Guide réalisé par Thierry Le Peut

still in progress : awaiting for images

Les saisons en ligne (à compléter au fil des ans) :

saison 1  -  saison 2  -  saison 3  -  saison 4  -  saison 5  -  saison 6  -  saison 7 (à venir)  -  saison 8

Gail Fisher et Mike Connors

NB : je n'indique pas les distributions, présentes in extenso sur Imdb. Quand il y a une indication, c'est en général pour compléter ou corriger Imdb.

 

Saison 4

(1970-1971)

 

4.01 (75) A Ticket to the Eclipse (L’Eclipse)

CBS, 19 septembre 1970

Ecrit par Harold Medford, histoire de Bruce Geller

Réalisé par John Llewellyn Moxey

Mannix rejoint à la morgue son ami Ray Endicott, appelé par la police pour identifier le corps de sa nièce Martha. Le Lt Deegan leur apprend qu’on a retrouvé près d’elle un briquet appartenant à Tommy Gantt, qui fit partie de la même unité en Corée que Ray et Mannix. En rentrant chez lui, ce soir-là, Mannix y trouve Tommy, qui prétend avoir un alibi. Tommy est arrêté par Deegan mais Mannix envoie Peggy, accompagnée de son fils Toby, vérifier l’alibi de Gantt, au zoo. Peggy en rapporte la confirmation des dires de Tommy, qui est donc libéré. Mannix rend visite à un autre cvétéran de Corée, Mark, devenu professeur de karaté. Mark déclare avoir tué Martha et Tommy, ainsi que Max Carson, un autre vétéran. Il veut, dit-il, se venger de leur témoignage qui l’a fait condamner par une cour martiale à dix ans de détention pour avoir tiré sur des paysans non armés durant l’attaque d’un village, rdonnée par le Lt Joseph R. Mannix. Mark défie celui-ci de l’arrêter, mais lorsque Mannix informe Deegan des aveux de Mark le Lt lui apprend que Mark est parfaitement connu de la police : il a avoué une série de meurtres depuis des mois, dont celui de Max Carson, et même celui de Martha. La police ne prend pas au sérieux ces aveux compulsifs et a même fait examiner Mark par un psychiatre qui l’a déclaré inoffensif. Lorsque Tommy Gantt meurt dans l’explosion de sa voiture, c’est Ray Endicott que Deegan arrête, parce qu’il avait menacé de tuer le meurtrier de sa nièce. En retournant au dojo de Mark, Mannix trouve celui-ci prêt à parler, cette fois avec les mains : les deux hommes luttent avec tant d’acharnement que Mannix est à deux doigts de tuer son adversaire. Ce n’est que le lendemain qu’il prête attention à certaines paroles qu’il a prononcées, indiquant qu’il connaissait Peggy et Toby et qu’il savait qu’ils allaient passer deux jours dans une cabane que possède Mannix dans le comté de San Bernardino. Le détective prend aussitôt la route de cette cabane, en espérant empêcher Mark de s’en prendre à Peggy et l’enfant…

Dane Clark reprendra une dernière fois le rôle du Lt Ira Deegan dans l’épisode 4.17. Il l’avait étrenné dans l’épisode 3.15. 

L’ensemble est tourné en studios, à l’exception du finale, en extérieurs.

 

4.02 (76) One for the Lady (Maldonne)

CBS, 26 septembre 1970

Ecrit par Dan Ullman

Réalisé par John Llewellyn Moxey

Alors qu’il se rend à un rendez-vous avec un client potentiel, Mannix entend un bruit suspect dans un bureau de joaillerie ; il enfonce la porte et se trouve face à un cambrioleur ; des coups de feu sont échangés et Mannix tue l’homme. Il est ensuite convoqué par le Lt Tobias à la demande de l’assistant du D.A. Langdon : celui-ci soupçonne le détective d’avoir menti et d’avoir volé un lot de pierres précieuses. Il suspend sa licence de détective le temps qu’une enquête approfondie soit menée. Mannix engage alors un confrère qu’il n’aime pourtant pas, Clement North, afin de découvrir qui a monté ce complot contre lui. Le filet se resserre lorsque Mannix découvre les pierres cachées dans le coffre de sa voiture et que la police le prend littéralement la main dans le sac. Arrêté, il est libéré sous caution par North mais sa situation est plus grave que jamais. Il demande même à Peggy de trouver un autre emploi. Alors qu’il noie son amertume dans un verre d’alcool, Mannix est invité à la table d’Alexandra Pulvarenti, la veuve d’un homme du « syndicat ». Elle lui propose d’être son nouveau garde du corps. D’abord réticent, il accepte pourtant.

Coup monté il y a bien eu : mais il a été monté par Mannix lui-même, avec Tobias et un autre detective qui a « joué » le cambrioleur abattu par Mannix. Le but : gagner la confiance d’Al Pulvarenti et infiltrer son organisation. Si Mannix a fait appel à North, c’est parce qu’il connaissait ses accointances avec cette organisation : North est donc à son insu l’un des artisans de la réussite du projet, en convainquant Al de la gravité des charges qui pèsent contre Mannix. Elle finit par lui proposer de participer au prochain coup qu’elle monte avec ses associés, notamment Sam Duck, qui n’a qu’une confiance très limitée en Mannix : les talents d’artificier de Mannix doivent aider à forcer un coffre-fort pour s’emparer d’un million et demi de dollars. Mannix tient Tobias informé mais les criminels lui mentent sur la véritable cible de l’attaque…

Mannix mentionne deux éléments de sa vie : il a grandi dans un vignoble et il a été artificier durant la guerre de Corée. C’est ce dernier « talent » que la suite de l’épisode met à contribution.

Si l’on croit au coup monté contre Mannix, on se doute du twist en observant son attitude envers Peggy, dont il cherche à se débarrasser avec une rapidité étonnante, le fait qu’il engage un détective privé dont il désapprouve manifestement les méthodes, son goût pour l’alcool comme refuge (tss tss…), et enfin son choix pour boire d’un restaurant où dîne justement Mrs Pulvarenti. L’entrée en scène de Tobias pour révéler la supercherie n’est donc plus une surprise quand elle se produit, juste après la scène avec Pulvarenti. On se retrouve alors dans une variation conventionnelle sur l’infiltration du détective parmi les criminels, un motif peu convaincant tant on a du mal à voir Mannix renoncer à son honnêteté intégrale si souvent affirmée par ailleurs ! En faisant du criminel qui engage Mannix une femme, Dan Ullman introduit une dimension romantique tout juste esquissée mais qui est peut-être censée aider à « vendre » la facilité avec laquelle Mannix arrive à se faire passer pour un criminel : Sam Duck, l’homme, n’y croit pas mais Al, la femme (on goûtera l’ambiguïté du prénom abrégé), avale l’hameçon.

Dan Ullman recyclera son scénario en 7.24, où le premier acte sera plus original et déconcertant mais avec le même défaut de crédibilité pour la suite, lorsque Mannix se fait criminel. Il conservera l’attraction entre Mannix et la femme chez qui il s’installera – mais cette fois la femme sera plus jeune et séduisante qu’Al Pulvarenti !

 

4.03 (77) Time Out of Mind (Amnésie)

CBS, 3 octobre 1970

Ecrit par Robert Pirosh

Réalisé par Corey Allen

Peggy vient juste de faire la leçon à Mannix sur sa négligence à se faire payer lorsqu’elle reçoit un appel d’une amie, Mrs Davis, qui voudrait… que Mannix passe la voir. Un service, non un engagement, car Mrs Davis n’a pas les moyens de payer un détective ! Elle s’inquiète pour son neveu Sonny Carter, un ex-champion de boxe, qui est passé chez elle dans un état second et est entré soudain dans une crise de colère aveugle comme il n’en avait pas eu depuis des années. Mannix accepte de le rechercher. Il comprend vite pourquoi Sonny n’est pas dans son état normal : un certain Bud Hauser a été tué en marge de la rencontre entre Pancho, un jeune boxeur prometteur, et Galloway. Sonny est le principal suspect car on l’a vu s’enfuir au moment de la mort de Hauser. On ne tarde pas à découvrir que ce dernier a été tué avec une arme appartenant à Sonny. Mannix fait la tournée des amis et connaissances de l’ancien boxeur, notamment la chanteuse Hallie Woods, sans grand succès. C’est Sonny qui vient à lui, l’arme au poing, pour lui ordonner de laisser tomber l’affaire, avant de disparaître à nouveau. Sonny ne nie pas qu’il a passé Hauser à tabac mais il n’a pas souvenir d’avoir utilisé son arme ; il travaillait Hauser au poing, et soudain il s’est retrouvé près de son cadavre, son revolver en main. D’un instant à l’autre, c’est le trou noir, comme lors de ses crises de colère soudaines et fugaces.

Le détective le retrouve dans la maison, aujourd’hui désaffectée, où il a grandi, dans Court Street ; mais un tireur posté de l’autre côté de la rue l’a retrouvé aussi et tente de le tuer. Mannix veut convaincre Sonny que sa meilleure chance est de se livrer à la police mais Sonny se sauve de nouveau, persuadé qu’un Noir n’a pas la moindre chance d’être écouté par la police, surtout s’il est avéré que c’est son arme qui a servi au meurtre. Mannix pense qu’il a été piégé et commence à comprendre par qui et pourquoi. Hauser devenait une menace pour Larry Starr, qui tire ses revenus du jeu et notamment des matchs de boxe, car il cherchait à faire entrer Pancho dans ses combines. Or, Starr a pris Pancho en main. Sonny, qui avait menacé publiquement Hauser, était le pigeon idéal…

Un épisode au rythme relativement lent, où Mannix suit l’errance de l’ancien boxeur à la mémoire et au tempérament vacillants. Kim Hamilton assure le spectacle chanté en se produisant devant le public de la boîte de jazz La Paloma.

 

4.04 (78) Figures in a Landscape (Silhouette dans le paysage)

CBS, 10 octobre 1970

Ecrit par Don Mullally

Réalisé par Paul Krasny

Mannix reçoit des appels téléphoniques anonymes laissés par une voix trafiquée qui lui annonce sa mort prochaine. Il est pris pour cible par un tireur invisible à la porte de son bureau. Le même soir, il se rend néanmoins à un rendez-vous avec un client, Karl Hastings, qui lui demande de retrouver sa femme Illena qui, une fois de plus, a disparu ; coutumière d’escapades de deux ou trois jours au cours desquelles elle couche avec d’autres hommes, elle n’a pas reparu depuis cinq jours, cependant, et Hastings s’inquiète. Il confie au détective un appareil photo contenant des clichés d’elle pris récemment, que Mannix porte au photographe Barry Nolan dans la boutique en face de chez lui. La pellicule ayant été exposée à la lumière, Nolan n’en tire rien ; mais alors qu’il parle avec lui un tireur, de nouveau, cherche à l’abattre et c’est Nolan qui est tué. Alors que le Lt Malcolm examine les lieux, une ciente, la photographe renommée Jill Packard, vient chercher des photos qu’elle a fait développer. S’étant montrée un peu rude avec Mannix, elle se présente un peu plus tard chez lui pour s’en excuser, et tous deux sortent fêter cette réconciliation. Au retour d’une charmante soirée, pour la troisième fois, le tireur sévit, ne touchant que le mur du carport de Mannix. Celui-ci commence à réfléchir différemment : que le tireur l’ait manqué à trois reprises est plus qu’étrange. Et si c’était réellement Nolan qui avait été visé la deuxième fois, et Jill la troisième ? Si les menaces téléphoniques n’étaient qu’une diversion ? Mannix s’intéresse donc aux photos de Jill développées par Nolan, et met le doigt sur le motif caché : le meurtre d’Illena Hastings a été fixé sur la pellicule de la photographe sans qu’elle le sache. Nolan, ayant développé la photo, a voulu faire chanter le meurtrier, qui a décidé de faire disparaître le maître-chanteur et la photographe. Projet auquel il n’a pas renoncé, et Mannix, simple diversion au départ, devient la troisième cible…

Le téléphone de Mannix : KL 5-2271.

A Mannix qui lui demande pourquoi elle prend des photos risquées aux quatre coins du monde plutôt que d’exercer un travail plus sûr, Jill Packard répond de même : pourquoi être détective privé (private eye) et essuyer des coups de feu, plutôt que d’exercer un métier plus ordinaire ? Sans doute parce qu’il est « a hungry boy » autant qu’elle « a hungry girl ». (« I like hungry girls », disait Mannix un peu plus tôt quand elle acceptait son invitation à dîner.)

 

4.05 (79) The Mouse That Died (La petite souris est morte)

CBS, 17 octobre 1970

Ecrit par Chester Krumholz

Réalisé par Sutton Roley

Mannix prend le café avec le Pr Edmond Crowson de l’Université en discutant de Geoffrey Paradine, un étudiant qui a disparu et dont la sœur Holly l’a engagé pour le retrouver, lorsqu’un appel de Holly, justement, lui apprend que Geoffrey a réapparu et qu’il ne s’agissait finalement de rien de grave, juste une affaire de fille. Mannix se sent donc libre d’accepter une autre affaire : les dirigeants de Hammond Enterprises l’envoient à St Louis pour régler là-bas un problème. Mais alors qu’il s’apprête à embarquer Holly le contacte à nouveau : elle n’a prétendu qu’il n’y avait aucun souci que parce que Geoffrey le lui avait demandé, déclarant que si Mannix continuait de le chercher ils pourraient bien mourir tous les deux, l’étudiant et le détective, mais l’inquiétude est la plus forte et elle souhaite que Mannix continue son enquête.

Mannix commence cependant à avoir des malaises et des hallucinations dont il ne comprend pas la cause. Après une hallucination particulièrement violente, il se réveille à l’hôpital avec Art Malcolm, Peggy et le Dr Yoshiro à son chevet. Yoshiro lui apprend qu’il a été empoisonné et qu’il est en train de mourir. A ce rythme, il n’a probablement pas plus de 24 heures. Le poison, inconnu, a pu lui être administré de multiples manières, à n’importe quel moment. Pour tenter de l’isoler et espérer trouver un antidote, Yoshiro a inoculé le sang du détective à une souris. Son sort annoncera celui de Mannix.

En attendant, le détective refuse de rester immobile à l’hôpital. Il cherche à comprendre. Geoffrey Paradine ne l’y aidera pas : il vient bientôt s’écrouler sur le seuil du 17 Paseo Verde, mort. Mannix essaie désespérément de tirer un mot significatif de lettres découpées qu’il a découvertes dans la poubelle de l’étudiant, en vain. Sous la peau de Paradine, cependant, le médecin légiste trouve un microfilm qui laisse penser que l’étudiant était impliqué dans de l’espionnage à haut niveau. Le Pr Crowson, étonné, le conçoit difficilement. Holly Paradine se souvient alors qu’à son arrivée en ville son frère l’a conduite jusqu’à une usine où elle est capable de conduire à son tour Mannix. En se retrouvant devant le siège de Hammond Enterprises, le détective comprend que la mission à St Louis avait pour but de l’éloigner de Los Angeles ; il serait mort là-bas et personne sans doute n’aurait fait le lien avec la mort de Paradine. En parlant au directeur de l’usine, il obtient le nom du collaborateur qui l’a choisi pour cette mission : Thomas Ferguson.

Arrêté alors qu’il s’apprêtait à quitter la ville et questionné par Malcolm, Ferguson ne dit rien. Mais quand Mannix, au bord de la mort, le persuade que ceux pour qui il travaille n’ont certainement pas l’intention de le laisser vivre, il parle. Il n’a aucun nom à livrer mais un lieu : les appels qui lui donnaient ses instructions provenaient de l’Université.

Mannix se retrouve donc dans le bureau de Crowson, qu’il accuse de vendre le résultat des recherches qu’il mène pour le compte de Hammond Enterprises. Devant une tasse de café. Café dans lequel, dit-il bientôt, il a versé le poison que Crowson lui a inoculé à sa première visite, reconstitué par le laboratoire du Dr Yoshiro. Mais Crowson ne perd pas son sang-froid : même s’il est empoisonné, il a bien plus de temps à vivre que Mannix. Il attend donc que celui-ci se soit effondré devant lui pour se rendre dans son laboratoire, où il a caché l’antidote. C’est là que le cueille Malcolm. Crowson n’a nullement été empoisonné mais l’antidote, en revanche, va sauver la vie de Mannix…

Un épisode réjouissant. L’empoisonnement du héros est devenu un classique, avec la course contre la montre qui s’ensuit, mais la transformation de Mannix au cours de l’épisode est un grand moment de la série ; au terme du parcours, le détective est un cadavre ambulant, livide, les yeux injectés de sang et mouillés de larmes, à peine capable de tenir debout. Dans un twist ultime, on peut même assister à sa mort aux pieds de son bourreau…

Parmi les réjouissances de cet épisode (réalisé par Sutton Roley qui a un talent particulier pour les ambiances étranges), les hallucinations de Mannix : il se voit entouré d’adeptes sataniques à la robe noire et au visage livide, attaqué par les employés d’une blanchisserie puis, sur la route, traqué par un hélicoptère dont les occupants tirent sur lui à la mitraillette. A chaque fois, les hallucinations sont traitées comme une réalité et l’on s’y laisse prendre d’autant plus facilement que ce genre de péripéties est après tout relativement courant dans les séries US !

Chester Krumholz a relevé son scénario de quelques références à déguster : le nom Paradine peut évoquer Hitchcock (The Paradine Case, 1947), Mannix tente de reconstituer un mot dont il n’a que les lettres séparées (moins une, il s’en rend compte en cours de route) et évoque une énigme à la Rosebud (le nom du traîneau dans Citizen Kane), puis il demande à l’un de ses clients pourquoi l’avoir engagé lui plutôt que… Mike Hammer ou Sherlock Holmes.

700 AKN (la plaque d’immatriculation de la voiture de Mannix).

 

4.06 (80) The Lost Art of Dying (Les 72 heures)

CBS, 24 octobre 1970

Ecrit par Ed Adamson

Réalisé par Fernando Lamas

Les détenus du couloir de la mort prennent en otage un gardien de la prison de Lawson City, Charlie Keefer, un ami de Mannix. Le meneur, Earl Weldon, exige de parler à ce dernier. Contacté par le directeur Henshaw, Mannix fait le voyage jusqu’à Lawson City et écoute le récit de Carl Danzig, un jeune condamné à mort dont Weldon veut que Mannix prouve l’innocence dans les 72 heures, dans l’espoir que cela cause suffisamment de remous pour que la Justice se pose des questions sur les autres « pensionnaires » du couloir de la mort. Danzig a été condamné pour le meurtre d’une ancienne petite amie, Verna Leslie, assassinée avec une arme qu’il avait lui-même achetée. Mais c’est à la demande de Verna que Carl avait acheté cette arme ; elle craignait visiblement quelque chose, ou quelqu’un. Le bébé qu’elle portait a été interprété comme le mobile de Carl, qui voyait Verna à l’insu de sa femme Ruth. Et l’homme qui a remis à Carl des médicaments à porter à Verna le jour du meurtre, se faisant passer pour u médecin, s’est révélé être un imposteur que l’on n’a jamais retrouvé. Après le procès, Ruth Danzig a engagé un détective privé, Harry Ruxton, qui a abandonné son enquête au bout d’une semaine en déclarant qu’il n’y avait rien à trouver.

Mannix se met donc en quête de la vérité, en demandant l’aide de son ami Frank McGill, le rédacteur en chef du Lawson City Daily Sun, qui durant le procès à écrit des articles favorables à Carl. Il retrouve Ruth Danzig, qui a abandonné son métier de secrétaire pour devenir serveuse dans un bouge, comptant sur les pourboires pour aider son mari. Il parle aussi à Ruxton, que ses recherches rendent visiblement nerveux puisqu’il décide de quitter la ville sitôt Mannix parti. Deux gaillards s’en prennent aussi à Mannix, l’exhortant à repartir pour L.A. sans remuer davantage le passé. Le détective fait alors parler Ruxton, qui avoue avoir abandonné son enquête parce qu’il avait été menacé de mort par un homme auquel manquait l’index de la main droite.

C’est insuffisant cependant pour innocenter Carl et Mannix désespère de tenir le délai de 72 heures. Mais Weldon ne veut rien entendre : il gardera Keefer en otage tant que Mannix n’aura pas trouvé le véritable meurtrier. C’est McGill qui met le détective sur la piste de Jerry Hagen, un bookmaker dont Verna était la petite amie ; un homme à qui manque l’index de la main droite. Mannix cherche en vain à rencontrer Hagen, jusqu’à ce que McGill l’appelle : il a reçu des menaces de Hagen et demande à Mannix de venir le retrouver au Daily Sun. Là, Mannix essuie des coups de feu et riposte, tuant Hagen. L’unique témoin pouvant innocenter Carl !

Mannix emmène McGill avec lui quand il retourne voir les détenus à la prison. Il demande à Weldon de mettre fin à sa prise d’otage et déclare que McGill est prêt à écrire des articles en faveur des détenus. Mais il lève en fait un dernier coin de voile sur l’affaire Verna Leslie en amenant McGill à se trahir : le journaliste a piégé Mannix pour qu’il tue Hagen, qui l’avait payé pour son silence. C’est bien Hagen qui a tué Verna et McGill le sait depuis le début. Ce coup de théâtre ultime est l’élément qui manquait au salut de Carl Danzig…

Le scénario décline les lieux communs du genre : femme fatale, jeune et naïf innocent piégé, témoins introuvables, intimidation, détective opiniâtre passé à tabac dans une ruelle… et la réalisation de Fernando Lamas joue volontiers sur les clichés (les poses sensuelles de Judith McConnell en nuisette blanche ou ensemble rouge moulant), aidée par la musique jazz de Joseph Mullendore qui souligne à plaisir le caractère ludique de cette aventure.

Peggy travaille tard et lorsque le téléphone sonne elle dit à Mannix : « C’est probablement Toby qui appelle pour savoir s’il a encore une mère ! »

 

4.07 (81) The Other Game in Town (Des dettes et des jeux)

CBS, 31 octobre 1970

Ecrit par Robert W. Lenski

Réalisé par Sutton Roley

Victor Brady, à la tête d’une importante société d’électronique, contracte dans le casino de Conforti à Las Vegas une dette de 230.000 $. Alors qu’il regagne Los Angeles dans son avion privé, il disparaît des radars et s’écrase en mer. Après ses funérailles, sa veuve Eve engage Mannix pour le retrouver : elle est persuadée en effet qu’il est encore en vie, il l’a appelée le matin même. Le détective interroge donc les dernières personnes à l’avoir vu : son assistant Chris Allison – qui se révèle avoir un casier judiciaire –, Conforti, le mécanicien de l’aérodrome. Son enquête lui vaut un avertissement, Luger en prime, de Pete Ricardo, l’un des sbires de Conforti. Mais guère d’informations utiles. De retour à L.A., il est avec la veuve quand Brady l’appelle de nouveau, exigeant qu’elle dépose les 230.000 $ dans une mallette au zoo. Mannix se charge de porter la mallette et de garder un œil sur elle ; quand un homme s’en approche, un autre lui tire dessus avant de s’enfuir. S’agissait-il de Brady ? La mallette, de toute façon, était vide ; l’homme blessé, en revanche, Mannix l’emmène jusqu’à son bureau : il s’agit de Pete Ricardo, qui prétend évidemment ne rien savoir et s’être trouvé là par hasard ; quant à Conforti, il déclare qu’il avait renvoyé Ricardo la veille pour avoir menacé Mannix. La veuve, elle, reçoit un nouvel appel de son mari qui lui reproche le coup de la mallette vide et réclame de nouveau l’argent, prétendant qu’on le tuera s’il ne paye pas ses dettes.

En mal de réponses, Mannix retourne à Vegas. Mais la solution ne se trouve pas du côté de Conforti : Brady est bel et bien mort et sa voix a été contrefaite par Billy Moss, un imitateur qui se produit dans le casino de Conforti et à qui un Brady désespéré avait confié le montant de sa dette avant de quitter le casino. Moss a saisi l’opportunité de la disparition de Brady pour mettre la main sur le pactole…

L’endroit du zoo où Mannix dépose l’argent est nommé Twin Peaks : deux tours jumelles s’y dressent au-dessus des arbres.

La séquence pré-générique est exceptionnellement longue (7 minutes).

 

4.08 (82) The World Between (Entre deux mondes)

CBS, 7 novembre 1970

Scénario : Lionel E. Siegel, histoire de Ben Roberts

Réalisé par Paul Krasny

Un homme armé surgit dans le bureau de Mannix et menace le détective et sa secrétaire de son arme pour récupérer les photos accablantes que vient de rapporter Mannix ; la brave Peggy lui jette le contenu de sa tasse de café sur le bras et Mannix se jette sur l’homme, qu’il maîtrise ; mais un coup de feu est parti et a touché Peggy à l’épaule. La blessure est heureusement sans gravité mais Peggy est admise à l’hôpital, où elle est vite intriguée par l’occupant de la chambre 312, en face de la sienne. Elle le prend d’abord pour un tueur venu achever le travail mais réalise vite son erreur : l’homme est Menji Obuko, dirigeant du tout jeune Etat africain de Kichiwana, venu incognito passer des examens. Peggy tombe très vite sous le charme de cet homme placide mais ferme et ressent vivement le choc d’une tentative d’assassinat contre lui qui prouve que son incognito n’a pas trompé longtemps ses ennemis. Obuko tombe lui aussi amoureux de Peggy et ils font des projets de vie commune, au point même qu’elle tient à lui présenter sa voisine Mrs Frost, qui s’occupe de Toby en son absence, et ses deux tantes Frances et Mildred Harmon. Mannix ne peut que s’inquiéter de projets qui lui paraissent bien idéalistes mais il est malgré tout entraîné dans le souci de la sécurité d’Obuko et, après une seconde tentative, il prête son concours au Lt Webster pour confondre les deux employés de l’hôpital qui ont accepté de l’argent pour aider l’ennemi occulte d’Obuko. Celui-ci, Kenoto, est également arrêté par la police. Entre-temps, l’état d’Obuko s’est aggravé et le Dr Linkram a tenu à l’opérer plus tôt que prévu. Malheureusement, l’opération ne suffit pas à éradiquer le cancer diagnostiqué, et Obuko décide de renoncer au traitement qui pourrait le sauver afin de retourner dans son pays, dont il doit achever la construction politique avant de laisser la mort l’emporter…

La séquence prégénérique, brève, laisse vite la place à une intrigue où Mannix se contente de figuration pour laisser le premier plan à Peggy. L’idylle se noue à une vitesse prodigieuse mais nécessaire pour tenir dans le temps de l’épisode et l’intrigue policière ne supplante jamais l’histoire d’amour qui donne à Gail Fisher un espace inédit et mérité. On s’amuse du rendez-vous avec les tantes (si suranné !) mais on s’émeut aussi de la tendresse, de la fragilité et de la détresse de Peggy, dont les larmes contenues referment l’épisode sur une note douce-amère.

 

4.09 (83) Sunburst (Coup de soleil)

CBS, 14 novembre 1970

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par John Llewellyn Moxey

En route pour aller pêcher, Mannix s’arrête dans une station service au bord de la route, dans Spinner Valley, confie sa voiture au patron, Ben Simmons, et entre au Goalpost Cafe se rafraîchir. Là attendent deux clients. La femme de Ben, Dana, sert à Mannix un café mais, dans sa tasse, Mannix lit soudain quatre lettres qui vont changer la donne : HELP. Hélas, l’un des hommes, Mel, a remarqué le regard insistant de la patronne et ne laisse pas le temps à Mannix de réagir. Il se retrouve otage de Mel et de son complice Larry, comme les Simmons. Un troisième larron, Clint, vient s’assurer que Mannix ne représente pas un danger immédiat. Bientôt arrive un autre client, Dale Perry, que les Simmons essaient de pousser vers la sortie mais qui commet l’erreur de répondre au téléphone et d’entendre la voix d’un complice, Croker. Clint ordonne alors à Mel et Larry d’emmener les deux gêneurs et de se débarrasser d’eux. Ils les conduisent au sommet du barrage de Spinner. Là, Mannix tente une évasion ; Dale Perry est abattu mais le détective parvient à s’enfuir. Il est recueilli par le shérif Sam Wells et son adjoint Hodge après avoir longtemps marché sous un soleil de plomb. Il emmène Wells au Goalpost Cafe mais l’endroit est fermé. Arrive Ben Simmons, qui se comporte comme si de rien n’était et ne confirme aucune des informations de Mannix. Celui-ci n’insiste pas, pensant que les truands menacent la vie de sa femme Dana. Mais celle-ci se présente peu de temps après au bureau du shérif et joue le même jeu. Mannix renonce à insister davantage mais, peu de temps après encore, Dana frappe à sa chambre d’hôtel et s’excuse d’avoir menti : les trois malfrats ont brutalisé Ben et l’ont forcée à venir nier l’histoire du détective. Ce dernier n’en reste pas moins une menace pour eux, il le comprend quand il reçoit bientôt une autre visite, celle d’un faux policier qui n’est autre que Croker. Mannix lui échappe et retourne au Goalpost Cafe. Il y trouve un gangster, John Romano, dont l’évasion à Los Angeles fait la Une des journaux télévisés : elle s’est produite alors que la police allait le transporter à Washington où il était censé témoigner contre le Syndicat, dont il contrôle les opérations sur la côte Ouest. Mannix croit d’abord que l’évasion de Romano est la raison de toute cette affaire mais il se trompe : Clint et ses hommes l’ont fait évader pour le tuer, engagés par le Syndicat. Alors que le détective réussit à neutraliser Larry en l’absence de Clint et Mel, il découvre brusquement que les malfrats ont un complice inattendu…

La classique prise d’otage qui retient le héros en un seul lieu durant tout un épisode est ici démentie dès le deuxième acte par Kandel, qui entraîne Mannix dans le désert et ménage ensuite une série de péripéties faisant de cette histoire un divertissement riche en extérieurs, à commencer par l’affrontement sur le barrage Spinner. En dépit de quelques ralentissements, la tension est maintenue presque jusqu’au dernier plan.

Malcolm apparaît dans deux scènes, d’abord pour se porter garant de Mannix quand le shérif Wells le questionne par téléphone, ensuite pour recueillir la demande d’infos de Mannix sur les trois malfrats. Il lui parle alors de John Romano, livrant au téléspectateur une information qui servira plus tard.

 

4.10 (84) To Cage a Seagull (Menace dans l’ombre)

CBS, 21 novembre 1970

Ecrit par Ed Waters

Réalisé par Paul Krasny

Pete Panelli, un pilote d’hélicoptère qui travaille avec la station de radio KBEX, ami personnel de Mannix à qui il a appris à voler, se tue dans le crash de son appareil. Mannix a peine à croire à une panne et, bien sûr, mène l’enquête. Un éleveur d’oies, Antrim Scott, affirme avoir vu un avion dans la zone et le numéro qu’il a noté conduit Mannix et le Lt Malcolm sur un aérodrome d’où l’appareil vient juste de décoller. Son pilote, Jud Gerner, refuse de répondre à l’ordre de retour de Malcolm. Quelques moments plus tard, affronté à un problème technique, il s’écrase dans la mer. Gerner a le temps de prononcer un seul mot : « Seagull ». L’avion a clairement été saboté : du popcorn a été retrouvé dans les réservoirs d’essence ! C’est ce popcorn qui conduit Mannix – après bien des démarches pour suivre la trace du popcorn – jusqu’à la société de Dave Travers. Ce qui lui vaut bientôt d’être enlevé par Travers, avec la complicité de sa secrétaire Bonnie, et conduit dans une maison à l’écart. Entre-temps, il a compris le sens du dernier mot de Gerner : non pas « Seagull » mais ziegel, un mot allemand signifiant « briques », en l’occurrence Brix. Leonard Brix, chef d’un mouvement néo-nazi, prétendûment mort en Argentine, est en réalité entré illégalement aux Etats-Unis, dans l’avion de Gerner : Panelli a été tué pour avoir assisté à l’arrivée de Brix dans le pays. Brix, qui prépare une prise de pouvoir coordonnée sur l’ensemble des Etats-Unis, fait enfermer Mannix dans une pièce au sous-sol, d’où le détective parvient cependant à sortir par un vasistas, en utilisant sa montre pour creuser des prises dans le mur afin de se hisser jusqu’à l’ouverture. Pendant ce temps, Peggy, découvrant sa disparition, parvient à faire parler les indices qu’il a laissés derrière lui et à mettre le Lt Malcolm sur sa piste…

Ed Waters s’ingénie à ne rien laisser au hasard, composant un scénario qui n’en laisse pas moins perplexe. Alors qu’il a été affronté déjà à bien des mots étranges sans pour autant se précipiter à l’université, le mot « Seagull » le conduit immédiatement (sur une suggestion de Peggy) dans le bureau du Pr Elaine Resnick qui lui fait un cours de sémantique et lui donne d’emblée un indice destiné à servir plus tard. La séquence du popcorn vaut elle aussi le détour : Mannix suit la piste du produit dans des cinémas et des bars juqu’à dénicher l’acheteur de deux paquets de ce popcorn (normalement écoulé uniquement dans le circuit des professionnels). On note qu’il prétend travailler pour la compagnie Great Pacific Insurance. Ce sont ensuite les nouvelles à la télévision qui lui permettent de donner du sens à l’indice donné plus tôt par le Pr Resnick. Enfermé dans un cachot, il utilise sa montre pour gratter les joints entre les pierres afin de se hisser patiemment jusqu’au vasistas placé à plusieurs mètres au-dessus du sol, pendant que Peggy, qui n’est pas en manque d’astuce elle non plus, devine immédiatement, en ne le trouvant pas au bureau, qu’il s’est passé quelque chose d’anormal et, voyant le listing téléphonique ouvert au nom de Resnick, fait à son tour le chemin intellectuel conduisant jusqu’à Brix. Tout aussi vif, Malcolm a à peine besoin de la questionner : le nom de Brix suffit à le mettre sur la piste de Mannix, qu’il ne tarde pas à retrouver. Une histoire de Petit Poucet, en quelque sorte. Ou un scénario à la Mission : Impossible, l’autre série contemporaine de Bruce Geller, où les néo-nazis ont aussi leur place.

La maison où est détenu Mannix est la Piru Mansion, aussi appelée Newhall Mansion ou Cook Mansion, utilisée dans d’autres séries comme L’Age de cristal (épisode « Night Visitors »), L’Ile fantastique, Drôles de Dames, L’Incroyable Hulk, Pour l’amour du risque, The X Files ou Charmed.

 

4.11 (85) Bang, Bang, You’re Dead (Règlement de comptes)

CBS, 28 novembre 1970

Adaptation de Warren Duff, histoire de Donald Jonson

Réalisé par Murray Golden

Dotty McNeill, neuf ans, joue aux gendarmes et aux voleurs avec des camarades. Pour se cacher, elle entre dans un cinéma désaffecté. Là, elle est témoin d’une conversation entre deux hommes qui projettent à un troisième un film sur lequel apparaît un quatrième homme. Ils parlent de tuer ce dernier. Soudain, ils aperçoivent la fillette, qui s’enfuit. Elle se retrouve dans le bureau de Mannix après que sa mère a contacté le détective. Dotty a beaucoup d’imagination et adore en particulier les histoires criminelles ; sa mère, cependant, prend au sérieux ce qu’elle raconte et craint que des hommes n’essaient de s’en prendre à l’enfant. Mannix accepte d’enquêter sur le récit de la gamine. Avec Peggy, il accompagne la mère et l’enfant au cinéma ; ils n’y trouvent aucun indice mais, en sortant, Dotty manque être renversée par une voiture qui surgit brusquement et disparaît au coin de la rue. Aussi le détective préfère-t-il envoyer Helen McNeill et sa fille se cacher dans une petite maison que la mère possède à Malibu Lake. Lui-même place dans sa voiture un mannequin ressemblant à la petite fille et prend la route, curieux de voir s’il est surveillé. De fait, un homme le prend en chasse et tente de tirer sur lui. C’est la voiture du tueur qui finit au fond d’un ravin. Mannix photographie des notes manuscrites trouvées dans le portefeuille du tueur, puis quitte les lieux. Poursuivant son enquête, il retrouve la trace de l’homme que Dotty a vu assis dans la salle de cinéma, ainsi que plusieurs photographies. Il est bientôt en mesure d’identifier la cible de l’attentat annoncé par Dotty : Earl Bannon, un gangster de Las Vegas. Mais, alors qu’il tente avec le Lt Kramer d’empêcher cet attentat, Bannon meurt dans l’explosion de sa voiture. Mannix réussit plus tard à retrouver une complice, Samantha Moore. Mais complice de qui, et de quoi au juste ? Le complot surpris par Dotty semble avoir consisté à simuler la mort de Bannon, qui pourrait bien être en vie en réalité, et pendant que Mannix retrouvait Samantha un autre complice, Chris, parvenait, lui, à enlever Dotty…

Avec Patti Cohoon (Dotty McNeill), Lloyd Battista (Chris), Lawrence Linville (Lt George Kramer), Pat Renella (Earl Bannon), Karen Arthur (Samantha Moore) et Loretta Leversee (Heln [McNeill]). Et avec Kelly Thordsen (Mickey [Riley]), Harry Harvey (Garrison), Bennett Roberts (first boy), Arline Anderson (Mrs Michaels), Sharon Cintron (Miss Parks), George Sawaya (Steve), Fred Krone (Pete), Cindy Henderson (girl).

Comme dans « Comme si de rien n’était » (1.05), Mannix travaille pour une petite fille. On notera son scepticisme initial, qu’il décide de taire par amitié pour Peggy et par égard pour une maman inquiète. On retiendra aussi la tendresse qu’il témoigne à la petite Dotty tout au long d’une enquête bien menée, qui ménage quelques péripéties non déshonorantes.

Mannix fait appel à Mickey Riley pour veiller sur la petite Dotty.

Le titre de l’épisode est la première réplique prononcée : en l’occurrence par un petit garçon qui pointe une arme factice sur sa camarade Dotty. « Bang, you’re dead » était aussi le titre d’un épisode d’Alfred Hitchcock présente en 1961 (7.02), réalisé par le Maître lui-même (les deux histoires sont très différentes, même si le jeu des enfants est le même).

23’11 : les noms figurant sur la liste que regarde Mannix sont en partie ceux des membres de l’équipe de la série (Neil Maffeo, R. Wallerstein, Harry Harvey, etc).

28’ : Kramer mentionne la chaîne KBEX (dont il était question dans l’épisode précédent). Une voiture de la chaîne apparaît dans la scène suivante et un bulletin d’info dans l’acte suivant.

Kramer à Mannix : « Let me tell you something, Joe. You’ve gotten away with it so often you’re beginning to think you’re something special, that you can get away with anything. »

 

4.12 (86) Deja Vu (Rêves)

CBS, 12 décembre 1970

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Seymour Robbie

Mannix arrive au High Ridge Riding Club pour rencontrer Kathy Warren. Un employé, Jerry, lui présente un cheval noir, Major, car le seul moyen d’aller retrouver Kathy dans les collines est le cheval. Alors qu’il a galopé presque jusqu’à elle, un coup de feu retentit, Major s’emballe et emporte Mannix dans une course effrénée. Au moment où Kathy rattrape Major, un nouveau coup de feu retentit et Mannix, désarçonné, roule au bas d’une pente et termine sa chute contre un rocher. Kathy se précipite jusqu’à lui et, au moment où ils sont rejoints par Jerry qui a entendu les coups de feu et a sauté dans une Jeep, elle s’écrie, effrayée : « Il est mort ! »

Kathy Warren vient trouver Mannix à son bureau pour lui raconter ce rêve effrayant où elle l’a vu mourir. Le détective l’écoute avec sérieux, même s’il est évident que tout ceci n’est qu’une frayeur sans conséquence. Du moins le pense-t-il, sans s’expliquer comment Kathy, qu’il n’a jamais rencontrée, a pu rêver de lui. Elle le quitte en le mettant en garde contre « l’éclair » dans une rue dont le nom commence par la lettre W. Peu de temps après, en route vers le domicile d’un client, Mannix ne réalise pas que, au volant de la voiture qui se porte à sa hauteur, Harry Kellaway s’apprête à tirer sur lui. A ce moment, un camion d’artisan affichant la marque « Lightning » (éclair) surgit d’une allée et Mannix manque entrer en collision. L’incident le sauve de la balle de Kellaway. La rue . Winfield Street.

Harry Kellaway est un maître-chanteur que Mannix a réussi à coincer mais qui est de nouveau libre et qui a juré de le tuer. La police est après lui et le Lt Malcolm exhorte Mannix à se tenir sur ses gardes. En attendant, l’incident de « l’éclair » l’incite à se rendre chez Angela Warren pour parler à sa fille Kathy. Angela et son ami Jim Bannerman, qui gère sa fortune, invitent le détective à ne pas prendre au sérieux les « fantaisies » de Kathy, qui s’est réfugiée dans un monde imaginaire après la mort de son père alors qu’elle n’avait que neuf ans et qu’elle était fascinée par Alice au Pays des Merveilles. C’est au High Ridge Riding Club que le détective se rend pour voir Kathy. Il y rencontre Jerry qui lui présente… un cheval noir appelé Major. Les minutes qui suivent reproduisent exactement le rêve que Kathy a déjà raconté au détective… à ceci près qu’il ne meurt pas. Quelqu’un n’en a pas moins tiré des coups de feu et il apparaît bientôt que ce n’est pas Harry Kellaway. Celui-ci est finalement arrêté, par Mannix et Malcolm, et il se trouve qu’au moment des coups de feu au haras il était poursuivi par une patrouille de police du côté du Civic Center.

En se rendant chez les Warren, Mannix essuie de nouveau des coups de feu, tirés dans sa direction et celle de Kathy par un homme qui prend la fuite en voiture. Mannix est désormais persuadé que ce n’a jamais été lui la cible du tireur : c’est à Kathy que l’on en veut. C’est donc sur elle qu’il enquête à présent, afin de découvrir qui peut avoir intérêt à sa mort…

On est habitué aux rêves prémonitoires qui mettent en scène la mort du héros. Stephen Kandel en propose ici une variation qui tire son intérêt de la personnalité attachante de Kathy Warren. L’intrigue en elle-même est bien agencée, équilibrant péripéties et scènes plus intimes et gardant l’identité du tireur secrète jusqu’aux dernières minutes.

 

4.13 (87) Duet for Three (Duo pour trois)

CBS, 19 décembre 1970

Ecrit par Alfred Brenner

Réalisé par John Llewellyn Moxey

De retour à L.A. après le suicide de son mari Mart à Hong Kong, Ellen Gray aperçoit au cimetière un Asiatique qu’elle avait déjà remarqué à Hong Kong. Inquiète, elle engage Mannix pour enquêter sur cet homme. Avant de se tuer en utilisant un fusil, Mart, visiblement très affecté, avait déclaré à Ellen qu’il s’était mis en affaires avec des gens dangereux. En accompagnant sa cliente chez elle, Mannix trouve la porte de l’appartement ouverte ; un homme s’y trouve, Vic Stanley, un ami d’Ellen, pilote comme Mart. Il dit avoir lui-même trouvé la porte ouverte et, quelques instants plus tard, Ellen aperçoit l’Asiatique cherchant à se faufiler par la porte d’entrée pour quitter l’appartement. Mannix court après lui mais n’a que le temps de le voir disparaître dans un taxi qui démarre aussitôt. L’immatriculation permet à Mannix de retrouver le taxi et de faire dire au chauffeur où il a laissé son passager. En entrant dans la chambre d’hôtel où il s’attend à trouver « Mr Biem », Mannix trouve un homme mort, asphyxié, la tête dans un four à gaz. Mais l’homme n’est pas Biem : c’est un Français, Philippe Boulez. Un homme qui, lui aussi, vient d’arriver de Hong Kong. Pressant Vic Stanley de se montrer honnête avec lui, Mannix apprend du pilote que Mart avait monté une compagnie de charter avec ces hommes. Après qu’un individu masqué a tiré sur eux, Mannix décide de mettre Ellen à l’abri et la conduit dans une maison en bord de mer, où Peggy veillera sur elle tandis que lui-même poursuit son enquête. Il ne tarde pas à retrouver Nguyen Biem ; mort, hélas. Mannix croit d’abord l’avoir tué lui-même en répliquant aux tirs de l’homme masqué : c’est Biem qu’il a découvert sous le masque en s’approchant de l’homme. Mais l’examen balistique révèle qu’il n’a pas été tué avec le .38 de Mannix mais avec un .45 : de toute évidence, l’homme au masque a tué Biem avant de mettre le masque sur son visage et de s’enfuir. Qui est donc cet homme masqué ? Une nouvelle piste conduit Mannix jusqu’à Mae Darling, une ancienne chanteuse devenue directrice d’une agence de talents. Il vient tout juste de lui parler quand un homme tire sur elle et s’enfuit. Transportée à l’hôpital dans un état critique, Mae Darling avoue à Mannix et au Lt Tobias qu’elle se livrait à la contrebande avec Mart, Biem et Boulez. Mart les a doublés en disparaissant avec 5 millions de dollars. Ils l’ont traqué jusqu’à Hong Kong mais n’ont pas mis la main sur l’argent. Mannix soupçonne Vic Stanley d’être le mystérieux tireur, amoureux d’Ellen mais également à la recherche de l’argent. Il pense aussi que l’argent pourrait être caché dans le cercueil de Mart, scellé par Vic Stanley avant le départ de Hong Kong. Aussi demande-t-il à Ellen d’autoriser l’exhumation de Mart, afin de s’en assurer. Il espère que cela poussera le tueur à se manifester…

Un scénario malin servi par de bons acteurs et une réalisation rythmée. La séquence pré-générique se déroule à Hong Kong (un Hong Kong de studio, bien entendu, même s’il est introduit par des plans de la vraie cité d’Asie). Katherine Justice forme un bon tandem avec Mike Connors, comme dans l’épisode 3.08. Ils se retrouveront dans le 8.19. Ironiquement, chacun de ces épisodes comporte un numéro dans le titre : « Memory : Zero », « Duet for Three », « Quartet for Blunt Instrument ».

Peggy fait des heures supplémentaires en veillant sur Ellen Gray apparemment 24/24. Elle se montre aussi fort utile en livrant ingénûment un indice qui avait échappé à Mannix et Ellen : au contraire de ces derniers, elle connaît Mae Darling et a écouté ses chansons.

L’assistant de Mae Darling, un homme efféminé, porte un regard appréciateur sur Mannix en lui demandant quel est son talent.

Les comédiens incarnant Biem et Boulez ne sont pas crédités au générique puisqu’ils ne prononcent pas un seul mot.

La « séquence gênante » : le cascadeur qui prend la place de John Considine dans la bagarre finale avec Mike Connors ne ressemble pas au comédien et son visage apparaît avec trop d’évidence.

 

4.14 (88) Round Trip to Nowhere (Ballade pour nulle part)

CBS, 2 janvier 1971

Ecrit par John Meredyth Lucas

Réalisé par Gerald Mayer

Mannix rencontre un client au bord d’une route dans les collines de L.A. Le client, George Hewitt, lui montre la photo d’un homme qui harcèle sa femme et qu’il voudrait que le détective retrouve pour lui. Soudain, ayant aperçu une voiture au loin, Hewitt, nerveux, démarre en trombe. L’autre voiture le suit. Une poursuite a lieu, qui pour Hewitt se termine au fond d’un ravin. Mannix est à la morgue lorsqu’Amanda Hewitt vient identifier le corps de son mari en présence du Lt Mitch Webster. Le détective est aussi surpris que la veuve quand celle-ci déclare qu’elle n’a jamais vu l’homme dont son mari a laissé la photo à Mannix. Ce dernier la raccompagne chez elle. Elle lui avour qu’elle connaissait finalement bien peu son mari, qu’elle avait rencontré au Pérou et épousé moins d’un mois auparavant. En entrant chez elle, ils trouvent une fenêtre ouverte. Quelques instants plus tard, des bruits de voix leur parviennent de la rue ; une voix d’homme interpelle un individu qui semble espionner à une fenêtre. Bruit de coups, une voiture démarre en trombe. Mannix aide à se relever l’homme qui a été frappé. Il s’appelle Albert Tucker et est une relation d’affaires de George, à qui il venait rapporter une enveloppe que Hewitt lui avait confiée. L’enveloppe contient des talons de chéquiers, sans autre indication. Tucker affirme que Hewitt lui a laissé un message à 18 h 05 ; or, il est mort à 16 h 30. Il est logique alors de penser que l’homme qui a appelé voulait intercepter Tucker et lui prendre l’enveloppe ; l’arrivée de Mannix avec la veuve ont contrarié ses plans. De retour à son bureau, Mannix y est attaqué par un intrus à qui il fait lâcher son arme ; l’homme s’enfuit mais l’arme, confiée à la police, mène à Alan Guthrie. Ce dernier, pilote, a disparu deux ans plus tôt, lors du crash d’un avion cargo dont le co-pilote a été retrouvé assassiné. En étudiant la cargaison de ce cargo, Mannix découvre que rien n’a été déclaré volé, pourtant le poids de l’avion avant le crash et le poids de la marchandise retrouvée ne coïncident pas. De toute évidence, quelque chose a bel et bien disparu de l’avion avant qu’on ne le retrouve. Un autre homme a rendu visite à Mannix à son bureau, avant de s’enfuir par la fenêtre à l’arrivée de Peggy, en laissant ses empreintes sur un presse-papier que Mannix a confié à Webster ; résultat de l’analyse : empreintes classifiées, donc impossibles à identifier. Et voilà que George Hewitt se révèle un faux nom : George s’appelait en réalité Samuel Whittaker, un nom totalement étranger à Amanda.

Le retour d’Albert Tucker éclaire quelque peu cette affaire énigmatique : Tucker est en réalité un inspecteur du San Francisco Mint, l’hôtel des monnaies de San Francisco, créé pour administrer les mines d’or de Californie. George Hewitt et Alan Guthrie ont volé un chargement d’or que transportait l’avion cargo piloté par Guthrie. Hewitt a ensuite volé l’or à son associé qui, en retour, l’a traqué et retrouvé, provoquant sa sortie de route après sa rencontre avec Mannix. Tucker propose à Mannix de s’associer pour retrouver cet or, en mettant en commun leurs informations. Ils y parviennent et atterrissent, à bord d’un avion privé, à proximité d’une mine dans le désert, où ils retrouvent effectivement l’or volé. Mais Guthrie, qui n’a pas quitté Mannix des yeux depuis le début de son enquête, les a suivis…

Construction classique : à partir d’un incident énigmatique, Mannix reconstitue la vie d’un presque-client et reconstitue un tableau d’ensemble que les péripéties du scénario révèlent peu à peu. Ne reste qu’à mettre en boîte la conclusion, dans une vieille mine d’or en plein désert, avec ultimes rebondissements en forme de réunion des personnages principaux.

Les dates mentionnées dans l’épisode situent l’action en 1970 mais ne sont pas cohérentes entre elles : le papier que tend Tucker à Mannix (13’) porte la date du jour, soit le 20 juillet 1970 (7-20 1970). Quelques minutes plus tôt (8’), Amanda Hewitt a déclaré à Mannix qu’elle avait été mariée à George « moins d’un mois », or Peggy nous apprend plus tard qu’ils se sont mariés le 7 avril, soit plus de trois mois auparavant (14’). En étudiant le compte bancaire de George Hewitt (18-19’), on apprend que le compte a été ouvert le 18 avril (on ne précise pas l’année) et Mannix mentionne des dépôts le 9 octobre (année non précisée) puis le 14 mars 1970, en disant que « C’était il y a deux semaines ». Ce qui situerait l’action début avril… avant même que les Hewitt n’aient été mariés.

Ron Nyman apparaît en employé de la morgue (peut-être est-il le coroner lui-même).

 

4.15 (89) What Happened to Sunday ? (Qu’est-il arrivé dimanche ?)

CBS, 9 janvier 1971

Ecrit par Frank Telford

Réalisé par Paul Krasny

Dimanche. Mannix court dans une rue, poursuivi par deux voitures. Parvenu sur un pont, pour échapper aux deux véhicules qui le prennent en tenaille, il saute. Les conducteurs des deux voitures l’abandonnent sans connaissance quand retentit une sirène de police.

Lundi. Trouvant Peggy à son chevet lorsqu’il reprend connaissance à l’hôpital, puis le Lt Maury Strauss venu l’interroger, Mannix réalise qu’il ne se souvient de rien de ce qui s’est passé le dimanche. Quelques flashes, simplement, insuffisants pour reconstituer sa journée. Il entreprend donc de mener une enquête sur ses déplacements. Il découvre qu’il s’est rendu au Monkey Bar, dont le barman se souvient très bien de l’avoir vu discuter avec deux femmes. Le visage d’une femme lui revient en effet de façon récurrente mais il est incapable de lui donner un nom. Plus tard, au Beauty Parlor, une danseuse qui a visiblement le béguin pour lui, Billie, lui apprend qu’il s’est battu avec un homme nommé Ted King. Renseignements pris, celui-ci s’appelle en réalité Ted Kinsella et travaille pour le Syndicat. Il se rappelle aussi une série de caricatures, dont une de J. Lester Vail, un homme en vue, à la tête d’un empire financier, et engagé notoirement dans une campagne contre le Syndicat. En quittant le Beauty Parlor, Mannix reconnaît au volant d’une voiture un homme qu’il a également remarqué au Monkey Bar ; quand il s’avance pour lui parler, l’homme démarre et le renverse avant de se sauver. Au fil de son enquête, d’autres souvenirs lui reviennent, mais toujours disparates. Il a passé plusieurs heures avec cette femme dont le visage se précise mais toujours pas le nom. En patrouillant dans le quartier où on l’a poursuivi, il retrouve la maison dont une femme, il en est convaincu, a été jetée par deux hommes. C’est la maison de Vera Rawlins, journaliste au magazine Metropolis, auteur d’un article sur J. Lester Vail, qui est la femme dont le visage lui apparaît si clairement dans ses flashes. Le Lt Strauss apprend par ailleurs à Mannix qu’un journaliste nommé Thomas Hayward vient d’être retrouvé mort : il avait disparu après une visite à Vail, qu’il n’avait pas vu puisque celui-ci était absent de la ville à ce moment-là. Questionné par Mannix, Vail confirme qu’il n’a vu ni Hayward ni Vera Rawlins. Une autre femme, cependant, Gloria James, apporte de nouveaux éléments : c’est elle qui a présenté Mannix à Vera Rawlins. Apprenant que cette dernière lui a téléphoné et souhaitait se mettre au vert dans une maison que possède Gloria à la campagne, Mannix s’y rend. Il a la surprise – heureuse – d’y trouver Vera. Il a bien vu une femme jetée du balcon mais c’était une amie, Janice, à qui Vera avait prêté son appartement. Malheureusement, en retrouvant Vera, Mannix a guidé jusqu’à elle les tueurs qui la recherchent, et l’homme qui veut se débarrasser d’elle car elle pourrait détruire l’alibi qu’il s’est forgé pour masquer un autre crime…

Avec Kate Woodville (Vera Rawlins), Milton Selzer (Lt Maury Strauss), J. Pat O’Malley (le barman du Monkey Bar) et Fred Beir ([J.] Lester Vail). Et avec Francine York (Gloria James aka Mrs Johnson X. Chandler), Georgine Darcy (Billie), Vince Howard (doctor), Joe E. Tata (gas station attendant), Todd Mason (parking attendant), Larry Watson (Gerber), Patty Elder (blonde), Ralph Montgomery (old man), Don Edwards (heavy).

Tout le temps perdu que reconstitue Mannix au cours de cet épisode est peut-être beaucoup pour un simple dimanche. L’histoire n’en est pas moins bien menée et évolue doucement mais sans grand temps mort vers un dénouement pastoral. Milton Selzer campe un nouvel ami policier du détective, plus placide que Tobias et Malcolm. C’est sa seconde et avant-dernière apparition dans la série, dans des rôles différents.

953 OLM est l’immatriculation de l’un des véhicules qui poursuit Mannix. Ce sera aussi celle de la voiture (différente) de Vail dans le dernier acte (45’).

15’ : 285 INP est l’immatriculation de la voiture qui renverse Mannix à la fin de l’acte 1. Début acte 2 : c’est aussi l’immatriculation de la voiture (différente) que conduit Mannix.

 

4.16 (90) The Judas Touch (Le signe de Judas)

CBS, 16 janvier 1971

Ecrit par Merwin Gerard

Réalisé par Gerald Mayer

Mannix se rend dans une petite ville voisine de L.A. à la demande du chef de la police Carl Yaring. Paul Parish, l’un de ses policiers, qui a fait de la prison pour avoir participé à un casse mais que Yaring avait accepté d’embaucher parce que Mannix l’avait convaincu que Paul s’était laissé entraîner sans savoir vraiment à quoi il participait, a abattu son ancien compagnon de cellule Barney Showalter puis disparu avec une mallette d’argent que transportait Showalter. S’agissait-il du butin du casse, 150.000 $, jamais retrouvé ? Paul a-t-il planifié le meurtre de Showalter pour s’en emparer ? Mannix ne veut pas le croire mais Yaring l’a fait venir parce qu’il pense qu’Helen Parish lui parlera plus facilement qu’à tout autre. Helen est en effet heureuse de revoir Mannix mais elle ne sait rien de plus que ce que la police sait déjà. Devant chez elle stationne une voiture dont le conducteur, dit-elle, la surveille ; quand il sort pour aller parler à cet homme, Mannix est renversé par la voiture, qui disparaît.

Helen le rappelle bientôt car elle a découvert dans son courrier une enveloppe contenant 2000 $ et un mot de Paul, s’excusant de son geste et disant que l’occasion paraissait trop belle de résoudre tous leurs soucis. Mannix reçoit lui aussi un appel téléphonique après avoir été assommé dans sa voiture : Paul l’y menace d’un coup plus fatal s’il ne renonce pas à enquêter sur lui. L’appel ayant été passé de l’aéroport, Mannix s’y rend ; il suit une voiture que Paul vient de louer et qui le conduit jusqu’à une cabane d’où l’on tire des coups de feu sur le détective. De l’intérieur, la voix de Paul lui ordonne de laisser tomber et déclare qu’il ne se laissera pas enfermer à nouveau. Puis Paul présente ses excuses à Helen et un ultime coup de feu retentit. En entrant, Mannix trouve Paul sur le sol, blessé à la tête mais encore en vie.

Paul est admis à l’hôpital dans un état grave. Mannix fait arrêter « Smitty », un homme qu’il a rencontré chez la mère de Paul, Victoria, et qui conduisait la voiture qui l’a renversé devant chez Helen. Il s’appelle en réalité Thomas Chasmin, a connu Showalter et Paul en prison et les a suivis jusqu’ici dans l’espoir de mettre la main sur l’argent du casse. Mais il semble bien n’être pour rien dans tout ce qui s’est passé. Mannix reste convaincu que Paul a été victime d’une machination et qu’il n’a pas tenté de se suicider mais qu’on l’a menacé et qu’on a tenté de le tuer. Il tend un piège à l’homme qu’il soupçonne d’être derrière tout cela, en lui faisant croire que Paul, opéré et à nouveau conscient, est sur le point de parler…

Un ami dans le besoin, une machination, des actions aux tenants et aboutissants incertains : les ingrédients classiques de la série sont ici combinés avec habileté. On retiendra la présence solide de Robert Lansing en chef de la police honnête et concerné, ami de surcroît du détective, et celle, plus vulnérable et touchante, de Brenda Benet en épouse inquiète et aimante. Quelques scènes en extérieurs mais l’essentiel est filmé en studio.

Ron Nyman est l’infirmier qui retourne le corps du meurtrier après sa chute lors de la bagarre finale avec Mannix.

 

4.17 (91) With Intent to Kill (Intention de donner la mort)

CBS, 23 janvier 1971

Ecrit par Ed Adamson

Réalisé par Nicholas Webster

Mannix s’intéresse au casse Blackburn, dont le butin de 85.000 $ n’a pas été retrouvé. L’enquête est toujours confiée au Lt Ira Deegan, un « dur » de la police de L.A., qui prend ombrage de l’implication de Mannix dans l’affaire, d’autant que le détective refuse de révéler le nom de son client. Et pour cause : celui-ci est la femme de Deegan, Evelyn, qui s’inquiète pour son mari, obsédé par l’enquête. Une explosion s’est récemment produite dans le garage des Deegan et elle est persuadée que son mari était visé, ce qu’il nie. L’un des auteurs du casse, Nicky Phillips, s’est suicidé avant d’avoir livré le nom de son complice. Son ami Pete Fender ne croit pas à la thèse du suicide et Mannix constate que la petite amie de Phillips, Cora Hayden, a disparu le jour de la mort de Nicky, ainsi que sa colocataire Jill Wallis. Il finit néanmoins par retrouver celle-ci, qui lui avoue que Cora se cache au Holiday House sous un nom d’emprunt, Cora Ralston. Il s’est à peine garé sur le parking qu’une voiture le renverse délibérément, et l’aurait écrasé sans l’arrivée d’un témoin. Emmené par une ambulance alors qu’il est encore inconscient, Mannix refuse d’aller à l’hôpital mais, le temps de revenir au Holiday House, Cora l’a quitté. Mannix est menacé par l’homme qui a tenté de le tuer quelques minutes plus tôt : qu’il lâche l’affaire, ou il aura moins de chance la prochaine fois. Le détective a tôt fait de découvrir l’identité de cet homme, George Dedlos, fiché à la police. Entre-temps, Deegan a découvert que sa femme a engagé Mannix et il lui ordonne de le renvoyer, avant d’aller trouver le détective lui-même. Mannix parvient cependant à retrouver Cora Hayden, qui se cache cette fois sous le nom de Mrs Regis dans un autre hôtel ; mais il découvre du même coup que « Mr Regis » n’est autre que… Deegan lui-même. Il soupçonne alors ce dernier d’être après les 85.000 $. Deegan affirme le contraire : il traque le complice et l’argent et protège Cora Hayden dans ce but. Dedlos semble cependant avoir suivi la trace de Cora : laissée à la garde de Larry Wallach, l’équipier de Deegan, qu’il considère comme son mentor, elle appelle Deegan inquiète en disant que Wallach l’a laissée pour surprendre un éventuel visiteur indésirable. Quand Mannix et Deegan retrouvent Wallach sur la plage, Dedlos surgit et tire ; Deegan réplique et le tue. L’affaire Blackburn pourrait s’arrêter là, en considérant que Dedlos était le complice de Phillips dans le casse. Il reste un mystère, cependant : où est l’argent ? Mannix ne renonce pas à tenter de le découvrir…

Un épisode mineur mais honnête. Mineur, parce qu’il ne présente aucune caractéristique particulière et parce qu’il appartient à la veine économique (essentiellement tourné en studios, à l’exception de quelques scènes). On pourra s’amuser du nom du méchant (Dedlos, ou Solded [Vendu] à l’envers). Et du fait que, bien que gisant mort sur la plage, Dedlos continue de respirer très visiblement.

C’est la troisième et dernière apparition de Dane Clark dans le rôle du Lt Ira Deegan. Les deux précédentes étaient les épisodes 3.15 (déjà écrit par Ed Adamson) et 4.01.

Le Holiday House, sur le parking duquel Mannix est renversé par la voiture de Dedlos, a été utilisé également dans l’épisode 3.17.

Mannix retrouve Jill grâce à un tuyau que Peggy a obtenu auprès de Vivian, la source (toujours invisible) qu’elle a parfois au téléphone.

 

4.18 (92) The Crime That Wasn’t (Un crime qui n’en est pas un)

CBS, 30 janvier 1971

Ecrit par Dan Ullman

Réalisé par Barry Crane

Deux couples quittent ensemble un restaurant et vont à la rencontre de l’employé du parking souterrain. Ils voient soudain une femme courir dans le parking, poursuivie par une voiture de sport bleue. Alors que celles-ci ont disparu de leur vue, ils entendent le son d’un choc brutal et voient repasser la voiture quelques instants plus tard. Ce n’est qu’alors qu’ils réagissent et se dirigent vers l’endroit où, selon toute apparence, la voiture a heurté la femme. Ils ne trouvent personne.

Le petit Dennis Coverly se présente au bureau de Mannix pour l’engager. Il s’inquiète pour ses parents qu’il a entendus se disputer en parlant d’aller trouver la police. Mannix raccompagne l’enfant chez lui, où Donald et Nora Coverly lui donnent une explication tout à fait crédible. En repartant, cependant, il remarque Al Borden au volant d’une voiture garée le long de la rue ; Borden est un repris de justice dont la seule présence ne peut qu’intriguer Mannix, d’autant que celui-ci découvre peu de temps après que les Coverly lui ont menti. Enquêtant sur leur emploi du temps, il apprend qu’ils ont quitté le restaurant, ce samedi-là, en même temps qu’une certaine Miss Dorothy Henry. Il frappe donc à la porte de cette dernière, qui, comme les Coverly, affirme n’avoir rien à déclarer, sinon qu’elle était au restaurant avec un homme marié, George Bowman (ce que le détective apprend de la mère de Dorothy). En quittant son domicile, Mannix est pris en chasse par une voiture : celle-là même qui a surgi dans le garage souterrain du restaurant où il s’est rendu auparavant, et dont le passager a tenté de le tuer en lui tirant dessus. C’est déjà plus que suffisant pour comprendre qu’il y a bel et bien anguille sous roche, ce que confirme bientôt la mort de l’employé du parking, Jim Salvage.

Les déplacements de Mannix sont en effet surveillés par le truand Kevin Archer depuis qu’il a mis les pieds chez les Coverly. Chacune de ses visites a été suivie d’un appel d’Archer, aux Coverly puis à Dorothy Henry, pour s’assurer qu’ils n’avaient pas la mauvaise idée de parler au détective. Tous vivent dans la terreur, n’osant rien dire. Mannix n’en remonte pas moins jusqu’à Archer et son avocat Sherwin Kane après la découverte du cadavre de Beverly North, qui fut la petite amie de Kane puis d’Archer. La visite de Mannix et du Lt Tobias à Archer et Kane est suivie de messages d’avertissement adressés à Dorothy Henry et aux Coverly, ainsi que d’un appel d’Archer à George Bowman. Mannix n’a pas le temps de voir celui-ci : il meurt dans un accident de voiture sur Mulholland Drive alors que, selon son épouse Clare, il était en route pour parler à la police. Cette fois, les Coverly rompent le silence et racontent à Mannix toute l’histoire. Ce qu’ils ont vu ne suffit pas à confondre Archer mais Mannix entend se servir de la rivalité qu’il soupçonne entre Kane et Archer pour obtenir une accusation qui tienne la route…

Un petit garçon engage Mannix et dépose sur son bureau ses maigres économies (quelque chose comme dix-sept dollars). La situation évoque l’épisode 1.05. L’enquête du détective, ici, révèle l’intimité des témoins effrayés dont la peur est révélée parallèlement à l’enquête, offrant aux personnages secondaires un temps d’écran conséquent. Un couple de parents et leur petit garçon, une femme vivant avec sa mère handicapée qui désapprouve sa liaison avec un homme marié, ce dernier et sa riche épouse composent ainsi une galerie de portraits qui enrichit le scénario. La riche épouse est incarnée par Jacqueline Susann, auteure du best seller de 1966 La Vallée des poupées, adapté au cinéma en 1967 et à la télévision en 1981 et 1994.

953 OLM : l’immatriculation de la voiture de Vincent Beck dans la séquence pré-générique était aussi celle de l’une des voitures qui poursuivait Mannix en 4.15. Larry Watson y était l’un des tueurs ; il est ici l’employé du parking.

23’36 : le téléphone de Dorothy Henry affiche le numéro 555-2368. Voir commentaire en 1.24. (Il s’agit toujours du même téléphone vert.)

26’14 : la plaque Winfield Street, ici en insert au début de l’acte 3, a aussi servi dans l’épisode 4.12.

Sans doute pour varier un peu, Barry Crane filme l’une des conversations de Mannix et Tobias non dans le bureau du policier (scène récurrente dans la série) mais dans les couloirs et un ascenseur qui les mènent jusqu’à ce bureau (qui porte le numéro 410). (30’)

Ron Nyman est le Detective qui accompagne Tobias avec des policiers en uniforme dans le dénouement.

 

4.19 (93) A Gathering of Ghosts (Jeux de fantômes)

CBS, 6 février 1971

Adaptation de John Meredyth Lucas, histoire de Max Hodge

Réalisé par Reza S. Badiyi

Mannix se rend à Silver Town, ville fantôme située dans le désert au sud de Los Angeles. Il y retrouve une poignée d’amis de l’université : ces messieurs évoquent le bon vieux temps de l’équipe de football en compagnie de deux de leurs dames. Il y a là Tom et Leslie Carlson, Alex et Diana Stevens, Ross Shatner et Hal Lusk. Soudain, alors que tout le monde rit et échange des souvenirs – sauf Leslie, déjà éméchée et visiblement très critique à l’égard de la compagnie -, Ross se tord de douleur, une flèche plantée dans la poitrine. Le temps que Mannix aille chercher la sacoche du Dr Lusk, ce dernier a constaté la mort de Ross, qu’il a recouvert d’un drap. On se met à la recherche de l’archer, dont le groupe semble penser qu’il s’agit d’un autre membre de l’équipe, Thorney, qui pour une raison obscure leur en voudrait à tous. Mais tous rient de nouveau de bon cœur en se réunissant autour de Mannix, Ross y compris : ce n’était qu’une blague de potaches, Ross n’est pas mort et il n’y a pas d’archer dissimulé derrière les murs de Silver Town ! Mannix goûte peu la plaisanterie et décide de laisser là ses « amis ». Il découvre alors que sa voiture ne démarre pas : on a percé le réservoir, qui s’est vidé de son essence. Le camping car du groupe a subi le même sort. Et Hal Lusk vient subitement s’effondrer aux pieds de ses amis, un couteau planté dans le dos. Cette fois, on rit jaune : il est réellement mort. Le groupe se replie dans le saloon et allume des feux dans la rue afin d’envoyer un signal à tout appareil qui survolerait la région. Le téléphone de la voiture de Mannix a évidemment été saboté, il est donc impossible d’appeler du secours. La nuit s’annonce longue, surtour quand un autre cadavre est découvert : l’un des joyeux rigolards est retrouvé pendu. On cherche Thorney en vain, même si Ross affirme l’avoir aperçu dans la rue. Puis un autre membre du groupe meurt : s’est-il donné lui-même la mort, en laissant un mot pour s’accuser ? Ou n’est-ce qu’une nouvelle mise en scène destinée à cacher le ou les véritable(s) coupable(s) ?…

Avec Diana Muldaur (Leslie Carlson), Charles Aidman (Alex Stevens), Jason Evers (Ross Shatner), Marj Dusay (Diana Stevens), Alan Oppenheimer (Dr Hal Lusk) et Robert Webber (Tom Carlson).

Prenez un décor de western, mettez-y une poignée d’acteurs et jouez au jeu des morts successives qui réalisent un plan diabolique. C’est ce que font Hodge et Lucas dans ce scénario distrayant mais pas transcendant, qui bénéficie d’une jolie lumière tamisée.

Où l’on évoque la présence de Joe Mannix dans l’équipe de football de l’université. Dans l’épisode suivant, on apprendra qu’il fit aussi partie de l’équipe de basket-ball.

 

4.20 (94) A Day Filled With Shadows (Une journée de ténèbres)

CBS, 13 février 1971

Ecrit par John D. F. Black

Réalisé par Paul Krasny

Mannix est engagé par un homme d’affaires, Alton K. Moore, pour retrouver son fils Cal, membre de l’équipe de basket-ball de la Western Pacific University, qui ne s’est pas présenté à son dernier match et a disparu depuis lors. En enquêtant à l’université, Mannix apprend qu’il a une petite amie, Ann Collier, qu’il retrouve parfois dans une petite maison à Paradise Cove. Il s’y rend et tombe sur deux hommes qui l’ont suivi et veulent savoir qui l’a engagé ; la conversation se termine par un Mannix assommé. De retour à son bureau, il constate que ces hommes, ou d’autres, sont passés faire leurs propres recherches en mettant ses dossiers sens dessus dessous. La coïncidence de la disparition de Cal et du meurtre, chez lui, de l’un des associés de son père, Wally Schneider, est trop troublante pour que Mannix ne questionne pas Alton Moore sur ses véritables motivations, mais Moore se contente de dire qu’il est convaincu que Cal n’a rien à voir avec ce meurtre. C’est en retournant voir Ann Collier que le détective parvient à remonter jusqu’à Cal, auprès de qui il amène son père. Les deux hommes ont, devant Mannix, une discussion qui révèle les raisons de la disparition de Cal et certains secrets cachés derrière les affaires florissantes de son père, pris entre son amour sincère pour son fils et des associés impatients de remettre la main sur un livre de comptes que Cal a emporté avec lui…

La bibliothécaire de l’université se souvient que Mannix a fait partie de l’équipe de basket-ball autrefois. Il réalise un joli panier sur le terrain en questionnant les joueurs, dont Geoff, alias Lewis Alcindor, alias Kareem Abdul Jabbar, à l’époque membre de l’équipe des Milwaukee Bucks (et plus tard des Los Angeles Lakers).

 

4.21 (95) Voice in the Dark (Voix dans l’ombre)

CBS, 20 février 1971

Ecrit par Edward J. Lakso

Réalisé par Paul Krasny

Mannix se rend chez l’ancienne championne olympique Dorothy Kinman. Elle vit cloîtrée dans son appartement, au huitième étage d’un building, depuis un accident de voiture qui lui a ôté l’usage de ses jambes. Elle est terrifiée par des appels téléphoniques répétés. Une voix d’homme la tourmente. Mannix est d’ailleurs présent quand elle reçoit un nouvel appel ; mais quand il décroche l’autre combiné de l’appartement ce n’est plus un homme menaçant qui parle mais une femme, qui prétend avoir fait un mauvais numéro. Plus tard, Dorothy terrifiée affirme avoir reçu un autre appel ; une carte à jouer, l’as de pique, découverte scotchée dans son appartement, la terrifie tout autant car elle semble indiquer que quelqu’un s’est introduit chez elle à son insu.

En consultant le Lt Tobias qui a déjà vu Dorothy, Mannix trouve le policier dubitatif : il se demande si Dorothy n’a pas tout inventé. Elle est manifestement perturbée depuis son accident et a passé plusieurs semaines entourée de psychiatres. Mannix choisit cependant de la croire. Il se renseigne sur son accident et apprend que celui-ci a coûté la vie à sa passagère, Nancy Deemer, qui était aussi sa meilleure amie. Nancy était ce soir-là avec son mari, l’avocat John Deemer, qui déclare à Mannix que Dorothy conduisait trop vite lorsqu’elle a perdu le contrôle de la voiture et percuté un autre véhicule. L’un des passagers de celle-ci est mort brûlé vif tandis que l’autre a survécu. Ironiquement, découvre Peggy, le mort, Ted Wilkes, était sur le point d’être poursuivi pour fraude. Son associé, qui était aussi le second passager, Roger Stack, dirige toujours leur société d’investissement, Stack & Wilkes. Mannix ne parvient pas à voir Stack. Un incident survenu en présence des parents de Dorothy lui donne cependant à réfléchir : le jeu de cartes dont l’as de pique a été extrait est découvert dans l’un des meubles de Dorothy. Elle assure au détective qu’elle ignore comment il est arrivé là. A-t-elle, finalement, tout inventé ?…

Avec Carol Lynley (Dorothy Kinman), Robert Reed (Lt Adam Tobias) et Paul Picerni (Roger Stack), Paul Bertoya (Tony), Jim Antonio (John Deemer), Byron Morrow (George Kinman), Ray Ballard (Kobin), Sandra Currie (Miss Crawford [aka Miss Hayward]), Patricia Winters (Grace [Murray] Kinman), Don Edwards (Officer Dexter), Janaire (receptionist [Joyce]), Jim Dixon (Officer Stone), Robert Saxen (doctor).

Un épisode tout en intérieurs, ce qui est cohérent avec le postulat du scénario puisque Dorothy Kinman refuse de sortir de son appartement. Les péripéties sont donc essentiellement psychologiques. En ouverture, Mannix renonce à une soirée romantique pour répondre à l’appel anxieux de sa cliente ; c’est Peggy qui avait préparé martinis, verres et plateau apéritif pour la venue de la douce Abigail, que le téléspectateur ne verra pas plus que Mannix. Outre l’enquête policière, le scénario met Mannix au défi d’aider sa cliente à surmonter sa peur du monde, qui la pousse à refuser toute sortie hors de son appartement.

21’08 : le téléphone de la chambre de Dorothy affiche le numéro 555-2368. Il s’agit d’un téléphone blanc. Le téléphone de la secrétaire de Stack (gris-vert, cette fois) affiche le même numéro (42’01). (Voir commentaire en 1.24 et aussi 4.18.)

La licence de détective privé que Mannix montre à Dorothy est valable jusqu’en 1974.

 

4.22 (96) The Color of Murder (Meurtre)

CBS, 27 février 1971

Ecrit par Harold Medford

Réalisé par Barry Crane

Cindy Conrad entre effrayée dans le bureau de Mannix, un soir. Elle pense avoir été suivie et parle d’appels téléphoniques qu’elle a reçus d’une femme prétendant détenir des informations sur la mort de son père. Otto Conrad a été abattu dans sa voiture le soir de Noël 1965, officiellement par Johnny Marr qui s’est suicidé peu après. Conrad menait une campagne anti-corruption dans laquelle était impliquée une compagnie appelée Westland Trust. Le directeur de celle-ci, Tony Abbott, a disparu après l’affaire. Ces informations, Mannix les connaît ou les collectera ensuite ; pour l’heure, il pense que Cindy Conrad est victime d’une tentative d’escroquerie et il lui conseille de ne rien payer car il n’y a probablement aucune information nouvelle à découvrir. Mais, alors qu’il la raccompagne à sa voiture, un autre véhicule passe à proximité et son conducteur tire dans leur direction. De quoi, évidemment, penser qu’il y a quand même, après tout, quelque chose de sérieux là-dessous.

Mannix se met donc en quête d’une explication. Selon R. B. Thompson, qui gère la fortune de Conrad en attendant que Cindy soit en âge d’en hériter, Cindy est une jeune femme frivole qui aurait déjà dilapidé son argent si elle avait librement accès. Et, en découvrant que le conducteur qui a tiré sur eux est en fait un ami de Cindy, Roger, Mannix se dit qu’il a été le dindon de la farce et que Cindy se sert de lui.

Le meurtre de Jenny Loman, cependant, le fait changer d’avis : Jenny a repris l’agence de détective privé de son mari Jack Lomax, mort en 1966 dans des circonstances étranges alors qu’il enquêtait sur une certaine Tilly Wilde, alias Thelma Wilkins, la petite amie de Johnny Marr. Une note trouvée par Mannix sur le bureau de Jenny indique qu’elle enquêtait de nouveau sur Westland Trust. Mannix se met à son tour à la recherche de Tilly Wilde, qui a disparu après le meurtre d’Otto Conrad, et la retrouve sous une autre identité, Thelma Roebeck. Thelma est encore terrifiée à l’idée d’être retrouvée, et de toute évidence ce n’est pas elle qui a appelé Cindy pour lui vendre des informations. Les dettes de jeu contractées par Cindy à Las Vegas ont-elles un rôle dans l’affaire ? Il est certain en tout cas que ses créanciers s’impatientent au point d’envoyer un homme à Los Angeles. Tout comme il est évident que Cindy n’a pas les 50.000 $ qu’elle doit à ces gens.

Il faudra la présence involontaire des principaux protagonistes de cette affaire devant le bureau de Mannix, au 17 Paseo Verde, pour faire brusquement éclater la vérité. Du moins l’une des vérités, lorsque Tony Abbott réapparaît soudain contre toute attente. Mais, même alors, il reste un élément à débrouiller, car ce n’est pas Tony Abbott qui est responsable des appels anonymes que Cindy prétend avoir reçus, ni du meurtre de Jenny Loman…

Un scénario aussi tarabiscoté que le plan conçu par le « méchant » de l’histoire, et qui n’est révélé que dans la dernière scène. En héritière irresponsable et manipulatrice, Diane Keaton parvient sans peine à susciter l’antipathie du téléspectateur comme l’agacement de Mannix. Ce dernier enfile un gros manteau et un pull à col roulé pour un finale où il se la joue Napoleon Solo (il faut voir la scène pour comprendre, et se souvenir de la séquence générique où apparaît Solo au tout début de Des agents très spéciaux)… dans une scène tout aussi tarabiscotée que le scénario dans son ensemble. Elle se déroule dans un entrepôt qui est probablement l’un des hangars de la production.

« A man works best who works alone. » (Proverbe arménien que cite Mannix à Cindy Conrad.) [Dans l’un des épisodes précédents, Mannix évoquait son « oncle Aram ».]

10’ : Mannix, se sachant suivi par une autre voiture, fait un brusque demi-tour devant les rideaux métalliques fermés d’un garage. Quelques instants plus tard, ces mêmes rideaux sont ouverts.

9’-10’ et 40’ : les deux scènes sont tournées sur le même boulevard (Hollywood Boulevard ?). Dans la scène avec Karen Huston, elle passe deux fois près du même bâtiment (Shaver Clinic), bien qu’elle soit censée continuer sa route.

32’ : le téléphone renversé sur le bureau de Jenny Loman change de position d’un plan à l’autre (quand Mannix le regarde, puis quand il raccroche le combiné).

Les images d’archives du réveillon de 1965 que visionne Mannix dans le premier acte comportent un plan sur l’enseigne d’un cinéma qui annonce la « nouvelle comédie de Ray Walston » Kiss Me, Stupid (Embrasse-moi, idiot, de Billy Wilder). Le film est en fait sorti l’année précédente, le 18 décembre 1964 à Los Angeles, le 22 décembre dans le reste du pays (info Imdb). Ray Walston était à l’époque le héros de la série Mon Martien favori (1963-1966).

Il a plu sur les studios Paramount : la séquence de « révélation » de l’acte 4, filmée devant les bureaux de Mannix, montre des flaques sur le sol.

Ron Nyman, toujours silencieux, est le gorille qui tient Mannix avec Guy Way pendant que Tom Geas lui délivre un « message » musclé.

 

4.23 (97) Shadow Play (Par delà la mort)

CBS, 6 mars 1971

Musique de Richard Hazard

Ecrit par Stephen Kandel

Réalisé par Paul Krasny

Sitôt arrivé à l’aéroport de San Plumas, Mannix rencontre la femme qui l’y a fait venir, Lynn Sargent. Elle est visiblement très nerveuse et lui tend un chèque de mille dollars ainsi qu’un paquet. Sa mission : remettre ce paquet à la police de Los Angeles. Il n’a guère le temps de lui demander davantage d’explications : deux hommes s’approchent d’eux et exigent le paquet. La cliente se sauve, Mannix se débrouille avec les deux hommes, que l’arrivée de deux policiers, Blaine et Landry, fait fuit à leur tour. Les policiers escortent Mannix jusqu’au poste de police où le Chef Belden recueille son récit. Le paquet, ouvert, ne contient que du papier vierge. Quant à Lynn Sargent, Mannix apprend qu’elle est morte un mois plus tôt, renversée par une voiture sur Oak Canyon Road, à deux pas de sa maison. Un accident, selon toute apparence. Mannix, soucieux d’en savoir un peu plus, questionne le mari, Anthony Sargent, un courtier, mais n’apprend pas grand-chose, sinon que la sœur de Lynn, Janet Kirby, a une certaine ressemblance avec la défunte. Alors qu’il sort du bureau de Sargent, la cliente réapparaît soudain au volant d’une voiture et invite Mannix à y monter. Elle l’emmène jusqu’à la maison de Lynn où elle lui explique la nature de son plan. Il s’agit bien sûr de Janet Kirby et, persuadée que Sargent a fait assassiner sa sœur parce qu’elle avait découvert qu’il blanchissait l’argent du Syndicat, elle s’est servie de Mannix pour le pousser à se démasquer. Elle lui a dit avoir découvert le journal de Lynn, censé se trouver dans le paquet confié à Mannix à l’aéroport. L’intervention des deux hommes de main semble lui donner raison mais les événements, à présent, lui échappent : alors qu’elle espérait voir arriver Sargent, ce sont les deux tueurs qui réapparaissent, armés et décidés visiblement à ne pas les laisser quitter la maison. Mannix et Janet croient recevoir du secours en la personne du Chef Belden mais celui-ci est en réalité complice des tueurs, Blake et Tyson. Sargent les rejoint et Mannix et Janet se retrouvent de nouveau acculés dans la maison, face à présent à quatre adversaires. Ces derniers ne tergiversent que parce qu’ils ignorent ce qu’a réellement découvert Janet. Alors que la situation semble désespérée, Mannix et Janet découvrent qu’ils ont finalement un allié inattendu. Mais cela ne suffira pas forcément à les sauver…

Avec John Vernon (Chief of Police Daniel Belden), Julie Gregg (Janet Kirby) et Jan Murray (Anthony Sargent). Et avec Paul Mantee (Blake), Sam Edwards (Prescott), Lew Brown (Sgt Lynch), Dick Cangey (Tyson), Bert Russell (Landry), Larry Watson (Blaine).

Même s’il bénéficie du tournage en extérieur devant la maison des Sargent, c’est encore un épisode « à l’économie », où il se passe finalement peu de choses. Mannix et Janet y sont retenus dans la maison durant la moitié du métrage et les péripéties ne sont là que pour étirer artificiellement l’action, parfois en dépit du bon sens.

Le chèque que tend la femme de l’aéroport à Mannix est daté du 4-10-1971, soit le 10 avril, un mois après la diffusion de cet épisode.

La maison de Lynn Sargent sera, quelque neuf ans plus tard, celle de Jonathan et Jennifer Hart dans Pour l’amour du risque.

 

4.24 (98) Overkill (Le tueur)

CBS, 13 mars 1971

Ecrit par Don Mullally

Réalisé par Harry Harvey, Jr

Red Bailey, un vigile, est la dernière victime d’un tueur en série baptisé Overkill. Mannix prend particulièrement à cœur sa mort : Bailey était un ami et c’est lui qui lui avait trouvé cette place. Aussi le détective suit-il de très près l’enquête du Lt Malcolm tout en menant ses propres investigations. Il ne comprend pas pourquoi le tueur a porté son dévolu sur Red, même si Art lui répète que les motivations d’Overkill ne sont pas logiques et que le modus operandi désigne bel et bien le tueur en série. Même l’arrestation d’Overkill, à laquelle participe Mannix, n’apporte aucune réponse satisfaisante, Overkill étant lui-même confus sur ses crimes. Le « suicide » de l’homme dans sa cellule ferme définitivement la porte à de futures explications. Red, cependant, s’intéressait visiblement aux crimes d’Overkill et semblait soupçonner que l’un d’eux lui était attribué à tort, celui de Collier Lynd, un détenu libéré sur parole. Mannix s’appuie sur les notes de Paul Sorenson, qui a suivi les crimes d’Overkill dont il recevait des messages et des appels téléphoniques, et à qui il s’adressait via la télévision. Notes qui distinguent également le meurtre de Lynd. Ce dernier et la mort de Bailey semblent donc bien liés, et le meurtrier s’est servi d’Overkill pour couvrir ses crimes. Un appel anonyme confirme à Mannix qu’il est sur la bonne voie : l’homme lui donne rendez-vous au Japanese Village pour lui vendre des informations que Red Bailey avait achetées juste avant d’être assassiné…

Un épisode à l’économie, tourné entièrement en studios à l’exception du dénouement dans le Japanese Village. Le scénario est classique (les crimes d’un tueur en série sont utilisés pour dissimuler deux meurtres commis par d’autres) et les péripéties étirées pour allonger la sauce.

 

Tag(s) : #Guide d'épisodes, #Guide d'épisodes 1970s
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :