rend donc chez l’avocat afin de le confondre. Mais il est encore très faible et finit par s’évanouir. Martin le laisse alors dans son garage fermé, exposé aux gaz d’échappement de sa Trans Am, pendant qu’il va tranquillement répondre aux questions de deux visiteurs : Art Malcolm et Peggy, à la recherche de Joe…

Mannix sous l’effet de la drogue, comme dans l’épisode 7.24, est méconnaissable, en proie à un délire de persécution qui le rend suspect aux yeux de ses plus chers amis (Peggy et Art Malcolm). C’est cette approche originale du personnage qui fait l’intérêt principal d’une intrigue par ailleurs bien menée mais sans véritable surprise.

Peggy et Art Malcolm complices diaboliques dans le délire de Mannix : ils s’esclaffent en se vantant d’avoir vendu Mannix pour « une fortune ». « On ne l’aurait pas fait pour moins d’une fortune », rit Malcolm.

Mannix pointe son revolver sur Art.

On revoit la petite Dodge claire de Peggy.

L’appartement de Cara Guild était aussi celui de Phil Rand dans 5.20. Le salon du rez-de-chaussée du Kenbrook Institute est le décor avec escaliers rouges de 5.12, 7.04 et bien d’autres épisodes.

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1970s
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